Dans l’Un certitude de l’Autre


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Dans l’Un certitude de l’Autre

 

Les recherches de la lune avaient cessé depuis bien avant la saison des pluies. La hauteur de l’espoir ne se calculant pas à la grosseur des bourses, se plaisait à dire un incroyant plus foi-yeux qu’un abonné de la grand-messe du dimanche. On peut être dans l’ombre sans rien perdre de sa lumière. L’image plus elle est hôte, plus l’altitude du sentiment se tient profondément dans la racine au sol.

LES BALUSTRADES DES PALIERS SONT UNE ALTERNATIVE AUX ESCALIERS, AFIN QUE LE SOUFFLE DEMEURE DANS SON APPARTENANT. VOUS ÊTES PRIES D’ALLER VOUS FOUTRE EN L’AIR LE PLUS LOIN POSSIBLE D’ICI

balançait la pancarte accrochée à la béquille de la loge de la concierge, absente par éthique pour  la profession.

Elle se penchait sur sa partie pétrifiée, en pose Belle au Bois-Dormant, les seins pointés genre clavier pour les veillées, « Alors, racontes… » quelques notes du Petit-Gilbert laissées vierges avec le crayon sur le bloc. Genre si vous passez, laissez-moi un bécot.

On pourrait dire que cette veille tenait de la recherche d’éternité. Ce monde vide stigmatisant plus facilement qu’il porte à croire. Hélas. L’innocent est pris en charge dès la naissance par l’Education (Nationale et Privée). Qui le moule si bien, qu’à la fin de ce qui s’appelait autrefois ses humanités est aujourd’hui une usine à clones. Certainement la plus prospère d’une économie si rapia, que l’Avare est autodafé.

La poussière docte-crasse étendue de tout son long, l’armada plumitive prit le bouillon quand son encre passa par le net. Des ténèbres on vit clairement l’imposture du sentiment. Alors l’Ailleurs sortit l’arche de l’amer.. Un Noé pour les poètes, une île pour les naufragés, ces Mutants que personne ne peut atteindre, malgré tous les moyens de destruction connus et avenir que l’Homme est seul à connaître de toute la race animale la plus cruelle.  Revoyant Cocteau – merci Barbara – parler de l’écriture paradoxale qu’il eut dans un coma profond, j’ai trouvé qu’il y avait plus d’amour que de religion dans cette poésie musicale. L’Art c’est le Sacré. L’Artiste n’a jamais été d’ici. Ceci, mon Coeur, m’explique la pugnacité de vivre en aimant. Merci.

Niala-Loisobleu – 25 Janvier 2018

JE CROIS


 

JE CROIS

Le corbeau croasse
Et l’herbe croit
Le crapaud coasse
Et moi je crois
J’ai pas d’apôtre
J’ai pas de croix
Je crois en l’autre
Je crois en moi

E didi é didi é didi-a
E didi é didi é didim
E didi é didi é didi-a
E didi é didi é didim

Le corbeau croasse
Et moi je crois
J’ai pas d’apôtre
J’ai pas de croix
Je crois en l’autre
Je crois en moi
J’ai eu des crises
Crises de foi
Dans les églises
Il fait très froid
Mais une vierge
Me réchauffa
Vierge du même
Signe que moi

E didi é didi é didi-a
E didi é didi é didim
E didi é didi é didi-a
E didi é didi é didim

Le corbeau croasse
Et moi je crois
J’ai pas d’apôtre
J’ai pas de croix
Je crois en l’autre
Je crois en moi
Las que mon âme
Ronge son frein
A Notre-Dame
J’ai pris le train
Si je m’égare
Fermez les yeux
Dans une gare
Je prierai Dieu

E didi é didi é didi-a
E didi é didi é didim
E didi é didi é didi-a
E didi é didi é didim

Le corbeau croasse
Et moi je crois
J’ai pas d’apôtre
J’ai pas de croix
Je crois en l’autre
Je crois en moi
Crois crois crois
E didi é didi é didi-a
E didi é didi é didim

Claude Nougaro

 

Le terme épars – Poéme


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Le terme épars – Poéme

Si tu cries, le monde se tait : il s’éloigne avec ton propre monde.

Donne toujours plus que tu ne peux reprendre.
Et oublie.
Telle est la voie sacrée.

Qui convertit l’aiguillon en fleur arrondit l’éclair.

La foudre n’a qu’une maison, elle a plusieurs sentiers.
Maison qui s’exhausse, sentiers sans miettes.

Petite pluie réjouit le feuillage et passe sans se nommer.

Nous pourrions être des chiens commandés par des serpents, ou taire ce que nous sommes.

Le soir se libère du marteau, l’homme reste enchaîné à son cœur.

L’oiseau sous terre chante le deuil sur la terre.

Vous seules, folles feuilles, remplissez votre vie.

Un brin d’allumette suflit à enflammer la plage

où vient mourir un livre.

L’arbre de plein vent est solitaire.
L’étreinte du vent l’est plus encore.

Comme l’incurieuse vérité serait exsangue s’il n’y avait pas ce brisant de rougeur au loin où ne sont point gravés le doute et le dit du présent !
Nous avançons, abandonnant toute parole en nous le promettant.

René Char

Telles les couleurs que l’enfant roule dans ses billes à l’abri de la règle du professeur, les tubes de peinture ont des cris qui poussent le bouchon à les dévisser. Qui atteindront-ils ? Le lin peut tendre sa toile au châssis, sans que l’effet mouchoir qui peut semer la peur ne puisse être écartée. Ainsi on voit disparaître le nord en plein ciel. Alors le sens initial part en vrille, claudique, l’interprétation passe la ligne jaune, doublant dangereusement la ligne droite. Comment ? En passant à contre-sens tout simplement. J’ai vu la foudre fendre en deux ma volonté de ne rien changer de ma foi. La bonne et la mauvaise. Comme si j’avais pu imaginer tromper l’image encrée en émoi. Oui un brin d’allumette suffit à enflammer la plage. Notre livre reste prologue, jamais ses pages ne se feront épilogue de ma propre volonté. Ma Vie, moa constructor, je me love à ton arbre. Ce dernier Dimanche a comblé son vœu : plus qu’un printemps il n’a été que Nous par la Beauté qui en émane. C’est dur pour vivre, dit le négro spiritual en chantant que le bonheur ça passe chaque jour par blanc et noir.

Niala-Loisobleu – 27 Mars 2017

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Mon Char donnerait 1


Mon Char donnerait 1

Nous n’avons pas plus de pouvoir s’attardant sur les décisions de notre vie que nous n’en possédons sur nos rêves à travers notre sommeil. À peine plus. Réalité quasi sans choix, assaillante, assaillie, qui exténuée se dépose, puis se dresse, se veut fruit de chaos et de soin offert à notre oscillation. Caravane délectable. Ainsi va-t-on.

Soudain nous surprend l’ordre de halte et le signal d’obliquer. C’est l’ouvrage.

Comment ramener au liseron du souffle l’hémorragie indescriptible ? Vaine question, même si un tel ascendant avait eu son heure dans nos maisons dissimulées. Il n’est pire simplicité que celle qui nous oblige à chercher refuge. Pourtant la terre où nous désirons n’est pas la terre qui nous enfouit. Le marteau qui l’affirme n’a pas le coup crépusculaire. Ô mon avoir-fantôme, qu’ils se couchent et qu’ils dorment ; la chouette les initiera ! Et maintenant, c’est moi qui vais t’habiller, mon amour.

Nous marcherons, nous marcherons, nous exerçant encore à une borne injustifiable à distance heureuse de nous. Nos traces prennent langue.

René Char (La Nuit Talismanique qui brillait dans son cercle -1972)

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Si j’étais…

Mais je suis

Pas ma victime

Nul besoin de faire-valoir

Jeu de rôles

Alibi

Je suis

Ce que j’être voulu

Et j’y resterai

Le tant un parti

Aux cerises les oreilles des « mais si » créolent leurs chansons des ils. La couleur de la feuille ne dépend pas de la plume mais de l’encre de l’écriture. Suspendu entre deux poings, j’irais trempé à la vague d’un bout à l’autre du rivage, sans regrets d’autre gueule, moche play-boy bel homme probe.

Rien ne serre plus que le m’aime miroir de soi  gardé dans le livre d’images que la vie donne sans fond de teint Taler la paume jusqu’au bout du pépin dans son arbre tenu  en fleurs dans la cruauté d’impitoyables saisons qu’une humanité en friche cultive.

Niala-Loisobleu – 24:05:16