Geste inné d’Enfant


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Geste inné d’Enfant

 

Prenant un angle mort, il le porta à sa bouche pour lui donner vie

ses yeux roulaient si franchement que la chronique médicale en resta baba

le plancher et le plafond s’enroulèrent une pelle

et le pôle emploi siffla les sept nains pour qu’ils sortent de Blanche-Neige

interdit au moins vains tant

 

Sa bouche en mouvements d’yeux

transforma les poignets de porte en haltérophiles

les moutons sous le lit en écume de mère

le phare à ions en descente du Nil avec le Sphinx au gouvernail

C’est de la foi qu’on parle pas qu’on est rendu moins con !

 

Niala-Loisobleu – 24 Mars 2018

 

Créé d’Ô


 

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Créé d’Ô

Un matin chassieux qui souffre d’avoir la patte enlisée

s’étire lentement de la nuit.

Ce fut une nuit de chine où les ombres n’ont fait que du porte à porte

au lieu de dragons vomissant du feu des souvenirs défunts. N’en parlons plus, le lapin est cuit.

Mais que cette nuit fut proche d’un matin qui peine, noué aux non-dits

Quand mes rêves prennent la mer c’est pas pour aller à la pêche, mais avec l’intention d’aleviner.

toute la connaissance du noeud marin se met alors en attente de sa capacité à faire des entrelacs.

Le ciel d’amour ouvert

Une jarre plaine

Le ricochet traversant sa voix d’une rive à l’autre

 Ne pas être tendance, juste soi. A la mode qui vient sans besoin de marché. Une enfance passé cherche inlassablement à se rattraper. Les déviances guettent au bord de la route. La tentation du moulin où on se jette par dépit est dessus. Je suis androgyne par nature.

Pour apprendre, en partage de comprendre, de vivre fusionné, de tolérer plus loin qu’un genre.

Rien qui tende homo.

Je n’aurai fait que passer, restant cellule de l’ensemble si j’ai construit. Ce que mon père me donne à vivre a jamais été mort. Ce que l’on m’a privé d’avoir en l’ayant jamais né tape contre la cage de mon ventre pour accoucher.

Je veux être deux en un seul.

Niala-Loisobleu – 15 Mars 2018

LA BOÎTE A L’ÊTRE 33


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LA BOÎTE A L’ÊTRE 33

MOTS PEINTS,TRACES DE PLUME 1

« Un peintre c’est quelqu’un qui essuie la vitre entre le monde et nous avec de la lumière, avec un chiffon de lumière imbibé de silence. »

Christian Bobin

Rien de ce qui apparaît dans la lumière, n’est parti d’elle. La ligne de départ est toujours à l’ombre, voire en pleins ténèbres.

Je me reconnais dans bien des domaines, avec cet auteur. Son goût inné du lieu de vie, éloigné des bruits de toutes sortes, en particulier de ceux de la renommée. Sa simplicité, sa poésie, sa belle écriture aux clartés humbles, et sa foi si pure, j’en accepte pleinement le regard tourné vers Dieu. Elle force mon respect d’agnostique et de mécréant, par la non allégeance au dogme que j’y sens. Il a l’esprit d’ascèse d’un Franciscain.

Aujourd’hui il est un maillon qui, dans un moment de doute, ramène à la surface. Qui, sans remettre les choses en cause, aide à les franchir. A ne pas se laisser bouffer par la gangrène d’une société en faillite.

Peindre en écrivant son espérance, c’est nettoyer la vitre sale. Je suis conscient de la réalité de cet acte. J’en ai l’intime conviction.

Et de penser que mes pinceaux se croisent avec son écriture, ranime la flamme de mon désir d’aller peindre, jusqu’à encore plus loin.

« Je ne connais pas d’apôtres du néant sinon par imposture. Ce qu’on veut nous faire croire aujourd’hui, ce que clame cette littérature de la nuit, c’est que la vérité est toujours plus du côté du mal que du bien. Une croyance comme celle-là signale la disparition d’une personne. C’est une disparition bien plus profonde que la mort. Celui qui pense que la vérité est du côté du mal s’assoit très profondément dans le fauteuil de l’air du temps, et il n’est pas près d’en sortir. C’est pire qu’un lieu commun. »

Christian BOBIN, La Lumière du monde,

Paroles réveillées et recueillies par Lydie Dattas,

Gallimard, 2001.

Dans la société occidentale, tous les chemins nous sont donnés pour nous perdre. Le seul qui nous soit enlevé est le vrai chemin.

Christian BOBIN, (La Lumière du monde)

Niala-Loisobleu – 7 Décembre 2010

 

ET LE VOICI…

 

Il faut autre chose que le temps pour retrouver le vrai chemin, ni les états civils , ni les états de service n’y contribuent. Il surgit au détour d’un virage, d’un méandre, au bout d’un tunnel, sur le précipice à franchir…et…

Les MOTS PEINTS voici qu’ils se dressent désormais et à jamais à la verticale de l’ECRITURE…Ils se sont unis en blanche, pure et complète Union POESIE-PEINTURE.

Niala-Loisobleu – 06/03/18

 

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Il me vient un chemin ouvert


 

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Il me vient un chemin ouvert

 

Ecoutant le Directeur de Conscience, rapporter ce fait qu’un printemps qui se fout de la gueule du monde, rend ni plus ni moins la face d’hiverse des choses, je dardais plus profondément mon regard sur la séparation manifeste qu’il y avait entre ses paroles et son attitude, pour me retenir d’entrer dans le mouvant de sa pensée. Je précise que le torve ne venait que de lui, Monsieur le Juge.

Dépassant son fil d’une accélération subite, j’allais me garer un peu plus loin que l’église, à cet endroit où les absides n’ont plus tort, et où les croix ne parviennent pas à s’inscrire dans le moindre geste de la vie courante.

Les croix me dis-je en aparté, ça ne fait que des crosses au score des fusils, c’est sempiternellement partial. On retrouve toujours le mort d’un côté, et de l’autre le faux-vivant. Jamais l’égalité ne montre le bout de son né.

Avisant une toute petite touffe d’herbe blessée, je me penchais pour l’aider à se relever, quand elle me dit, non laisse-moi, j’ai pu envie qu’on me marche dessus. Et si tu me relèves, c’est ce qui va se reproduire. J’aime mieux finir dans la panse d’une vache, étant donné qu’il y a de fortes chances pour que son restaurant soit à côté d’une gare. De ce fait, la bouse où elle m’abandonnera sera à deux pas d’un train.. Alors commencera une nouvelle vie, j’irai comme un extrait de merde, prendre un simple aller pour fumer les pâturages du ciel.

Bien sûr nu comme le vers qui promet, en se montrant sexe tendu…

Niala-Loisobleu – 2 Mars 2018

 

HOMME ANNÉE ZÉRO


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HOMME ANNÉE ZÉRO

Année
Zéro.

Hurlant sur une banquise encore saignante, l’homme cherche sa couronne de soleil.

Tandis que le grès tiédit,

l’enfer prend la forme du premier cercle.

Au-delà des paupières de lave, sécher les flèches cathédrales.
Rêver la peur.

Hélices d’une étrave immobile, les frondes poussent le cheval

vers un palimpseste de tibias éclatés, d’ivoires sans bouches.

Sous roche, les mains deviennent

ces parois magiques où chaque silhouette

gomme un lambeau de nuit.

Inventés, les dieux mangeurs de gui.
Adorées les étoiles que le sang désaltère.

Contre l’inconnu de l’éclipsé,

voici qu’une future prison

surgit sous les doigts du tam-tam.

Puis l’éclair, puis le buffle, rythment ce buisson d’instincts.

Aux lames nées d’un cataclysme l’homme, héritier des arbres, affûte la terre langage,

hésite devant les signes croisés qui transpercent le temps, et déchiffre, ébloui, l’énigme sur ses lèvres.

Maintenant la vision grandit mais vers quel pôle: cytoplasme ou planète larme ou pluie d’aérolithes?

Mécanique céleste en route pour l’opacité dans une orchestration de couleurs vénéneuses.

Tracés de villes pétries dans l’ocre.
Pyramides — boussoles de la mémoire.

Horlogère,

une civilisation ajuste sa puissance,

étalonne la magie de l’or,

et meurt empoisonnée par le plomb de ses aqueducs autant que par ses lances étouffées sous l’écaillé.

Longtemps, déluge polychrome.
Séchés, les temples d’os payent tribut aux astres.

A soutenir un ciel vide leurs colonnes ont tari.
Quand l’hémorragie marine investit le désert des socles, les dieux sombrent moutons.

Et le fer avale d’un coup les fleurs sans mâchoires: alliage pour mouvoir un monde qui doit remodeler ses masques,

de nouveaux démons voulant se glisser entre le visage et le masque.

Toccata nucléaire en mémoire de l’eau, montée chromatique essoufflant le cœur des anges.
Nous baignons dans leur sexe inexistant peut-être, voué aux explosions en chaîne ou déjà durci noyau.

Élucider, afin de la combattre,

toute explosion moins précieuse à la nuit.

Fête pour cerveaux-carton

craquelés dans les bals dominateurs d’empires,

dont la cire, au matin, oxyde le flambeau.

Les grands porteurs de germes consacrent une église nouvelle

où le plomb des vitraux devient cet or qui coule entre cuisses d’autoroutes, vers un musée aux précieuses menstrues.
A l’intérieur, les circuits intégrés pullulent sur chaque neurone où se titille le bonheur.

Enfin, la vie sait programmer la mort.
L’homme, plus assuré, divague entre les éveils
Microbe à des années-lumière de lui-même,

il immunise l’espace-temps mieux que toute existence.
Mais revienne l’année zéro pourra-t-il rajeunir l’oubli?

Jean Orizet

En barque à scions…


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En barque à scions…

Hâlé des reins du cheval qui laboure

par chemin du bois

écrire de foins coupés

doigts dans l’odeur

à hurle vent debout

et l’écoute à deux mains

qu’aujourd’hui tire bord à bord – loft pour loft – putain de vague scélérate qui fait mal…J’orbe estourbi sans la tiare du balcon qui va tiquant, bon dieu sous la soutane il doit bien rester assez d’orties pour qu’elle me fasse voir son visage qui signerait de visu le tam-tam qui cogne dans ma poitrine

la clef forge le mécanisme de l’apporte

Niala-Loisobleu – 26 Février 2018

 

A VRAI DIRE


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A VRAI DIRE

Le froid d’un tant passé on ne sait où

dénude le métier à tisser

il fait nuit dans le jour

le coq n’a pas encore sonné à l’écorché

pas une feuille n’est à l’encre

Cachées les unes aux autres

les maisons font silence

un doigt sur l’apporte

Serait-ce si horrible à dire l’intérieur

que la peinture des façades s’efforce à mentir ?

L’esprit feint d’un jaune rire sec comme un suaire

colle aux marnes des langueurs d’automne jusqu’à fin d’hiver

clouant au sol le passage des palombes bleues

d’un double coup sec de canon scié de Péchebel

Ô mon âme ne fuis pas tes yeux

ne les émascule pas de l’invisible espérance dressée derrière le décor d’un quotidien harceleur

La terre est rongée d’un vitriol qui fausse-couches la moisson

trop poilu pour être ô net

Ô j’ai M ni strate ni fossile

mais lisier algues vertes au doré des plages d’un vieux 33 tours

ton chant crevant le mal blanc a marqué les luzernes d’un signe extra-terrestre

j’y suis monté par les cordes d’un haut-de-contre sexué

pour en découvrir l’étendue sans limites au travers de tes dents

la palpitation sans bretelles des chiens fous de ta poitrine

sans ignorer

en toute lucidité mon état rêveur

qui m’a initié dans le texte au vol des oies sauvages

Je plaide pas de n’être que moi exclu des autres.

 

Niala-Loisobleu – 26/02/18