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SOUS LES CRAQUEMENTS DE LA MARCHE


SOUS LES CRAQUEMENTS DE LA MARCHE

Voici venu le temps où les ors vont perdre la tête dans leur bain de sans. Du bois mort voici venir la renverse. Le courant de la sève se prépare au jusant. Introspection des positions. Le kama sutra fait les boîtes à lettres en partouze avec les pubs. C’est l’amour chante-t-on sur tous les tons, y compris les rabattus en plein accord avec le terne du loyer. Dans l’aumônière le mendiant ouvre la main. Noix, noisettes, figues, dattes, c’est le dessert. L’été s’est retiré de la pulpe pour  le moment du fruit sec. Surbrillance aux quatre vents, la putréfaction veille. Les miroirs se retournent pour faire voir le dedans de l’image. Dans la sauvegarde des chemins buissonniers, les enfants ont stocké assez de craies pour caser le ciel et la terre dans les pavés de leurs marelles.

Automne tu fécondes le Printemps !

Les pieds de la marche ensilent la sève du bois vers.

Niala-Loisobleu – 27 Septembre 2017

 

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NIALA 1984

Lettre à l’Enlise


Lettre à l’Enlise

Torchée d’une poignée d’oyats, la mer pique pas son phare, elle est d’une seule présence. Qui s’est avérée ignorée au fil du temps : la délicatesse. Si les marées des soirs des copains d’abord, propres au sel, gardent les guitares à flot, c’est par la grâce d’un être exceptionnel. Il y en a. Mais  à bien y réfléchir, il sont là que pour servir d’éponge. On sait que la navigation terrestre n’a de chance de se faire qu’en survol du tas de merde. Ce qui aux yeux d’un non-croyant justifie qu’ils soient au ciel, il faut bien quelqu’un pour en démasquer l’imposture. Les marchands de rêves sont les guichetiers des cimetières. Ont-ils jamais su ce que c’était un rêve ? Je certifie que jamais ils n’en ont eu la première idée. C’est de l’illusion qu’ils vendent. Et qui peut aller très loin dans le sens du crime quand du snif ça vire aiguille. Mais qui aurait l’idée de changer un truc qui gagne ? Quitte à trépasser autant savoir pourquoi on s’arrête au croisement d’un brin d’herbe, d’un lapereau qui embaume la piste, d’une fleur sauvage qui n’a pas de lien avec le saint du jour, , d’un vent qui cherche à voir la culotte d’une parole de chanson en quête de note. Que de merveilles, surtout dans l’immense tout petit, règnent en ce monde d’aveugles qui font du macro avec l’insignifiance. Au point que peu dans la masse qui va me lire, pour pas dire personne, comprendra que si je n’étais pas optimiste je dénoncerais pas le gâchis qui en est fait. Je pleure comme le con intégral que je suis. J’ai mal au sensible, j’peux pas tricher avec l’amour. J’ai mal d’aimer et ça me tue la joie de vivre. Alors imagine le danger que je cours en permanence. Je suis sans l’avoir voulu et encore moins demandé, le centre d’hébergement des paumés. les migrants de l’errance, plus dangereux que les plus venimeux des rampants qui foulent l’ombre d’eux-mêmes. A la gauche et à la droite des politiques du chacun pour-soi, mon vélo ne s’appuie pas. Il a juste à voir  avec le mouvement des manivelles qui en soulevant la jupe jusqu’au ciel, cherche à trouver ce puits de vérité parmi les marigots qui y sont planqués, genre terrai-miné.

Niala-Loisobleu – 26Septembre 2017

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Le poids est sur la pierre


Le poids est sur la pierre

D’un souffle arrêté, la voile perd de l’erre. Au bout de l’amarre, bien qu’au large on colle toujours au ponton, sans réelle remontée. A croire qu’une pieuvre boit l’encre. Un phare au fond c’est naufrageur. Les abysses font enseignes.

Juste la trouée des palmes pour remonter en surface . Palier par palier. Ara d’aquarium et poisson-lune en balançoire de luminaire vespéral. La tige végétale d’une érection bleue transe perce le morose de la fleur vulvaire. Vibre l’âme de la pierre. Il faut retrouver la clef du cabinet de curiosités pour libérer les papillons.

Niala- Loisobleu – 2 Septembre 2017

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A cheval de semailles


A cheval de semailles

D’île en île,

j’ai navigué guidé par le vent d’une seule volonté: que les côtes n’aient d’autre visage que celui du large

Tempête en encolure

les poils de mes crinières ont blanchi aux écumes ourlant les rivages

de tous bois de flottage

entre selle et sel d’une trouée bleue dans les nuages

 

mes pores suent des rancoeurs d’accordéons qui ont le tort de visser les pas du tango au plancher du radeau, un mirage en traversée sous les tournoiements d’une boule dans la gorge

On peut aimer la fumée des escales dans l’écart des cuisses de la brume sans que l’Île au Trésor en sorte comme de l’absoute du confessional

Les couleurs du tant galopent sur la crête des canopées en suivant le mouvement des ailes des perroquets, des tape-culs et des misaines toutes voiles hissées gonflées du vent des chemins de liberté écrits au burin à l’encre des pierres

Niala-Loisobleu – 23 Août 2017

 

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LA BOÎTE A L’ÊTRE 22


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LA BOÎTE A L’ÊTRE 22

CRAMOISIES ROSEURS

L’heure était à me glacer, dans ses sueurs froides, retenu sans défense aux draps froissés. Par le rayon du phare lunaire, les formes en s’agitant du dos sur le ventre, donnaient à la campagne un visage de remous du passé. Ces ombres, en même temps qu’elles me remettaient leurs images d’angoisse dans l’âge du présent, me faisaient entendre les hurlements de leurs instruments de torture. La nuit on perd plus facilement la victoire contre les assauts de ses mauvais souvenirs.Quand le grincement des roues fige ses rayons dans l’ornière, tout semble s’enliser. Le coeur saigne à ne rien s’y retrouver. Seuls les spectres de l’idée qui s’impose occupent tout le terrain de la pensée. En même temps que le sentiment fort crie au menteur, le loup carnassier mord dans le charnu de la confiance. Quel jour est-il donc du malheur, qu’hier se conjuguait à ne plus  savoir se mettre au présent. Le jour se fait brouillard sur le clair.  Où suis-je, où allons-nous mon vieux Gauguin, de quel cauchemar il me faut espérer pouvoir me sortir ?

L’Amour tombé des nues

Un samedi du moyen âge

Une sorcière qui volait

Vers le saba sur son balai

Tomba par terre

Du haut des nuages

Ho ho ho madame la sorcière

Vous voilà tombée par terre

Ho ho ho sur votre derrière

Et les quatre fers en l’air

Vous tombez des nues

Toute nue

Par êtes vous venue

Sur le trottoir de l’avenue

Vous tombez des nues

Sorcière saugrenue

Vous tombez des nues

Vous tombez des nues

Sur la partie la plus charnue

De votre individu

Vous tombez des nues

On voulait la livrer aux flammes

Cette sorcière qui volait

Vers le sabbat sur son balais

Pour l’ascension

Quel beau programme

Ho ho ho voilà qu’la sorcière

A fait un grand rond par terre

Ho ho ho quel coup de tonnerre

Il tomba d’l’eau à flots

Et l’eau tombe des nues

Toute nue

Éteint les flammes tenues

Et rafraîchi la détenue

L’eau tombe des nues

Averse bienvenue

L’eau tombe des nues

L’eau tombe des nues

Et la sorcière se lave nue

Oui mais dans l’avenue

L’eau tombe des nues

Qu’elle était belle la sorcière

Les présidents du châtelet

Les gendarmes et leurs valets

La regardaient

Dans la lumière

… et un éclair qui brille

Et c’est vos yeux qui scintillent

… et votre cœur pétille

Nous sommes sourds d’amour

Et nous tombons des nues

Elle est nue

Oui mais notre âme est chenue

Nous avons de la retenue

Nous tombons des nues

Sorcière saugrenue

Nous tombons des nues

Nous tombons des nues

Qu’on relaxe la prévenue

Elle nous exténue

Nous tombons des nues

Et je…

Mais tombe des nues

Tu tombes des nues

Le monde entier tombe des nues

L’amour tombe des nues

Et vive les femmes nues !

Robert DESNOS

(Recueil : « Les Voix intérieures »)

Ô Paul, se pourrait-il qu’aux Maldives aussi, les chiens fous qui gardent l’esprit sein aux belles vahinés, leurs mettent à l’idée des goûts de prothèse ? Une catastrophe écologique à faire mourir de vrai le Grand Jacques. Tenons-nous en dehors de la décadence, de toutes nos dernières forces vives. Oui, oh ouiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii !

Niala-Loisobleu – 30 Août 2013

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Le jour en entrant par mon oeil droit, se retrouva l’ordre dans le flou. Posant les pieds hors de la tranchée du front où s’était déroulé mon combat intérieur, je fis chauffer l’atmosphère. En appelant  Arletty à l’ô, tel le Nord pour ne pas marcher sur la tête, comme cette nouvelle génération humanoïde qui n’a plus rien d’humain. Protester à juste titre pour 5 euros piqués à l’étudiant et applaudir ensuite au transfert footbalistique du siècle qui va octroyer au récipiendaire un salaire mensuel de 30 millions d’euros…mais c’est pas possible….je cauchemarde…que vous reste-t-il de conscience mes frères ?

Niala-Loisobleu è 5 Août 2017

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Lettre d’Egon Schiele à son Oncle


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Lettre d’Egon Schiele à son Oncle

La vie doit être un combat contre les assauts des ennemis à travers des flots de souffrances.

L’œuvre de l’artiste autrichien Egon Schiele (1890-1918) constitue une véritable ode au mouvement, à la chair, à l’érotisme et à la nature. Si l’on connaît de lui de nombreuses toiles et dessins, ses poèmes et lettres restent plus confidentiels. Dans cette missive cet « éternel enfant » prend sa plus belle plume et livre sa philosophie de vie.

5 mars 1909

Mon cher oncle !

Permets-moi de te parler de ma philosophie de vie. La passivité ou la patience poussées trop loin conduisent à des bouffonneries comme l’impatience et la patience d’ange qui exige avant tout du clame dans le sang. La mélancolie induit la patience, la patience l’expérience, l’expérience l’espérance et l’espérance empêche la débâcle. L’enthousiasme pour l’équité et une liberté raisonnable font de l’homme noble un despote, et l’impatience passionnelle est responsable de la disparition de son talent et de sa bonne volonté. Supporter pour supporter est une sinistre folie ; la patience est généralement un mélange d’insensibilité, de paresse et de lâcheté ; la patience qui s’oppose intelligemment à la pression et sait attendre son heure lorsque le courage et la force ne conduisent pas tout de suite au succès, est la seule vertu qui sera récompensée par elle-même. L’endurance permet d’aplanir des montagnes, de borner l’océan et de transformer la pierre en murs et en villes — qui se vaine lui-même est plus vaillant que celui sui surmonte les murs les plus solides.

L’indignation ou l’agacement face aux offenses que l’on doit encaisser infligent à un tempérament vif, des nerfs fragiles, une sensibilité exacerbée et à la pensée une souffrance sévère ; elle vous prive de sommeil, fait maigrir, ôte l’appétit et précipite dans la mélancolie. La peur défait les forces du corps et de l’esprit.

La confiance en soi est la base du courage, le danger présente un attrait tout particulier pour la confiance en soi ; des êtres doués d’imaginaire deviennent facilement des aventuriers. Le désir d’éprouver sa force, de vaincre des difficultés rend courageux, à l’instar de l’intrépidité de la jeunesse. Le courage est l’état psychique qu’il faut pour affronter le péril de manière réfléchie. Le courage est la première représentation de la vertu que le fils de la nature comprend.

L’indépendance est un grand bonheur, doublement appréciable pour une personne d’esprit qui aime à être indépendante. Tout le monde n’a pas la qualité requise pour en jour dûment. Mère nature veille sur l’espère humaine comme dans le règne animal.

La vie doit être un combat contre les assauts des ennemis à travers des flots de souffrances. Chaque individu doit lui-même combattre et jouir de ce pour quoi la nature l’a conçu. Un enfant encore ignorant a déjà ce qu’il faut pour traverser un pont très long exposé aux pires tempêtes. Nul garde-corps ne sécurise cette passerelle étroite et étendue. Sur l’autre rive, l’ilot de la vie terrestre est strié de souffrances et de joies. Et il se peut que, des années plus tard, les essaims éprouvés retournent là où ils avaient commencé, emplis et repus de sagesses de la vie.

Rien n’est plus honteux que d’être dépendant, rien n’est plus nuisible et plus dommageable pour un caractère bien trempé.

Ce n’est pas comme ça que je pense, c’est plutôt ainsi que je le ressens, mais ce n’est pas moi qui ait écrit cela, ce n’est pas ma faute. Une pulsion est là, permanente et toujours plus puissante, qui me soutient dans ce que je viens de dire.

Toute la faute incombe à la nature. Ton neveu redevable,

Egon.

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( Egon Schiele, Je peins la lumière qui vient de tous les corps, éd. Agone, coll. Cent mille signes, Paris, 2016. ) – (Source image : Egon Schiele, Self Portrait with Physalis, 1912 © Wikimedia Commons)
La vie est-ce de rouler sa caisse, sans rien voir du paysage humain qui l’entoure ? La souffrance que le regard d’une sensibilité existante, incise dans la chair, ouvre sur la Beauté intrinsèque de la Vie. Sans se perdre dans le petit drame à 3 balles du sentiment de comédie, apitoiement du faux-sentiment se mettant à la une du quotidien, à côté de l’amour véritable des démunis ne demandant rien. L’Amour est souffrance, pas une scarification de malade du bulbe.
Niala-Loisobleu – 22 Juillet 2017
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MON LONG DU LONG


MON LONG DU LONG

La jetée étire le reste de la nuit vers l’interrogation factice du quotidien. L’embarcadère pour touristes vers les îles était une foi, dort encore dans un rêve à laver la voie . Dans quelques heures il y aura la queue pour embarquer. Les haubans s’en foutent des filles de joie des bars à marins. Ils gémissent de jour comme de nuit sans faire semblant de jouir. La petite lumière qui saute est bien tranquille à l’intérieur du phare. Tout en haut des escaliers, comme ceux où la Butte funiculait des battements de Bateau-Lavoir. Le tant où la bohème posait nue entre les mains de la couleur. Mon coeur et moi, nous sommes sortis du sommeil avant d’être étouffé par l’outre-noir. Cet hymne au désespoir qui rapporte. La joie ça coûte seulement. Comme le prix d’une vérité qu’il faut cacher. Tu t’y colles câlin-maille-art. Faut reconnaître sa soeur en fouillant dans la culotte du zouave, Le mariage pour tous c’est l’étroit mousquetaire d’une politique à la vue basse où tout le monde s’engouffre devant comme derrière. Les murs sans fenêtres ça n’accepte pas les appuis pour les géraniums avec les odeurs de roucoulements amoureux. En revanche ça cultive le pigeon au point que les évangélistes en sont dépassés. Vaut mieux se quitter que de vivre dans un paraître imposteur. Qu’est-ce que je pourrai faire de bleu sans l’amour qui le fait naître ? De l’autre-côté du mensonge l’herbe reste vers. Et le bois vert. M’aime la planche de cabane se fout du surf sur la vague de la dernière mode, tant elle sait qu’on ne sel pas un cheval à cru. La mer ne se montre qu’en plongée, en surface c’est que capitaine de St-Tropez. Je retourne au fond des plis d’accordéons, pêcher la nacre des chansons pour retrouver mon vrai Capitaine. Vos chagrins ne collent qu’à l’appeau. Je vis de sel de nos larmes, dans l’estuaire  de la douceur de ta côte sauvage ouvrant grand large.

Niala-Loisobleu – 10 Juillet 2017

 

ENTRETIEN D’EMBAUCHE


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ENTRETIEN D’EMBAUCHE

Un claquement aux flancs de la ligne de mire, remue la torpeur d’une conversation mise en consigne. Le voyage des mots est au quotidien la vacance des problèmes de circulation. Ni la vitamine pas plus que l’extase scie ne savent conduire à l’équilibre qui tient sur le fond de la liaison continue. Tous ces portables qui ne savent plus se taire, causent en continu à tort et à travers. Tu peux te faire renverser à tous moments par un quidam collé à son mobile. Regardant la façade des maisons, je cherchais dans le linge accroché aux fenêtres, le souvenir d’un coup de battoir au lavoir. Le fessier mouillé jusqu’aux genoux les lavandières se racontaient leurs amours d’une voix en ayant gardé l’odeur. Ah, fallait voir l’eau claire comme elle te rinçait  les pores qui s’étaient mis à la colle sur la literie. Le sain était grand ouvert, je me souviens comme j’aimais y poser mes yeux à téter. Curieux du bon côté. L’herbe se tendait à deux pas, toute languissante de voir et d’entendre la nature parler sans qu’un besoin de prompteur, la machine à faire lever et applaudir, se mette à diriger la conduite à tenir. Nature, bordel ce que tu sens bon. T’as autre chose dans la pigmentation qu’une fausse idée de bulbe en panne d’imagination. L’aisselle c’est fait pour ne pas s’évanouir. Aussi ce matin que je te pense, chaude de l’oreiller, tu devrais bien comprendre mon envie de te passer à travers seins, pour un raccourci qui rallonge le chemin du terminal. L’eider ou l’oie qui t’as marqué la joue, me fait sa plume pour t’écrire en corps tout le long du long de tes vallons.

Niala-Loisobleu – 5 Juillet 2017

BLEU PHALANGE


BLEU PHALANGE

Au derme traversé

de pierres volantes

passe l’essence au coeur de l’olivier

La nuit accrochée aux levés du soleil

la descente de lit de la rivière

brille à la fourche du pont

Il me jaune comme l’outremer

ce fruit jumeau

vibrant à mes paumes

Des mandolines au cap d’espérance

à la queue des aboiements

d’un océan debout sur le trapèze volant

L’atelier fonde un toi

sur les clavicules d’un mât dressé

au pont d’une baleine

Vague de l’aqueux

sorti du galop de l’écume

que la langue d’un laurier rose

suçote lentement

à saute-mouton sur l’horizon

Niala-Loisobleu – 30 Mai 2017

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IMPRESSION PREMIERE


 

IMPRESSION PREMIERE

Des losanges tapissaient les franges de ses cils. Elle s’appelait pas comme tout le monde, fallait savoir comment s’y prendre. Le brun de ses longs cheveux blonds me rappelait toujours qu’il y a qu’avec la bière que tu sais tout de suite la couleur. Mais trouver le pigment naturel dans les mélanges, c’est tout un art, un solfège appris de mon père, puis plus tard à l’Ecole des Beaux-Arts. En voilà une richesse. Apprendre le beau, c’est entrer derrière le contoir pour trouver le juste mot. Surtout que les rues elles-mêmes, n’offrent plus la différence. Les néons écrivent en capitales de minuscules propositions. Il y a eu les façades et leurs encorbellements, à présent elles tiennent juste le temps de vendre, avec un slogan. Ce soir l’envie de faire l’amour change les draps. La fraîcheur de l’herbe où ta peau a décalquée ses pores en l’absence de dessous, fait planer des secrétions à nulle autre pareille. C’est vrai, toi tu sens la femme au premier abord quand je mets pieds à taire. Le sac laissé en consignes d’un quai de quelque part. L’île où j’ai ma cale. Dire comme t’es vraie malgré les appâts rances que la société de consommation balance. Je cabane habillé en peau de fleurs et ça ne choque personne.

Niala-Loisobleu – 26 Mai 2017

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