L’ATOUT SEINS


molly+strohl+bleeblu

L’ATOUT SEINS

Mon Mémoire, sur le bord de la fenêtre, a pris l’eau des pluies aquarelles. Lavis s’estompe, à l’acide des eaux-fortes. Je soliloque aux éraflures du burin qui incise le métal son mécanique d’un jour fade.
Les épiciers sont autorisés à diffuser les antidépresseurs pour équilibrer la pression des barreaux maîtres. Mer, cure de montagne, à la campagne, les airs paissent à 3000 m au-dessus de l’amer. Vive les petites en glaises, on va remodeler le profil de l’Eve nouvelle, à l’herminette. Non salope je parle pas de l’ère minette d’où t’issuce. Le sot de l’ange perce le mur du con, mais sans que rien n’y paraisse. On lui a certifié qu’il avait été reçu avec mention. Au moins voilà trois bangs d’honneur à la gloire du navet, qu’on ne vienne plus me raconter les difficultés des parents des lèvres, il n’y a pas qu’Angelina qui soit jolie bien que moche de pare tout, malgré le beau Tox, à qui elle a refilé un priapisme chronique, en lieu et place d’anti-rides.
Ce qui me désole c’est de penser que ceux qui m’abusent, n’imaginent même pas que je le sais, quel temps gâché a raconter n’importe quoi, quand ça leur chante.Fais-toi mal et sois moche, c’est ton lot.
Allez j’me tire, la cabane est de nature à nettoyer le mauvais tant. Même que quand je la ferme elle m’ouvre, faut dire qu’avec elle la mer n’a rien d’acide, ce n’est qu’un go élan qui pêche à la lune.

Vive l’atout seins.

Niala-Loisobleu
1er Novembre 2015

fantasy..........P

https://www.youtube.com/watch?v=CrtxDNNc5Uw

LA MER MORTE


29.10.15 - 1

LA MER MORTE

Raie dans les cheveux
du marais
un chenal
à flancs de vase
s’ouvre entre les yeux du vent

Spartiates
au creux des dunes
des pilotis
appontent
des cabanes à senteur de goudron

Couchées sur le dos
les aiguilles de pins
se donnent aux palisses
sans rien retenir de la lise

Mouvances du sable nauséabond
Entre les orteils sales des oyats, passe le chant noir d’une sirène,

l’appeau tendant son piège déguisé de blanc

Ma langue est restée longtemps au soleil
A courir entre les fleurs de sel
Muqueuse infatigable
refusant l’ironie du sort

Là où pousse l’écume
ils ne pipent mots
aux chants de la sirène
opinant de la crête
la mémoire vide plein la cale

Il se pourrait que de sales idées
attisées par les feux d’artifices
naufragent la liberté

Des encres au poids niais
j’ai la répugnance du matricule tatouage
portant le costume rayé de l’espérance

Dis-moi
si la colère de l’amer
crachant une vague plus haute qu’un peuple couché
balayait, coulait, engloutissait tous les faiseurs de politique de la perte, les prédicateurs d’ordre nouveau, cette Marine-Salope qui drague le bas-fond de la dignité humaine
Dis-moi que cette vague n’aurait rien de scélérate
naisse pas ma mer ?

Niala-Loisobleu
29 Octobre 2015

ssssssssssssss

https://www.youtube.com/watch?v=qOm9D46MHuY

Chanson du vis trié où le solfège selon Facebook


Chanson du vis trié où le solfège selon Facebook
N’importe qui se retrouve sur Facebook. Haut-lieu du partage actuel, site sot-cial par excellence.
Aussi, l’éminence a revu tous les fondamentaux de la Beauté en fonction du n’importe quoi de ses adeptes-rois. On a connu l’hérésie des anciens pionniers du genre qui fixèrent ce qui est digne de respect et ce qui fait offense à la bonne conduite.en rejetant des oeuvres que les musées exposent au public, des écrits d’écrivains et poètes universellement connus et reconnus, que dans le monde entier les écoles incluent dans leurs programmes d’enseignement scolaire, des oeuvres appartenant à toutes les disciplines artistiques, bref en un mot refondant toute l’Histoire de l’Humanité sur les critères de sa propre décadence actuelle.
Il suffit d’une dénonciation d’un coincé(e) pour mettre un membre au ban et lui supprimer sa parution.
Bien entendu le tout au nom de la liberté d’expression….revue et corrigée par le nouveau dogme qui fait de la barbarie un système de formation pour l’avenir. Sont donc considérés comme ne présentant aucun danger, l’incitation à la haine, par tous ses canaux de propagation.
Couper la tête d’un indigne d’extrémistes illuminés, et la montrer en photo sur son profil est autorisé. Vu le développement du genre, je serais tout prêt de penser que c’est recommandé…S’y ajoutent les scènes de persécutions envers des femmes. Le recrutement de pauvres égarés par un toile d’araignée qui tisse large. Le moyen de se procurer armes, drogues, enfants et animaux dociles. La prostitution…etc…
12188492_10206924777832342_2125923355_n
Enfin merde, arrêtes ton char Facebook, aujourd’hui tu me fous le bouilli pour avoir épinglé Jean Diharsce et Marc Lagoutte, deux êtres plus que dignes de respect, sous prétexte d’avoir fait paraître la photo que je mets dans le présent article.
Elle est belle cette image
Photographiquement parlant
Elle n’est que Poésie d’un bout à l’autre
cette
FEMME JE L’AIME D’EMOTION TOTALE
elle crie en silence
la propreté d’un corps symbolisant ce qui est le plus Beau
dans un environnement porteur d’ouverture
ce n’est pas un crachat porno de votre cru
c’est un
HOMMAGE à la VERTU
Cette censure est une hypocrisie réac du plus bas étage. Je la réfute et la conteste au nom de ce qui constitue l’esthétique irréfutable d’une architecture de l’Esprit, spiritualité qui fait défaut  chez Facebook.
Mon père spirituel j’en appelle encore à ta transparence, chante-leur le Vitrier :
CHANSON DU VITRIER
Comme c’est beau
ce qu’on peut voir comme ça
à travers le sable à travers le verre
à travers les carreaux
tenez regardez par exemple
comme c’est beau
ce bûcheron
là-bas au loin
qui abat un arbre
pour faire des planches
pour le menuisier
qui doit faire un grand lit
pour la petite marchande de fleurs
qui va se marier
avec l’allumeur de réverbères
qui allume tous les soirs les lumières
pour que le cordonnier puisse voir clair
en réparant les souliers du cireur
qui brosse ceux du rémouleur
qui affûte les ciseaux du coiffeur
qui coupe le ch’veu au marchand d’oiseaux
qui donne ses oiseaux à tout le monde
pour que tout le monde soit de bonne humeur.
Jacques Prévert
_______________________________________________
Niala-Loisobleu
26 Octobre 2015
PHO

INVENTE AIR


stoupakis05

INVENTE AIR

La paillasse de l’évier, égouttait les dernières nouvelles. Ici un mort d’adieu,

là des mortadelles en promo, et là-bas…

– Quoi là bas fit la voix d’Off ,

– Ben quoi là-bas ailleurs, hôte part, en résidence, répondit la mémoire invisible qui pourtant, dans la cuisine, était bien là. quelque part en attente.

Le matin les cuisines sont un peu une correspondance, pas forcément Le Châtelet, mais un endroit qui pareil, transporte pêle-mêle de l’inerte sentant le saucisson à l’ail, l’amertume du coup foiré, un zeste de fumet de la clope  de la première pipe bourrée vite fait tout en se trempant la tartine, les croissants à peine des cons gelés, rien que de la laine de cow-boy aux poils de la brosse Adam.

Romantique la radio locale crache son Julio Iglesias en boucles,les strings ne peuvent rien contenir, ça balance au bout de la ficelle. Le plombier-zingueur lui, s’est fait renverser sur les clous d’un passage fakir. Ce con au lieu de regarder s’il y avait des voitures, rêvait d’un oeuf dur et d’un chant de percolateur, façon bougnat. Toute cette foule marchant sur la pelouse d’un mercredi ça n’affole plus le gardien du square, le bac à sable, le manège et le guignol, ne font que de la télé-réalité,

pour faire rêver faudrait tout réinvente air….

Chut ne bouge pas, j’ôte la poussière de ton oeil d’un doigt de bleu, en m’aime temps que ton sein se gonfle…comme tu mets du jamais vu dans mes miens d’oeils !

Niala-Loisobleu

21 Octobre 2015

3f1994a7acee80768ea140e0b1bb7aa3

https://www.youtube.com/watch?v=zs6t4QvY_Ao

HYBRIDATION


tassos kouris3

HYBRIDATION

Qui de la mer ou du fleuve m’a vomi en premier, peut-être bien que je viens-je des deux par moitié,

mi-homme, mi-cheval …

Dans la nuit quelqu’un dit
Ne mêle pas mots et couleurs
Fleurs et soleil
L’âme derrière les nuages
A peine éclaire, vole et fuit

Quelqu’un dit
N’attends pas trop de lumière
Sur la route
Tes larmes, tu les boiras seul
Au bout du chemin

Marc Chagall

L’eau quitte la souplesse des tiges, je vois l’herbe se tourner vers le fauteuil-roulant du vent. La barbe laissée aux je sème de la rousse. Semer quoi ? Semer pour qui ? Les enfants qui sèment sont repartis derrière les portes de la nuit récolter les vide-greniers des fenaisons sèches. Silo nous était contée disent les grands, on saurait pas trop quoi raconter. On est toujours né de quelque part, ben la portion est devenue plus que congrue. La fuite mise à part, qu’est-ce qui reste ? Des épouvantails vivants (enfin…) implorant les oiseaux de leur apporter le grain qu’ils n’ont pas su mettre dans leurs voix, in the groove absent, bonsoir le boeuf

Centaure j’hennis des quatre faire : être, aimer, vouloir, donner.

Bach anal la fugue du jour de merde, ainsi soit-île….

Niala-Loisobleu

18 Octobre 2015

boris shapiro5

https://www.youtube.com/watch?v=bkUUjUJ4wHg

DIXIT ELLE


c0e56bb1fc6481aaeee93137fd734605

DIXIT ELLE

Je me souviens du goût qu’elle avait pour les anémones.. Pas celles des vases à l’oeil noir serti jaune au bleu violet des rouges journées d’un tant retenu au napperon d’un bois de meuble. Non celles qu’elle aimait, se blottissaient au creux d’un rocher englouti sous les eaux. Dans le variable clair-obscur des profondeurs, où le soleil se glisse en apnée suivant ses capacités thoraciques.Ne dormant jamais cette fleur-animale marche comme un métronome. Brassant des traversées aux nombreux passages des tropiques, que le trident de Neptune a laissé plus ou moins sanguinolentes On dit qu’on se souvient que du meilleur, oui et non, dans le sens où ne pouvant oublier le pire, c’est après le bon qu’on court. Majestueuse. Elle me disait c’est une étoile danseuse, regarde comme elle fait des pointes, elle est plus vaporeuse qu’un cygne de mort, la vie en permanence, Les pastels de Degas sont sortis purifiés d’elle, lavés des coulisses des vieux bourgeois chassant le petit rat. Et l’odeur, pas une trace de terre, c’est sang pour sang sel. Ah le silence c’est leur monde. Quoi que…tout dépend des mains tenant. Me voici où l’eau s’approfondit. Je me retiens de respirer, un désir de voir mieux. Ne pas troubler le tain du miroir. Janus n’a pas été convié. Rien qu’un huis-clos pour ouvrir large, jusqu’au dessus du jeu nous, trousser, tout autant à l’hussarde qu’à l’égard de sa virginité.

Sans sucre, nue sortie de la boîte, m’a-t-elle demandé…

Niala-Loisobleu

17 Octobre 2015

The Bride

https://www.youtube.com/watch?v=LS04M9Mz26E

A MA CABANE


17e04d21ee7994a8291dfbccf8200dc3

A MA CABANE

Aujourd’hui suis allé couper l’eau à la cabane

et lui ai laissé ces quelques mots de visite

Je sais comme tu attends
Le temps d hiver est toujours trop long

Surtout quand il a Eté pourri
Tu t’aies tricoté des manches aux étiers
Refais l’échine de la passe
Arrangé tes cheveux de rouille
J’arrive toujours tu le sais
Cesse de penser que je tarde
J’arrive
Prépare une marée neuve
Quelques nacres nouvelles
De l’errons cendré au décollage fuyons
C’est bien du celle qu’il me faut
L’ici moche d’abandon appelle les mains en fanal
Triste comme une horloge qui bat les mortes-heures
Mouvance d’ô
Le ciel est en corps à repeindre
La constance humaine c’est du bidon vide

Périe en mer

Con stance à marri
Mais j’arrive
Tire la barque des vases qu’on s’prenne un vert
J’arrive ma Cabane

Juste le tant que des gels passe

Niala-Loisobleu
15 Octobre 2015

28b114fc946353c9546aff08957fd6e3

https://www.youtube.com/watch?v=vNRA7HYemIk

FESSES DE NOBLESSE


Véronique Paquereau paquereau03

FESSES DE NOBLESSE

Moi, j’aime beaucoup les gens qui s’aiment. Enfin ceux qui jouent pas avec…

Entre un projet de renouvellement de l’air du champ des Six Reines de l’Eugène, qui prévoit de remplacer les chênes par une forêt d’héô hyènes, et le chemin de derrière la cabane, par un échangeur à péage, pour aller dégazer au fond du jardin….j’hésite pas un instant, je jette les mécaniques et garde les fonctions naturelles.

Et c’est avec tendresse que j’écoute les belles histoires de fesses. Parce que la fesse à ses lettres de noblesse. Ce ne sont pas que des pitoyables gymnastiques, des acrobaties phallusico-éromanesques-à-3-balles, qui peuvent décrire l’émotion que me procurent ces sphères traversées par le détroit du pétard, le suez de panorama, l’isthme à elles, le ben trou fion de la étrange légion, le chemin des dards d’à n’elles, la côte d’y voir, le chemin des douaniers, le chocolat de chez pousse-king, la place vents dôme, va-t’y quand à Paques et à la Trinité, mais toujours à pieds, sans te presser.

Tiens je vous laisse devant une histoire belle comme la pureté. Je m’éviterai de vouloir l’écrire, ne me sentant pour ce genre, guère doué dindon
LE ROSE AU FRONT
Ou la correspondance érotique de Gabrielle et Constant pendant la première querre mondiale

Extraits choisis de la correspondance érotique de deux époux séparés pendant la première guerre mondiale. Constant et Gabrielle se sont mariés en 1904. Ils tiennent un petit commerce de vins et spiritueux dans un petit village du Jura jusqu’à ce que Constant soit mobilisé en 1915.
Lettre de Gabrielle, 24 août 1915

Retire-toi dans le petit endroit réservé à tous et là réfléchis à ce que je te dis. En rêve suppose que je suis contre toi. Prends la petite qui bientôt à ma pensée sera surchauffée ; fais-toi pointu et donne avec efforts tout ce qu’elle me destine. Tu verras comme ce sera bon et comment tu seras soulagé. Ne fait pas cela trois semaines avant ton arrivée ici car tu aurais de la peine à agir ensuite. Il faut conserver ta bonne liqueur quelque temps de façon à ce que le flacon reste bien plein.

Lettre de Constant, 2 septembre 1915

J’aurais bienvoulu avoir la chère mignonne, va ; mon désir ardent toujours a été violent cette fois-ci, mais j’ai eu beau jeu d’user d’expédients, le lulu a fait la sourde oreille ; on dirait qu’il se refuse à tout et ne veut être gentil qu’avec sa petite sœur. Ah ! Si elle avait été là, ça aurait été les inondations de 1910 !

Lettre de Gabrielle, 7 septembre 1915

Alors ce petit lulu ne veut pas fonctionner du tout là-bas ? Mais pauvre chéri tu n’as pas pu suivre exactement mes conseils, n’étant pas dans votre abri. C’est au cantonnement seul que la chose sera faisable. Il faut que tu puisses te mettre alaise et que ton attouchement la fasse vibrer en la frottant toi-même du haut en bas et cela à toute vitesse. La chaleur jointe à mon souvenir complètera l’excitation et les veuveux de lulette chatouilleront le petit lulu encore davantage. Je suis désolée de te voir souffrir ainsi et vraiment, c’est intolérable pour toi. Il vaudrait encore mieux, je crois, que tu puisses rencontrer une femme proprette et saine qui te fera passer tes moments de passion sans que tu y attaches le moindre amour.

Lettre de Constant, 11 septembre 1915

Ah ! Combien j’étais heureux avec toi et je ne le savais pas. Mais tu sais ma belle la Guerre m’aura servi et je saurai apprécier mon bonheur futur qui sera plus grands encore que le premier. Ma chère belle, ne me prends pas pour un martyr, ma souffrance sexuelle ne va pas à ce point. Ne cherche plus d’expédients, ma belle, pour me procurer de bienfaisants épanchements, je veux tout garder pour toi. As-tu donc peur que je t’en livre trop ? Mais je ne saurais avoir recours à un bon remède car c’est toi et toi seules qu’il me faut.

Lettre de Gabrielle, 13 septembre 1915

Mon adorable petit totome, comme nous allons être heureux cette première nuit ! Ce sera une grande fête et dans nos cœurs et à la maison ! Moi je tiendrai lulu, toi tu tiendras lulette et il en sera ainsi dans tous nos instants de solitude. Je te promets que lulu ne s’en ira pas gonflé comme il arrivera. Ah non ! Je veux qu’il soit entièrement soulagé et qu’il ait même besoin de repos à ton départ.

Je suis très heureuse de savoir que mes lettres te font grandement jouir. Je voudrais qu’en les lisant ton jet parte tout seul. Prends tes précautions auparavant et glisse un mouchoir contre le lulu afin qu’il décharge à volonté. Je me cache dans les jambes de mon totome en mettant ma languette contre le lulu bien-aimé.

Un mois plus tard, Gabrielle rejoint son mari pour quelques jours avant que le régiment de celui-ci ne soit envoyé en Serbie. Ils ne se reverront plus. Atteint de dysenterie, Constant meurt à Salonique le 5 janvier 1916. Gabrielle lui survivra jusqu’en 1969.

(Sources : le monde hors série oct-nov. 2008)

Ainsi va le monde et sa tragédie. Eternel psycho-drame où se croisent indistinctement dans un brouillard épais, Tartuffe, Messaline, Pierrot et Colombine.

Constant et Gabrielle

une histoire à moi façon,

scato-pure comme l’âme de l’amour

qui se poudre pas de suc que rit…

Niala-Loisobleu
14 Octobre 2015

14.10.15 - 1

https://www.youtube.com/watch?v=JALug3tM_aU

FRAGMENTS…Extrait


JR

FRAGMENTS…Extrait

Il n’y a plus d’ombre. Une seule larme où tremble un monde.

Si peu de miel à cette heure que les ruches s’emplissent de cris absurdes.

Ai-je grandi ? Je suis seul sur cet équilibre de pierres d’où j’embrasse tout le décor. Mais qui a brossé tant de verdeur ? Je suis seul. Le peuplement du soleil envahit jusqu’à mon nom. J’ai grandi. Je suis heureux.

La lumière tisse son châle de frissons.

Le moment où l’esprit s’habille de stupeur. Moi, rendu aux traces, à l’arête de la pierre. Moment trop aiguisé pour que la parole en sorte indemne.

Ces tons de rose sur les façades lointaines, sur l’arête du mont, ces traces sur la neige, brindilles de pattes autour d’un peu de terre découverte, ces haies d’oiseaux sur la route, ouvrent une porte dans le froid et nous restons sur le seuil, incapables d’entrer, retranchés de ce monde où nous avions pris pied en conquérants. La distance soudain nous refoule à laquelle nous restons aveugles.

L’hiver nettoie, sa rudesse laisse mieux apparaître les constantes du paysage. Ce vertige éternel lisible dans le sommeil de la vigne.

Ceux qui n’oublient pas les incessantes mutilations infligées à cette terre rendent volontiers hommage à la cinglante nudité du ciel. Là-haut, le soleil tourne sa bague et attend d’inhumer les morts, leur monnaie liquéfiée dans la gorge. L’herbe bleue murmure une autre condition. Le chemin n’est pas fermé.

Nommer cette joie serait l’égarer.

Cette lumière n’est pas faite pour l’opulence, elle irait ainsi jusqu’à l’écœurement. Elle est faite pour la nudité.

PIERRE-ALBERT JOURDAN

ASPECT DES PARENTHESES


ASPECT DES PARENTHESES

« j’écris bateau et une quille fend la tant vaste mer
et les arbres poussent sur les espaces enneigés
entre regard et regard se meuvent
des animaux retenus à terre par leurs plumages de fer
et de rosée d’or quand la lune s’éclipse
en leur communiquant le rut et la nomade joie de vivre

je pense automne ou hiver
et le feu résineux des pinèdes goutte sur mon visage
sur mon corps en gestes timides
voici le temps
du capricorne réduit à la cachette tatouée
sur l’aile minérale de l’oiseau en plein vol je dis nuages
éclair herbe eaux
homme
sursaut océan sel corps épuisés
transhumantes passions je dis
et surgit déboule goutte se dresse se meut vit
meurt
mais ne croyez pas qu’il soit simple de nommer
ranger et désordonner le monde

pour que ne s’efface pas cette tremblante écriture
j’ai besoin de rêve et de cauchemar
de la proximité vertigineuse des miroirs et
de passer la nuit au fond de moi avec les mains sales
du travail ardu de construire les gestes exacts
de la joie que par négligence dieu a abandonné à la fatigue
de la fin du septième jour »

Al Berto

11220840_10200843961937873_1030505417319810763_n_The old doll par Ryan Conners

Je m’écries pêne aux serrures des étages

qui rampent au levé des couleurs, pourtant mis en face de fissures dans la fertilité des fleuves

il faut trouver le bon tiret entre deux maux

Le bruit des portes condamnées fait froid dans le dos ; la dernière cigarette en brûlant les poumons du rêve

soumet à l’asphyxie du futur

Rien de tout ceci n’a de désespoir en l’huis

les portes sont les gardiennes du mystère ouvert en en-tête

la face cachée des sentiments ne parle pas le langage des choses,

elle procède des devoirs de réserve  pour la sauvegarde de l’humain

Niala-Loisobleu

2 Octobre 2015