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CE SOIR


 

CE SOIR

Appuyé sur l’horizon le regard se porte

à col ouvert

Quelques paroles à musique sur la portée du sens positif qu’on lui donne de préférence à ceux qui tombent à côté. Il y a dans la rondeur l’élasticité de ce qui allaite. Vivre en dépit de ce qui fait tout pour s’y opposer ce n’est pas le mauvais choix. Vu qu’en dehors du suicide peu d’options se proposent comme solution.

Une musique de Simon and Garfunkel traverse la pénombre en laissant à la lumière assez de place pour poser ses pieds. On marche, armés de cette force que rien en dehors de son espoir ne justifie. Le croyant et l’incroyant se rejoignent, une foi peut-être différente, mais voilà, les différences complètent davantage qu’elles ne soustraient.

Niala-Loisobleu – 18 Mai 2017

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Ah Connaître !


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Ah Connaître !

La solitude est un état qui, pour être gardé intact en tant que vertu – car s’en est une – doit se découvrir enfant et être cultivé en dehors de tout intervenant. N’est-elle pas l’image de soi que le miroir nous renvoie. Je n’ai que faire des fausses solitudes, bien qu’elles soient les plus nombreuses. Elles sont quasiment toujours négatives. En fait leur vrai nom c’est atermoiement de l’égo. Manifestation d’une détresse dépendant de soi-même. Le monde n’est pas toujours responsable. Certes il a le don de sale gueule, mais enfin soyons honnête. Que ferais-je de personnellement créatif dans une réunion de personnes. Il y aura l’esprit classe d’école où le sujet ne sortira pas des diverses influences l’entourant. La solitude est l’épreuve initiatique fondamentale. Elle est formative. Dans la solitude l’amour est sublimé, il devient alors le solitaire qui navigue pour atteindre le but qu’il s’est fixé. Les souffrances lavent les faux-semblants pour montrer la moelle. Quelle lutte dans laquelle la frustration doit démolir le jouet et parvenir à l’extase du transcendé plus charnel que l’os jeté au chien.

Mon vélo pour destrier, je fus par bois, flotté au-delà d’un échouage provoqué par l’accoutumance de déchets-mangroves multiplié par le gâchis de consommation humaine. Abondance égocentrique indigeste l’humilité au point de la néantiser. Point n’est besoin forcément d’une morale enseignée. En tant qu’homme la nature a tout prévu. Ses tares, ses vices, comme ses qualités. Mon rivage accepte la diversité de communion spirituelle, j’y séjourne où m’en écarte, sans mettre le feu ni poser des mines dans le cas où il est contraire à mon individu. Parce qu’étant unique, nous pouvons avoir une pensée personnelle qui n’en appelle pas au pouvoir des autres.. Connaître voilà bien le sens d la quête. Je t’aime alors prend tout son sens.

Niala-Loisobleu – 7 Mai 2017

21.08.15 - 1

L’Appel de l’Oiseau (Promesse)


L’Appel de l’Oiseau (Promesse)

à l’eau à l’eau à l’eau


à l’un une main tient le rang
route de cendre courbe le temps
contre bec écrasé
pas de fuite
enroulé en cercle
sous la peau repliée
tu es dedans

les gouttes à la renverse
l’œil sous la nuit
le blanc à côté
le temps blanc
temps balance silence
ascendance ta bouche
je n’existe plus
mains en rang
cendre du temps
contre fuite versée
dedans l’accroc
tu es dedans
ligne contre courte
sous la peau repliée
à l’eau à l’eau à l’eau
enroulée sous le bec
silence à l’eau renversé

rythme de l’eau
d’un pas l’eau
vent d’une main
sous l’aile la route
où l’œil est cendre
courbe le temps
je suis un ligne
je cherche contre
bec écrasé
pas de fuite une sphère
un cercle enroulé
se repliant sous la peau
pas de fuite tu es dedans
temps de l’accroc
se renverse les gouttes
à goutte de l’air
et l’œil d’un nuit
sous la courbe à coté
le temps blanc
silence rythme ascendant
je n’existe pas
sans ta bouche

Philippe Vallet

Alexandre de Riquer - L_appel de l_oiseau via colourthysoul.tumblr.com

De l’arbre tu

l’écorce tend l’oreille

gravé le coeur saigne

d’un noir geai-bleu

faisant absence

A l’horizon de tes épaules

je remonte

au tombé de tes seins

mano a mano

Lourds, lourds, lourds

je m’y balance

retenu par tes cordes d’aisselles fleuries

je ne suis plus qu’une spirale

que ton ventre ascensionnel

dresse

à la crête humide du cri

Niala-Loisobleu -22 Avril 2017

(L’appel de l’oiseau – Peinture d’Alexandre de Riquer)

ROUE A AUBE


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ROUE A AUBE

Le magasin de ce Lundi n’a pas ouvert son rideau, quel sera le plat u jour ? Il y a dans la fraîcheur du matin, l’humide perle de rosée qui risque un oeil au bout de la branche. A part une pie voleuse qui marche sur le toit de la cabane, rien ne sort du lit de la rivière. Je laisse mes yeux dans la chaleur du rêve où hier soir ils se sont endormis.

Insanes histoires de la vie,

Toutes voix tues
Reste le bruit éternel du sang.
Debout sur les désastres des guerres
Brillent les vains débris du monde,
Le ciel rempli de fantômes d’aurore.
Cachée dans les brouillards des villes,
La peur fait bouger les engins du rêve

Un doigt déchiffre la langue morse
Des fièvres profondes,
La litanie des oracles perdus

Tout va se refaire sous nos pas
Au seul cri du matin
Et les ruines s’illuminer d’aube.
Aube, première aube toujours déchirante,
Qui construit la journée avec le néant.

Albert Ayguesparse  (Les armes de la guérison – extrait)

Le laitier réveille les pis du bruit de ses bidons, une vieille histoire triste colle à la paille chaude de l’étable. L’oiseau rieur s’essaie depuis la nuit des temps à changer l’heur du commencement. Un homme de mauvais foie a laissé son fiel dans l’huile des rouages. Je ne suis pas de ceux qui plaisent, ma nature ne fait jamais l’effort de refuser le bonheur de vivre. Ah la bouteille et sa moitié pleine ou vide c’est plus un sarment d’ivrogne de l’amer que la fille de joie vierge du jardin des délices. Au bar de la Marine on aime se ressasser l’infortune d’avoir un fil à retordre dans chaque pore. Pourquoi vendrai-je mon sourire au diable, il ne changerait rien au seul âge qui soit vrai: celui de mes artères. Les Chemins des Dames ne devraient pas être faits pour les commémorations funestes de la connerie humaine, mais pour hâler la rencontre de l’Amour.

Niala-Loisobleu – 17 Avril 2017

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Le Tant perdu Rattrapé


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Le Tant perdu Rattrapé

Non l’inclinaison de la tige ne renseigne pas sur la couleur de la feuille à venir, il reste entre l’attente et la longueur de la part de ce que l’on ignore, l’énigme de la réalité. Dans laquelle en méli-mélo, nos envies et besoins, bien au chaud, montent constamment la garde, prêts pour toute éventualité qui leur ouvrirait un passage. Sur l’assise du vide le pont s’appuie de toutes ses jambes. Le vent porte d’Est bien plus loin que le coin de la rue du couché au moment où le feu passe du rouge à l’avance du vers la sortie du stationnement. Les deux trottoirs de nos rues n’ont pas la même exposition ce qui laisse à la chaussée le choix de la m’aime direction

Au bord de la fenêtre du toit tournent les moulins en celluloïd des grands pavois que le nombre de tours n’influence pas. Il y a du grain ente les pierres des balises comme on trouve heureusement de l’air sous le kiosque scaphandrier du grand bassin de la chanson des sources

Ne me demande pas as-tu mal de l’attendre puisqu’elle est là la présence, même si – parmi les prises en souhaits – ce soit pas celle qui était entrée en programmation.

Les eaux mortes laissent au bateau la vision libre du large, au repos des vagues des bulles prouvent la présence des poumons du sable, la plage suce le ciel sans nuages confiserie d’iode piquée sur un mât. A chacun ses pâques, les miennes ont eu plus que leurs oeufs. Surtout qu’aux sucreries je préfère le sel sans hésitations.

La cabane attendait une soeur qui a changé d’avis sur sa route, en m’aime tant que c’est un fils qui a fait « Coucou j’suis à Royan, peut-on passer te faire un bisou ? » qui est venu… A la surprise, totale, mais pas dans l’inattendu, dans le tant perdu rattrapé

Te savoir à mon souffle lié

mon Patou

me tient bien plus en l’haleine qui préserve du froid de la séparation

que dans la chaleur artificielle d’une présence simulée

ton coeur ventricule le mien de vibrations sanguines au pouls régulier

Les maisons blanches se serrent mieux aux cordes des guitares

qui vont faufiler par les venelles des cheminées

cette odeur particulière que la terre chaude exhale après l’ondée

au seuil des encres du lit des fontaines

Ô Cécile

t’es comme la chanson de Toulouse, devenue ma fille

cerise sur le gâteau tu y as mis Louison

Alors la vie de merde peut tartiner ses jours, y a que les cons qui demeurent sans comprendre le sens intrinsèque du sentiment, les Autres qui s’aiment ils surmonteront comme Pi, l’épreuve, de l’odyssée de la souffrance.

Niala-Loisobleu – 16 Avril 2017

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SANS / MOT A MOT 4


SANS

De la boîte de cubes l’achoppement sans disparaître s’est mis en vacances. Mon vélo ceux qui me l’ont pris ont omis de néantiser son tracé. La flèche de la cathédrale est en tous points l’expression parlée de la cathédrale. Son âme, elle, tient toute entière dans le savoir du silence du tracé sur la planche au sol. Après le premier lit posé, sur les pierres les constructeurs ont ajouté des chants. On retient plus facilement l’aspect enluminant le sens d’un décor trompeur. Le Sans coule. Le joint demeure, visible de l’intérieur. Avec toujours.

Le paraître déplace plus souvent les panneaux indicateurs qu’il n’apporte le sûr chemin du Centre. Dès que les façades se cravatent de vitrines, l’étal bonimente. La cabane sur son sel navigue toutes ouïes ouvertes sur la crête de ma montagne.

Niala-Loisobleu – 13 Avril 2017

MOT A MOT 4

Les clés des voyants

Entre toutes les rêveries d’une certaine vie
un sophisme se devine qui toujours dure

Albert Ayguesparse

 A bouche perdue (1973)

Albert AyguesparseJe voudrais te parler à bouche perdue
Comme on parle sans fin dans les rêves
Te parler des derniers jours à vivre
Dans la vérité tremblante de l’amour
Te parler de toi, de moi, toujours de toi
De ceux qui vont demeurer après nous
Qui ne connaîtront pas l’odeur de notre monde
Le labyrinthe de nos idées mêlées
Qui ne comprendront rien à nos songes
A nos frayeurs d’enfants égarés dans les guerres
Je voudrais te parler, ma bouche contre ta bouche
Non de ce qui survit ni de ce qui va mourir
Avec la nuit qui déjà commence en nous
De nos vieilles blessures ni de nos défaites
Mais des étés qui fleuriront nos derniers jours
J’ai tant de choses à te dire encore
Que ce ne serait pas assez long ce qui reste de mon âge
Pour raconter de notre amour les sortilèges
Je voudrais retrouver les mots de l’espoir ivre
Pour te parler de toi, de tes yeux, de tes lèvres
Et je ne trouve plus que les mots amers de la déroute
Je voudrais te parler, te parler, te parler

Albert Ayguesparse (Bruxelles, Belgique 1900-1996) – Les armes de la guérison (1973)

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MOT A MOT 1


Mot à Mot 1


Louange des insoumis

À profusion se lisent aux fenêtres
les appels à la louange des insoumis

Est un signe de connivence
ce qui dans l’effusion s’improvise
Pays où l’irrationnel triomphe
y apparaissent une multitude d’étrangetés

Pour que s’abolissent les poncifs
il a fallu à tout prix un retour de force

Avant longtemps auront disparu
d’une tragédie les vestiges

Albert Ayguesparse

Comme le mort cérébral qu’on refuse de reconnaître mort, le paysage d’un monde qui a peut-être eu une âme, mais…me sourit de toute l’absence de ses dents. Il conviendrait certainement de reconnaître que j’en suis mordu tout seul. En l’absence de la réciproque. Les fruitiers d’un jardin n’ont de fruits que par la greffe de la semence au sillon qui trace au creux de la veine. Sang lui, rien. L’amour, élément vital de toute espèce, est incompatible au mariage pour tous. Marier son coeur à un cliché décharné de vie, c’est vendre son âme au diable. Il y a tout près, bien plus près qu’on ne le  voit, ce qui ne fait pas de bruit, battant d’énergie rentrée. Et dans ce qui ce montre sur une scène constamment ouverte, rien que du factice. Regarde en toi, la lumière ne fait pas clinquant, elle sourd de l’ô, naturelle, comme source vitale cachée. A force de courir d’un bout à l’autre du rien tu apparais comme une imagination sans scrupules, je te laisse à ton inconséquence, toi qui m’as trompé dès le début, tu ne seras pas ma fin. Être bon rime à tort avec con. J’aime le silence qui n’a rien vieilli du vrai malgré les années. Leur manque, leur vide apparent. Ce qui ne se montre pas est ce qui est visiblement intègrement pur.

Niala-Loisobleu – 7 Avril 2017

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LE BOUT DU FIL


LE BOUT DU FIL

Tenu par les cheveux au bord de ce qui se cherche des cailloux, le ciel balance . Il est des endroits qui ont la mémoire des odeurs au milieu des ratures. Mais des dons combien voient la consécration ? Avant que l’écaille perde au jeu des courses en solitaire, l’escadre rallie la meute en ordre de bataille. Elle a toujours ce frisson dans la voix quand, ouvrant l’écluse, ma pensée folle fait monter l’eau d’un étage. A sa coque des sanglots traînent à la nage. Reflets du soir dans le fleuve qui suce la voûte étoilée.

Niala-Loisobleu – 30 Mars 2017

L’étoile échappée
L’astre est dans la lampe

La main
tient la nuit
par un fil

Le ciel
s’est couché
contre les épines
Des gouttes de sang claquent sur le mur
Et le vent du soir
Sort d’une poitrine

Pierre Reverdy

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FORTE NUIT DE BILAN


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FORTE NUIT DE BILAN

Le silence au petit-matin, en couverture, ça rassure les yeux au terme d’une longue conversation qui n’a pas nuit.

La lune demeure expansive et libertaire. Elle se fout des yeux chiasseux qui matent d’une serrure à l’autre en se disant « cachons-nous jusqu’à nous m’aime, faut pas rougir de salaces idées ». Tâchons seulement de tout savoir de ce qui ne nous regarde pas

Lune et l’Autre, n’avons pas à nous souvenir du rêve qui de Nous deux n’a fait qu’Un, le jour le poursuit. Nous restons branchés sans craindre un soupçon libertin rajouté aux poivres d’épanchements de si nos vies (n’étaient pas ce que nous en faisons, nous ne serions que le regret de nous mêmes).

Tout au long de tes  collines je continue à coller à tes flancs. Mains tenant les fauves qui ont le musc des feulements restés accrochés aux branches des voeux érectiles. La chaise sur laquelle mes fesses t’ont prises en amazone, andalouse, cheval à rab au manège ondulant, un toro noir dégainé chauve, traversant lô live à taper au noyau…

Ole ! Anda !

Non, ne parle pas, laisse ta langue allée

principale

par laquelle j’antre

parler à ces oiseaux multicolores qui nous excitent de leur plume hard

puits à ce chat

denseur du grand écart

laisse-moi , croix de bois, crois de faire, le salto de mes dernières pointes, chant de bon signe lancé à la volée, qui n’écrase pas sa balle, out dans le mur…

Ce que j’ai vécu cette nuit me permet ce matin de partir, je n’ai plus rien d’ici à faire, mon Amour est d’Ailleurs.

Je n’aime pas ces portraits psychologiques il font trop beau pour être vrais, la preuve preuve tient dans ce que l’on trouve au bas de la page de sa vie

Niala-Loisobleu – 30 Mars 2017

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CE PEINT TEMPS


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CE PEINT TEMPS

Le livre de la pauvreté et de la mort

(Paris, 1902)

Je suis peut-être enfoui au sein des montagnes

solitaire comme une veine de métal pur;

je suis perdu dans un abîme illimité,

dans une nuit profonde et sans horizon.

Tout vient à moi, m’enserre et se fait pierre.

Je ne sais pas encore souffrir comme il faudrait,

et cette grande nuit me fait peur;

mais si c’est là ta nuit, qu’elle me soit pesante,

qu’elle m’écrase,

que toute ta main soit sur moi,

et que je me perde en toi dans un cri.

Toi, mont, seul immuable dans le chaos des montagnes,

pente sans refuge, sommet sans nom,

neige éternelle qui fait pâlir les étoiles,

toi qui portes à tes flancs de grandes vallées

où l’âme de la terre s’exhale en odeurs de fleurs.

Me suis-je enfin perdu en toi,

uni au basalte comme un métal inconnu?

Plein de vénération, je me confonds à ta roche,

et partout je me heurte à ta dureté.

Ou bien est-ce l’angoisse qui m’étreint,

l’angoisse profonde des trop grandes villes,

où tu m’as enfoncé jusqu’au cou?

Ah, si seulement un homme pouvait dire

toute leur insanité et toute leur horreur,

aussitôt tu te lèverais, première tempête de monde,

et les chasserais devant toi comme de la poussière_

Mais si tu veux que ce soit moi qui parle,

je ne le pourrai pas, car je ne comprends rien;

et ma bouche, comme une blessure,

ne demande qu’à se fermer,

et mes mains sont collées à mes côtés comme des chiens

qui restent sourds à tout appel.

Et pourtant, une fois, tu me feras parler.

Que je sois le veilleur de tous tes horizons

Permets à mon regard plus hardi et plus vaste

d’embrasser soudain l’étendue des mers.

Fais que je suive la marche des fleuves

afin qu’au delà des rumeurs de leurs rives

j’entende monter la voix silencieuse de la nuit.

Conduis-moi dans tes plaines battues de tous les vents

où d’âpres monastères ensevelissent entre leurs murs,

comme dans un linceul, des vies qui n’ont pas vécu

Car les grandes villes, Seigneur, sont maudites;

la panique des incendies couve dans leur sein

et elles n’ont pas de pardon à attendre

et leur temps leur est compté.

Là, des hommes insatisfaits peinent à vivre

et meurent sans savoir pourquoi ils ont souffert;

et aucun d’eux n’a vu la pauvre grimace

qui s’est substituée au fond des nuits sans nom

au sourire heureux d’un peuple plein de foi.

Ils vont au hasard, avilis par l’effort

de servir sans ardeur des choses dénuées de sens,

et leurs vêtements s’usent peu à peu,

et leurs belles mains vieillissent trop tôt.

La foule les bouscule et passe indifférente,

bien qu’ils soient hésitants et faibles,

seuls les chiens craintifs qui n’ont pas de gîte

les suivent un moment en silence.

Ils sont livrés à une multitude de bourreaux

et le coup de chaque heure leur fait mal;

ils rôdent, solitaires, autour des hopitaux

en attendant leur admission avec angoisse.

La mort est là. Non celle dont la voix

les a miraculeusement touchés dans leurs enfances,

mais la petite mort comme on la comprend là;

tandis que leur propre fin pend en eux comme un fruit

aigre, vert, et qui ne mûrit pas.

O mon Dieu, donne à chacun sa propre mort,

donne à chacun la mort née de sa propre vie

où il connut l’amour et la misère.

Car nous ne sommes que l’écorce, que la feuille,

mais le fruit qui est au centre de tout

c’est la grande mort que chacun porte en soi.

C’est pour elle que les jeunes filles s’épanouissent,

et que les enfants rêvent d’être des hommes

et que les adolescents font des femmes leurs confidentes

d’une angoisse que personne d’autres n’accueille.

C’est pour elle que toutes les choses subsistent éternellement

même si le temps a effacé le souvenir,

et quiconque dans sa vie s’efforce de créer,

enclôt ce fruit d’un univers

qui tour à tour le gèle et le réchauffe.

Dans ce fruit peut entrer toute la chaleur

des coeurs et l’éclat blanc des pensées;

mais des anges sont venus comme une nuée d’oiseaux

et tous les fruits étaient encore verts.

Seigneur, nous sommes plus pauvres que les pauvres bêtes

qui, même aveugles, achèvent leur propre mort.

Oh, donne nous la force et la science

de lier notre vie en espalier

et le printemps autour d’elle commencera de bonne heure.

Rainer Maria Rilke

Présence contrecarrée, quelque chose d’inhabituel étouffe la raison profonde qui m’a jusqu’ici tenue là vif au combat. Il manque à ce magique avènement ce qui l’induit normalement par effet de cycle. En lui, est un élément contraire qui abolit sa nature même et l’entraîne au gouffre, s’est glissé . Je n’ose….et pourtant dans ce désordre ambiant qui anémie la terre entière, il se pourrait que l’annonce me soit plus personnelle… entends-je les trompettes, le dernier-faire part que ma révolte de vivre ne pourrait repousser des quatre fers ?

Ma richesse de la vie, certes, n’accepte pas la pauvreté de la mort mais quand c’est l’heurt c’est plus l’heur. Si la cloche a sonné le bout du couloir, il faut décrocher le manège du porte-manteaux et de l’aqueux du mickey.

Niala-Loisobleu – 20 Mars 2017

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