Je voeux



Rose matinal la mer a lissé ses algues d’un bleu que les aciers des coques fendront à l’envie. Aussi loin que l’oeil peut courir, rien de rauque ne laisse entrevoir le plus petit signe d’alerte.
Pas de toux, pas de toux, chantait du tronc, un oiseau couleur de rêves pêchés toute la nuit.
La douceur est à l’étale, attendant quelque chose pour la remonter. Il doit bien rester un cabestan à louer quelque part.. La brume entre ciel et terre, ne laissera sur le chemin grimpant entre les vignes que la vue de quelques vieux ceps tenantnt droits sur les épis d’une tignasse d’arbres. Là est le bois, ici le vélo. Entre les deux l’attente penche du côté où de l’autre. La mer laisse venir le sel. Si le vent porte, le bagage contiendra le nécessaire à changer le peu crevé.
Les marins savent que la mer est plus inquiétante lorsque pas un seul mouvement d’ailes bouge. Avant l’orage sur l’eau l’ondulation des vagues se défrise brusquement, les goélands semblent scotchés sous les nuages, et un tampon ouateux bouffe le moindre bruit dans un silence verrouillé.
Pendant ce temps là, le littoral continuera à se la jouer qui veut gagner des millions, plus préoccupé par la côte des actions en bourse que par le geste qui donne gratuitement un sens humaniste à notre présence. Un jour en somme comme parmi n’importe quel autre.
Accroché aux filets lumineux des bleus, sans doute irai-je d’un rocher à l’autre, sans faire remarquer ma présence. L’atelier a des odeurs du monde. Elles se sont trouvées l’endroit où se poser. Pour la partie animée, des voix chaudes se baladent dans les pas que je puis faire en soliloquant. A la hauteur suffisante du soleil, les petits lapins du voisinage sortiront de leurs terriers le musc de la journée. L’ambiance se tournera à la rencontre de ce qui se découvre, sans bruit, sans foule, à la fenêtre de son désir personnel d’échappée. Le tableau un peu fatigué d’avoir beaucoup dansé, pourra s’asseoir et laisser ses larmes prendre les étiers de ses joues. La cabane les versera dans un fond de saumure afin d’en retenir le meilleur.
Niala-Loisobleu
22 Mars 2016

Plus d’attitudes que d’heures au fil d’un désarroi permanent harassent le cheval tirant le sillon droit.Où semer ? Quand le vent éparpille le geste créatif. Quoi récolter ? Quand le bon grain tombe au coeur de la gangrène. Les arbres ne meurent que du geste létal des avorteurs traceurs de routes, êtres sans parole qui ne vont qu’en leur dérive déforester l’ozone . Paraître n’est en somme qu’un sempiternel vouloir se tromper soi-même en abusant les autres. Les mal-aimés ne voient que la mauvaise image d’un coupable tout trouvé pour tisser la calomnie perfide qui devrait, dans leur dessein fielleux, les rendre beaux par l’attribution du rôle de la victime. Pitoyable imposture. Un jour l’abus perce l’abcès, tout seul. Par la justice immanente, sélection du tri naturel.. Le trompeur devient trompé. Celui, « le coupable’ à qui on fait porter le chapeau, sans qu’il le sache ni l’apprenne, apparaît tête nue « innocent ». Plus blanc de vérité que jamais on ne l’aurait cru, si…
Si on ne l’avait pas pris pour bouc émissaire…
Niala-Loisobleu – 15/03/16

Ma destination
Nul autre bruit
ne montre
la moindre idée d’un trouble
Mon coeur
pourquoi irait-il regarder au dehors
il sait que le feu quand il brûle
n’éteint que les forêts sans voies
des trains taris d’ô
Au bois flotté
blanchi par le sel
il s’en remet
aucun hasard
allongé clair
sur fond noir
de la ligne
d’horizon bleu
tracé à son cap
Niala-Loisobleu
8 Février 2016

Affranchissement
Ex-voto
Tordu par la force
un cri d’olivier
sort d’une saignée du trop berné
l’âme kidnappée par un désert humain
se dévoie d’un m’aime espoir à deux voies
Happé d’un tel vertige
qui fracasse
rebondit
ricoche
décoche
S’affranchissant de l’esclavage
les nuits blanches ne seront plus comptées
sorties de leur mensonge par l’énergie d’un sommeil actif
bercé
apaisé
la force
qui manquait à l’homme écorché
S’arracher à la vague scélérate
pour l’éveil à la marée montante
remis à l’eau
rompant la béquille
flotter debout hors du ventre stérile
face au large
La chandelle des messes noires s’est éteinte
le feu de la cheminée d’un Dimanche franchi par la Porte-Basse
monte, monte, monte
sur la falaise où rien de ceux naufrageurs ne brille
Seul l’Amour porte à traverser Libre
Niala-Loisobleu
29 Février 2016


Mon parapluie, la grisaille et Toi mon Soleil
Appuyé d’un coude
au bas de la porte
il garde le soleil
Alain t’es rieur
Mon parapluie
couché
en chien de fusil
prêt à tirer sur le gris
Sur la toile
les baleines
ont rejoint les jardins
de mon Amour !
Ce matin j’ai parlé de mon père à ‘vy. Une autre histoire d’eau, velin, 100% cellulose, pur extrait des sens exotiques de bois flotté. Tu vois mon Coeur que rien ne meurt qu’en plutôt, que vouloir faire d’ici un matin-truc n’ayant plus rien d’uni vers, on reste dans l’arbre en se foutant pas du l’hier qui nous a enfermés dedans. Des secousses pendulaires tagada tsoin tsoin c’est loin de Pi et de l’odyssée. Entends-tu le tigre ? Voici que la couleur doucement remonte à la nage des brumes que les marées se servent pour certains estrans. Je peins pas mon Coeur, je te cause mots d’amour en te mettant le prochain en chemin.
Niala-Loisobleu
24 Février 2016

(En photo : Etudes en cours pour le 7° Aux Jardins de mon Amour)
BRAS TENDUS VERS LE HAUT
C’est ainsi que tout arbre pousse. M’aime quand le vent d’un manque de souffle le plie
Croire que la tempête dresse
Doit juste servir à montrer la berne du faîte
La canopée n’a d’autre ton que le vers
Bras tendus vers le haut nous ramassions tous les rebuts du ciel
Nuages troués
Étoiles pétrifiées de la taille d’un caillou
Et parfois un ange élevé au grain que la mère plumait pour la fête
Les larmes de la mère n’étaient pas dues à la honte ni à la désapprobation des voisins
la mère pleurait le plein d’une bassine pour laver nos pieds prêts à s’échapper
nous étions plus grands que la maison
les cils des filles atteignaient la cime des arbres
les garçons partageaient la volubilité du lierre et sa capacité à enjamber la haie
Maudits les murs qui ne savent pas retenir les enfants…
Vénus Khoury-Ghata (Bras tendus vers le haut)
Lorsque la pierre roula au bas du levier, l’enfant à la blondeur bleue eut un long cri que la peinture repris en écho des branches aux voix mortes. On vit une éclipse se saisir du burin pour griffer la dalle.
-Tape au fond, tape au fond, dit-elle au maillet, de mes yeux sortira l’acide des grandes douleurs pour l’eau-forte
Gravés les dix doigts s’imprégnèrent dans la vibration de la roue. De la presse une litho mit un long baiser au parchemin.
De la paume de l’arbre on entendit monter le premier vagissement de la Vie
Niala-Loisobleu
23 Février 2016




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