La vérité du drame est dans ce pur espace qui règne entre la stance heureuse et l'abîme qu'elle côtoie : cet inapaisement total, ou cette ambiguïté suprême. Saint-john Perse
La spirale de mon cri s’est crashée
dans les avaloirs pernicieux du web
ma prise d’air engloutie, une autre se révèle
en ombre portée sur l’empreinte de mon haleine
Les algorithmes monstrueux me prennent en otage
le frémissement de l’aile n’a plus de liberté
Sous l’écorce la circulation de la sève est passée en souterrain. désormais Machiavel est aux manettes, la partance suggère la prise de pouvoir de mon individu en direction unique de ce qui touche au business
Chambre noire où des images crues libres sont captives
une photographie voilée cache la vérité
Plus d’étoile sur le fil conducteur
pour initier la clarté de l’instantané
Le rideau de fer avalanche
en un éclair disparaissent sons et lumières
Le fil entre terre et ciel est ancré à un corps mort nommé web
le passage en funambule de la gorge du ravin a perdu tout balancier
Tu peux avoir des opinions ou pas, elle ne serviront qu’à te regrouper dans une catégorie sociale, aux seules fins d’exploitation sans condition puisque nous y adhérons de nous-mêmes. Guidés par un panel de fausses impressions d’ouverture.
Tu n’es plus qu’objet ?
Oui, tout tend à nous éliminer en qualité d’être humain. Les grandes idées des Lumières pour en arriver là, ça penche au suicide….j’aime pas. Le concept de l’Espoir peut réellement trembler sur sa base. Je reste à croire que malgré tout, il demeure l’utopie la plus nécessaire.
La nuque sous le couperet voue à nous faire les baisés du vivant
Mon naturel n’aspire en rien à cette main-mise. La fatalité ne m’a jamais fait bander.
1859 Extrait du Mercure de France, N° 647, 1er juin 1925
Le soleil couchant ne traçait plus qu’un bandeau de feu à l’horizon, et la lune s’était levée sur les ruines de Palmyre. Cet astre de la nature endormie ajoutait encore à la morne solitude de ces lieux où tout repose d’un sommeil éternel.
On entendait au milieu du silence les glapissements des chacals et les cris des oiseaux de nuit, ces voix lugubres du désert et des ruines.
Un voyageur apparaissait seul au milieu de ces débris ; le dégoût du monde l’avait entraîné loin de sa patrie, loin des hommes, et il était venu demander au désert les impressions dont son âme était altérée.
Ce voyageur, échappé du monde des vivants pour contempler un monde évanoui, méditait sur le grand spectacle qui s’offrait à ses yeux.
Les voilà donc, pensait-il, tous ces monuments qui faisaient autrefois l’orgueil de Palmyre. La main qui les a renversés ne semble en avoir respecté quelques débris que pour en faire les monuments irrécusables de la fragilité des œuvres humaines.
Cette plaine, maintenant déserte et silencieuse, ne révèle que par des débris l’existence des générations qui l’ont jadis animée, comme la mer, après la tempête, ne laisse deviner le naufrage que par les débris qui flottent à la surface de ses ondes apaisées.
Ici, pourtant, se pressait une foule nombreuse ; ici des hommes ont vécu ; ils ont eu leurs jours de joie comme leurs jours de douleur. Où est-il maintenant, le souvenir de leurs maux et de leur félicité ? Où est-il, le secret de leur existence ?
Cet amas de ruines était un temple. Où sont-ils, ceux qui venaient y brûler de l’encens ? Ils ont passé comme la fumée de leurs sacrifices.
Dans ce palais dont il reste à peine quelques colonnes, un prince, un roi peut-être, entourait son existence de tout ce qui pouvait flatter ses passions et satisfaire ses vœux. La foule misérable portait alors des regards d’envie sur cette orgueilleuse demeure en maudissant les injustes caprices de la fortune qui jette en aveugle le bonheur et l’adversité.
Mais la mort a passé par là et le vent du désert a complété son œuvre : il a mêlé les cendres du tyran aux cendres de l’esclave.
À cette pensée, le voyageur s’arrêta, puis se levant :
— Salut, dit il, opulente Palmyre, royale Babylone, superbe Persépolis : et vous, Tyr et Sidon, reines du commerce, salut. Dépouillées comme vous l’êtes de vos prêtres et de vos temples, de vos soldats et de vos remparts, de vos marchands et de vos trésors, que vous avez d’attrait pour moi !
Ruines de tant de nations puissantes, que je vous sens de vertus !
Vous consolez le malheureux par la vue de la plus terrible catastrophe ; vous réprimez l’élan d’une joie immodérée par une image de deuil et de mort ; vous apprenez au riche ce que valent les richesses, à l’esclave combien est court son esclavage ; enfin, vous élevez l’homme vers un monde meilleur en lui montrant que rien n’est stable, que rien n’est vraiment grand ici-bas.
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Visionnaire Anatole France ?
Pour le moins…en face des démonstrations journalières de notre irréversible décadence, entendre que le risque zéro n’existe pas, est la dernière des lapalissades de notre Cazeneuve, The Voyce national, digne porte-parole de la pauvreté intellectuelle, politique et sociale, faisant aveu d’incapacité de notre Président à rechercher la solution capable d’éradiquer définitivement un groupuscule fanatique en voie d’anéantir notre histoire, passée, présente et à venir.
Nonobstant que ça n’enraye, le règle, en le traitant par le bon bout le problème des migrants.
« Prisonniers des gouttes d’eau, nous ne sommes que des animaux perpétuels. Nous courons dans les villes sans bruits et les affiches enchantées ne nous touchent plus. À quoi bon ces grands enthousiasmes fragiles, ces sauts de joie desséchés ? Nous ne savons plus rien que les astres morts ; nous regardons les visages ; et nous soupirons de plaisirs. Notre bouche est plus sèche que les pages perdues ; nos yeux tournent sans but, sans espoir. Il n’y a plus que ces cafés où nous nous réunissons pour boire ces boissons fraîches, ces alcools délayés et les tables sont plus poisseuses que ces trottoirs où sont tombées nos ombres mortes de la veille. Quelquefois, le vent nous entoure de ses grandes mains froides et nous attache aux arbres découpés par le soleil. Tous, nous rions, nous chantons, mais personne ne sent plus son cœur battre. La fièvre nous abandonne. Les gares merveilleuses ne nous abritent plus jamais : les longs couloirs nous effraient. Il faut donc étouffer encore pour vivre ces minutes plates, ces siècles en lambeaux. Nous aimions autrefois les soleils de fin d’année, les plaines étroites où nos regards coulaient comme ces fleuves impétueux de notre enfance. Il n’y a plus que des reflets dans ces bois repeuplés d’animaux absurdes, de plantes connues. Les villes que nous ne voulons plus aimer sont mortes. Regardez autour de vous : il n’y a plus que le ciel et ces grands terrains vagues que nous finirons bien par détester. Nous touchons du doigt ces étoiles tendres qui peuplaient nos rêves. Là-bas, on nous a dit qu’il y avait des vallées prodigieuses : chevauchées perdues pour toujours dans ce Far West aussi ennuyeux qu’un musée ».
André Breton et Philippe Soupault, 1919 Texte extrait de « Les Champs magnétiques »
Un plomb d’étain
Dépoli
Glisse le long du miroir
Le mercure
Reste
Le seul à bouger
Quel bleu nuit
Viderait mieux l’image de l’être invisible
que celui du cauchemar tirant son faire de l’étui ?
Parler dans sa bouche fait un bruit qui éteint tout dialogue
Avant tout la langue cherche l’autre pour s’exprimer
Que de maux noircissent la huppe de la colombe
A l’instant où elle déploie ses ailes
Simplement pour avoir raté son décollage
Dans mon train de nuit j’ai voyagé surréalisme
Breton, Soupault, Léonor Fini
dans le compartiment
Entre griffes et soies, odeur d’aqueux de chat et mi-août
Mon pote le Gitan y m’dit p’têtre qu’on va revoir le bac
Ce s’rait temps lui je rétorque du tac au tac
tous ces trucs bidons qui servent qu’à faire de la désintoxe pour noyer le poisson
Ce pays bâtard d’un couple des Lumières
s’engloutit
au faim fond de sa décadence
et fier par-dessus ça d’être tête de liste de l’union, dont la seule force est de piquer du pognon
à ceux qui n’en ont pas pour engraisser ceux qu’en ont trop
Oh t’inquiètes, me fait le Bouffi, nos Valls-soeurs vont nous rebleuir le Danube
avec une nouvelle loi anti-anti-anti-anti-anti-anti-anti…quittés…
Si j’avais été un autre, sûr, je s’rais resté coi
Mais coi con dise j’ai de la répartie
Donc j’opine (un truc que je tiens de Dupanloup) et je pisse à l’arrêt du fol de l’agri-cul-dur
Ok
surajoute-t-ai-je
on laisse les reposés rentrer et les fatigués passer
le temps que les locataires du voisin marchand d’huîtres, posent les valoches et reclouent la terrasse et on répand le laid un peu plus…
L’hue gnon fait la soupe, à preuve Conne-benne-dite, qui en 68 a foutu le feu à l’ordre public, pour finir député européen, qu’on s’en remettra jamais…
Pôvres de vous à qui les promesses font acte…laissez pas trop longtemps vos yeux fermés…au cas où vous semblez l’avoir oublié…vos enfants vous les avez mis au monde…
Le couloir est jamais aussi large que long, Comme si le carré mosaïque voulait nous dire j’éfile donc je perd dure. On dirait du Nietzche. Ou peut-être du Jean-Paul, au début qu’il connaissait pas en corps Castor et qu’il ignorait que le féminisme le conduirait au Néant. Nauséeux non ? Bah, étage et entresol vas, glisse sur la rampe, l’ascenseur est en mise à jour.
Comme les chiottes étaient dans le couloir, au tant de mes humanités (c’était PSG des Prés – pas un voile à l’horizon- grande époque ou Boris soufflait encore dans le cornet du Tabou pour le cracher sur ses tombes) il fallait puiser la lumière par le haut. C’est fou ce qu’un vasistas peut vous en donner bien davantage qu’une façade envers. A un point que 7 décennies après les problèmes d’électricité sont restés étrangers à mon couloir de l’amor. Ma chaise est en paille ignifugé, je brûle sans mots des rations et sans consumer.
Hier Léo me chantait « il ont voté et puis après »….ben ya que le tant qui a changé, pour le reste….
C’était écrit, là, où la démocratie est née les rois du fric se devaient de rayer le tendancieux de la carte, il faut savoir rappeler aux pauvres qu’ils ne peuvent bouffer qu’au menu. Les idées pernicieuses c’est pire que la pollution, ça ronge le privilège plus vite que la peste. Mine arrêt,l’espoir d’embrigader le monde dans un dogme habité par le fantôme d’Adolf pourrait repousser l’envie de rallumer les hauts-fourneaux. Heureusement Françoué a l’audace on est pas dans la merde, on est sûr d’avoir le plat du jour…
Les allées du jardin gercent, dans les pissenlits un oeuf brisé tremble, le jaune au centre du vert.
La Marguerite, cou tordu vers la réponse, baisse les yeux sur les doigts qui la déshabillent…
Anxieuse, m’aime-t-il comment ? Un peu, pas du tout énormément,,,
La fontaine a tout bu, il faut racler les sots.
A la blancheur des maisons qui s’étagent en espaliers, le bleu des moucharabiehs dissimule mal les ancres noires de l’abstinence.
L’absence de foi donne un goût âcre aux vains de messe, entre l’appel du muezzin, les sermons de l’aigle de Meaux, l’ouverture à huis-clos du 49,3
qui,
hormis le poète fou que l’espoir nourrit, se souvient de celui du 18 Juin ?
Toi te souviens-tu quand nous avons-traversé la Manche à l’aller ? Ceux de Dunkerque furent parmi les premiers à nager. L’opulence avec ses obésités huileuses, dans l’installation des loisirs, a fait un sacré boulot, ya pas à dire, entre 36 et 68 le grand écart politique à mis la gauche à droite, mis à part les lampistes qui au milieu de tout ça n’ont pas changé d’un iota,
le cou du grisou n’a fait que s’allonger.
Quelques espagnols qui, entre Guernica et Franco, avaient échappé au garrot, s’étaient installés dans la peinture, l’écriture, la poésie.
Le rouge chez l’ibère ça crépite comme un immense feu qui brase l’union sacrée avec la vie,
Et ça c’est cri :
OLE comme CORRIDA !
Tiens j’repense à la Manche, dans le sens retour, te souviens-tu des drapeaux qui flottaient aux fenêtres de la Rue de Verneuil ?
Bien sûr, même que le crémier qu’avait fait son beurre avec l’occupant, non seulement c’était ses fenêtres qui en avaient le plus, mais comme il était beau son brassard tricolore, avec FFI écrit dessus….
A quelque pas de là en Raspail, les barreaux du Cherche-Midi ne retenaient plus rien des cris que les lettres des Fusillés avaient posté. !
– Qu’est-ce que l’art demanda un enfant , craie à la main ?
– Un bon placement répondit le Ministre de la Culture, si tu es dans la côterie des galeristes, qui en dehors du fric à en tirer, n’en ont pas la moindre idée.
– Nous avons fait un grand pas en avant de ce point de vue sur l’oeuvre artiste-hic.
Là où on moule l’esprit l’aqueux s’allonge, là où l’artiste s’exprime au seul profit du regard de l’autre, l’ennui fait souche.
L’arbre de vie
Va chercher de l’eau Au fond du puits ! Va chercher de l’eau Je t’en supplie ! Va chercher de l’eau Et l’arbre de vie
Tout contre nos coeurs Déjà refleuri Va chercher de l’eau Au fond du puits Tout au fond du puits Des souvenirs Laisse aller les jours A jamais enfuis Puisque nos vingt ans Vont nous revenir
Alors toutes nos amours Vont repasser Pour faire un seul amour Car nous avons Découvert aujourd’hui L’arbre de vie
Va chercher de l’eau Au fond du puits
Va chercher de l’eau Je t’en supplie Pour nous deux Le temps va recommencer Nous ne verrons plus Passer les années
Va chercher de l’eau Et l’arbre de vie Tout contre nos coeurs Déjà refleurit L’arbre de vie L’arbre de vie
Leny Escudero
Les dunes dans leurs frissons ont du mal à retenir les caresses du vent sur le sable. Les agapanthes dressés embrassent les trouées de nuages. Au bord du chenal deux bouées en marcel à rayures, se gonflent la poitrine d’un air de traversée. Il y a ce qui part et tout ce qui ne reste pas, trop de choses s’effacent sous l’apparence d’être là. L’homme n’est fidèle à lui-même que dans l’infidélité faite à ses promesses.
ma rétine n’imprimait plus qu’en boucles tes longues mèches.
Qui sommes-nous, où n’irons-nous pas?
Telle était devenue sans matraquage
ma pensée-unique
Cogito ergo sum
Des rouleaux se brisant, les embruns d’espérance fracassent l’obstacle d’une seule volonté.
Le temps qui nous est donné à vivre n’a pas mis de montre à notre poignet.
Je vis en Toi,
tu es l’une et l’autre de mes oreillettes depuis que nous avons fait m’aime sang.
A l’amble des chevauchées où les marées nous portent,
nos pierres sont à bâtir.
Il leur reste toujours à faire, il faut sans cesse hâler.
Nous, sans les autres deviendrions réduits à l’exclusion de l’ensemble vital.
Il ne saurait battre seul.
Les couleurs se mélangent en une seule palette aux multiples nuances.
Ta parole est tienne comme ta foi.
La religion du plus fort est fanatique, le cri des illuminés plonge dans l’obscurantisme.
Libre de croire ou de ne pas croire,
sauf en l’espoir
par-delà tous doutes portés par le chaos entretenu du quotidien
Solaire l’araignée tisse à l’infini le symbole cosmologique de la plus haute importance.
Epiphanie lunaire, dédiée au filage et au tissage, artisan du tissu du monde, l’araignée est maîtresse du destin.
Elle le tisse, elle le connaît, . Ce qui explique sa fonction divinatrice, universellement reconnue : elle détient les secrets du passé et de l’avenir (Seghers)
Galopons à la foulée des flux et reflux,
galopons, nos poulains accrochés par le flair que nos odeurs leurs auront révélés.
Il n’y a pas dheure pour venir, d’heure pour partir,
il y a que l’l’heur d’être toujours.
Le chevalier se découpe sur l’orée d’un soleil à révolutions.
L’écharpe qui ceint son avancée porte la nourriture spirituelle de l’amour .
L’échelle est dressée pour franchir le tunnel du nuage noir, du bleu est là ne demandant qu’à s’élargir.
Sur la toile vierge, J’entends l’encre crisser, de sa plume active,
Au moment de devoir commencer, il faut d’abord préparer de la place. Une seule solution : laisser en plan ce qui est en cours. Sinon on ne fait que continuer à ne rien pouvoir commencer de nouveau.
Un simple regard aux frontons des institutions montre combien peu d’enseignes disent : « c’est bien sûr, la voilà la solution » . A quelques exceptions près toutefois. Mais encore. L’école, fondation du tout ce qui commence, n’est-elle pas la pierre angulaire de l’imbroglio total.
D’un côté les enseignants, de l’autre les parents ne forment-ils pas la merveille du sur place j’avance à reculons sans que ça se voit grâce à la réforme permanente des réformes en cours de non application. Notons au passage que c’est le moyen politique le plus en cours, quelque soit la couleur qui prétend gouverner. Faire des lois faute de pouvoir en faire respecter une ça écarte du sens de l’acte. En mettant à l’abri d’une accusation d’inaptitude menée par des nettoyeurs de fumisterie.
Tiens, si je prends l’heure qu’il est et que je me pose la question de ce que je vais choisir pour occuper une Ascension, prise de décadence autant climatique que d’état de santé générale, je suis plus certain de me retrouver au regret d’avoir pas su quoi faire, que de sentir l’effet constructif d’avoir été heureux.
Je vais de ce pas tremper ma plume dans l’encre de ma cabane, accompagné d’une pensée de Nietzche ne passant pas par une église…
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