ETAT DES LIEUX 2


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ETAT DES LIEUX 2

La porte est coincée, trop de cartons pleins

mélange d’effets jamais portés

et de méfaits endurés, aïe querida

Repeigneur de ciels disait-on  en hésitant sur le choix du cordonnier

quand le moi boitille

pas hésiter

Se faire refaire une semelle

neuve de bons jours

Repeignez-vous !

Ah merci

j’avais pas vu mon épi

vite je brosse

pour effacer

la mauvaise couleur déplacée à côté…

Ce que l’on peut se gourer

ni jeune ni fillette

aveuglé par des amours sans retour

sans envie

par pitié

vérité tue

Docteur ne le débranchez pas

dans l’armoire

sur ses cintres

il garde l’autre temps de mes affaires…

Niala-Loisobleu

29 Septembre 2015

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https://www.youtube.com/watch?v=1LkmvFo4i5s

ETAT DES LIEUX 1


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ETAT DES LIEUX 1

« Il est souvent tragique de voir à quel point d’évidence un homme gâche sa propre vie et celle des autres sans pouvoir, pour rien au monde, discerner dans quelle mesure toute la tragédie vient de lui-même et se trouve sans cesse alimentée et entretenue par lui même.»

Jung

CARTE DE VISITE


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CARTE DE VISITE

Tout autour un mur, chercher la faille dans l’oeil du voisin

Du fond du souterrain les vibrations transportent, l’arbre se prête à la taille des branches mortes

Au dehors la classe en récréation lance ses billes en  se riant entre elles

Carreaux que n’êtes-vous pas demeurés aux tabliers ?

Les oiseaux auprès haut de ma blonde pouvaient boire à l’infini

Automne

Les restes d’été effilochent leurs feuilles, le sable remonte des vases

L’empreinte des coeurs gravés a repris le dernier train des saisonniers

Quelques vendanges laissent traîner l’âcre odeur des mous, le vin nouveau fermente

Le pire attend les garennes, au réveil des chiens de fusil

Equinoxe

Une égalité de mesure naturelle

Seconde après seconde dispense son illusion éternelle, les puits tiendront-ils encore longtemps ?

Sorti de l’aumônière

Un bruit sec de fruits tend à se faire mendiant

De quoi, de qui, pour quand ?

Que pour ça

Qui va qui vient

Assassin du chemin  qu’il dessine comme un mouton

Faute de Petit Prince…

Niala-Loisobleu

26 Septembre 2015

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https://www.youtube.com/watch?v=SlGKfLDPG_0

NOIRE BLANCHEUR


NOIRE BLANCHEUR

Un soleil païen
cul nu
montre sa rosace

Pudiquement

C’est la hutte finale
un blanc vaut trois noirs
le totem
est désacralisé
sur les corps
des peintures au visage défait
sont priées de mettre un masque

Les femmes à la croupe du vent
déhanchent les troncs
des maux écrits on traduira à l’an vert
qu’une furie noire rythme en scat au logis

Les rayons ondoient dans la chaleur des fesses écloses
que les yeux vierges de langues libidineuses
polissent hors de la mondaine

death and the maiden. Loui Jover  00,075,f

Sauvages des bêtes humaines
dévenimées du serpent puritain
vont au bain des pierres chaudes
dans le plus simple appareil
sans rien déranger dans les ils
du battement des elles

Garçon un autre ver, siou plait

et sans étiquette

je veux être noir de poésie

puisque que personne ne su en lire le bleu

De profondis…

T’as d’beaux yeux

tu sais…

Niala-Loisobleu
17 Septembre 2015

ESSENCE DE ROSE


Adrian Borda - Love Slowly Kills

ESSENCE DE ROSE

La dernière goutte m’a prise jusqu’au genou, une douleur des orteils. Tout défile en arrière. Depuis ? Oh rien . Le son était coupé bien avant que mes doigts cessent de pouvoir écrire.

Fleur de mal, odeur de marre et basse.

Cette petite fille qui s’enferme dans son album à colorier, Quel silence ont parfois les bruits de ferraille avant qu’ils vous traversent le coeur. La maison bleue de Frida n’a jamais été plus rouge que ses cris de peinture.

En rangeant le vélo dans le placard à poubelles, les arbres les plus proches ont tiré la porte. L’air de rien. Là où l’écume a perdu le jour, il n’y a plus de cheval qui court, l’histoire est par taire.

Dormir si ce n’était pas toujours debout, mais n’oublie pas de fermer la cage en sortant.

L’été finira plus pourri qu’un champignon .

« Mes yeux et la fatigue doivent avoir la couleur de mes mains.

Quelle grimace au soleil, mère Confiance, pour n’obtenir que la pluie.

Je t’assure qu’il y a aussi clair que cette histoire d’amour : si je meurs, je ne te connais plus. »

Paul Eluard

Niala-Loisobleu

14 Septembre 2015

CONTRE BASSE ET MAREES


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CONTRE BASSE ET MAREES

Un ciel embrumé portique au chapiteau

tous feux éteints

Des zèles noirs tombent des anneaux d’un tant a vouloir ressauter du vide

Les cordes en trapèze

étreignent le bois de toute la force de leurs cuisses

Il faut sauter

s’ôter

oh oui

s’ôter de l’habitude

trouver la clef de la porte à pas se gourer de couloir

Le sol lui y s’en fout de la clef, l’enfant en connaît bien le pène, il sort des grands naturellement. Il en a marre de leurs questions perpétuelles. Est-ce pourquoi, est-ce pour si, ah non pas ça, je t’interdis, reviens ici…Ici c’est la plage que l’ô fuit, le chevalet vide, l’oiseau qui est déplumé de toutes ses couleurs, un doré sur cage à étioler l’étonnement, à perdre l’émotion , la celle qu’on maquille pas en château de sable pour se faire un cinéma qu’à rien du Paradisio

Au plus fort de sa peine

l’enfant y sauve le Beau en premier

la petite fille m’a dit

« Mon Pépère quand il a perdu ma Mémère

j’ai pas caché mes baisers

je lui ai donné en le serrant de cet amour qu’elle m’a appris pour toujours

Elle

Elle est là dans mes dessins »

Assis sur le pavé mosaïque de l’horizon

l’enfant et moi, on a tiré la première vague

celle qui redonne au peintre

le pigment de l’amour

qu’une vague scélérate peut guetter

Niala-Loisobleu

13 Septembre 2015

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https://www.youtube.com/watch?v=Vl3k5cwQ94Y

AIGUILLON


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AIGUILLON

Pourquoi cette ardeur, jeune face? -Je pars, l’été s’efface.

À grands traits ma peur me le dit,
Mieux que l’eau grise et que les branches.


Genoux aux poings, ange averti ;
Sur ton aile mon fouet claque.

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René Char

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Si deux mains

lierre

ravagent la façade

d’un trop beau qui mirage à la bougie

De la farine je fais du peint sans glu thème

pour plumer l’alouette avant qu’elle ne s’empare du miroir…

Niala-Loisobleu

10 Septembre 2015

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https://www.youtube.com/watch?v=snNpEUJp_Z4

SI TOI AUSSI


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SI TOI AUSSI

Je te laisse tout ce que tu n’as que des autres
à quoi me servirait-il de mettre ce que tu montres du doigt
j’aimerais tant t’entendre à fleurs vêtue
défaite du crépon qui fait robe en noir impression senteur des bois
sans arriver à terme d’une course après l’arc-en-ciel
que tu ne sais pas par où on s’y rend par manque de lumière
ses odeurs leurs goûts je me les roule sur la langue
mieux que si avant toi j’y étais passé à table
en broutant les traces laissées par les passages sauvages des naturelles effluves
A remuer le diable combien ont un fils de dieu à la tête de leur lit
aussi cloué sur place qu’eux ?
Tout ce qui sent la solution d’apothicaire bouille du crapaud mixé serpent ballet de sorcière
Des hommes j’en ai vu remuer la terre
que de leur tombe est sorti un chant de guerre contre eux-mêmes

où la pierre en vibrant donnait l’étincelle à tisser le bleu
Que me reste-t-il hors le refus de croire que le miraculé serait remède à la maladie d’amour
Ce qui en chemin a déchaussé dans l’ornière avait certainement de soi un défaut du lacet
je n’attends rien d’une désespérance assistée
mon âge est d’aimer sans prendre l’état civil en conte
pas plus que la norme d’un étalon plus coupé des joyeuses qu’un gardien de harem
Et alors il n’y aurait que pas d’âge pour haïr
et une file de ralentissement passé une dizaine acquise
la règle ne fait loi qu’à devoir la vivre de A jusqu’à Z
Quelque ciel posé sur ma tête qui soit je n’ai pas plus d’ombrelle que de parapluie en couvre-chef
je vais décalotté le poil au vent
embrasser sans tonsure à grands yeux l’ouverture de ton âme
reconnue sans la vouloir dépendante de mon corps
nôtre Amour ne faisant plus qu’un de nous deux librement consentis
Le mystère fait partir à la rencontre d’un continent à l’autre
sans dépendre de l’apport matériel exigé par un loueur de nuit de noces à point des sous pires
Si toi aussi, tu n’as pas regardé le jour du calendrier pour choisir de partir m’aime en décalage
tu as fait le premier pas de ta dernière erreur de calcul sans recours à la prédiction d’une gourde mise dans la pochette surprise d’un chemin piégé

Il est devenu si facile de se fondre dans l’indifférence affectée que d’avoir simplement l’idée du refus

exige un immense courage bien avant d’entamer le processus de l’acte

Hautaine celle qui m’a prise hier pour assouvir sa morgue, parlant d’un humanisme dont elle ne soupçonne même pas le début de la définition, pour glisser ensuite comme un pet foireux en supprimant le venin de sa  sa diatribe

Si Toi aussi la couleur de ton langage devait se vêtir d’un tel voile, je l’arracherai de mon mât

refusant d’y confier tout cap d’espérance. Le péril des promesses ne pouvant être pris que dans l’égarement de voeu suicidaire demandé par l’illumination sectaire.

Etre solidaire exige de l’un comme de l’autre une égalité d’engagement sans couvert de dessein de profit.

Nous voici à quai

d’un côté Départ de l’autre Arrivée

à nous de choisir…

Niala-Loisobleu

6 Septembre 2015

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https://www.youtube.com/watch?v=eWRPvj-Hqu4

LES YEUX HORS MONDE


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LES YEUX HORS MONDE

Je veux crever ce regard fourbe qui coasse aux aubes prétendues. Tenir du sang chaud aux doigts de l’enfant pour lui montrer l’endroit où le rictus se fabrique. A vouloir ramper dans les longs couloirs des taupinières que ceux qui brandissent des panneaux revendicateurs, apprennent d’abord à voir clair. On a toujours ce et ceux qu’on mérite. Le choix existe, la fatalité est un miroir aux alouettes.

A l’instant présent un passé d’avant-hier me remonte en nausée.

CELLE DES YEUX OUVERTS

la vie joue dans le jardin
avec l’être que je ne fus jamais

et je suis là

danse pensée
sur la corde de mon sourire

et tous disent ça s’est passé et se passe

ça va passer
ça va passer
mon cœur
ouvre la fenêtre

vie
je suis là

ma vie
mon sang seul et transi
percute contre le monde

mais je veux me savoir vivante
mais je ne veux pas parler
de la mort
ni de ses mains étranges.

Alejandra Pizarnik

(Œuvre poétique © Actes Sud 2005, La dernière innocence (1956)

Le couvercle de mes crayons
envolé en couleurs
les maisons se sont embrassées bouche à bouche
entre les dents des horizons suspendus
des figues pleins les doigts

Un aloès en bât d’un âne
montait fort le violet des chardons

La musique s’est libérée des cordes
au frappé des mains de tous les coups de reins
la terre restituait les morts à la vie
ses dents jaunes porteuses d’e.mails

Les temps bourrent

sabre au clair

Niala-Loisobleu
5 Septembre 2015

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https://www.youtube.com/watch?v=QPPbIY9eqpA

FUMET D’ENTRAIN


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FUMET D’ENTRAIN

Une grande verrière enchevêtrée dans les escarbilles du métal

et voilà l’allaitement de la vapeur qui pssssitttt en gare

La parallèle des rails

entrant dans le tunnel pour dépasser son ombre

Prochain arrêt ma lumière

Assis par terre un grand bassin, un bout de ficelle, du liège en bouchon, un bout de carreau pour le tablier, du papier à pliage (un bateau peut demander l’entrée pour pouvoir en sortir) du trombone, de la craie et plein de petits cailloux. Le mouchoir peut rester au fond de la culotte courte, avec une ficelle on peut nouer sans crainte d’oublier. L’enfant n’oublie rien, il sépare.. Il sait par nature que les bobos c’est un truc à la con qui vient des grands. Lui il a deviné, avant d’être dévié par l’école qui oblige à faire un trait obligatoirement avec une règle, d’instinct que le dessin n’a de vérité qu’à main levée. Il s’en fout et contrefout de mettre un nez au milieu de la figure. Une tête pour lui c’est d’abord un ros ventre posé sur le fil des jambes. Lui il rit comme si pendant qu’il nageait dans sa mère, il avait tout compris en découvrant genre sous-marin comment ça peut tout compliquer un grand. Et pourquoi, se mordre la queue quand chat serre à rien ?

La merde c’est que pour jeter pas pour conserver.

Tiens j’entends siffler l’entrain. Viens mon Coeur on va aller dire bonjour à Jacques.Il a gardé un pas-de-porte au marché aux fleur, parce qu’il n’y a pas d’esclave. D’ailleurs il est pas tout seul à continuer à peindre les mots bien qu’officiellement pour l’état-civil y soit pu de ce monde. Tous les poètes sont immortels.Il peut s’appliquer à se démolir le monde. Les poète sont immortels. Et ils marchent en arrosant le temporel à visage ouvert. Voiles carguées sur la route, semelles de vents aux pieds.

Cours sans répit après ton ombre elle est le wagon de ton convoi.

Et demande-lui de montrer son billet.

Faut pas lui laisser loisir de te frauder le voyage…

Rien ne vaut l’amour qu’on se forge. Ce monde est fait que pour aimer sans s’arrêter au fait qu’il aime personne.

Niala-Loisobleu

27 Aout 2015

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https://www.youtube.com/watch?v=RhesEYcpa2g