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ERNEST HEMINGWAY – EXTRAITS


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ERNEST HEMINGWAY – EXTRAITS

POUR QUI SONNE LE GLAS

_  … Peut-être que je pourrai trouver quelque chose à faire à Madrid. Il y a longtemps maintenant que je fais ce boulot et je me bats depuis le début du mouvement. Il est possible qu’on me donne maintenant quelque chose à faire à Madrid. Je ne l’ai jamais demandé. J’ai toujours été au front ou dans des coups comme celui-ci. Tu sais que, jusqu’à ce que je te rencontre, je n’ai jamais rien demandé ? Ni rien désiré ? Ni pensé à autre chose qu’au mouvement et à gagner cette guerre ? C’est vrai que j’ai été très dur dans mes ambitions. J’ai beaucoup travaillé et maintenant je t’aime « , dit-il, dans un abandon total à ce qui ne serait jamais :  » Je t’aime autant que tout ce pourquoi nous nous sommes battus. Je t’aime comme j’aime la liberté et la dignité, et le droit de tous les hommes de travailler et de n’avoir pas faim. Je t’aime comme j’aime Madrid que nous avons défendue, et comme j’aime tous mes camarades qui sont morts. Beaucoup, beaucoup. Tu ne peux pas savoir combien. Mais je t’aime comme j’aime ce que j’aime le plus au monde, et je t’aime encore plus que cela. Je t’aime beaucoup, petit chevreau. Plus que je ne peux le dire. Mais je te dis ça pour essayer de te donner une idée. Je n’ai jamais eu de femme et maintenant je t’ai pour femme et je suis heureux.

_ Je serai pour toi une aussi bonne femme que je pourrai, dit Maria. On ne m’a pas appris grand-chose, c’est vrai, mais j’essaierai de me perfectionner. Si on habite Madrid, c’est très bien. Si nous devions vivre ailleurs, c’est très bien. Si on habite nulle part, et que je puisse aller avec toi, encore mieux. Si on va dans ton pays, j’essaierai de parler Inglés comme ce qu’il y de plus Inglés dans le monde. J’observerai toutes les manières des gens et je ferai comme eux.

_ Ce sera très comique

Surement. Je ferai des fautes, mais tu me le diras, et je ne les ferai pas deux fois; ou peut-être deux fois, mais pas plus. Puis, dans ton pays, si notre cuisine te manque, je te ferai à manger. Et puis j’irai dans une école pour apprendre à être bonne ménagère, s’il y a des écoles pour ça, et je m’appliquerai bien.

_ Il y a des écoles pour ça mais tu n’en as pas besoin (…)

POUR QUI SONNE LE GLAS

Pages 374 / 375

Édition : Le livre de Poche

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Ma lanterne n’en d »émord

elle balance ses rayons en morse

la moustache à la traîne

je suis là qui te pêche

ô ma lutte éternelle

AMOUR – AMOR – AMOUR

Niala-Loisobleu

1er Juillet 2015

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LARMES D’ENCRE


39b-Richard Moult

LARMES D’ENCRE

Par les mailles des heures le métier a tissé

Tremblements mêlés de suées diluées dans la glace de frissons

Une à une,

elles ont remontées les barreaux de l’échelle à poissons

mes émotions

sur les genoux, épuisées,  jamais sur le ventre

à vouloir franchir les écluses de l’indifférence

Mises à l’index par la raison du bien-pensant, la puissance de ce qu’il est de bon ton de croire et de faire

Subissant la peur des confrontations

l’incompréhension qui étiquette

la douleur de l’ignorance qui châtie de ses sarcasmes

la poésie écorche le derme jusqu’au coeur à vif

Poète

Je suis d’une autre race

d’un autre langage

de pas la m’aime expression

allez vas à la trappe maudit repeigneur de ciel

De la douleur monte l’éclat de la couleur

on s’y précipite depuis son gris constant

on la dévore

on s’en repaît

pour mieux la mettre en joue

afin de la tirer à bout portant

J’ai mal aux autres

Je ne fuis pas je sors

Tout cet amour je vais le noyer dans la solitude des oiseaux bleus aux vols blancs

le chant du marais et ses bruissements de silence de sel en fleur

A l’abri des planches, là où l’écaille craque pour polir la nacre

de la perspective à coquiller la marelle d’un autre calcaire

Empreinte de pattes que l’oiseau griffe au buvard des dunes

Chaude étreinte de l’horizon portant les luminaires à flots sur une canopée marine

en dehors des remugles de la méchanceté gratuite

de ces paradis artifiels où le sentiment ne s’écrit qu’avec des maux sales

Que de je t’aime blasphèment l’amour

laissant sur les rivages du Tendre

des sombres héros à bronzer

Niala-Loisobleu

26 Juin 2015

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https://www.youtube.com/watch?v=VTPec8z5vdY

LE TRANSBORDEUR


LA CABANE 2012 - RECOLLETS 040 LE TRANSBORDEUR

Les silences suivent le rythme des instants partagés, seul ou à plusieurs, stimuli en figure de proue. Tantôt la surface est sans ride, tantôt une vague est à franchir. Les nuits sont fraîches, entre soir et matin, l’amplitude suit le pinceau du soleil, et ça me dilate le métal, au point de me courbaturer les entretoises, ainsi parlait le vieux pont-transbordeur de Martron, qui traversait personnes et choses d’une rive à l’autre de la Charente, vers d’autres eaux au Sud-Ouest de Rochefort. Aujourd’hui, il promène les enfants et les nostalgiques en laissant les voitures prendre le viaduc qui le snobe du haut de ses piles prétentieuses dénuées de cette majesté sculpturale, qui est l’apanage des grands ouvrages du 19°.

Les fleuves seront toujours la marque d’une vie humaine, que le Grand Nautonnier traverse , en laissant au courant le transport de nos années. Entre des tours de malice et de continents, j’ai les yeux qui flottent d’un âge à l’autre. Age tendre comme une herbe courte, qui perle de gouttelettes entre ses couches.L’ombre des nuages, avance, poussée par des souffles musicaux. Elle glisse comme un tapis volant, emportant le souhait de toutes les escapades, au loin des ici, au bord de ailleurs. Les châteaux-forts étirent les remparts de Carcassonne, aux donjons cathares, pour que Soeur Anne voit venir les 3 mousquetaires au secours de Don Quichotte. Ramassés aux lés des rivières, les glands du grand arbre font la chaîne, dans la ronde d’un rire d’enfants. Arrive le jou où les grands récoltent la part de tracas que les enfants représentent. Ce que nous avons été en tant qu’enfant jouera un rôle imminent au moment où face aux  nôtres nous devrons sauter les obstacles bien particuliers que toute séparation comporte. Sur leurs chevaux de bois, ils sont d’une prochaine croisade, rien n’est jamais pareil dans un recommencement éternel.
Comme une bande des cinés muets, le noir-et-blanc cède la parole au technicolor. Seuls, les chemins se creusent un peu plus, ils ne veulent pas perdre la trace des pas précédents, s’amollissant à la pluie, pour le strict nécessaire à la nouvelle empreinte. Nous avons des rejets au pied, comme l’arbre qui nous symbolise. Quoi que ça puisse faire remonter, il faut les couper. Sans que cela atteigne la vérité du lien qui les unit à la racine, les trancher vivifie, en ne laissant pas des adhérences malignes se développer. Être épanoui, c’est se donner le moyen de mieux traverser vers les autres.

Niala-LOISOBLEU

24 Juin 2015

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J’SUIS COMME J’ESSUIES


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J’SUIS COMME J’ESSUIES

La fenêtre debout sur les volets, gond au milieu des géraniums, et traverse sans qu’un clou ne la retienne. La matière molle, gélatineuse et gluante de tous les moyens qui peuvent être mis en oeuvre pour luter le plus petit interstice, la micro-fissure comme l’inquiétante lézarde, sont mis en échec. Il fait de plus en plus noir ici-bas.

C’est pour quoi j’suis jamais été complètement d’ici

Invisible de droite comme de gauche, devant, derrière ou encore par une latérale ruse tentative de boucher, l’art d’aimer quand il s’agit bien de lui, et pas d’autre chose, fac-similé ou contrefaçon, esquive les ténèbres, il en sort d’un bond, impossible à gueuser, jaillissant.

Il est Cri.
Des tomes de papier peint
Pas plume hâtif
Plum plum bidou
Sur par chemins
Bleus ouverts
A la mâche être
Damée à la main

Je n’ai jamais souscrit à une contraception quelconque pour m’engrosser de l’absolu qui fait l’amour mieux que dans les lies de culs d’bouteilles. Refusant tout, Ogino et ses fables, Dia Fragme et ses chambres à air, Myster Ilet l’ilôtier du quartier, la Pie Lule une commère qui oublie toujours de rentrer quand y faut…Tout ça pour un besoin d’état de grossesse constant,.j’sais pas quand j’arrêterais d’enfanter, des fois j’me dis que mon lit de mort doit m’attendre en salle de travail, et qu’au jour dit, j’aurais des quintuplés au minimum…Et c’est totalement en dehors d’un besoin de reconnaissance. Je me fous de l’audience, et elle me le rend bien.
Oh, c’est loin d’être facile, probable que ça explique la désaffection qui se développe.

Ma muse m’écrit des couleurs tout par tout, y en a plein les plats fonds, comme ça, ça relève le goût., ça peint des pisses.Elle coule ses seins dans les fleurs des vergers, qu’elle abeille de robes légères, toujours bien décolletées sur les touches de l’accordéon, jambes en saut de moutons, le pied des verres à portée du carafon, croustillante comme une mie chaude, et elle sent si bon que l’aisselle relève les images de longues traversées aquatiques. Pas besoin de pose, chaque minute est à vivre.

L’exposition est ouverte à tous les dangers, en particulier celui d’être abusé…mais que le premier qui ose me dire que pour vivre on doit tuer l’émotion dans son fœtus me jette la pierre

Heureusement vous savez,

j’suis pas un menteur, le mot d’ailes est bruissant comme un envol de je t’aime.

Niala-Loisobleu
23 Juin 2015

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LA CIUDAD DE LAS DOS PACES


L'attente d'apres Patrick Jannin

LA CIUDAD DE LAS DOS PACES

Lame acérée du rai, murmure d’un voeu haletant que l’heure égraine, heur après heurt

racines au fond de poumons gorgés de crues de sang,  que des mains décousues de promesses tiennent

il pleut des éclats de rires au regard d’enfants abattus en plein vol, lestés d’éclats d’obus

le missile est là,

visible,

en lieu et place du Messie attendu

psalmodiant ses sermons de chaire à canons qui labourent pour l’épuration raciale

L’étron d’oliviers enfume la virginité de la colombe au fil du couteau

mains en prière dans une parodie d’amour

c’est ainsi que les hommes disent vivre

Il fait désert

je vois l’oasis tarir

Nous nous y étions plantés source bleue

doigts noués aux matins qui tissent

loin des dattes et de leurs régime

qui obturent les estuaires et leurs confluents

Pourquoi tout ça pour ça ?

La surdité de l’inconstance hurle le manque d’amour

en se jetant des quatre membres dans l’imposture

à force de mots étirés en phrases à maux discourant hors sujet

Dans l’ombre de l’au-delà, le chant de Montserrat vole de ruelles en ruelles

sorti d’une même voie innée des deux camps

débouché

que la réalité humaine rend impossible par la fragilité de son passage à l’acte

au nom d’un éternel remake de ses anciennes erreurs

comme s’il n’y avait d’autre solution que celle de mourir pour continuer d’aimer

avec sa connaissance, sa dignité, sa foi, sa probité, son humanité

sauvegardés des pirouettes de la lâcheté…

Niala-Loisobleu

21 Juin 2015

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VAS CHERCHER DE L’EAU


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VAS CHERCHER DE L’EAU !

Les allées du jardin gercent, dans les pissenlits un oeuf brisé tremble, le jaune au centre du vert.
La Marguerite, cou tordu vers la réponse, baisse les yeux sur les doigts qui la déshabillent…

Anxieuse, m’aime-t-il comment ? Un peu, pas du tout énormément,,,
La fontaine a tout bu, il faut racler les sots.

A la blancheur des maisons qui s’étagent en espaliers, le bleu des moucharabiehs dissimule mal les ancres noires de l’abstinence.
L’absence de foi donne un goût âcre aux vains de messe, entre l’appel du muezzin, les sermons de l’aigle de Meaux, l’ouverture à huis-clos du 49,3
qui,
hormis le poète fou que l’espoir nourrit, se souvient de celui du 18 Juin ?

Toi te souviens-tu quand nous avons-traversé la Manche à l’aller ? Ceux de Dunkerque furent parmi les premiers à nager. L’opulence avec ses obésités huileuses, dans l’installation des loisirs, a fait un sacré boulot, ya pas à dire, entre 36 et 68 le grand écart politique à mis la gauche à droite, mis à part les lampistes qui au milieu de tout ça n’ont pas changé d’un iota,
le cou du grisou n’a fait que s’allonger.

Quelques espagnols qui, entre Guernica et Franco, avaient échappé au garrot, s’étaient installés dans la peinture, l’écriture, la poésie.
Le rouge chez l’ibère ça crépite comme un immense feu qui brase l’union sacrée avec la vie,

Et ça c’est cri :

OLE comme CORRIDA !

Tiens j’repense à la Manche, dans le sens retour, te souviens-tu des drapeaux qui flottaient aux fenêtres de la Rue de Verneuil ?
Bien sûr, même que le crémier qu’avait fait son beurre avec l’occupant, non seulement c’était ses fenêtres qui en avaient le plus, mais comme il était beau son brassard tricolore, avec FFI écrit dessus….
A quelque pas de là en Raspail, les barreaux du Cherche-Midi ne retenaient plus rien des cris que les lettres des Fusillés avaient posté. !

– Qu’est-ce que l’art demanda un enfant , craie à la main ?

– Un bon placement répondit le Ministre de la Culture, si tu es dans la côterie des galeristes, qui en dehors du fric à en tirer, n’en ont pas la moindre idée.

– Nous avons fait un grand pas en avant de ce point de vue sur l’oeuvre artiste-hic.
Là où on moule l’esprit l’aqueux s’allonge, là où l’artiste s’exprime au seul profit du regard de l’autre, l’ennui fait souche.

L’arbre de vie

Va chercher de l’eau
Au fond du puits !
Va chercher de l’eau
Je t’en supplie !
Va chercher de l’eau
Et l’arbre de vie

Tout contre nos coeurs
Déjà refleuri
Va chercher de l’eau
Au fond du puits
Tout au fond du puits
Des souvenirs
Laisse aller les jours
A jamais enfuis
Puisque nos vingt ans
Vont nous revenir

Alors toutes nos amours
Vont repasser
Pour faire un seul amour
Car nous avons
Découvert aujourd’hui
L’arbre de vie

Va chercher de l’eau
Au fond du puits

Va chercher de l’eau
Je t’en supplie
Pour nous deux
Le temps va recommencer
Nous ne verrons plus
Passer les années

Va chercher de l’eau
Et l’arbre de vie
Tout contre nos coeurs
Déjà refleurit
L’arbre de vie
L’arbre de vie

Leny Escudero

Les dunes dans leurs frissons ont du mal à retenir les caresses du vent sur le sable. Les agapanthes dressés embrassent les trouées de nuages. Au bord du chenal deux bouées en marcel à rayures, se gonflent la poitrine d’un air de traversée. Il y a ce qui part et tout ce qui ne reste pas, trop de choses s’effacent sous l’apparence d’être là. L’homme n’est fidèle à lui-même que dans l’infidélité faite à ses promesses.

Niala- Loisobleu
19 Juin 2015

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MIROIR D’UNE EXPOSITION


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On en est sûr, au point de se traîner dans la mauvaise attitude en fermant la porte à sa certitude. Cette chemise que t’as mise, pouah t’aurais du enfiler celle à rayures. Les manches courtes ça cravate moins. Ouais tu peux siffler, une fausse bûche dans la cheminée, sur la table en faux-marbre à deux pas du faux-bois, n’en demeure pas moins vrai que l’esprit est tartuffe. T’as 49,3 de température c’est plus significatif qu’un état de santé rassurant. Vive le débat clos sans huis.Ton peint frais, l’odeur n’en passe pas m’aime pas le soupirail. C’est le sort, comme disent les harengs qui ont cru pouvoir nager dans une boîte. Au fait de la musique tu y vas ? Ma foi sans vouloir être mauvaise Lang, j’y ai jamais cru. Lui et ses colonnes de Buren je pourrais dire que c’est l’institutionnaliste de la Culture à rebourre le crâne. L’art qu’on nomme à reconnaître à l’exclusion du libre-choix d’expression, c’est de la république bananière. Discussion d’école, dans le fond les tripes si ça fait pas mal, c’est que de la pro-thèse d’arnaqueur. Ce qui est le fruit d’une solitude que l’amour des autres a pu engendrer, ce serait anormal que ça touche. Les attouchements ne sont-ils pas réservés à l’indifférence qui les favorise ?
Elucubre , le petit garçon qui habite à côté de sa famille, me remue de bas en haut, à la façon qu’il a de parler au désert, je vois bien toutes les fleurs qui poussent quand le renard parle au serpent sans que les poules s’effraient. Lui quand il marche sur l’ô c’est pas pour rameuter les moutons qui sont passés on sait pas où. S’appeler personne c’est le plus joli nom que je trouve. Sur les grands murs blancs toutes ces couleurs de mots ça en finit pas de promener dans ce jardin où poussent des quantités de manifestation de bruits d’enfants. J’ai seulement vu entrer tout ce que ces mois avaient à dire, sans que ça débouche sur un dialogue. Du soli-loque naîtrait le tissage de l’odyssée humaine ?Le dos en a mal et les jambes cherchent à s’asseoir, comme si d’être un grand par la force du temps, et non par le vouloir devenir, , ça donnait la honte. Les paroles de l’humilité sont plus inaccessibles aux yeux que les grosses lettres de la vanité. Faudra que je me pose la question, maintenant que j’ai récupéré mes lunettes….

Niala-Loisobleu
18 Juin 2015

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CRAYONS A MUSIQUE


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CRAYONS A MUSIQUE

Ces noirs et blancs

écrits à la main

aux crayons de couleur

frémissent de la pellicule

Images

Aux voûtes du métropolitain

remontées au long des hanches

de tous les wagons

d’un train d’années

du couloir des correspondances

Du retard à l’arrivée

il a fallu beaucoup tracer à pieds

le ventre vide

Accroche-coeur et peint d’épices

chanson de gestes sans paroles

coeur gavroche et poils de chien

au décolleté de tes seins t’honorés

des Tuileries au jardin du Luxembourg

t’es l’omniprésente

Muse

ton bouquet d’imaginaire à la main

Du pavé des quat’saisons

il me reste ton cresson qui n’a jamais manqué d’ô

dans les sécheresses de la vie

Dense de sains qui

rencontre partout l’asphyxie

Ma Bleue

aujourd’hui te voilà qui ressors l’accordéon de l’étui

une dernière fois peut-être

pour marquer la cadence des mots-peints

chantés aux cimaises de la dernière exposition

par chacun de tes derniers enfants

Musique de vie dans la vie avec les autres

Niala-Loisobleu

16 Juin 2015

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ORS DU TEMPS


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ORS DU TEMPS

Des balalaïkas éteintes on entend plus briller l’icone

sur la table d’hôtel

les verres renversés flottent dans la vodka des bateliers

Volga, Volga

fait le chauffeur de taxi, Prince du tant jadis

vous êtes arrivés

La Place Rouge du dernier assassinat politique

sent le show colas de chez Poutine

Kiev que tu dis ?

Nathalie cha te dit en corps quelque chose ?

Quand le matin se lève sur le Boulevard Sébastopol

des pigeons slavent dans les caniveaux

Volga, Volga

du russe je ne parle que le

Chagall

moins muet que sa carpe juive

Et  demeurerai le dernier clown de la soirée

Il pleut dehors est-ce que tu m’aimes encore ?

Niala-Loisobleu

15 Juin 2015

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CALE-SECHE…


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CALE-SECHE,,,

Sur le front de mer la plage ride au carrefour des pattes d’oie

d’un horizon tari

Le casino vient de fermer les pisseries fines

L’épicier arabe sort ses cageots de légumes cultivés sous le voile

Jetée au bout du môle une laitue se perd dans un trou d’eau de mer d’huile

En pliant l’échine, elle chante la vie-nègre

Anémone

fait prendre l’air à la contrebasse qui roupille en consigne au Café de la Gare

Un cheval s’assied à la viole de Gand, sellé hippocampe pour dernière charge héroïque

Tandis que l’archet de la lune glisse sur les rênes, à l’extrémité de l’âme des violons

vers l’aine, un morpion se met en quête d’un nouveau jeu à gratter

Au loin venus de la fosse abyssale les seins balles d’une naïade rebondissent

toutes litanies sorties du soutien-gorge

en vantant le gros néné comme seul contre-poison de la platitude d’esprit

Dans son lit un adolescent fait son premier rêve érotique

Le phare se dresse sous la couverture d’une brume cotonneuse

Une amande tenant une figue par la main met son obole dans le mendiant

de plus en plus malade la nature défend son exercice plus vivement qu’un adepte des 35 heures

Le barbier de Sébile affûte sa voie en jetant son regard sur l’horizon

Quel chemin faut-il bien prendre pour avoir le meilleur soutien, fait-il gorge grave

Aidez-moi j’ai des trous dans les poches de ma mémoire

Mais qu’est-ce que c’est noir les plages, fait un cormoran englué dans le texte d’un blues-mazout

T’avais qu’à coucher au Carlton lui rétorque un vieux chien libidineux, t’aurais été blanchi

On a emprisonné l’Oiso pour exhibitionnisme faisant injure à magistrat

Nu comme un vers libre, il montrait un démonte-cage à faire soi-même

Pauvre monde la tête dans le sot du virtuel

Plus aucun sentiment désintéressé ne pointe à l’horizon numérique

Une odeur pestilentielle répand sa bêtise crasse à l’infini

Fesse de Bouc truste

son mono-pôle interplané-taire éradiquant ce qui ne ferait pas sa loi

tirant à lui tout seul l’obscurantisme parti en conquête

dans une vaste entreprise de recrutement

Ce qu’il me reste de libre-arbitre

je veux le voir pousser dans un jardin d’enfants

parmi les innocents

les imbéciles

les naïfs

pour naître récolté qu’après mes deux mains

Niala-Loisobleu

14 Juin 2015

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