ECUMES POETIQUES


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ECUMES POETIQUES

J’avais sorti ma tête de ses poches percées,

ma rétine n’imprimait plus qu’en boucles tes longues mèches.

Qui sommes-nous, où n’irons-nous pas?

Telle était devenue sans matraquage

ma pensée-unique

Cogito ergo sum

Des rouleaux se brisant, les embruns d’espérance fracassent l’obstacle d’une seule volonté.

Le temps qui nous est donné à vivre n’a pas mis de montre à notre poignet.

Je vis en Toi,

tu es l’une et l’autre de mes oreillettes depuis que nous avons fait m’aime sang.

A l’amble des chevauchées où les marées nous portent,

nos pierres sont à bâtir.

Il leur reste toujours à faire, il faut sans cesse hâler.

Nous, sans les autres deviendrions réduits à l’exclusion de l’ensemble vital.

Il ne saurait battre seul.

Les couleurs se mélangent en une seule palette aux multiples nuances.

Ta parole est tienne comme ta foi.

La religion du plus fort est fanatique, le cri des illuminés plonge dans l’obscurantisme.

Libre de croire ou de ne pas croire,

sauf en l’espoir

par-delà tous doutes portés par le chaos entretenu du quotidien

Solaire l’araignée tisse à l’infini le symbole cosmologique de la plus haute importance.

Epiphanie lunaire, dédiée au filage et au tissage, artisan du tissu du monde, l’araignée est maîtresse du destin.

Elle le tisse, elle le connaît, . Ce qui explique sa fonction divinatrice, universellement reconnue : elle détient les secrets du passé et de l’avenir (Seghers)

Galopons à la foulée des flux et reflux,

galopons, nos poulains accrochés par le flair que nos odeurs leurs auront révélés.

Il n’y a pas dheure pour venir, d’heure pour partir,

il y a que l’l’heur d’être toujours.

Le chevalier se découpe sur l’orée d’un soleil à révolutions.

L’écharpe qui ceint son avancée porte la nourriture spirituelle de l’amour .

L’échelle est dressée pour franchir le tunnel du nuage noir, du bleu est là ne demandant qu’à s’élargir.

Sur la toile vierge, J’entends l’encre crisser, de sa plume active,

la musique des mots ouvrant sur la poésie.

Passe la lumière à l’infinité des possibles

Viens danser mon Amour

Niala-Moisobleu

11 Juin 2015

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SEL QUE J’AIME


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SEL QUE J’AIME

Au bord d’un brin de ciel

la fleur de sel d’un chenal

balance sa coque de tribord à babord

Elles tournent

elles piquent

ils roucoulent

rament

les blanches aux ailes empannées de bleu-noir

et les gris au col bleu

sous l’oeil glissant des bons cygnes

que rien d’un horizon reculé ne bloque aux estocs du quotidien

A  la trouée des feuilles

le vélo laisse les bains de soleil se déblanchir

il a rendez-vous au bois de chênes verts de la garenne

La cabane a construit des années d’enfances réussies

cousues de rires et hâlées de désir de vivre

Aux pierres le tant s’est gravé

il se dresse de tours en clochers

la peau tannée des cathédrales

humble comme les chapelles

Chapiteaux et tympans romans

prennent le chemin

que la coquille

garde en étape

Sel que j’aime est là…

Niala-Loisobleu

9 Juin 2015

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REFLETS D’ESTRANS 4


REFLETS D’ESTRANS 4

J’aurai du mettre l’air en flacon
peut-être que le sel aurait gardé la chanson de marin
sur l’A de l’embarcadère

A l’encre se tend l’orin
les haubans cliquètent
en suivant des yeux
le tourbillon des mouettes
.
Sur les pavés que la pluie fait briller
des sépias sont restés sous les casiers
qu’en sortira-t-il
un corps mort où le n°5 ?

Voilà le coefficient qui monte
jours de grandes marées annoncés
les estrans remonteront la jupe des vagues
jusqu’au haut des cuisses du rivage

A découvert l’enfoui en faisant surface
dira la vraie couleur du fond
sans l’habillage des mots qui dissimulent la vérité
le silence jauge l’exacte profondeur de l’expression orale

La plage étend tout son corps à la rencontre de l’horizon en question…

Niala-Loisobleu
19 Janvier 2015


MAUVAIS CYGNE


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MAUVAIS CYGNE

Le papyrus du nul s’écrie d’une rive à l’autre, avalant points, virgules sans suspensions. C’est fou quand on a les breloques qui sonnent branle-bas.Attrapé par le ventre  après la montée de la crampe que le mollet repasse à la cuisse, en traversant le pont de l’aine pour repiquer dans les autres. Et pas une seule belle dame pour denser. Je portais un chapeau de paille, panama, d’un voyage à Cuba et je trainais ses mots d’éternité dans cette absence où sans m’aime le plus petit post-scriptum elle avait tiré la porte à ailes.

Les montgolfières un jour de Grand-Pavois tombent à plat.

L’air rengaine ses scies, la musique en boucle se bat contre l’épi des cheveux raides. J’ai l’amour comme pas d’autres. Elles le savent et me pompent à venir chez moi faire leur plein. Je véhicule l’énergie qui fait défaut à leur désespoir. Quand j’ai eu des chiens, c’était à cause des enrouements consécutifs aux cris des matelas. Voilà un moment que le dernier a sauté dans la caravane opportune qui passait sur l’orée de l’au-delà.

Pavé mosaïque des noirs et blancs, jeu d’échecs où le cheval monte sur le fou pendant que la reine penche pour la tour. Connais-tu le bruit du coeur à l’intérieur du tronc, toi qui sais tout ? Peindre c’est pas des petits-bateaux de marins-touristes et périls polluant, rivière et sa biche, automne aux ors dévalués, encore ces portraits que des miroir auraient peur de refléter, pauvres mains qui étranglent en disant bonjour avant decracher leur venin. C’est que le faux-amour qui remplit les messes.

Passe-montagne et mitaines, un oeil de perd drix de retrouvé. La flore des lèvres grouille d’alevins au nid qui encrent les pierres de lithographies. Quand je serai plus fou, il sera trop tard pour me bâillonner, j’aurai mis le silence qui dit, derrière l’aqueux des rouages de mon zinc à Ulysse.

Niala-Loisobleu

5 Juin 2015

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MILONGA


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MILONGA

Au coeur des passages

veine artère du vide

avant que le caillot vienne

la pierre entraîne à la milonga

forum que l’ordinaire ne peut éteindre

Lieu mal famé

providence pour l’apprenti-sorcier

ou

marmite de la métaphysique ?

A porte qui grince

le rossignol

ouvre la serrure sans penser au placard de Barbe-Bleue

L’amour commence toujours par le ciel

Milonga

les formes se soudent en mouvement de chair et bruit de bandonéon

tu réverbères le lumignon

que le vent a couché dans les teints rabattus

Mon coeur-violon pleure de se frotter à l’archet de la passion

à l’ô qui coule

à l’ô qui brûle

à l’ô c’est toi

à l’ô serres-moi de tes seins nus

à l’ô  à l’ô

que je nage du haut

du grand-plongeoir de tes yeux

La boule magique

écrit le livre en voûtes arcs-en-ciel

encre sarrasine des  arcades lombaires

jeu de perspective des membres en colonnades

La lêpre des façades rongera les crépis tôt ou tard

sans attaquer la sève de la couleur

Milonga jardin de nuit bleue

Niala-loisobleu

4 Juin 2015

Santos Hu- 021

SALLY


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Sally,

ils m’ont dit c’est le jour, six tu veux,
pour toi pas besoin d’ordre
l’inné me vient tout seul
libre comme l »air venu d’avant l’l’Homme

La mer tu la prends d’une calanque, d’un fjord ou d’un pore. elle est là
le sein gonflé de maternité lunaire
son sceau, ses appels et les châteaux connus des architectes-enfants, bâtisseurs des premières cathédrales, que m’aime pas un soupçon de méfiance a frôlé d’une engeance dogmatique, innocents quoi, en un mot.: purs comme l’odeur originelle qui ignorait la cuisine.

Ils nous ont parentés
reconnus de leur famille
comme une sorte de

Justes.

Un oncle, une tante, des cousins-cousines éparpillés
grain qu’on essaime
des fours, chambres-à-gaz, d’Amazonie, d’entre-deux états vie-et-mort, fabellas, proche-orient, moyen-terme, incessants crimes contre l’humanité, voile ne cachant pas la barbarie, Palmyre, mots gravés dans la pierre, champs du sang d’une bataille accouchée de la nature…

Ils traversent le temps, les mauvais coups
ne laissant que l’amour comme preuve d’existence
Les vroums-vroums des sorciers gênent à respirer
l’avide creuse
le barbare éteint les Lumières
le robot coûte chair
l’ami Pierrot aurait fondu comme un moineau que l’engrais raye
aurait perdu pied aux lises des fausses-promesses
se serait défenestré d’une tour de passe-passe
aurait émasculé les labours
jeté sa nudité à la mode des sous qui tannent
Si
dans sa rage
sa niaque
son irréfragable sursaut
la nature de l’espoir n’était pas liée à l’être
Je t’aime sans autre chose que te donner

Sally
ce que ta présence respecte
pour rentrer au fenil de la pérennité

Sally, tu me marches sur la tête comme les oiseaux bleus de mon toit…

Niala-Loisobleu
2 Juin 2015

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P’TIT NOM


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P’TIT NOM

Tant de matins naissent sans que rien fasse exception, que c’est par là qu’arrivent les extras. On sort du tapis roulant, ça bouge comme une échelle de cordes, surtout quand ça fait de la musique avec les mains.Les mains c’est de là que tout vient. On a des doigts mâles et femelles pour créer. Quel outil génial.

Un jour de Vallée des Reines, que le matin avait encore un pied dans le lit, un caillou m’a dit « Bonjour » alors que quittant le bateau j’allais au-devant du soleil.Le Sphinx en me regardant de ses yeux sans nez, semblait vouloir dire. Dire…. oui mais quoi ? Tout a toujours quelque chose à dire, et surtout à vendre sans raisons, dans cette traversée de la vie.

N’empêche que j’ai un Nil partout.

A cause du soleil que c’est là que je réside. que pour le voir faut pas rester couché. L’eau ça m’amniotise, j’y flotte sans rouiller. Et plus tu marches moins t’as la pépie. C’est mon médium. Peindre c’est tout ce que je sais faire. Je prends n’importe quel morceau de ficelle, un bout de bois, et plein de maisons sortent du ciel. Accrochées à des cous d’oiseaux volant d’une histoire à l’autre. Ils habitent sur des arbres porte-avions. Faut voir quand ils larguent les voiles, tout s’ouvre.  Le visage des femmes apparaît (pas entre deux yeux) on le voit en totalité, avec le tronc, le bassin, le jardin en entier quoi….

Comment tu t’appelles ? Laisses-moi ton p’tit nom, t’auras mon Oui-Oui, pour t’emmener découvrir les parties visibles prises dans l’étau du quotidien. Pas dur, pas exigeant comme le compliqué, tu n’a qu’à accepter de vivre.

Niala-Loisobleu

30 Mai 2015

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LES MOTS BLEUS


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LES MOTS BLEUS

Sans les trottoirs du vide où pourrions-nous nous remplir du son des harmonicas ? Nos chiens qu’on laisse, au bout d’un collier, on va quand même pas les museler comme des chrétiens – comble mon attente mon Coeur, prends-moi par les pôles – Le dernier métro se balance en sourdine le long du quai, ça va ça vient pendant que les pendules, comme des a régné, tricotent leurs toiles. Quand je te parle est-ce que tu m’entends ? Un jour que j’avais pris par le derrière de l’église, une étonnante découverte s’offrit à mon regard. La mer s’étalait au travers des fortifs de la ceinture verte. Pas la mer-serviettes-parasols-et-chichis-huileux, non la mer-crique-calanque-pinède-et-trousse-chemise. Enveloppé dans l’odeur du cri des mouettes  à l’instant précis  où le bois peint d’une cabane se frotte le dos trémières, rose-blanc-rouge-sang-de-boeuf, petit-bras pour le côté frime. Qu’est-ce que j’aurais pu foutre d’une manche à trois galons avec casquette d’amiral, ces conneries qui font que les femmes ont perdu leurs poils pour un parfum de savonnette, merde, la croisière SI elle s’amuse c’est qu’je suis évêque. Naufrage. Je méduse ras d’ô. A la pointe du môle, j’ai mis les bouées de Boterro à la place des balises, avec l’insubmersibilité de Niki de St-Phalle. Des embruns venus du Titanic portaient la scoumoune aux bruyères. Cette musique de danse dans les glaçons d’un ver, pour la poésie ça brise l’échine. Comme ex-votos nous garderons une bonne paire de seins ça vous tient le péril en mer en quarantaine. Là où la baïne est en planque, c’est l’endroit de prédilection des Aoûtiens sortis par hasard de l’avalanche du dernier hiver. Sans conter les accidentés de la déroute. Le moi prochain je changerai rien. Des villages blancs des flamencos, l’angine s’éloigne, seule la voie reste rauque. Carmen vient se rouler le cigare dans l’entre-cuisses, faute d’avoir pu marida l’Arlésienne – récidive d’absence – dans la version gay d’un pigeon nommé biset. Je te promets une lune sans cernes aux yeux bleus de la soupe du dernier bouillon de minuit….

Niala-Loisobleu
23 Mai 2015

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POST-SCRIPTUM


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POST-SCRIPTUM

Un trapèze volant venait de perdre les zoos

mis à part quelques vers de terre boulimiques

grands mangeurs de libre-arbitre,

une grande bouffée d’air

qu’était ma foi plutôt gironde,

bien que pas des chartrons,

se faisait le pont de singes de l’univers

pour apprendre la signification du jeu de lois opposé à la marelle

A la place du st-pierre où des orques jouaient Mozart au comptoir d’un clandé de sirènes

l’infini dépassait les jumelles de marine

toutes ambitions confondues

Et ce bruit

quel silence

à faire mouiller dans la rade en hissant les couleurs arc-en-ciel

J’aime les steppes tartares

avec des vraies yourtes pas faites en pots de yacks-à-dit

je garde mon musc sans gym astique

La guère des étoiles

les singes à fusil d’assaut

les stations mires de l’Ina

les speakrines-troncs pour la malfaisance

la réforme des collèges et l’abus de pouvoir d’un roitelet et de sa gouvernante belle ka sème la merde

les parodies de démocratie

l’injuste hisse social

qui conduisent aux pilotes du suicide collectif

et tout le sein frusquin d’une prothèse

aïe ma mère

finis, finis,

et ninis

Je suis plus volé

je vole, je vole, je vole…

Niala-Loisobleu

21 Mai 2015

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APRES UN RÊVE


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APRES UN RÊVE

La lune glissait simple et majestueuse

laissant ses longs cheveux de soleil

onduler blond ocré de bleu-nuit

sur le drap d’étoiles pendant par les fenêtres ouvertes entre les arbres

Avant que nous ne passions le seuil de ce soir retenu par le parfum des jasmins

nous avions longuement bus les secondes d’un jour à s’aimer

insouciants

défaits de tous les vêtements d’un quotidien au must éculé

Au point que je remarquai

le détail qui laissait tes hanches se régler au balancement de notre marche

girations de croupe

roulis des seins

comme si tu t’étais à mon image faite dame cheval

se laissant conquérir par l’état sauvage

Je te dis souvent en te chevauchant tenue par ta longue crinière

piquons des deux et allons sauter la rivière

On venait de passer le gros rocher de la pointe

écoutant le vent nous rabattre les voix de marins en escale

quand de la mousse tapissant le sol s’allumèrent les premières lucioles

Je t’en pêchai quelques unes que je piquai au touffu de ton ventre

cela le fit rire à faire claquer mes mains en applaudissements de plausir

Nous restâmes allongés dans l’espace borné par les pierres de la clairière

chambre à coucher verte d’une nuitée amoureuse

C’est là que je t’ai dit :

Emporte en toi le violon qui vibre de ton âme

l’archet qui s’y frotte agite la nature d’une respiration régulère

la paix qui envahit loin

a vaincu le mauvais temps

cette musique est le silence du bruit de nos étreintes

qui veulent aller au-delà de la nuit

Niala-Loisobleu

20 Mai 2015