
AMOUREUSE
Amoureuse
Mot d’évent
d’avant
Qui philtre l’ombre en lumière
par ses photons
ignorés par la drague
La grave et le sable vont au lapidaire
qui taille l’inutile écrit en pierres précieuses.
..
Niala-Loisobleu
06/10/18

Amoureuse
Mot d’évent
d’avant
Qui philtre l’ombre en lumière
par ses photons
ignorés par la drague
La grave et le sable vont au lapidaire
qui taille l’inutile écrit en pierres précieuses.
..
Niala-Loisobleu
06/10/18

Que tous ces regards que l’eau des caniveaux noie, prennent chacun l’instant d’arrêt nécessaire au retour sur soî-même. Pour entendre avec les yeux d’aujourd’hui, les mots qui, hier, ont mis au monde la réalité-vraie de son rêve. Au hasard des pages, ils retrouveront sans peine, ici et là, les traits précis de la condition souscrite. Se reconnaître dans son espace temps, sentir qu’aux rides des jours la profondeur du sillon a fait germer le grain sans qu’il pourrisse. En dépit des orages, de toutes les dépressions du terrain comme celles du ciel, chaque mur soudain érigé par le sort, du manque au premier degré qui tiraille l’épiderme d’un processus biologique auquel on ne peut se soustraire, cette absence physique bruyante qui dérange la raison du silence. Sans goût de chasteté, de réclusion, d’ermitage.
Ils sont toujours là les êtres qui n’ont toujours fait que se servir sans rien donner. Démons, d’une lutte récurrente. qui ont le don de l’importunité, toujours à revenir quand on croyait tout à plat. Non le rose n’est pas la bonne couleur des lunettes. Il n’y a qu’au travers du prisme, que l’on voit juste.
Deux choix s’offrent, laisser glisser, dériver selon, se laisser mener, préférer l’errance à toute forme de combat, au prix d’une souffrance masochiste, ou bien gravir la paroi la plus difficile qui conduit à son sommet spirituel. Gagner son Absolu.
Ce chemin là est dépourvu de plaisirs fugaces, de petites jouissances, ce n’est que de la grande bouffe, du vent, du moulin blablabla…Quel beau terrain pour que l’esprit de vengeance développe tous ses virus, il ne fait que rendre amour et haine suite logique de l’autre. La vie si elle se veut salope, méchante en la personne d’un ballet à chiottes qu’elle reste au fond de sa crasse. J’ai que du propre à donner.
Comment est-il possible d’aimer pareille infamie ?
Plafond percé d’une lucarne je suis lumière.
Les guerres ne m’ont pas amputé. De tout ce qui est amour tout demeure, la mort aussi atroce qu’elle ait pu être, en tous ses visages, ses situations, ses circonstances n’a fait que donner vie à mon espoir, par le combat maintenu de sa parole donnée.
Veux-tu voir
La forme obscure du soleil
Les contours de la vie
Ou bien te laisser éblouir
Par le feu qui mêle tout
Le flambeau passeur de pudeurs
En chair en or ce beau geste
L’erreur est aussi inconnue
Que les limites du printemps
La tentation est prodigieuse
Tout se touche tout te traverse
Ce ne fut d’abord qu’un tonnerre d’encens
Ce que tu aimes le plus
La louange belle à quatre
Belle nue immobile
Violon muet mais palpable
Je te parle de voir
Je te parlerai de tes yeux
Sois sans visage si tu veux
De leur couleur contre le gré
Des pierres lumineuses
Décolorées
Devant l’homme que tu conquiers
Son enthousiasme aveugle
Règne naïvement comme une source
Dans le désert
Entre les plages de la nuit et les vagues du jour
Entre la terre et l’eau
Nulle ride à combler
Nul chemin possible
Entre tes yeux et les images que j’y vois
Il y a tout ce que j’en pense
Moi-même indéracinable
Comme une plante qui s’amasse
Qui simule un rocher parmi d’autres rochers
Ce que je porte de certain
Toi tout entière
Tout ce que tu regardes
Tout
Ceci est un bateau
Qui va sur une rivière douce
II porte des femmes qui jouent
Et des graines qui patientent
Ceci est un cheval qui descend la colline
Ou bien une flamme qui s’élève
Un grand rire pieds nus dans une cour misérable
Un comble de l’automne des verdures amadouées
Un oiseau acharné à mettre des ailes à son nid
Un matin qui disperse des lampes de rosée
Pour éveiller les champs
Ceci est une ombrelle
Et ceci la toilette
D’une dentellière plus séduisante qu’un bouquet
Au son des cloches de l’arc-en-ciel
Ceci déjoue l’immensité
Ceci n’a jamais assez de place
La bienvenue est toujours ailleurs
Avec la foudre avec le flot
Qui s’accompagnent
De méduses et d’incendies
Complaisants à merveille
Ils détruisent l’échafaudage
Surmonté d’un triste drapeau de couleur
Une étoile limite
Dont les doigts sont paralysés
Je parle de te voir
Je te sais vivante
Tout existe tout est visible
Il n’y a pas une goutte de nuit dans tes yeux
Je vis dans une lumière exclusive la tienne.
Paul Eluard
Je veux tremper mes doigts dans ton corps pour tenir les pensées de ton âme, ta chair vibrante rouleaux de mer pendulant la lune en mouvements d’harmonie de ton derrière. La Beauté c’est un ensemble dépourvu de paroles dressé sur le piédestal du silence. Fumante de tous tes pores je me complais à paître aux herbes odorantes de tes prés, alpes-là, sans réintroduire l’ours aux cirques du bord des lacs. Tes points d’eau me retrouvent sans attendre que la nuit tombe. Faut dire que j’aime à te boire, embrassée.
Derrière la mauvaise langue du serpent qui ne se trouve que dans l’ombre, j’ouvre ma bouche à ton soleil. N’en déplaise au venin du puant reptile. Le chevalet dit ton nom à chaque mouvement de manivelle, on dirait un poème-peint de ta main.
Ô ma Muse, femme habitée d’une sensibilité colorée de pouls vif, ce que nous faisons ensemble acte d’âmes et de corps mêlés, grand-oeuvre poétique sans but de gloire, une seule voix commune, un seul émoi nourri de bleu…
Niala-Loisobleu – 2 Octobre 2018

Quand la marée va son chemin, j’aime voir ta lune briller dans tous ses quartiers. Il arrive qu’un Saturne toujours en quête de mal, s’y glisse, surtout quand elle se fait pleine. Manger la mer, me fait lever l’encre, pour écrire des mots d’amour simples. L’eau qui sommeille réveille nos levés. Sur un coin de palette, ta place bronze au tapis, les poings fermés sur le tempo du pouls.
C’est en Nous qu’il fait clair, assieds-toi, laisse couler le poids des fatigues.
Des morceaux de bois flottés sont amarrés aux pontons. Il me semble, en les regardant tanguer, voir émerger un plateau de langues portuaires; Des goualantes sortent des trous vermoulus, comme un bruit qui se déverse au fond du verre. Morceaux de monde réunis à quai. Une manche à air dépontée, étouffe sur un tas de tuiles. Jaune d’or, rouge carmin, vert bouteille, bleu cyan, une autre vie nait ici. Alentour, les murs des cabanes s’associent aux débauches végétales des trémières qui grimpent au ciel sans tuteurs, dans les senteurs de vase, de goudron, teintées d’iode. Notre Jardin ne débleuit pas et le chevalet monte à marée…
Niala-Loisobleu – 28/09/18

Entrant par la porte échappée je sentis cette corde qui se tisse d’elle-même au gré du quotidien, se dénouer de son talon d’Achille. Corderie Royale du Palais de l’Elysée combien de vaisseaux t’amuses-tu à jouer dans tes batailles pour un pouvoir toujours insatisfait ? Le temporel excite l’ivresse de certains qui finissent par vouloir tenir le rôle de dieu dans la pièce mélodramatique de la Vie.
Fête en sorte que je jongle avec tes rotondités naturelles ô ma Muse, La quadrature des derrières quelle médiocrité du langage, Tout repose sur l’assise de l’ascèse. Poésie tu possèdes l’absolu, la force qui refuse les moyens d’anéantir au moyen de toutes les manières de tuer individuellement ou collectivement.
Niala-Loisobleu – 27/09/18

B-A : Dis, crois-tu que la nuit venue l’idée de la fleur s’échappe sur la pointe des pieds pour aller dormir dans la fleur ?
N -L: Il se pourrait bien eu égard à ce qui en volute sur le front du rêve.
B-A : Elle aurait alors la connaissance secrète des heures et s’ouvrirait au champ des possibles qui seul enfante la vraie couleur?
N-L : Cet accès dénoue les aiguilles. Sur la patinoire des cadrans lisses le temps disparaît en laissant les lames des patins fendre la glace. Dans un salto la première des trois primaires sale la chaussée.
B-A : C’est donc ainsi que l’on entre dans le rêve: pieds nus …
N -L:Le rêve se veut spartiate pour libérer la plante de toute amarre…
B-A :Et c’est ainsi, parce qu’ils plantèrent, qu’ils dessinent le profil grec de la beauté? Parle-moi de la beauté…
N-L :Elle me dit:
-Parle de la beauté…
J’entre sans bruit dans la malle enfouie sous les pinceaux aux poils usés et les palettes trop lourdes à porter. Un oiseau niche un peu partout sur les taches qui recouvrent le sol, la corde du tapis en est raidie. Un casque de pompier d’une ancienne école aujourd’hui éteinte brille de tous ses feux. Quelques bâtons de craie enfuis du tableau noir parlent de campagnes de pêche, de châteaux de sable, de jardin secret. Sœur Anne est descendue du rempart. La douve tire ses lentilles du puits, permettant à la vérité de laisser ses seins dire à haute voix ce que l’on cache hypocritement. Ramené, un chevalier, s’accorde à l’amble d’un trot. L’éboulis d’une carrière garde les mains calleuses d’un tracé architectural en liant tiré d’un bas-relief, les psaumes reculent au premier cri de l’innocent avant que les chiens ragent. Il faisait noir au point que la diagonale du vitrail s’alluma. La beauté c’est les mains du silence en prière laïque, l’athée cohère, passent des Mermoz, Saint-Exupéry, la Postale sait l’Atlantide. Si les ailes se reflètent comme un poisson volant touchant terre il faut arrêter de chercher une réponse et trouver dans l’entrée de sa naissance le mystère à garder inviolé…
B-A : Alors ce serait donc ce grain tombé de l’épi du temps que l’on fait pousser dans la terre meuble de l’imaginaire prompte à doubler la récolte à la racine de l’âme jumelle. Une eau qui se boit elle-même dans des jardins de feux. Un autodafé intime en somme…Un combat corps à corps avec l’âme qui doit pousser droit sous des yeux grand- ouverts?
N-L : La flamme intérieure demeure inconnue de beaucoup. L’errance guide la pensée d’une canne blanche qui dissimule le vilain canard noir aux yeux de l’opinion publique.
Barbara Auzou / Niala-Loisobleu

Broute, créature
Afin que ça dure
Encor
De voir s’enflammer
D’amour ton âme et
Ton corps.
Grignote tout cru
Le gazon bourru
Des landes,
Mais à belles dents
Mâche en frissonnant
Tes viandes.
Si l’eau des rivières
Contente les pierres,
Nos sœurs,
Quel fleuve d’histoire
Peut donner à boire
Au cœur ?
Le gai
Carnivore
Au dieu qu’il adore
Gloussant,
Réclame en naissant
La chair et le sang,
Le sang.

Roulant le chevalet sur la droite du tapis, je dresse
Une table à Pierres à Eau
L’eau roule
Dessein qui s’anime
Des hanches l’escalier-roulant-vertébral monte et descend les demies-sphères de l’assise
Les tréteaux du théâtre de tes jambes sont plantés
Je vais entrer en scène…
Niala-Loisobleu – 04/09/18

Reste ce qui seul compte dans cette diarrhée verbale d’évènements de transit entre une période où on sait plus pourquoi on travaille et celle où on part en vacances pour faire semblant de l’oublier. Que nous en arrivons à le faire pour de vrai intestinablement. Histoire de compenser ? Ma foi , s’attache à croire que la fumée sans le feu ça n’existe pas, on a encore un corps pour réactif, c’te vieille cuti qui ment pas. Heureux non ? Ouais seulement si tu ne fais pas comme si tout y compris la surmerde c’était normal. Il faut s’empresser de courir au fond de son jardin à soi, plutôt qu’à sa cabane. Le boyau c’est la soupape qui n’a nul besoin de bible pour jurer. Alors que ce type de littérature qui n’est que littérature sorte du tiroir aux polichinelles, l’amour pur clamé par des représentants pourris ça me fait chier, ben voilà je l’ai dit.
On se fait son univers en fonction de ses besoins spirituels
Ceux qui n’ont d’idées que du matériel n’entrent pas dans mon concept du bonheur
Alors imagines…
La loi des séries adore le noir, c’est prouvé depuis bien avant l’invention de l’électricité. Seulement mis à part les dévissés du normal, personne n’en veut vraiment pour emblème, le prince du noir qui Soulages est un adorateur du matériel, seuls la spéculation le motive comme ses disciples, le monde est instrumentalisé pour ne reconnaître que cela au point que la nature qui ne s’y retrouve en rien se rebiffe.
Je n’ai pas accepté de rentrer dans cet ordre depuis toujours, aujord’hui ma Muse tu me donnes des raisons impérieuses de penser que c’est le bon choix, je ne pourrais refaire le monde, s’il va à sa perte je refuse d’aller à la tienne, on a le choix de construire notre maison sur nos plans, pas sur un plan-type. Ce que nous disons tout seul jusqu’à voie haute arrive à la bonne adresse. Raison de pas se priver de dire avec les mots qui vont dans le sens de faire. Les jeteurs de sort n’arriveront pas à nous mettre hors l’un de l’autre, ceci se prouve en termes de cultures créatives, ce qu’on s’aime agrandissant nos greniers, ça se passe de commentaires. Je maintiens que nous ne sommes pas le résultat du hasard mais la volonté d’exister. Nos facultés conjointes de créer suffisent à le prouver. La couleur et tes mots sont plus qu’une phrase, c’est le m’aime acte. Je ne partirais pas d’ici sans se les avoir. Quand la mer après un long transfert mutant ramène à l’ô séant plus proche, le sel n’en est que plus abondant. Nous n’avons pas eu à choisir, sa fleur est venue couvrir le carreau de sa perspective si nue que rien n’en détourne l’esprit. Quelque part j’entends avec force ta classe monter au tableau, le Mékong à l’étal…
Niala-Loisobleu – 29/08/18

Une paille très haut dans l’aube
ce léger souffle à ras de terre :
qu’est-ce qui passe ainsi d’un corps à l’autre?
Une source échappée au bercail des montagnes,
un tison?
On n’entend pas d’oiseaux parmi ces pierres seulement, très loin, des marteaux
Toute fleur n’est que de la
Huit qui feint de s’être rapprochée
Mais là d’où son parfum s’élève je ne puis espérer entrer c’est pourquoi tant il me trouble et me fait si longtemps veiller devant cette porte fermée
Toute couleur, toute vie naît d’où le regard s’arrête
Ce monde n’est que la crête d’un invisible incendie
Je marche
dans un jardin de braises fraîches
sous leur abri de feuilles
un charbon ardent sur la bouche
Ce qui brûle en déchirant l’air rose ou par brusque arrachement ou par constant éioignement
En grandissant la nuit
la montagne sur ses deux pentes
nourrit deux sources de pleurs
Tout à la fin de la nuit quand ce souffle s’est élevé une bougie d’abord a défailli
Avant les premiers oiseaux
qui peut encore veiller?
Le vent le sait, qui traverse les fleuves
Cette flamme, ou larme inversée : une obole pour le passeur
Une aigrette rose à l’horizon un parcours de feu
et dans l’assemblée des chênes la huppe étouffant son nom
Feux avides, voix cachées courses et soupirs
L’œil :
une source qui abonde
Mais d’où venue?
De plus loin que le plus loin
de plus bas que le plus bas
Je crois que j’ai bu l’autre monde
Qu’est-ce que le regard?
Un dard plus aigu que la langue la course d’un excès à l’autre du plus profond au plus lointain du plus sombre au plus pur
un rapace
Ah! l’idylle encore une fois qui remonte du fond des prés avec ses bergers naïfs
pour rien qu’une coupe embuée où la bouche ne peut pas boire pour rien qu’une grappe fraîche brillant plus haut que
Vénus !
Je ne veux plus me poser voler a la vitesse du temps
croire ainsi un instant mon attente immobile.
Philippe Jaccottet
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