AIMER


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AIMER

Il est minuit dans les cages vertes

Minuit comme un chardon bleu dans du verre bleu

Comme une ombrelle ouverte dans le ciel vert

Il est minuit un feu mouillé coule sous l’écorce

Un feu biseauté et de roseau tranché

Un feu de fruit coupé

Derrière le rideau soulevé des rapaces écarlates

Il est minuit et le verre nocturne

Fend doucement la chair nocturne

Il est minuit comme un prisme

Au bout des seins de cette femme amoureuse

Qui tient une aile entre ses dents

Minuit comme un diamant

Sur le sexe tremblant de cette femme abandonnée

Qui jette des dragées blanches aux orties blanches

Il est minuit comme un pavot éclaté

Dans les yeux démesurés de cette femme solitaire

Qui fait tinter tout son sang dans la nuit

Minuit comme un couteau dans une orange

Au cœur rouge de cette femme triste

Qui veille au pied de ses statues mortes

Il est minuit comme un corbeau sur un œuf

Dans les mains pâles de cette femme nue

Qui joue avec de petits sabliers nus

Il est minuit entre les hommes

Comme un fût d’air entre deux faulx.

 17 juillet 1941

 
Marc PATIN

(Poème extrait de Christophe DAUPHIN, Marc Patin, le surréalisme donne toujours raison à l’amour, Librairie-Galerie Racine, Les Hommes sans Epaules, 2006

MI-Ô PIS


MI-Ô PIS

« Quoi de plus agréable pour les aînés que la poussée de fiers arbustes qui leur feront sur leur vieux jours un peu d’ombre ? La jeunesse est tout ce que nous fûmes, qu’elle nous affectionne ou qu’elle nous déteste. C’est bien cela, la grande randonnée ! »

René Char

(Correspondance avec Jean Ballard, 1935-1970)

De ces pas trop courts, restent à l’étendue les traces d’une suite, d’abord griffonnée de nappes en nappes des bistros où des santés se sont répétées dans l’entrechoquement des vers.

A la nôtre, à le tienne vaut mieux que courir…

Tiens je ne te touche pas que des dits doigts, ne crains que je te paume

je ne joue pas

m’aime quand je jongle avec tes seins

en équilibre sur leurs pointes

je vois clair

La couleur de la pensée en trois D…

Des deux je n’ai jamais été celui qui a ignoré l’Autre

Je les ai t’été sans relâche et sortis de ton corsage m’aime quand il dort dans sa cage.

Niala-Loisobleu – 18 Mars 2017

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Bleu ouvert en deux lèvres.


Bleu ouvert en deux lèvres.

L’Improbable (Extrait)

Quand nous avons à défier l’absence d’un être, le temps qui nous a dupé, le gouffre qui se creuse au cœur même de la présence, ou de l’entente, que sais-je, c’est à la parole que nous venons comme à un lieu préservé. Le mot est l’âme de ce qu’il nomme, nous semble-t-il, son âme toujours intacte. Et s’il dissipe dans son objet le temps, l’espace, ces catégories de notre dépossession, s’il l’allège de sa matière, c’est sans porter atteinte à son essence précieuse et pour le rendre à notre désir.

Yves Bonnefoy

L’Indélébile

Le mensonge de la petite culotte absente cogne à la fenêtre de l’incantation de ses seins gros, forçant le décolleté d’une robe aux boutons ne tenant plus qu’à un fil. Ce fil du rasoir sur lequel je dus traverser l’image que ses mains impudiques m’ouvraient en me forçant à voir les crevasses où je péris de manque aujourd’hui. Les camisoles depuis n’ont rien détachées de la piqûre des milliers d’aiguilles qui me labourent toujours de leurs éperons. Puissant est le coup de la cravache qui veut passer le poteau d’arrivée. Mes reins se jettent, l’âme à percer. Excitée la voie se dresse sur la pointe des geysers. De la canalisation crevée un marécage nous colle. Chansons de vase qui s’extirpe en chuintements de la botte quand elle soulève son pas. C’est un bateau aux voiles à l’envergure albatros grand écart qui m’avale. Toute sa colonne vertébrale me ricoche, une vertèbre à près l’autre. Les mots qui dépossèdent en se déclarant protecteurs sont-ils comme ces chiens d’un coït sauvage qui ne peuvent plus se décoller que sous le jet du seau d’eau glacée? La rue n’a pas gommée le caniveau de son trottoir. Restent les charrettes des quatre-saisons. Jardin potager d’une lubricité que ne connaissent que les amours totales de l’esprit dans le corps. Allègement des mauvaises graisses qui fondent en subtiles essences ciels et tiennent le désir allumé. L’éternité fauve des peaux résistant aux mégissiers

Je te suis le m’aime,  à la parole qui était déjà acte à la première syllabe. Bleu ouvert en deux lèvres.

 Niala-Loisobleu – 15 Février 2017

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Faction du muet


Faction du muet

Les pierres se serrèrent dans le rempart et les hommes vécurent de la mousse des pierres. La pleine nuit portait fusil et les femmes n’accouchaient plus. L’ignominie avait l’aspect d’un verre d’eau.

Je me suis uni au courage de quelques êtres, j’ai vécu violemment, sans vieillir, mon mystère au milieu d’eux, j’ai frissonné de l’existence de tous les autres, comme une barque incontinente au-dessus des fonds cloisonnés.

René char
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Et puis, beaucoup plus nombreux
je me suis trouvé uni, souvent copté, à la lâcheté d’autres êtres, vivant à contresens de mon concept, sans doute m’ont-ils fait vieillir, le mal n’est jamais anodin, mon étrange générosité insubmersible ne leur ayant pas laissé loisir de me torpiller, le Bleu de mes mots-peints, poilus du pince ô, m’a tenu au-dessus du fiel de la pute de vie qui radasse en pleurnichant, pas à plaindre puisque ouvrière accomplie de son malheur.
Niala-Loisobleu – 8 Décembre 2016
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« Le bonheur ne se définit pas par un grand calme, mais plutôt par la sensation d’être terriblement vivant. » Tara Depré


« Le bonheur ne se définit pas par un grand calme, mais plutôt par la sensation d’être terriblement vivant. »Tara Depré

Le voici qui s’étire des taillis le retenant dans une tapisserie des toiles couchées sur leur châssis, entre les fesses de la lune assise sur le bord du chevalet. Dans sa tête le peintre n’entend que le tempo de son coeur. Où est-il, où va-t-il, que deviendra t-il ? Métaphysique  du placard de cuisine qui ne peut retenir l’odeur de café qui lui passe entre les gonds. C’est bourré d’instruments de torture un vaisselier d’home-sandwich. Ne servant à rien sauf à à se blesser avec. Hum, t’as d’beaux yeux mon Jour. Après le journal par les berges de la Charente, je t’aurai déjà téléphoné bien avant. Il faut brancher avant de mettre pied à taire. C’est le principe du cheval de trait, il s’attelle au crayon avant d’ouvrir le tube au pinceau. Je sais l’heure à laquelle tes seins attaquent comme une chanson de Louise. Tu n’es pas debout, encore assise sur la balancelle du rêve, l’arbre te rassure, oui tu es solidement accrochée, pas besoin d’un psy pour contrôle technique. Ils balancent de ce mouvement que seule la joie écarte de la peur du vide. Nous voici étreints. Nous partons pour les chemins de nos traverses. Le journal n’en dira rien, ni à la une, ni aux offres d’emploi. Notre bonheur ne regarde personne, il est de nous, pour nous. Pas sage du tout, vif comme le vent des giboulées ne parvient.

Déplions l’ô séant, et roulons les nuages au tri sélectif !

 

Niala-Loisobleu

11 Février 2016

 

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VOYAGE ENTRAIN


 

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VOYAGE ENTRAIN

Le vague collé à la vitre, mes doigts montent dans l’entrain, je pars pour Toi, là où peu importe tu s’rais, j’ai pas de GPS, sinon j’crois que je me perdrais. T’es dans le couloir appuyée à la barre, petit rat sur ses pointes, sauf que t’attends le fakir et des braises qui vous font pas le sort que les sorcières ont pour destin. Tournes-toi du côté compartiment, on va s’asseoir, j’ai pris le pique-nique dans la malle en osier.

Nappe à carreaux du rouge et du blanc, les coquillages, le Jésus, les paumes frites, un coulant pour l’ô d’heur. Pendant que ça traverse, laisse tomber les voies du saigneur. Eh ma Gosse si que je te dessinai marelle, aimerais-tu m’être ciel ?

Oui l’apporte de son itinéraire c’est pas forcément toujours la bonne correspondance, si te tas gourance, bonjour quand le métro s’arrête pas entre les gares. Un foutu sac à merde que les gares. Avant d’avoir écouté pour comprendre que ceux qui en parlent c’est pas pour ton mal, faut se faire la vitrine plein la gueule.

Tu veux de l’enfance, j’comprends.

Les adultes immatures ça te fout un désordre dans le rêve que tu frôles le vide sans le moindre élastique à portée.

As pu peur, j’suis le plus jeune gosse des vieux qui me restent. Pas le cadeau de ceux qui se préparent à faire la fête, j’ai horreur d’offrir parce que les commerçants ont décidé. Non, j’suis monstrueux, tellement j’ai rien qui me me rattache à cette inhumanité. J’aime dessiner tes traits, te peindre, mettre au dehors ce dedans que personne connaît faute d’avoir eu en vie de le visiter.

Allez viens, en voiture mon Coeur, monte avec ton pélican !

 

Niala-Loisobleu

15 Décembre 2015

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