DIMANCHE EN ATTENDANT


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DIMANCHE EN ATTENDANT

Etendu aux plis du désert il s’épilait le vide de la coquille, pour laisser la chambre allouée soulever ses épaules à la pensée onduleuse des chameaux. Et moi pourquoi pourquoi pour moi, n’y aurait-il qu’une succession de fils fugueurs et de prometteuses ne tenant pas en place ? Mon enfance c’est vrai, a d’abord très bûchée à côté du programme…

Les yeux enfouis dans toutes les directions, il se dit

– Où que je regarde je ne vois que des bosses

pourtant mon Ami le vent

n’ignore rien de mon penchant à mettre les choses à plat

– C’est vrai mais tu rêves trop, me répondit-il en m’envoyant une poignée de grains dans les yeux

– Vois les choses en face

tu crois qu’il suffit d’être naturellement bon pour que le tant soit beau

c’est pas parce que tu vois le vrai apparaître en dépit des efforts du faux pour paraître

que tu vas initier un autre art de vivre

Cette manie des hommes de faire la roue

elle n’a nul besoin de la générosité

Tu donnes ils prennent

la simplicité ne mène à rien

le compliqué voilà comment l’homme se fait paon

et il adore

Le voilà devenu héros

Les grands mots du je au nom du nous

tu parles

c’est l’incroyant qui se devient dieu tout seul

de sa main

réflexe inconscient du mortel qui veut gagner l’éternité

Moi moi moi

c’est bien vrai ça que nous sommes tous égo

Le sable tournant le dos au sot

pris l’appel

et d’un élan du coeur

plongea dans la mer

en laissant les châteaux aux assauts de l’ô

Aux fonds du fond

il écouta le Capitaine se tenir la barre devant droite

monta au devant de la proue

caressa le rêve de la Muse en approche et descendit remettre le cap dans le bon sens.

Niala-Loisobleu – 11/03/18

 

Etat des Lieux 16


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Etat des Lieux 16

Dans ce matin qui traîne à lever son jour, au cellier je pense hâler. La pomme qui attend toute fripée sur sa claie a bien plus à raconter que le vernis de ce fruit mis en montre à l’étal.

Tes seins me remplissent l’assiette comme des yeux de gosse découvrant l’arbre, ils cavalent dans ma tête, attelés en équipage à ma pensée-voyage.

Je t’ai dit le seuil du bout du couloir. Comment un éboulis de ciel noir aurait pu le noyer dans sa pluie ? A moins d’écrire de vent sur le sable, je ne vois pas comment ma bouteille n’atteindrait pas la côte où tu me tiens, semble–il effacé de ta communauté.

S’il reste temps d’amour en moi c’est essentiellement la faute à ma folle constance d’imbécile s’efforçant d’être heureux. Survivance instinctive entre les barbelés flottants des pluies dérivantes…

Niala-Loisobleu – 25 Janvier 2018