Luz Casal « Sentir »


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Luz Casal«Sentir»

Abre la puerta, no digas nada,
Ouvre la porte, ne dis rien,
Deja que entre el sol.
Laisse entrer le soleil.
Deja de lado los contratiempos,
Laisse les contretemps de côté,
Tanta fatalidad
Tant de fatalité
Porque creo en ti cada mañana
Parce que je crois en toi chaque matin
Aunque a veces tú no creas nada.
Alors que parfois toi tu ne crois en rien.

Abre tus alas al pensamiento
Ouvre tes ailes en pensant
Y déjate llevar ;
Et laisse-toi porter ;
Vive y disfruta cada momento
Vis et profite de chaque moment
Con toda intensidad
Avec intensité
Porque creo en ti cada mañana
Parce que je crois en toi chaque matin
Aunque a veces tú no creas nada.
Alors que parfois toitu ne crois en rien.

Sentir que aún queda tiempo
Sentir qu’il reste encore du temps
Para intentarlo, para cambiar tu destino.
Pour essayer, pour changer ton destin.
Y tú, que vives tan ajeno,
Et toi, qui vis loin,
Nunca ves más allá
Tu n’y vois jamais plus
De un duro y largo invierno.
Qu’un hiver dur et long.

Abre tus ojos a otras miradas
Ouvre tes eux à d’autres horizons
Anchas como la mar.
Bouge comme la mer.
Rompe silencios y barricadas,
Romps les silences et les barricades,
Cambia la realidad
Change la réalité
Porque creo en ti cada mañana
Parce que je crois en toi chaque matin
Aunque a veces tú no creas nada.
Alors que parfois toi tu ne crois en rien.

Sentir que aún queda tiempo
Sentir qu’il reste encore du temps
Para intentarlo, para cambiar tu destino.
Pour essayer, pour changer ton destin.

Abre la puerta, no digas nada.
Ouvre la porte, ne dis rien.

Le long des Quais 1


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Le long des Quais 1

 

D’un reste de guitare, un coin de rue a la ressource d’un aide-mémoire. Le sentiment de glisser dans une entrée en matières, fait mieux pour continuer de vivre que bien des promesses d’amour et de politique. La table sait mieux faire les courses aux halles du verger que la tartine d’annonces de radio luxe en bourre. En ce moment par la grâce des couleurs de l’automne, l’aumônière fait pas le mendiant du quotidien, juste la coupe de saison en chutes  de feuilles .. T’allumeras la bougie, je couperais le pain, le sel et l’eau, eux, ils savent le chemin. Dans le chai, les crus veillent. Le vin de garde qui attendait pour être bu, en sait quelque chose du vieillissement qui fait mûrir le goût. Je me souviens que mon père disait, tiens je vais prendre une fillette. Il était pas pour autant pédophile, je te le promets. S’agissant d’une quantité de contenu, il se le tapait pour l’orgasme de son palais, comme ce qui a du poil autour joue pas à la poupée. De l’escabeau de la montagne, on peut prendre les luminaires au creux des paumes. Si tes outils sont au chaud de l’atelier, pas de problèmes le gargouillis du ruisseau fera ses bruits de poitrine. A la main le goût résiste tout à fait aux machines à emballer. Les protèges-culottes ça fait buvard à sécher l’encre. Que devient l’essence des mots ? Quand ils ont inventés la co-propriété, je sais qu’ils ont bannis les bienfaits du voisinage. Dans mon Paname, le relief de nos vieilles provinces, leur folklore, cette culture qui nous réunissait, nous a d’un seul coup guillotiné le bon jour. Chacun voit l’autre comme un doute. Je trouve qu’à la fin ça finit par se faire une obligation. J’arrive qu’à me rappeler céder ma place à une dame sans être obligé de la violer pour l’engrosser. Les bonnes manières maintenant c’est du flan. Rien que du mensonge. J’ai rien contre le naturisme, au contraire, mais me sortir le col du fait mur rien que pour dire vois comme j’suis libre, mon tatouage comment tu l’trouves ? Sous le pont Alexandre III, coule la Sein. Je m’souviens quand j’y baladais gosse, un canapé tout défoncé qui traînait là, faisait un putain de jeu d’ombres chinoises au couchant. Germaine exerçait simplement là son petit commerce de femme au grand coeur. Je lui dois une part importante de mes humanités. Au point d’avoir la nostalgie du pucelage. C’est trop bon d’apprendre. Est-ce que l’on existe encore après sa mort ? Si j’pouvais mourir en cours d’une petite, j’partirais rassuré, mais voilà un monde qui s’emmerde ça passe plus à côté que dedans. Il y des mots que je garde pour moi. Pas par égoïsme, non par protection pour le vocabulaire. « Tu me chevaucheras-dis ? », par exemple, comme elle me disait avant qu’on supprime la cédille.

A +.

Niala-Loisobleu – 19 Octobre 2017