Affranchissement


Affranchissement

Ex-voto
Tordu par la force
un cri d’olivier
sort d’une saignée du trop berné
l’âme kidnappée par un désert humain
se dévoie d’un m’aime espoir à deux voies

Happé d’un tel vertige
qui fracasse
rebondit
ricoche
décoche

S’affranchissant de l’esclavage
les nuits blanches ne seront plus comptées
sorties de leur mensonge par l’énergie d’un sommeil actif
bercé
apaisé
la force
qui manquait à l’homme écorché

S’arracher à la vague scélérate
pour l’éveil à la marée montante
remis à l’eau
rompant la béquille
flotter debout hors du ventre stérile
face au large

La chandelle des messes noires s’est éteinte
le feu de la cheminée d’un Dimanche franchi  par la Porte-Basse
monte, monte, monte
sur la falaise où rien de ceux naufrageurs ne brille
Seul l’Amour porte à traverser Libre

Niala-Loisobleu

29 Février 2016

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PARIS MA BLEUE


Dino Valls THE WOUND 1997

PARIS MA BLEUE

Elle tourne au coin de mon enfance, ronde comme un jardin d’enfants qui conte in. Si tant que je suis d’venu un homme entre ses cuisses sans m’en plaindre. Et ça compte en tant que souvenir. Souvenir. Je pourrais haïr, c’est tellement facile. Vieillir ça aide à détester parait-il, ben j’ai loupé quelque chose au film. J’garde la peinture fraîche, le ban j’reste à distance. Paris ma Bleue. Tant de fracas, de bruits de bottes, de peur des trains qui aux chevaux de marchandises choisissaient l’étoile de David. La faim de vivre, la faim des tickets, la faim d’y être libre. Les attentats coloniaux, mur de Berlin, chars de Budapest, peine de mort, ivg, ô ma Femme…Personne ne me l’a fait comprendre aussi bien que tu me l’as expliqué mon Paname.

T’as changé, oui, mais pas pour moi, c’est normal de donner aux autres de quoi se construire leur image. Seulement faut pas décrocher la Lumière, ça c’est Paris. Pas besoin qu’une miss tain guette l’occase d’y dévisser la Bastoche. Le tant ça doit pas passer. C’est en dehors des pendules, c’est perpétuel. Un parisien c’est d’abord le mélange des provinces y compris les celles d’Outremer. C’est aussi la gare centrale de tous les exils. Mais c’est pas le terminus d’un rêve de vie dans un homme-pétard défoncé à l’intox religieuse. Paris faut savoir que ça barricade, que ça terrasse pour remettre les chaises aux marbres des tables rondes à trinquer la fraternité.

Paris ma Bleue, vois rouge que dans un vert. Mets-toi debout pour relever le conteur sur ta Seine, ne tombe pas dans le piège de la haine.

 

Niala-Loisobleu

18 Novembre 2015