TITI ROBIN/ « Le goût du sel / La terre cet animal »


TITI ROBIN/ « Le goût du sel / La terre cet animal »

De la nuit que nous avions repoussé monta un bruit de chevalet qu’on manivelle. Semblable au drap qu’on va fouiller à tâtons à la seconde où les dernières chandelles ont fermé les yeux, pour la pêche au parfum que l’amour n’a pas en corps séché. Reste au creux de la couche le tressaillement animal des feulements. Le lions n’a rien dénoué. A travers seins il reste des poils en serpentins.Le fleuve suçote le marbre du Taj Mahal en brûlant les encens montant des pores. Cette sérénité est d’un érotisme qui transperce le post-it du frigide air, pas besoin d’un lexique et du recours au philtre, le lotus à sorti son bouton. Nous nous sommes animalement salé dans l’esprit du rite de la parade à plumes.

N/L 12:04:18

CRIME SANS AUTRE INTENTION QUE DONNER L’AMOR


 

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CRIME SANS AUTRE INTENTION QUE DONNER L’AMOR

 

Ce matin où sortie de ce chant, j’en attendis l’image sans intention malheureuse, pris tout entier par le coeur, je fis l’innocente erreur de n’avoir pensé qu’à mon bonheur de la voir

Restée dans le paravent de sa nudité, comme on protège son quant-à soi, dans l’armure d’une lointaine croisade perdue, je ne vis pas la moindre idée de viol dans mon attente

Cueillant un émoi qui jamais n’aurait son matin au terme d’une nuit parsemée d’étoiles

Bel arbre que je piétinais de mon imaginaire

d’un outrage commis en toute pudeur

comme on brûle la beauté en lui faisant insulte par blasphème

La honte mais trop tard

 

Illustration: Henri Matisse

Niala – 11 Avril 2018

Chevalier-Servant


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Chevalier-Servant

 

Au centre, un pont c’est tout

comme ça bouge

a pas peur

on vit sans reproches

Je ne suis pas retourné en arrière. Quand bien même je l’aurai voulu, tu es devant partout. Ta jungle, tes bruissements de feuilles, tout s’est fait animal. Tu serais louve, que ton odeur de mer t’aurais faite lionne en plus d’autres affinités. Tellement tu es féline d’un bout à l’autre de ton anatomi, j’ai la pointe aux moustaches. Dans tes nageoires, quand tu y vas des ouïes ça bulle un max au-dessous de ton nombril, que dans  tes retournements con vulsif, je m’accroche. La maison de Loti m’héberge  dans mes envies exotiques. Mon doigt te suit à la ligne, un après l’autre quand le plafond t’attrape dans son miroir par la porte principale. Elle est grande ouverte, je peux voir à travers les broussailles sauvages qui la borde, ta claire à coquillage. Que de coussins en tenant les fruits  à même le sol, gardent  en pulpe la moiteur tropicale de la forêt où on s’aventure  à la découverte du dit amant vert. Tes seins ont crié au loup au moment où tu les a laissé rouler dans la cascade . Au point que ton dos n’a pu maintenir sa croupe dans le cadre des hanches. Parlons-en de celles-ci, elles me soufflent dans la clarinette à bout de chant. Aussi ne fais pas semblant de serrer les genoux. Dis à tes lèvres intimes de s’arrêter de siffloter. Le nounours et moi, on sait tes talents de ventriloque, inutile d’accabler des innocents. Les pirogues se sont approchées quand le livre de Nin est tombé de l’étagère de ton chevet. Tes sous-vêtements ont servis de sels odorants dans la préparation de la baignoire. Il me reste bien assez d’ongles pour allumer tes vertèbres, n’aies crainte, le désir que tu m’inspires,  sera le vivant que je veux pas emporter de toi en photo..

Niala-Loisobleu – 9 Janvier 2018

 

FACE A FACE AVEC MA PEUR


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FACE A FACE AVEC MA PEUR

Mes ongles ont rencontré la peur au contact des tables d’école, sans être alors en mesure de la lier au plongeon dans le vide du ventre maternel.

La peur comme ces odeurs d’encre

se garde dans ses livres d’histoire

de sa géo du patrimoine.

Les unes sur les autres

en estrade

mes peurs ont peint mes couleurs sur le tableau noir des jours.

L’enclume a battu la sève de mes arbres d’amour avec un faire pas toujours forgé à l’intention première. Je me suis tapé sur les doigts à tourner mal le marteau. au point que le savetier chante à perdre alène.

D’où es-tu, me suis-je dit tout tremblant, ce jour d’été où nous nous sommes trouvés face à face, à flancs de poubelles ? De partout, des endroits d’ici de mon pays, à là-bas, par mes racines la couleur de l’accent plantée aux creux des pierres, la peur en pisés, mélange de terre et de paille, s’est mise en planque des siècles sur les terrasses de nos flancs sans rien dire de notre rencontre programmée pour ce jour là. Dans nos natales différences préparées à nous mettre au pied du mur.

Chaque coin de chez-nous

heureusement,

existe autrement que par les tristes gravures de noms à son monument,

l’herbe qui renaît toujours aux bords des ornières

où les roues ont marqué le sol,

montre bien la verdeur de ses chemins

Ce que j’ai appris de la peur m’a suffit à comprendre que nous sommes maîtres et compagnons de notre existence

L’odeur du bois qui brûle sous la poêle de l’oignon roussissant le calcaire d’une vigne aux âtres des garbures, choucroutes, potées, tourtes, et charcutailles fromagères ou pas, plats qui ont mariné dans les cépages de nos crues, ont le tannin de nos chênes, derniers lièges, ultimes bouées. La suie des sueurs de mines, tient mieux les galeries des sources souterraines, phréatique des estuaires,  que les étais branlants d’un refus de surmonter sa peur sous prétexte que ne pas prendre de risques conforte. Et nos charpentes, vertébrales des pêches lointaines, bossoir maritime au vent des flèches vous ne voulez plus les entendre gémir la douleur du vouloir tenir coûte que coûte ? Allons on ne fait pas l’économie de son passé au seul prétexte de rester soumis à la raison du code d’une société.

Aimer ne correspond pas à une taille, une pointure,un étalon, un paramètre, un code de bienséance. Aimer n’est que la réponse d’une âme à l’autre, ayant trouvé le sens de ce qu’est le silence.

Je sais pour l’avoir vécu il y a quelques heures encore que la peur permet de se voir tel que l’on désire être.

 

Niala-Loisobleu – 4 Février 2017

 

La clef dans le serre hure


La clef dans le serre hure
Du jardin où le froid
la tenait
tête entre les épaules
j’ai traversé l’intention du jour
rien d’original
non
je n’ai rien oublié de cet amour
de dire simplement
Bon Jour
Les volets de l’atelier
en ouvrant les paupières
m’ont donné le réverbère à envoyer coucher
la couleur du jour
répand le cas fait
sans reverser de laid
Niala-Loisobleu
07/03/16