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Toi ma Bleue


 

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Toi ma Bleue

Quand la rue a tracé tes regards dans cet avenir de nulle part

le pavé rejoignit le bosselé des coins intimes

porte-cochère

ouverture de l’instant avant la minuterie

où la voûte mâchouille l’escalier

Nous ne nous sommes rien dit depuis la première promesse

à part le langage des fleurs

que ton chapeau aurait eu si tu en avais porté

mais que seraient devenues les longues vagues au bas de ta nuque

cette tendre courbe où mes lèvres aiment se poser

Rien ne nous a obligé à porter des dessous

alors comment expliquer ce manque de nudité

A te mordre partout je bois à la sève des arbres

avec ou sans feuilles

m’en fous

une craie ça peut écrire des voix célestes

là où un enfant dessine sans règle

à main-levée

D’un coin de l’absence à l’autre

je décroche du brouillard en gueulements continus

la sonde mesurant le fond tant bien que mal

pour garder la tête hors de l’eau

Comment tu fais avec les journaux et les revues

tu gères les bouillons

faits divers

entre rubriques de naissance et nécrologie

mêlant noces et baptêmes avec les sans fleurs ni couronnes

Chaque jour de merde

pas besoin d’ordonnance pour se prendre la pilule

Je ne ferme pas cette lumière qui mit soudain les oranges bleues

aux branches d’un temps noir goudron défait de la fève et du rose roi-mage

Le vent il avait une idée coquine à vouloir jouer entre tes jambes

ma parole à l’instant où tout ça fesses

l’amour en bretelles ça dresse les bouts de seins en pointes

autrement que le nichon en celluloïd d’un baby-boom

Aujourd’hui je mets le bateau à voile dans le pinceau

viens

on va peindre une cabane pour se changer du muguet

et faire un autre Mai

avec les roues du vélo dans l’orée des bouts d’ficelles

qui montent l’échelle au soleil !

Niala-Loisobleu – 28/04/16

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LA MEMOIRE DE L’ARBRE


LA MEMOIRE DE L’ARBRE

Assis sur les feuilles de l’arbre-papier, la longueur du temps

permet de retrouver quelques marques

laissées par l’encre amarrée aux quais des pages

Les feuilles plus ou moins larges, l’oeil aux carreaux

tournent ligne après ligne l’écrit impassible

qui se dépouille du sens tapis dans la marge

pour révéler sa mue à la terre retournée,

sans que la vieille peau ait le démodé lié au vernis du paraître

J’entends le bruit singulier de la roue tournant les images,

ce son de rouet qui file au métier, les mailles de l’aiguillage

où nos trains prennent de nouveaux wagons, étrangement parents d’essieux

Passent alternativement les masques et la nudité;

le chaud, le froid, l’humide et le sec

qui se scellent à la rose des vents

avec leurs os longs de lieues,

leurs omoplates auto-claviculées de gués

leurs vertèbres posant la fondation de la verticale,

pour que les épaules trapèzent les jetées du cou

Arbre aux yeux rotatifs palmés d’oie où ondulent les rides du sablier

des hanches des dunes à l’écume des soifs

en autant d’ailes que d’îles

archipel d’oasiens refuges

J’éprouve sa ténébreuse intempérie

halte d’étape hivernale

devant l’âtre d’une brûlante nostalgie

qui envoie au plafond ses éclats animés de lumière

dans des déhanchements de bals champêtres

bornés d’odeurs d’herbe remuée

Il faudra reparaître sorti des brumes

dégluti de la stase

dans la terre humide

que le soleil ouvre de son soc

pour donner son salut fraternel, bleu branchu

au profil harmonieux porteur de tous les fruits

Loisobleu

2 Décembre 2013

Les années passent, le livre épaissit, la situation est toujours plus nette vue de mon balcon. Quelque chose a levé qui pousse, face à un quotidien rude et aride. L’indifférence est un soufflet pour les la forge de l’amour. Les épreuves font le voyage initiatique de ma vie. Qui, je pense à une éternité, au départ je suis parti d’autres, quand je poserai la cane, j’aurai ouvert la route à la suite humaine. Que mes rubans flottent aux branches de la mémoire de l’arbre !

Niala-Loisobleu – 22/04/16

 

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LA PÊCHE A L’HALEINE


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LA PÊCHE A L’HALEINE

 

Laisse tes doigts s’humecter à la salive de la vitre

du vent qui pousse au jardin les jalousies baissent leurs paupières

ne regarde pas le sens du clocher, qu’aurions-nous à faire d’une procession

juste un mouvement d’ailes

doit te dire que le nid ne se construit pas aux girouettes

Où est l’oeuf

se dresse la prochaine pierre qui nage de ses propres élans

Un fil

C’est le pont sur lequel nous traversons notre vie

Niala-Loisobleu – 19/04/16

 

Gelem, Gelem…Je l’Aime, Je l’Aime !


Gelem, Gelem…Je l’Aime, Je l’Aime !

 

Des nues âge

que la poussière

retombe

sur les roues

voici venir le tant des pans

L’orgueil inconvenant d’une ingratitude de bon aloi faut que ça purule un jour à venir, comment sinon qu’on aurait pu faire des gens de rien pour sauver un monde de gaspillage de son sac en plastique indestructible ? Les maux des mais si, mais si faut les passer au tri.

On aime que rien d’autre que son égo noir de trouille en brandissant la bannière en procession du TOUT POUR UN.

Je trépasserai et j’aboirai mon mets pris jusqu’à l’hallali chante la voie de la conscience en surligné sur les gémissements et autres lamentations d’un mal être chronique, en jetant ses confettis et serpents teints à la poignée d’un mal à rab.

Où mes chevaux hennissent la fleur de nos chemises fait prairie

J’ai jamais dit je t’aime comme un jeu à la roulette

Les dents noires de mes enfants carrient boue la corne de vos plantes

D’un bleu que vous n’avez pu imaginé dans vos trips

Quand je t’ai ouvert ma cabane

Toi

qui pleure un désamour qu’on te donne

c’était le feu vif de la yourte

sans dérivés pétroliers

que tout entier t’avais

Faux pas à présent

sortir une guitare quand on chante playback

Gelem

je l’aime la vie

j’peins que soleil depuis le début jusqu’à le bout de mon chemin !

 

Niala-Loisobleu – 13/04/16

 

 

 

 


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Le Seuil

Le couloir au pied des marches
marque un temps d’arrêt
De la grande armoire ouverte
des coins de rues balancent la boîte à musique, cartons perforés des grandes orgues, mariage, ah si c’était à refaire, putain de barbarie
Un après
l’autre le vagissement d’un enfant
Du bonheur en fossettes ça vous chavire charivari
ça c’était avant que la mariée soit en noir
Puis un palier ça monte
pour la pêche à pieds
grandes marées
sur les dunes Monsieur de de la palisse retient les oyats
aïe ça pique en corps
Traîne l’haveneau P’tit-Mousse, t’auras de la rose si tu vas au bouquet
mais faut racler dur dur, le goémon pour démazouter le pore du lisier sans oublier le reste qu’a fait la pas bonne identité, papiers culs, papiers mâchés
Elle
elle est toute seule, au milieu des autres qu’est voit ou pas
les borgnes et les devins, les coupables et les innocents, les qui la trouve grosse et conne et la différence de l’amour de l’âme avant le corps, les qui lui bouche tous les orifices de la ligne d’horizon et puis
y a les mils pile en calebasse outre mer, cabane au contraire cas nada
Un soleil gros comme un creux plein
ô la vie putain
c’est tout sauf juste
Les trop pics du camp serrent à faire oedème, à moi j’étouffe
va falloir passer où se laisser couler
Le Seuil
c’est mains tenant la clarinette tire sur la hanche !
 
Niala-Loisobleu – 08/04/16
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SEUL IMPORTE LE TANT QUI HURLE


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SEUL IMPORTE LE TANT QUI HURLE

Matin en doute

le soleil fera comme s’il s’était levé

qu’importe le rideau fermé

du temps bouché

il peut pleuvoir sans que la plage soit interdite

aux bains de la pensée

hormis

d’émerveillement

de te lire en réponse

venir à moi

me pas me dire

BON JOUR

par un avis qui me place manquant à l’appel

comme d’être le banni de ton partage

Ce qui n’est que sous-entendus

n’est que tas d’écrous bien compliqué

pour un simple appareil volant

Je m’envole comme je suis

simplement fidèle  à demeurer

aux montgolfières

de cette  poitrine cerf-volant

Fou

tu ne me fais pas roi

du

Pays des Herbes Folles

où ton lit m’appelle en ses bras coupés

mais en cela rien à perdre

Fou je l’étais avant de te connaître !

Niala-Loisobleu – 08/04/16

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Contre Façons


Contre Façons

Que ferai-je de ma franchise sans usage

un autre mensonge payant ?

Un carreau gratte

le mot guitare

égrène

une fenêtre s’ouvre

cor sésame

J’aime le patio

jardin secret

tout de blanc dévêtu

comme un geai bleu

De ces arts

où le laurier teint

point besoin

d’agent double

Juste le sens profond

du dedans

visage de l’âme

du creux de l’ô net

No exhibition

aux vitrines  du toc en vrai

Niala-Loisobleu – 07/04/16

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Qu’on me laisse le peindre ce lieu d’absolu je n’ai que mes mains d’apprenti pour apprendre la Vérité du silence !


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Qu’on me laisse le peindre ce lieu d’absolu

je n’ai que mes mains d’apprenti pour apprendre la Vérité du silence !
D’un Bleu mal imité
refaire
l’entrée du vrai Soleil
Puis le poser sur l’appui de la fenêtre qui va de l’arbre
à la branche du labour en plaine odeur montée de la rosée
Ouvrir l’huis sans rideau
puisque les voisins ne sont que sentes menant à la clairière
trouées animales
fourrés allumés d’aromates
Terre-Femme
Quelques pierres suffiront pour bâtir les cris de Ta flèche
aux seins des cloches battant à la volée
s’aidant des reins pour gravir une à une chaque vertèbre
Qu’on me laisse le peindre
ce lieu d’absolu
je n’ai que mes mains d’apprenti pour apprendre la Vérité du silence !
Niala-Loisobleu – 05/04/16
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Noir-Racine


Noir-Racine

 

Cela commence toujours par un mélange de noir et d’odeur.

On ne baisse pas la tête pour franchir le seuil. On appartient au monde de l’enfance. Les adultes, eux, courbent leurs épaules au passage.

*

D’abord, on est aveugle.
Le soleil tape trop fort dehors, les ouvertures sont minuscules dedans. On tâte du pied les grandes dalles du sol, irrégulières, toujours un peu humides malgré juillet. Ici, tout est mouillé. Les murs suintent, des fleurs d’écume y naissent qui s’effritent entre les doigts. L’odeur elle-même charrie du moite. Choux en fermentation, prunes pourries, pommes blettes. Les vaches, de l’autre côté de la cloison, piétinent la paille souillée d’urine. L’odeur est un couffin , un giron. On peut s’y abandonner, c’est chaud et suffoquant. Peut-être que cela empêche la peur d’entrer ? le temps de fuir ?

*

Lorsque les yeux s’habituent à la pénombre, on la voit. Proche du fourneau. Ses mains vont et viennent, comme toujours. La laine, entre ses doigts, est noire. La robe, noire. Le tablier, noir. On ne sait pas encore qu’on lui appartient. Que le noir-racine qui la tient debout a lancé des germes au-delà d’elle-même, sautant d’une génération à l’autre. Ceux qui se sont arrachés à l’ici n’y pourront rien. Dès l’origine, on a les pieds soudés à la terre, terre battue et rebattue, comme ceux qui n’ont pas de nom et pas d’histoire.

*

Avec la première chasse au cétoine, la première pêche au vairon, on est ferré. Le trident s’est planté là où ce n’était pas prévu, dans la chair fraîche, à même la gorge.

Les poissons ne crient pas, juste quelques sursauts sur la berge, quelques torsions dans la poêle. Les insectes, les papillons meurent en silence, leurs ailes déchirées sous les coups maladroits du filet.

*

La langue du monde n’a pas de bouche.
Les lèvres de celle qui cache ses larmes sont cousues. Son savoir est muré, enfoui sous un amas de « chemises de peau » et jupons superposés.

Dans l’ombre stagnante de la maison, se glissent parfois d’étroites lueurs, des lézardes bleues.

*

Il faut courir.
Droit vers ce qui brille, écaille ou élytre.
Traverser le silence exorbitant de ce qui ne cesse de bruire, sans énoncer une parole.
Obéir à la voix sans contour, s’éloigner de, s’avancer vers, reculer, approcher, clairière ou grotte, on ne sait.

Courir chaque été, dans la dévorante battue, sans savoir où mène cette errance, sans la moindre assurance de recevoir la manne — quelques secondes d’apesanteur, quelques grains d’extase fissurant la nuit.

Mais l’on revient, chaque soir, vers elle et ses genoux usés. On réintègre le cœur du sombre, le vieux berceau noir qu’une vie entière ne suffira pas à déchiffrer.

*

Jusqu’au jour où, sans qu’on l’ait vu venir, c’est l’heure. La chute dans le temps. Non pas le temps qui suspendait le souffle dans la course vive, dans l’éperdu vagabondage, mais celui qui fait eau de toutes parts, emportant les choses, les instants, les êtres.

Loin.
Loin de soi, loin de la silencieuse aux mains agiles. Loin des seuils séparant l’ombre de la lumière. Loin de la paix qui peut-être est l’autre nom de la mort.

*

L’exil a la couleur de l’encre, l’odeur du papier. Bâtons répétés obstinément, lignes de lettres et bientôt de mots, jetés d’une rive à l’autre, par-dessus l’absence .

Tandis que la main s’enhardit, la toute-de-noire-vêtue décline.

On ne saura rien du sang répandu qui a noyé son âme, de la boue des tranchées pétrifiée dans son corps, ensevelissant l’aimé, puis le frère trop jeune, puis les rêves.

*

Les mots ont des dorures de cétoine, des pigments de truite arc-en–ciel. Sous leurs masses immobiles vibre la vie, il suffit de les soulever, un à un, avec précaution, comme on lève les pierres au fond de la rivière pour voir apparaître ce qu’on ignorait.

Les mots gonflent dans la gorge, là où d’anciennes morsures ont laissé leurs cicatrices.
Les mots roulent comme des larmes sur la page.
Les mots déferlent et courent sur le moindre brin d’herbe.
Le monde est rempli de signes.

Lire, écrire. Même emportement.
Lire, écrire. Contre l’obscur.

*

Avec l’âpre espoir de passer le seuil sans baisser la tête.

.

FRANCOISE ASCAL

http://remue.net/spip.php?article2517

 

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