MAESTA ET ERRABUNDA


MAESTA ET ERRABUNDA

MAESTA ET ERRABUNDA

(Triste et Vagabonde)

Dis-moi, ton coeur parfois s’envole-t-il, Agathe,

Loin du noir océan de l’immonde cité,

Vers un autre océan où la splendeur éclate,

Bleu, clair, profond, ainsi que la virginité ?

Dis-moi, ton coeur parfois s’envole-t-il, Agathe ?

La mer, la vaste mer, console nos labeurs !

Quel démon a doté la mer, rauque chanteuse

Qu’accompagne l’immense orgue des vents grondeurs,

De cette fonction sublime de berceuse ?

La mer, la vaste mer, console nos labeurs !

Emporte-moi, wagon ! enlève-moi, frégate !

Loin ! loin ! ici la boue est faite de nos pleurs !

– Est-il vrai que parfois le triste coeur d’Agathe

Dise : Loin des remords, des crimes, des douleurs,

Emporte-moi, wagon, enlève-moi, frégate ?

Comme vous êtes loin, paradis parfumé,

Où sous un clair azur tout n’est qu’amour et joie,

Où tout ce que l’on aime est digne d’être aimé,

Où dans la volupté pure le coeur se noie !

Comme vous êtes loin, paradis parfumé !

Mais le vert paradis des amours enfantines,

Les courses, les chansons, les baisers, les bouquets,

Les violons vibrant derrière les collines,

Avec les brocs de vin, le soir, dans les bosquets,

– Mais le vert paradis des amours enfantines,

L’innocent paradis, plein de plaisirs furtifs,

Est-il déjà plus loin que l’Inde et que la Chine ?

Peut-on le rappeler avec des cris plaintifs,

Et l’animer encor d’une voix argentine,

L’innocent paradis plein de plaisirs furtifs ?

Charles Baudelaire

(Les fleurs du mal)

Chariot tintinnabulant de ses dents de lait, que le Beau croque d’un crayon maîtrisé aux premiers matins d’un voyage, j’avance depuis plus longtemps qu’une couronne garde le mordant.En perles de sel, juchées au cou du récif, la vague éclate du rire saute-mouton, au jeu que la vie privilégie, par son innocence que tous les dangers menacent.

Tu n’es que soies et rubans glissant d’une mèche à l’oreille du chant, verdure, ondoyante dans la complicité des vents favorables. Les craies en larges traînées ont tracées des voies lactées dans un ciel encombré par le conditionnement des empêcheurs de rêves. Il y a un âge qui passe ou qui casse, aux portes de la première rentrée scolaire.

Dis-moi Agathe resteras-tu où pas cette bille aux couleurs internes qui roule en dépit des travaux de démolition ?

J’avais la fontaine sur la langue dès mon arrivée dans ce cloaque.

La rue de Verneuil, en tous points chaussée d’accessible m’a étalonné mieux qu’un Maître rue ban.Toujours rafraîchie du bleu nouveau de chaque vendange, elle va son cru sans besoin d’A.O.C.

Visage fouetté des embruns qui font l’exceptionnelle couleur des fougères, si tu même me suis, nous irons au-delà de la dernière falaise sans périr dans l’amer.

Niala-Loisobleu

17 Novembre 2016

Laurie Kaplowitz blue-morpho-mask

 

L’ÂME BLESSEE D’UN ELEPHANT NOIR (Extrait)


L’ÂME BLESSEE D’UN ELEPHANT NOIR (Extrait)

C’est de l’étoile que naissent toutes les légendes

la légende de la lumière dans le ciel noir

dans la clairière de l’ombre dans l’éclair des tempêtes

la légende de la nuit à l’heure des ténèbres
Ô mon fils !
tu apprendras à la forêt à être fière de l’arbre
Mamonomé ! eh Da !

l’âme blessée d’un éléphant noir reconnaît en toi son adresse

Si ton itinéraire te désavoue
accepte de tomber sans précaution. La chute
est humaine. Ne pleure pas. Elle est le témoin
de la traversée des sentiers. Ne pleure pas. L’expérience
est au prix
de la marche éternelle.

verse des larmes si
ton coeur mordu par la douleur
te le réclame
mais ne pleure pas

Avec ta main entière sur ton cœur, juste ta main comme repère
tu apprendras à être proche sans te confondre

tu apprendras à croire à ce que verront tes yeux d’homme
dans le désordre ardent de l’obscurité meurtrière

l’arbre qui se consume dans l’épreuve du feu n’ignore pas le recueillement

et n’oublie pas
ta parole est ta mémoire
le silence est ton enclos
aux âmes vulnérables
la patience garantit l’éternité du chemin

GABRIEL MWENE OKOUNDJI

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Avant de revenir dans ma Naissance…


Avant de revenir dans ma Naissance…

 

J’ai la racine de mon arbre qui fruite

un drain que les caillots philtrent

Au loin rien ne s’écarte du proche, hein ?

 

Sur un ciel noir en serre, le plâtre de paris colle au lattis-lazuli. Jeux interdits. Nous sommes encore tenus au secret des mots mis à nu du sarcophage. Comment le Nil a-t-il accroché la pyramide à l’oeil du Soleil ? Le mystère a seul le pouvoir de garder le grain.Quand le petit gravier de Poucet remontera par le trou de la poche percée, les chemins du Paradis Perdu seront parallèles aux miens.

 

Surtout, surtout, mon Coeur

ne me délie pas de la corde des guitares…

 

Niala-Loisobleu – 31 Octobre 2016

 

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Mon Ombre aile ma Lumière


Leszek SOKÓŁ-1104

Mon Ombre aile ma Lumière

Aux lueurs de mon soleil-phare, tel un papillon sans gouverne serais-je l’ombre égarée se cognant à moi_même ?

Errance d’un ascenseur sans pilote balloté dans l’air rance d’un passé non dépassé …

Baudelaire mécontente Nietzsche

C’est

Baudelaire qui postdate et voit juste de sa barque de souffrance, lorsqu’il nous désigne tels que nous sommes.
Nietzsche, perpétuellement séïsmal, cadastre tout notre territoire agnostique.
Mes deux porteurs d’eau.

Obligation, sans reprendre souffle, de raréfier, de hiérarchiser êtres et choses empiétant sur nous.
Comprenne qui pourra.
Le pollen n’échauffant plus un avenir multiple s’écrase contre la paroi rocheuse.

Que nous défions l’ordre ou le chaos, nous obéissons à des lois que nous n’avons pas intellectuellement instituées.
Nous nous en approchons à pas de géant mutilé.

De quoi souffrons-nous le plus?
De souci.
Nous naissons dans le même torrent, mais nous y roulons différement, parmi les pierres affolées.
Souci?
Instinct garder.

Fils de rien et promis à rien, nous n’aurions que quelques gestes à faire et quelques mots à donner.
Refus.
Interdisons notre hargneuse porte aux mygales jactantes, aux usuriers du désert.
L’œuvre non vulgarisable, en volet brisé, n’inspire pas d’application, seulement le sentiment de son renouveau.

Ce que nous entendons durant le sommeil, ce sont bien les battements de notre coeur, non les éclairs de notre âme sans emploi.

Mourir, c’est passer à travers le chas de l’aiguille après de multiples feuillaisons.
Il faut aller à travers la mort pour émerger devant la vie, dans l’état de modestie souveraine.

Qui appelle encore?
Mais la réponse n’est point donnée.
Qui appelle encore pour un gaspillage sans frein?
Le trésor entrouvert des nuages qui escortèrent notre vie.

René Char

Nous sommes notre pire ennemi.
Une pierre brute qu’il nous faut polir au quotidien. Défait de cette illusion prétentieuse d’avoir  vaincu, nous serons lucide. Innocence préservée. Devant le derrière de chaque victoire une nouvelle bataille s’avance, ainsi va le voyage.
Niala-Loisobleu
4 Février 2016
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Un vide grrrrrrr nié ça te dit ?


 

Un vide grrrrrrr nié ça te dit  ?

« A te regarder devant la glace du quotidien, tu ne vois que l’image en partie déformée par l’interposition de la pensée des autres à ton égard, lui dis-je in petto avant que la faune des réseaux sociaux ne déboule dans la conversation. »

Je vis un grand reste de chandeleur parti du coin de son oeil droit embraser le gauche . Et pas que le regard, à ses défroncements frontaux, décontraction des zygomatiques que le courant serein était en marche dans ses creux privés.

« Ben oui tu es unique, ne l’oublie pas  »

Il y a le ciel et l’amer, dans une proportion où le principe inéquitable est majeur. Alors les abus, les tromperies, les trucs qui trahissent et qui trompent, qui abusent et t’abusent, excuse-moi on va passer dessus en ne retenant que ce qui seul doit compter : le principe de ton individuation.

ÊTRE OU NE PAS ÊTRE, l’english au crâne chauve qui erre en cent pas dans sa chambre n’a toujours pas été enlevé du programme des terriens. On le joue non stop à la Comédie Humaine. Si tu pars du seul absolu qui compte : le temporel, qu’est-ce que tu vas aller t’emmerder avec un truc éternellement fondu comme la névrose et ses possibilités d’ouverture sur la paranoïa. Enfin mets donc sur le devant tous ses trésors que tu tiens à l’ombre dans ton intérieur.Un simple compte montre que dans les kilomètres du parcours, y a davantage du con battant en retraite que du combattu par k.o….

Un vide grrrrrrr nié ça te dit  ?

 

http://www.jrcoaching.fr/coaching/chemin-individuation-jung.php

 

Niala-Loisobleu

3 Février 2016

 

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DE L’EGO AU GRAND SOI


De l’ego au grand soi .

Selon Jung, le but d’une vie est de passer de l’ego, notre petite personne, au grand soi grâce au « processus d’individuation ». Il s’agit d’un cheminement intérieur par lequel nous allons tenter de devenir le plus conscient possible, afin de nous «auto-engendrer » en tant qu’individu particulier, homme parmi les hommes, mais unique. Une seconde naissance, en quelque sorte. Pour Jung, l’enjeu est d’importance. Car « devenir conscient de son soi, c’est permettre à l’univers de devenir conscient de lui-même »

En 1946, à un vieil ami qui lui demandait quelle attitude adopter pour achever son existence dignement, Jung répondit : « Vivre sa vie. »
Vivre, c’est tout.

Psychanalyse Jungienne

A Distant Future by Raluca Deca

MAINS TENANT 1


MAINS TENANT 1

D’une averse aux sauts vicieux, le sol se mit à grimper le ciel

Comme un chien  sur le trottoir

Sur l’ardoise en fond de rideau, impossible d’écrire de la peinture,

la craie des pinceaux délébile ne tenant pas le cou sous les rafales des trempées

Rage dedans

Dehors affalés

le peintre et sa toile plantés

se remisaient dans les albums d’un alphabet qui avait perdu sa langue

Foutre

je te pisserai à la raie

sale épouvantail chasseur de moineaux

et je te couperai la continence

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Aromates Chasseurs

Je voudrais que mon chagrin si vieux soit comme le gravier dans la rivière: tout au fond.

Mes courants n’en auraient pas souci.

Maison mentale.
II faut en occuper toutes les pièces, les salubres comme les malsaines, et les belles aérées, avec la connaissance prismatique de leurs différences.

C’est quand on ne s’y reconnaît plus, ô toi qui m’abordas, qu’on y est.
Souviens-t’en.

La foudre libère l’orage et lui permet de satisfaire nos plaisirs et nos soifs.
Foudre sensuelle! (Hisser, de jour, le seau du puits où l’eau n’en finit pas de danser l’éclat de sa naissance.)

II y eut le vol silencieux du temps durant les millénaires, tandis que l’homme se composait.
Vint la pluie, à l’infini; puis l’homme marcha et agit.
Naquirent les déserts; le feu s’éleva pour la deuxième fois.
L’homme alors, fort d’une alchimie qui se renouvelait, gâcha ses richesses et massacra les siens.
Eau, terre, mer, air suivirent, cependant qu’un atome résistait.
Ceci se passait il y a quelques minutes.

Détesté du tyran quel qu’en soit le poids.
Et pour tout alpage, l’étincelle entre deux flammes.

Il arrive que des actions légères se déploient en événements inouïs.
Qu’est-ce que l’inepte loi des séries comparée à cette crue nocturne?

René Char

Déglinguant la vitre pleine de chiasses, le voilà qui se mouche

et morve bleu

à déclouer le cercueil pour redonner aux fleurs la tige et la sève hors de la couronne

Je ne suis pas de ceux qui noient

reprenez vos vases et vos bals cons

je vole, je vole, je vole !!!

Niala-Loisobleu

18 Septembre 2015