Le corps d’un amour dérive à la côte


 

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Le corps

d’un amour

dérive à la côte

J’appelle la mer à ventre retourné. Comme dans cette pêche au fond, où l’asiatique fait plonger le cormoran. Revêtue des stries profondes de la navigation , mon âme connaît du large, le côté cynique que la carte postale dissimule honteusement à quai.

Une femme lâche sa fumée à la criée des chandelles. Un homme crache sur sa dignité dans un carnaval grotesque.

Répandue dans la fonte du cierge. La crevette grise.

A pas croire que pareilles ignominies viennent toutes seules aux enfants, les petites-filles se font des rêves qui pourrissent. Quant aux garçons ils se cherchent le statut du genre à choisir. Mon caillou est protégé par ma poche, c’est heureux. Trop  de sentiments sont mutés en produits à faire marcher.

Le corps d’un amour dérive à la côte. En plein coeur des dunes les palisses ploient sous la pression de l’intérêt matériel. Jusqu’où la poésie tiendra-t-elle dans sa gratuité digne ?

Niala-Loisobleu – 26/01/18

Affranchissement


Affranchissement

Ex-voto
Tordu par la force
un cri d’olivier
sort d’une saignée du trop berné
l’âme kidnappée par un désert humain
se dévoie d’un m’aime espoir à deux voies

Happé d’un tel vertige
qui fracasse
rebondit
ricoche
décoche

S’affranchissant de l’esclavage
les nuits blanches ne seront plus comptées
sorties de leur mensonge par l’énergie d’un sommeil actif
bercé
apaisé
la force
qui manquait à l’homme écorché

S’arracher à la vague scélérate
pour l’éveil à la marée montante
remis à l’eau
rompant la béquille
flotter debout hors du ventre stérile
face au large

La chandelle des messes noires s’est éteinte
le feu de la cheminée d’un Dimanche franchi  par la Porte-Basse
monte, monte, monte
sur la falaise où rien de ceux naufrageurs ne brille
Seul l’Amour porte à traverser Libre

Niala-Loisobleu

29 Février 2016

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