EMY SI JE RANGEAIS


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EMY SI JE RANGEAIS

Le froid nous pousse Verlaine

si je rangeais mes états d’âne

c’f’rait d’la place pour les chants pignons…

Il pleure dans mon coeur

Il pleure dans mon coeur
Comme il pleut sur la ville ;
Quelle est cette langueur
Qui pénètre mon coeur ?

Ô bruit doux de la pluie
Par terre et sur les toits !
Pour un coeur qui s’ennuie,
Ô le chant de la pluie !

Il pleure sans raison
Dans ce coeur qui s’écoeure.
Quoi ! nulle trahison ?…
Ce deuil est sans raison.

C’est bien la pire peine
De ne savoir pourquoi
Sans amour et sans haine
Mon coeur a tant de peine !

Paul Verlaine

Tourne tourne sole

l’hors c’est d’automne

avant que la couleur ne tombe

Emy racle le grand bleu !

Niala-Loisobleu

30 Septembre 2015

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https://www.youtube.com/watch?v=FCgLxgD3zVI

LE RÊVEUR


« Le rêveur a relié le bas et le haut, c’est-à-dire qu’il a décidé de ne plus vivre comme un être abstrait et incorporel, mais d’accepter le corps et le monde de l’instinct, la réalité du problème de la vie et de l’amour, et d’agir en conséquence. […] L’individuation, le devenir soi, n’est pas seulement un problème spirituel : c’est le problème de la vie en général. »

Jung (Psychologie et alchimie, page 162)
Art : Robert Dye

Photo de psychanalyse jungienne.

ETAT DES LIEUX 1


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ETAT DES LIEUX 1

« Il est souvent tragique de voir à quel point d’évidence un homme gâche sa propre vie et celle des autres sans pouvoir, pour rien au monde, discerner dans quelle mesure toute la tragédie vient de lui-même et se trouve sans cesse alimentée et entretenue par lui même.»

Jung

LA NUIT TALISMANIQUE QUI BRILLAIT DANS SON CERCLE


LA NUIT TALISMANIQUE QUI BRILLAIT DANS SON CERCLE

Nous n’avons pas plus de pouvoir s’attardant sur les décisions de notre vie que nous n’en possédons sur nos rêves à travers notre sommeil. À peine plus. Réalité quasi sans choix, assaillante, assaillie, qui exténuée se dépose, puis se dresse, se veut fruit de chaos et de soin offert à notre oscillation. Caravane délectable. Ainsi va-t-on.

Soudain nous surprend l’ordre de halte et le signal d’obliquer. C’est l’ouvrage.

Comment ramener au liseron du souffle l’hémorragie indescriptible ? Vaine question, même si un tel ascendant avait eu son heure dans nos maisons dissimulées. Il n’est pire simplicité que celle qui nous oblige à chercher refuge. Pourtant la terre où nous désirons n’est pas la terre qui nous enfouit. Le marteau qui l’affirme n’a pas le coup crépusculaire. Ô mon avoir-fantôme, qu’ils se couchent et qu’ils dorment ; la chouette les initiera ! Et maintenant, c’est moi qui vais t’habiller, mon amour.

Nous marcherons, nous marcherons, nous exerçant encore à une borne injustifiable à distance heureuse de nous. Nos traces prennent langue.

René Char

Tableaux Années 80 022

MAINS TENANT 2


MAINS TENANT 2

Qu’est-ce à dire d’ici

sI non de rien  ?

Sinon quoi…

Toute

battante et sanguine

Le retour à l’androgyne

s’impose pour recouvrer l’usage des quatre membres noués

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L’âme soeur

est d’une seule tête

à doubler

en un choeur

d’un seul tronc de toutes essences

d’une m’aime racine persistante de feuilles murmurantes

A force de vouloir tes yeux comme regard à plonger

ta langue comme palais à gouter

tes seins aux miens tétonnés désevrés

ton ventre germe unique de mes semences sismiques

Plus d’erre aux marées basses

equinocci

automne-printemps

passant l’équateur

jours égaux aux nuits

pour se tremper les mollets dans l’identique aurore

jusqu’au ventre de la nuit

jardin des toiles

Ton humide à mon sec

mon araire à ta glèbe

cheveux tipi

au coeur de notre feu yourte

Hennissements des steppes sauvages

Niala-Loisobleu

23 Septembre 2015

CORPS ET BIEN


CORPS ET BIENS

Un matin le rouge-gorge d’un noir corbeau a teinté l’eau du caniveau. Décroché de l’heure, son chant tombé à l’eau s’en est remis aux dérives. Quel vent soudain peut pousser la porte à la place du coq ? Mais, avons-nous les moyens de répondre, les questions en arrivent à se le demander. Noir dilemme. Un marchand de fenêtres, rencontré au hasard d’un bal masqué, un soir de nouvelle lune, me confia ses doutes en partie branchés sur la lumière dans la couleur du tant. Je pensais avoir trouvé un essayiste avisé de qui je trouverai de quoi avancer sur ce sujet passionnant. Hélas, malgré mes efforts, ne compris pas où il comptait en venir. Le pauvre, en plus d’être bègue, avait perdu l’usage de ses deux membres supérieurs suite à l’abus d’une pratique onaniste de l’inférieur. Constater qu’on a de plus en plus affaire à des branleurs pose quand m’aime la question de font trois p’tits tours et puis s’en vont. Je laissais le quidam opiner, je le quittai et m’en vînt à profiter d’une solitude sous les étoiles pour mesurer l’infinité des possibles.

Janelle McKain - Unravel Me

Quand la rage venant je sors écouter la musique du vent, je peins, là nu comme je suis constamment, les neurones au placard pour pas connaître la non-végétation transcendantale du bulbe. Mes regards entrent dans des lieux déconventionnés. Tu te demandes pas où on est, Toi qui m’y retrouves, dans le même appareil. On se mange sans s’arracher de l’arbre, sans lire les petites lettres de notre composition génétique. L’âme-soeur s’étant reconnue. A l’époque, ailleurs que dans un macdo de rencontres, ni dans les foires au vain. Nous buvons à la pluie ce que les nuages dévalent. Sans dégazage. Cette clairière au centre de ton front, j’aime y asseoir mes yeux. Un endroit où ton coeur bat plus fort que le mental. Comme si ton cul n’était pas mis à prix sur un marché aux esclaves. On en parle souvent de ce qui n’esr jamais dit. Histoire de poésie qui mélange pas les gros maux avec les bonnes lettres qui s’apprennent pas dans les écoles. Plutôt aux zones de l’humanité, bords de misère, d’indifférence et d’usage manuel de ses capacités. Tiens laissons-les nos mains, qu’elles gravent le noir en bleu  

Niala-Loisobleu

22 Septembre 2015


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L’HOMME QUI SORT EN RENTRANT…

Du tant périmé où les trains sifflaient

comme les sept-nains

reste-t-il de l’embauche pour un vrai travail sur soi-même

Voyageur allant nulle part
Partant de gares vides
En voies de garage
Triage impossible
L’aiguillage est grippé.
Ah ah ah
Je suis l’étreint fantôme
D’une gare abandonnée
Disait l’homme égaré
Qui suis-je , où vais-je, où cours-je ?

Termes minus

Prend un billet pour toi même
Et voyage -toi
Genre tour-opère à torts
Déménage
Habite-toi
Tiens écoute Loiso te parler de son pote
Walt Whitman
Un barbu qu’en avait dans la moustache
Lis tout
Jusqu’au bout
De ton intérieur…fenêtres ouvertes du bon côté

Niala-Loisobleu

14 Septembre 2015

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WALT WHITMAN

Whitman naquit le 31 mai 1819, près de Huntington dans l’État de New York, au coeur de Long Island; il était le second enfant d’une famille qui en comptait neuf. Alors qu’il avait quatre ans, ses parents déménagèrent à Brooklyn, où il devint apprenti chez un typographe. Il partit, ensuite à New York pour exercer sa profession, mais revint à Long Island en 1835 afin d’enseigner dans des écoles de campagne.
De 1838 à 1839, il édita à Huntington un journal intitulé le Long Islander. Poussé par l’ennui, il retourna à New York, reprit ses activités de typographe et de journaliste, et fréquenta assidûment l’opéra, le théâtre et les bibliothèques. Il écrivit à cette époque des poèmes sans grande originalité et des récits destinés à des magazines populaires. Il rédigea aussi des discours politiques pour les démocrates du Tammany Hall, qui le remercièrent en le nommant rédacteur en chef de plusieurs journaux éphémères. Après un séjour à la Nouvelle-Orléans, en Louisiane, il revint à Brooklyn où il essaya de créer un journal pour le parti qu’il avait défendu, puis exerça différents métiers avant de se consacrer à l’écriture de la poésie.
En 1855, Whitman publia la première édition de Feuilles d’herbe, un recueil de poésie dont la versification était tout à fait inédite. Cet ouvrage, bien différent des poèmes d’amour en vers rimés qu’il avait composés dans les années 1940, chantait sans retenue le corps humain et glorifiait les sens; il ne trouva pas d’éditeur et Whitman dut publier l’ouvrage à ses frais. Si le recueil était anonyme, en revanche le frontispice représentait la silhouette du poète en pied, les poings sur les hanches, en bras de chemise, le chapeau incliné sur le coin de l’oeil. Whitman avait également composé une longue préface dans laquelle il annonçait l’avènement d’une littérature démocratique « à la mesure de son peuple », simple et invincible, écrite par un poète d’un genre nouveau à la fois tendre, fort et héroïque, et qui s’imposerait par la force et le magnétisme de sa personnalité. Whitman passa d’ailleurs le reste de sa vie à s’efforcer de devenir ce poète dont il avait clamé les vertus.
L’édition de 1855 de Feuilles d’herbe contenait douze poèmes sans titre, écrits en longs vers cadencés. Le plus beau d’entre tous, que le poète intitula par la suite Chant de moi-même (Song of Myself), consiste en une vision d’un « moi » symbolique, ravi par les sens et embrassant indirectement toute l’humanité et tous les lieux, de l’océan Pacifique à l’océan Atlantique. Le poème désigné par le titre Ils dorment (The Sleepers) est également un élan visionnaire, symbolisant la vie, la mort et la renaissance. Après cette première publication, Whitman reçut une lettre de félicitations de l’illustre essayiste et poète Ralph Waldo Emerson, ce qui le poussa à publier à la hâte une nouvelle édition de Feuilles d’herbe (1856). Cette édition, revue et corrigée mais également amplifiée, allait être suivie de nombreuses autres. Whitman tentait, dans le poème intitulé Sur le bac de Brooklyn (Crossing Brooklyn Ferry), de communier avec tous ses lecteurs et avec tous ceux qui empruntaient ou allaient emprunter le bac. Dans la troisième édition, établie en 1860, il donna à sa poésie une forme plus allégorique. C’est ainsi que dans Venant du berceau perpétuellement bercé (Out of the Cradle Endlessly Rocking), un oiseau moqueur, qui incarne la voix de la nature, révèle la signification de la mort à un petit garçon, futur poète. On retrouve dans la musicalité de ce poème l’influence de l’opéra italien, que Whitman appréciait particulièrement. Le recueil était enrichi de deux nouvelles séries de poèmes: Enfants d’Adam (Children of Adam) et Calamus dans lesquelles le poète évoque l’amour charnel et homosexuel. (Calamus relaterait une liaison homosexuelle de l’auteur). Un volume de poèmes intitulé Roulements de tambour (Drum-Taps), d’abord publié en 1865 et ajouté à l’édition de 1867, reflète la profonde compréhension qu’avait Whitman de la guerre de Sécession ainsi que son espoir de voir se réconcilier les belligérants. Parut ensuite l’Embarquement pour l’Inde (Passage to India, 1871) qui traduit, à partir du symbolisme associé aux moyens de communication et de transport modernes, sa vision transcendante de l’union, non seulement de l’Occident avec l’Orient, mais aussi de l’âme avec Dieu. En 1881, Whitman publia une nouvelle édition qui lui convenait presque parfaitement, ce qui ne l’empêcha pas d’ajouter encore de nouveaux poèmes, qui apparaissent dans la version finale parue de 1892. Une série de poèmes intitulée Old Age Echoes fut également publiée, à titre posthume, en 1897.
Tous les poèmes de Whitman ont ensuite été réunis dans une édition définitive établie en 1965. Pendant la guerre de Sécession, Whitman travailla comme infirmier dans les hôpitaux de l’armée de l’Union, à Washington. À la fin du conflit, il resta dans cette ville, avec un emploi de fonctionnaire d’État. Cependant, en 1873, il fut atteint d’une attaque d’apoplexie et il préféra aller vivre chez son frère à Camden dans le New Jersey où il resta jusqu’en 1884. Après quoi, il acheta une maison, où il se consacra à l’écriture et à la révision de Feuilles d’herbe jusqu’à sa mort, le 26 mars 1892. Pendant ses dernières années, il avait également composé divers essais, rassemblés dans Perspectives démocratiques (1871), une oeuvre qui constitue désormais un texte de référence sur les fondements théoriques de la démocratie et sur la légitimité du régime politique établi sous ce nom aux États-Unis. C’est aussi à cette époque qu’il rédigea Jours exemplaires (1882-1883), un ouvrage où figurent aussi bien ses souvenirs, des récits sur les années de guerre et l’assassinat de Lincoln, que des notes sur la nature.
De nos jours, la poésie de Whitman a été traduite dans la plupart des langues et de nombreux érudits étudient la valeur et la portée de son oeuvre. On s’accorde désormais à reconnaître l’influence qu’il exerça sur des auteurs comme Hart Crane, William Carlos Williams, Wallace Stevens et Allen Ginsberg, ce dernier ayant été particulièrement marqué par la liberté de ton avec laquelle Whitman évoquait la sexualité. L’édition en cinq volumes de la correspondance de Whitman (1961-1969) ainsi que l’édition définitive en seize volumes de ses Collected Writings (1963-1980) ont permis d’approfondir la connaissance de sa pensée et de son oeuvre.
Référence:Whitman, Walt, Encyclopédie Microsoft® Encarta® 2000. © 1993-1999 Microsoft Corporation. Tous droits réservés.
Je chante le soi-même

Je chante le soi-même, une simple personne séparée,
Pourtant je prononce le mot démocratique, le mot En Masse,
C’est de la physiologie du haut en bas, que je chante,
La physionomie seule, le cerveau seul, ce n’est pas digne de la Muse;
je dis que l’Ëtre complet en est bien plus digne.
C’est le féminin à l’égal du mâle que je chante,
C’est la vie, incommensurable en passion, ressort et puissance,
Pleine de joie, mise en oeuvre par des lois divines pour la plus libre action,
C’est l’Homme Moderne que je chante.

Walt Whitman, Feuilles d’herbes (Traduction de Jules Laforgue)

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https://www.youtube.com/watch?v=H6mfWun73vI&list=RDMMVl3k5cwQ94Y&index=9

CONTRE BASSE ET MAREES


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CONTRE BASSE ET MAREES

Un ciel embrumé portique au chapiteau

tous feux éteints

Des zèles noirs tombent des anneaux d’un tant a vouloir ressauter du vide

Les cordes en trapèze

étreignent le bois de toute la force de leurs cuisses

Il faut sauter

s’ôter

oh oui

s’ôter de l’habitude

trouver la clef de la porte à pas se gourer de couloir

Le sol lui y s’en fout de la clef, l’enfant en connaît bien le pène, il sort des grands naturellement. Il en a marre de leurs questions perpétuelles. Est-ce pourquoi, est-ce pour si, ah non pas ça, je t’interdis, reviens ici…Ici c’est la plage que l’ô fuit, le chevalet vide, l’oiseau qui est déplumé de toutes ses couleurs, un doré sur cage à étioler l’étonnement, à perdre l’émotion , la celle qu’on maquille pas en château de sable pour se faire un cinéma qu’à rien du Paradisio

Au plus fort de sa peine

l’enfant y sauve le Beau en premier

la petite fille m’a dit

« Mon Pépère quand il a perdu ma Mémère

j’ai pas caché mes baisers

je lui ai donné en le serrant de cet amour qu’elle m’a appris pour toujours

Elle

Elle est là dans mes dessins »

Assis sur le pavé mosaïque de l’horizon

l’enfant et moi, on a tiré la première vague

celle qui redonne au peintre

le pigment de l’amour

qu’une vague scélérate peut guetter

Niala-Loisobleu

13 Septembre 2015

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https://www.youtube.com/watch?v=Vl3k5cwQ94Y

MAINS TENANT


MAINS TENANT

Parce que l’heur c’est pas l’heurt

et que …

Ce Bleu N’est Pas le Nôtre

Nous étions à la minute de l’ultime distinction.

Il fallut rapatrier le couteau.
Et l’incarnat analogique.

Peu auront su regarder la terre sur laquelle ils vivaient et la tutoyer en baissant les yeux.
Terre d’oubli, terre prochaine, dont on s’éprend avec effroi.
Et l’effroi est passé…

À chacun son sablier pour en finir avec le sablier.
Continuer à ruisseler dans l’aveuglement.

Qui délivrera le message n’aura pas d’identité.
Il n’oppressera pas.

Modeler dans l’apocalypse, n’est-ce pas ce que nous faisons chaque nuit sur un visage acharné à mourir ?

Un outil dont notre main privée de mémoire découvrirait à tout instant le bienfait, n’envieillirait pas, conserverait intacte la main.

Alors disparurent dans la brume les hommes au petit sac.

René Char

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Mains Tenant 1 – Niala – 2015 – Acrylique s/toile 55×46

Et vînt l’heure

de sortir au soleil

ce que des circonstances avaient classé endives

Il est un monde connu impossible à refaire

trop ce n’est pas trop

c’est simplement pas le bon choix pris en parti

Il n’est plus question d’amour ici bas

on aime que les masques à rade

Tricher c’est jouer gagnant

Le tant ne m’est pas yeux tournés au ciel

mais si, mais si

Messie

c’est farce et attrapes

Hâlons, hâlons

tirons l’ailleurs à nous

Toi qui te reconnaîtras

« tu deviens visible à la place où je disparais »

Saches-le

J’ai pas l’odeur de sainteté

juste mes pores où accoster

Mauvais comme une cause qui se refuse à adhérer papier gommé

Bon comme un épi qui se rebelle à l’engrais

et plus moche qu’un époux vantail de complaisance

J’irai à nouveau d’une nouvelle série que chui-ci commence

tout de Toi mon Coeur

 né de ce bleu qui n’en finit pas

à tenir parole

aussi pugnace que moi…

Niala-Loisobleu

11 Septembre 2015

JE LUI DIRAI


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JE LUI DIRAI…

Wateman

sanguine bâton de craie
Au cadran de mon ardoise
La pendule siffle plus de trois fois et la gare souffle ses fumées
Que le ponton attache en remorque pour touer le temps
Train qui coupe la montagne d’un cri de gorge
Ouvrant les sabords pour tirer l’étoile du tunnel
Voici le seuil du silence arrête ton geste à la porte
Il n’est plus d’heure juste cet instant
Sans jour ni mois ni an
L’éphéméride cerne l’éternité de l’ennui
Comme tous les chemins d’avance tracés
D’aventure je veux apprendre l’écriture
Avec toi
Avec le vers de tes yeux
Avec les couloirs de tes dents
Avec tes cris fauves
Avec tes frôlements qui forcent le roc à se fendre
Avec tes branches de toutes les essences vêtues
Avec l’antre pour la solitude
Avec les secrets issus des vergers d’où nous venons
Avec les mains qui puisent la force dans les talons de la fuite
Avec les doigts qui cultivent dans l’aride
Avec les fenêtres que la mer garde ouvertes
Avec notre terre qui est aux cieux
Avec les refus de n’être pas
Avec tout ce que je ne te dirai pas des lèvres
Avec tout ce que tu entendras sourdre du silence
Et sans rien d’autre que le bruit de nos convictions
A la greffe du regard
Nous nous respirerons le coeur au rythme de ses danses
Tango
Blues
Salsa
Que nos mains coulissent aux cordes de nos reins rasta
Galbe du râle qui soul comme le cri de la négritude
Allant aux urnes de l’émancipation jeter les fers
A Cadaquès les montres ont molli dans les aiguilles de l’avidité
Tandis qu’un cheval andalou accouchait le soleil

Le coup de corne et la mort triangle
A cinq heures du soir.
Il était juste cinq heures du soir.
Un enfant apporta le blanc linceul
à cinq heures du soir.
Le panier de chaux déjà prêt
à cinq heures du soir.
Et le reste n’était que mort,rien que mort
à cinq heures du soir

Jusqu’au terminus
Pour le changement de gare
Le dernier train
Je lui dirai
De tous les pigments d’où jaillit le sang de l’amour
De l’obstination de vieillir enfance intacte
De ce que la tripe extrait des chaînes de la misère humaine
Je lui peindrai mes mots bleus
Je lui tisserai d’amour chaque fil de ses couleurs
Pour la joie

Niala-Loisobleu
9 Septembre 2015

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https://www.youtube.com/watch?v=cIN8R5eYa3Y