COMPRENDRE


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COMPRENDRE

Quelque part là, partout d’un morceau, ne serait-ce qu’une mèche, un pore, une bretelle qui tombe. Si métamorphosée dans l’infinité du silence, qui pourvoit à donner des facultés enchantant la platitude d’un morne environnement. A marcher dans l’eau librement soumise au mouvement, une musique en variant ses rythmes, qui procède du prélude au sens de ce qu’il retient et délivre en même temps de son inconnu.

Et pourtant, inlassablement ce démenti qui revient démonter le doute, qu’un moment de faiblesse guette comme une maladie. La plage des choix est longue comme cette côte qui a échappée aux constructeurs et, qui de fait, n’a pas d’autres possibilités que celle de se battre comme l’exige son état sauvage. La contradiction permanente. Aussi tendre que carnassière dans sa composante léonine. Où tantôt des incendies se lèvent sous la poussée d’un volcan disparu juste pour les amateurs de convenances, pas dans la pérennité de la nature.

Ce mouvement vrillé qu’à le vent au cours de ses voyages, va prendre la tournure du climat ambiant. Comprendre, on en fini certainement jamais. La faute en revient à la question qui par nature, veut toujours supplanter la réponse que l’évidence montre ou garde selon des paramètres multiples. Pour ça il y a des montagnes, des îles, des cabanes, autant de jardins secrets où se tenir propre d’avanies.

Comprendre, simplement.

Rien n’épargne, l’initiation sans la multiplicité des épreuves psychiques et corporelles, ne serait que le mot ajouté aa flot de ces océans de paroles qui ne tournent qu’en rond. Pire qui décentrent, et écartent du sujet.

Comprendre est souffrance.

L’espérance est le remède comme la cause, dans ce qu’elle a d’attachement principal. L’autre allant dans le même sens avec son unicité personnelle.

Niala-Loisobleu

27 Septembre 2015

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https://www.youtube.com/watch?v=GwDpCiKBRHQ

MAINS TENANT 2


MAINS TENANT 2

Qu’est-ce à dire d’ici

sI non de rien  ?

Sinon quoi…

Toute

battante et sanguine

Le retour à l’androgyne

s’impose pour recouvrer l’usage des quatre membres noués

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L’âme soeur

est d’une seule tête

à doubler

en un choeur

d’un seul tronc de toutes essences

d’une m’aime racine persistante de feuilles murmurantes

A force de vouloir tes yeux comme regard à plonger

ta langue comme palais à gouter

tes seins aux miens tétonnés désevrés

ton ventre germe unique de mes semences sismiques

Plus d’erre aux marées basses

equinocci

automne-printemps

passant l’équateur

jours égaux aux nuits

pour se tremper les mollets dans l’identique aurore

jusqu’au ventre de la nuit

jardin des toiles

Ton humide à mon sec

mon araire à ta glèbe

cheveux tipi

au coeur de notre feu yourte

Hennissements des steppes sauvages

Niala-Loisobleu

23 Septembre 2015

CONTRE BASSE ET MAREES


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CONTRE BASSE ET MAREES

Un ciel embrumé portique au chapiteau

tous feux éteints

Des zèles noirs tombent des anneaux d’un tant a vouloir ressauter du vide

Les cordes en trapèze

étreignent le bois de toute la force de leurs cuisses

Il faut sauter

s’ôter

oh oui

s’ôter de l’habitude

trouver la clef de la porte à pas se gourer de couloir

Le sol lui y s’en fout de la clef, l’enfant en connaît bien le pène, il sort des grands naturellement. Il en a marre de leurs questions perpétuelles. Est-ce pourquoi, est-ce pour si, ah non pas ça, je t’interdis, reviens ici…Ici c’est la plage que l’ô fuit, le chevalet vide, l’oiseau qui est déplumé de toutes ses couleurs, un doré sur cage à étioler l’étonnement, à perdre l’émotion , la celle qu’on maquille pas en château de sable pour se faire un cinéma qu’à rien du Paradisio

Au plus fort de sa peine

l’enfant y sauve le Beau en premier

la petite fille m’a dit

« Mon Pépère quand il a perdu ma Mémère

j’ai pas caché mes baisers

je lui ai donné en le serrant de cet amour qu’elle m’a appris pour toujours

Elle

Elle est là dans mes dessins »

Assis sur le pavé mosaïque de l’horizon

l’enfant et moi, on a tiré la première vague

celle qui redonne au peintre

le pigment de l’amour

qu’une vague scélérate peut guetter

Niala-Loisobleu

13 Septembre 2015

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https://www.youtube.com/watch?v=Vl3k5cwQ94Y

MAINS TENANT


MAINS TENANT

Parce que l’heur c’est pas l’heurt

et que …

Ce Bleu N’est Pas le Nôtre

Nous étions à la minute de l’ultime distinction.

Il fallut rapatrier le couteau.
Et l’incarnat analogique.

Peu auront su regarder la terre sur laquelle ils vivaient et la tutoyer en baissant les yeux.
Terre d’oubli, terre prochaine, dont on s’éprend avec effroi.
Et l’effroi est passé…

À chacun son sablier pour en finir avec le sablier.
Continuer à ruisseler dans l’aveuglement.

Qui délivrera le message n’aura pas d’identité.
Il n’oppressera pas.

Modeler dans l’apocalypse, n’est-ce pas ce que nous faisons chaque nuit sur un visage acharné à mourir ?

Un outil dont notre main privée de mémoire découvrirait à tout instant le bienfait, n’envieillirait pas, conserverait intacte la main.

Alors disparurent dans la brume les hommes au petit sac.

René Char

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Mains Tenant 1 – Niala – 2015 – Acrylique s/toile 55×46

Et vînt l’heure

de sortir au soleil

ce que des circonstances avaient classé endives

Il est un monde connu impossible à refaire

trop ce n’est pas trop

c’est simplement pas le bon choix pris en parti

Il n’est plus question d’amour ici bas

on aime que les masques à rade

Tricher c’est jouer gagnant

Le tant ne m’est pas yeux tournés au ciel

mais si, mais si

Messie

c’est farce et attrapes

Hâlons, hâlons

tirons l’ailleurs à nous

Toi qui te reconnaîtras

« tu deviens visible à la place où je disparais »

Saches-le

J’ai pas l’odeur de sainteté

juste mes pores où accoster

Mauvais comme une cause qui se refuse à adhérer papier gommé

Bon comme un épi qui se rebelle à l’engrais

et plus moche qu’un époux vantail de complaisance

J’irai à nouveau d’une nouvelle série que chui-ci commence

tout de Toi mon Coeur

 né de ce bleu qui n’en finit pas

à tenir parole

aussi pugnace que moi…

Niala-Loisobleu

11 Septembre 2015

JE LUI DIRAI


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JE LUI DIRAI…

Wateman

sanguine bâton de craie
Au cadran de mon ardoise
La pendule siffle plus de trois fois et la gare souffle ses fumées
Que le ponton attache en remorque pour touer le temps
Train qui coupe la montagne d’un cri de gorge
Ouvrant les sabords pour tirer l’étoile du tunnel
Voici le seuil du silence arrête ton geste à la porte
Il n’est plus d’heure juste cet instant
Sans jour ni mois ni an
L’éphéméride cerne l’éternité de l’ennui
Comme tous les chemins d’avance tracés
D’aventure je veux apprendre l’écriture
Avec toi
Avec le vers de tes yeux
Avec les couloirs de tes dents
Avec tes cris fauves
Avec tes frôlements qui forcent le roc à se fendre
Avec tes branches de toutes les essences vêtues
Avec l’antre pour la solitude
Avec les secrets issus des vergers d’où nous venons
Avec les mains qui puisent la force dans les talons de la fuite
Avec les doigts qui cultivent dans l’aride
Avec les fenêtres que la mer garde ouvertes
Avec notre terre qui est aux cieux
Avec les refus de n’être pas
Avec tout ce que je ne te dirai pas des lèvres
Avec tout ce que tu entendras sourdre du silence
Et sans rien d’autre que le bruit de nos convictions
A la greffe du regard
Nous nous respirerons le coeur au rythme de ses danses
Tango
Blues
Salsa
Que nos mains coulissent aux cordes de nos reins rasta
Galbe du râle qui soul comme le cri de la négritude
Allant aux urnes de l’émancipation jeter les fers
A Cadaquès les montres ont molli dans les aiguilles de l’avidité
Tandis qu’un cheval andalou accouchait le soleil

Le coup de corne et la mort triangle
A cinq heures du soir.
Il était juste cinq heures du soir.
Un enfant apporta le blanc linceul
à cinq heures du soir.
Le panier de chaux déjà prêt
à cinq heures du soir.
Et le reste n’était que mort,rien que mort
à cinq heures du soir

Jusqu’au terminus
Pour le changement de gare
Le dernier train
Je lui dirai
De tous les pigments d’où jaillit le sang de l’amour
De l’obstination de vieillir enfance intacte
De ce que la tripe extrait des chaînes de la misère humaine
Je lui peindrai mes mots bleus
Je lui tisserai d’amour chaque fil de ses couleurs
Pour la joie

Niala-Loisobleu
9 Septembre 2015

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https://www.youtube.com/watch?v=cIN8R5eYa3Y

LES YEUX HORS MONDE


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LES YEUX HORS MONDE

Je veux crever ce regard fourbe qui coasse aux aubes prétendues. Tenir du sang chaud aux doigts de l’enfant pour lui montrer l’endroit où le rictus se fabrique. A vouloir ramper dans les longs couloirs des taupinières que ceux qui brandissent des panneaux revendicateurs, apprennent d’abord à voir clair. On a toujours ce et ceux qu’on mérite. Le choix existe, la fatalité est un miroir aux alouettes.

A l’instant présent un passé d’avant-hier me remonte en nausée.

CELLE DES YEUX OUVERTS

la vie joue dans le jardin
avec l’être que je ne fus jamais

et je suis là

danse pensée
sur la corde de mon sourire

et tous disent ça s’est passé et se passe

ça va passer
ça va passer
mon cœur
ouvre la fenêtre

vie
je suis là

ma vie
mon sang seul et transi
percute contre le monde

mais je veux me savoir vivante
mais je ne veux pas parler
de la mort
ni de ses mains étranges.

Alejandra Pizarnik

(Œuvre poétique © Actes Sud 2005, La dernière innocence (1956)

Le couvercle de mes crayons
envolé en couleurs
les maisons se sont embrassées bouche à bouche
entre les dents des horizons suspendus
des figues pleins les doigts

Un aloès en bât d’un âne
montait fort le violet des chardons

La musique s’est libérée des cordes
au frappé des mains de tous les coups de reins
la terre restituait les morts à la vie
ses dents jaunes porteuses d’e.mails

Les temps bourrent

sabre au clair

Niala-Loisobleu
5 Septembre 2015

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https://www.youtube.com/watch?v=QPPbIY9eqpA

ELLE M’A DIT DE LUI CUEILLIR SON COEUR


ELLE M’A DIT DE LUI CUEILLIR SON COEUR

Dans ce déversement de décombres moraux, de pas vrai, plus froid que du faux-de-tout–pour-faire-un-monde-pourri,  à la place de l’océan je me demandais si je ne coulerai pas tout de suite le bateau plutôt que d’en charger un peu plus la barque, mais suis-je une matière à penser, quand on attend de la société qu’elle penche du côté que ça va tomber  dans la poche de l’abuseur public ?

La gueule de papier mâché des rues, leur odeur de chique crachée, le tout dans un regard plus fuyant qu’un circuit piégé, ça porte pas à confusion, eh bien j’avais tout faux, parce que faut mentir, sans quoi rien ici-bas ne passerait pour vrai.

30065756Au bord du rivage, un ton d’iode, pris dans les estompes d’un matin qui aurait gardé le strict nécessaire, la mémoire du soir, tirait doucement une vue différente des autres. Insoumis, je n’avais pas mis pied à taire. L’envie de peindre, est un langage qui n’a pas d’accoutumance au synthétique. Elle se nourrit qu’au vrai nichon, chui là qui tombe hors des bretelles, tout droit dans les mains propres. Sans que la mauvaise idée hypocrite, malsaine, vicelarde, perverse en salisse l’innocence. Cet indéfinissable qui dans les apparences ne trompe pas. Cru, oh plus cru tu peux pas être moins pur.Raison que ça te fait dur. Sauf idées mal placées. L’inspiration ne fait pas de concessions.

L’atelier  ? Mon purgatoire.

Le chevalet de torture présente la virginité où l’union d’un état extraordinaire, hors, avec un spontané réfléchi va célébrer sa grand-messe. Hyménée sans cesse renouvelée. Couleurs d’un accent poétique duquel la transcendance doit sortir. Les sombres des repentis, les terres obscures des salles du cinéma quotidien, brouillards en estompe où les flous en balancent comme à pari mutuel. La forme est présente dans le blanc du lin. Musique que le pinceau va interpréter.

La Muse en décidera.

C’est ventral. L’expression de la tripe. Il faut la vomir avant le tour de chant. Il y a incompatibilité entre l’acte et le semblant. Tout compromis est impossible. Je peindrai autre, ou je ne peindrai pas.

Niala-Loisobleu

3 Septembre 2015