LA MEMOIRE DE L’ARBRE


LA MEMOIRE DE L’ARBRE

Assis sur les feuilles de l’arbre-papier, la longueur du temps

permet de retrouver quelques marques

laissées par l’encre amarrée aux quais des pages

Les feuilles plus ou moins larges, l’oeil aux carreaux

tournent ligne après ligne l’écrit impassible

qui se dépouille du sens tapis dans la marge

pour révéler sa mue à la terre retournée,

sans que la vieille peau ait le démodé lié au vernis du paraître

J’entends le bruit singulier de la roue tournant les images,

ce son de rouet qui file au métier, les mailles de l’aiguillage

où nos trains prennent de nouveaux wagons, étrangement parents d’essieux

Passent alternativement les masques et la nudité;

le chaud, le froid, l’humide et le sec

qui se scellent à la rose des vents

avec leurs os longs de lieues,

leurs omoplates auto-claviculées de gués

leurs vertèbres posant la fondation de la verticale,

pour que les épaules trapèzent les jetées du cou

Arbre aux yeux rotatifs palmés d’oie où ondulent les rides du sablier

des hanches des dunes à l’écume des soifs

en autant d’ailes que d’îles

archipel d’oasiens refuges

J’éprouve sa ténébreuse intempérie

halte d’étape hivernale

devant l’âtre d’une brûlante nostalgie

qui envoie au plafond ses éclats animés de lumière

dans des déhanchements de bals champêtres

bornés d’odeurs d’herbe remuée

Il faudra reparaître sorti des brumes

dégluti de la stase

dans la terre humide

que le soleil ouvre de son soc

pour donner son salut fraternel, bleu branchu

au profil harmonieux porteur de tous les fruits

Loisobleu

2 Décembre 2013

Les années passent, le livre épaissit, la situation est toujours plus nette vue de mon balcon. Quelque chose a levé qui pousse, face à un quotidien rude et aride. L’indifférence est un soufflet pour les la forge de l’amour. Les épreuves font le voyage initiatique de ma vie. Qui, je pense à une éternité, au départ je suis parti d’autres, quand je poserai la cane, j’aurai ouvert la route à la suite humaine. Que mes rubans flottent aux branches de la mémoire de l’arbre !

Niala-Loisobleu – 22/04/16

 

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BAL MUSETTE


BAL MUSETTE

Par la rue

d’un soir à musique

grimpent les marches d’un souvenir

Néons

la boule au plafond enseigne

Bouffées de rires

entre les nacres

l’accordéon expire ses seins

du décolleté

à la renverse

ça serre à reins que crever

de se retenir

au port de l’amour

sans embarquer

Niala-Loisobleu – 20/04/16

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LA PÊCHE A L’HALEINE


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LA PÊCHE A L’HALEINE

 

Laisse tes doigts s’humecter à la salive de la vitre

du vent qui pousse au jardin les jalousies baissent leurs paupières

ne regarde pas le sens du clocher, qu’aurions-nous à faire d’une procession

juste un mouvement d’ailes

doit te dire que le nid ne se construit pas aux girouettes

Où est l’oeuf

se dresse la prochaine pierre qui nage de ses propres élans

Un fil

C’est le pont sur lequel nous traversons notre vie

Niala-Loisobleu – 19/04/16

 

Le Matin Recomposé


Le Matin Recomposé

Il allait d’un couloir à l’autre

trop de jours d’errance

et toujours à longer le taire

La lame roulée sur elle-même

tranche des nageoires

la nuit noire d’une sécheresse

en séparant d’un coup vigoureux

les deux rideaux de la scène

Au lustre levé

rugissent les écailles

d’un pastel allumé

le phare rapproche de la voix chaude

du baiser

 Scintillements d’une aube engendrée

Que d’étocs

que de vagues scélérates

On ne navigue pas hauturier

sans l’épreuve d’un passage initiatique

La coque ligne de flottaison effacée

est empreinte

de marques de peinture primitive

venues des doigts selon le rite né de la gangue

pour tracer le chemin à prendre

Qui se vanterait d’en savoir parler

verrait le venin lui monter à la langue

 Le pays où Brocéliande

aurait tenu des rondeurs de table

et chevaleresques quêtes

y repose à jamais comme éteint de cette course là

Par les remuements

puis avec la douleur des mauvais courants

la cabane

hier me montrait l’à vif

d’un manque accompli

Je ne suis rien qu’un homme

et je ne m’appelle pas

Merlin

ce qui m’abstrait au premier chef

de toute annonce à effet immédiat

C’est la face triste de la montagne

Celle que les marchands de cartes postales photographient

retouches ajoutées

en ignorant l’autre

Celle qui a le plus de ressemblance avec la vie

un merveilleux lieu merdique

où l’eden se construit soi-m’aime

avec les paumes

et d’autres serpents que ceux chantés dans les psaumes

Le mur percé d’un Matin Recomposé

 dit :

Merci Lumière je te vois bien là revenue

sans peaux mortes du jour d’un vieil anniversaire englouti

renaissance bien irriguée de poétique réalité charnelle

Niala-Loisobleu – 16/04/16

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JE CHANTE LE SOI-MÊME


JE CHANTE LE SOI-MÊME

Je chante le soi-même, une simple personne séparée,

Pourtant je prononce le mot démocratique, le mot En Masse,

C’est de la physiologie du haut en bas, que je chante,

La physionomie seule, le cerveau seul, ce n’est pas digne de la Muse;

je dis que l’Ëtre complet en est bien plus digne.

C’est le féminin à l’égal du mâle que je chante,

C’est la vie, incommensurable en passion, ressort et puissance,

Pleine de joie, mise en oeuvre par des lois divines pour la plus libre action,

C’est l’Homme Moderne que je chante.

Walt Whitman

(Extrait de Feuilles d’herbes)

Erailleur de fibres le rabot de ma passion fait la planche aux bordées de l’esquif,

l’eau ne monte que par sa proximale humidité, à la ligne, l’herminette taille,

les crayons de mes desseins qu’estompent une ombre d’herbe, d’odeurs des lins bleus.

Des crissements calcaires sortis des coquillages vont à l’avance de mes pas, entre sel et iode, un bruit d’elle se pose au tympan de l’étape romane. La gourde balance au dos du sac.

Les calques ont superposé les images d’un diaporama de circonstances, cortège de pensées décousues, ne tenant que par le fil d’une volonté pugnace.

Je peins des frontières ouvertes à la démarcation du destin, c’est de l’utopie qui construit l’oeuvre, les peintures noires sont dévorées par

Saturne à la Fête de la Sardine,

les cheveux de ta nuque coiffent les lèvres ouvertes de mes champs.

A mon poignet tu bats les fléaux de nos moissons, quelques chevaux resteront sauvages pour que les charrettes ne quittent pas le stationnement, d’autres que nous se mettrons au licou.

Tu es la vie, la lutte, l’injustice nous environne, ce n’est que par le coeur que je te serai digne, j’ignore quelle cavité de toi je méconnais, tu es l’intérieur de mon germe, le côté où le soleil se lève.

Je te peins sans lassitude ma Muse.

Niala-Loisobleu

15/04/16

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Comme une pensée sur un fil entre les quat’z’yeux où tout s’accroche


Comme une pensée

sur un fil entre les quat’z’yeux où tout s’accroche

Chants noués

au bout d’un bâton de marche

qu’est-ce que ça peut sentir bon

le canal du fossé

où le

Bon Dimanche

échelle à poissons

écluse les barrages

pour cueillir

le nouveau matin que la fenêtre vient d’ouvrir

au son d’un roucoule de tourterelles

Du doigt se mouiller le sein des larmes libérées

fier de savoir ce que signifie pleurer

Encre sur le seuil de la page vierge

la cabane à marée haute

reste toujours un tableau à peindre au bout de son espoir

de Bon Dimanche

d’humanité retrouvée

Niala-Loisobleu – 10/04/16

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Parvenu au seuil…Qu’à celà…J’y repense


 

 

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Parvenu au seuil…

Qu’à cela… j’y repense,

A porter mes semelles de vent

visionnaire d’une ouverture avenir

qu’à cela… j’y repense

Quoi que la vitrine du marchand de jouets propose

en promo scion pour écussonner les forêts uniformes des balcons

Comme d’un pétrin on sort la patte

l’autre croissant sent déjà deux mains

dorées au fourre à peint

Qu’à cela…j’y repense

un jardin de fleurs

du lit où tu t’écoules

va bien mieux aux draps bleus qu’un carré de navets roses

On a fait les écoles où l’on choisit pas ses parents,

heureusement que derrière les murs commencent les portes

de nos dessins de bonshommes au nez rouge

à gros ventre sur membres de file de faire.

Qu’à cela..j’y repense

en regardant sous la jupe de ta cheminée

mes sabots se remplir des volutes de ton corps endormi

Les pierres parlent si bien du silence,

que, sur elles, fonder une cabane

traverse assurément plus loin les mornes plaines

que des embarcadère à l’amarre

Et puis il y a toutes les couleurs de ton coquillage,

quand il baille aux marées

son alène à basculer

le pas feutré des grands fauves allant au point d’ô

Voici le Seuil venu

prépare le à ras au cri de la jument

des talons soleil levant.

Qu’à cela..j’y repense

au point de faire le tour des roulotes, ornières après nids-de-poules

détachant les crocs des chiens pour que ricochent les aboiements

tout au long du long des Indes et autres déserts gitans

plantés de cithares et de guitares manouches.

Qu’à cela..j’y repense

Mon cahier neuf grand ouvert sur l’encre levée

des mots d’amour en corps à apprendre.

Qu’à cela..j’y repense
Niala-Loisobleu – 09/04/16

 

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Le Seuil

Le couloir au pied des marches
marque un temps d’arrêt
De la grande armoire ouverte
des coins de rues balancent la boîte à musique, cartons perforés des grandes orgues, mariage, ah si c’était à refaire, putain de barbarie
Un après
l’autre le vagissement d’un enfant
Du bonheur en fossettes ça vous chavire charivari
ça c’était avant que la mariée soit en noir
Puis un palier ça monte
pour la pêche à pieds
grandes marées
sur les dunes Monsieur de de la palisse retient les oyats
aïe ça pique en corps
Traîne l’haveneau P’tit-Mousse, t’auras de la rose si tu vas au bouquet
mais faut racler dur dur, le goémon pour démazouter le pore du lisier sans oublier le reste qu’a fait la pas bonne identité, papiers culs, papiers mâchés
Elle
elle est toute seule, au milieu des autres qu’est voit ou pas
les borgnes et les devins, les coupables et les innocents, les qui la trouve grosse et conne et la différence de l’amour de l’âme avant le corps, les qui lui bouche tous les orifices de la ligne d’horizon et puis
y a les mils pile en calebasse outre mer, cabane au contraire cas nada
Un soleil gros comme un creux plein
ô la vie putain
c’est tout sauf juste
Les trop pics du camp serrent à faire oedème, à moi j’étouffe
va falloir passer où se laisser couler
Le Seuil
c’est mains tenant la clarinette tire sur la hanche !
 
Niala-Loisobleu – 08/04/16
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Qu’on me laisse le peindre ce lieu d’absolu je n’ai que mes mains d’apprenti pour apprendre la Vérité du silence !


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Qu’on me laisse le peindre ce lieu d’absolu

je n’ai que mes mains d’apprenti pour apprendre la Vérité du silence !
D’un Bleu mal imité
refaire
l’entrée du vrai Soleil
Puis le poser sur l’appui de la fenêtre qui va de l’arbre
à la branche du labour en plaine odeur montée de la rosée
Ouvrir l’huis sans rideau
puisque les voisins ne sont que sentes menant à la clairière
trouées animales
fourrés allumés d’aromates
Terre-Femme
Quelques pierres suffiront pour bâtir les cris de Ta flèche
aux seins des cloches battant à la volée
s’aidant des reins pour gravir une à une chaque vertèbre
Qu’on me laisse le peindre
ce lieu d’absolu
je n’ai que mes mains d’apprenti pour apprendre la Vérité du silence !
Niala-Loisobleu – 05/04/16
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La Jardinière de l’Île d’Amour / Aux Jardins de Mon Amour 8


La Jardinière de l’Île d’Amour / Aux Jardins de Mon Amour 8

Dans les hauts-fonds mon Capitaine a repeint ses cendresà l’encre d’une anglo-normande, belvédère posé comme une cloche en verre sur le potager.

Ce que l’on voit d’yeux aimants reste vivant bien après qu’un roitelet ait fini son mandat

Il suffit d’approcher un endroit gardé par les cailloux de Guernesey pour percevoir le souffle de Victor en état d’éclabousser de sa vérité les forfaitures à venir d’un prétendant au pouvoir.

Embruns, le ciel estompe sur le fil horizontal les épines des cactées d’un climat continental. Le petit linge de ma Muse sent l’apporté propre. Nous n’aimons pas les verts luisants d’une écologie aux desseins politiques. L’esprit farfadet leur manque au point de ne jamais sortir le seoir quand la plaine-lune met à bas.

Les enfants qui sèment bordent la lande toutes bruyères salées authentique gué rand.

Des pierres dressées en alignements balisent la passe du pertuis. Le large décolleté de ma Jardinière bouffe ses seins hors des bretelles. Roulis.Ce qu’il faut de souffle pour forger la première intention de naître. Des seins plats l’estran retiré a cédé la place au long désert du tarissement des aboiements. Il y a eu aux parois rupestres de puissants feulements de Terre-Mère. Aucune ride au sous-sol est venue en altérer la vibration.

En ce jardin surréaliste où j’ai planté ma cabane, l’herbe se fout de la verdeur d’ailleurs vantée par l’imposture. Elle est bleue comme la toison des blés du ventre mon inspiratrice. Energie de ma folie.

Là dans le clapot

j’entends ses hanches me prendre par l’oreille absolue du mouvement de son échine

Non-objet flottant identifié

La couleur de la plume

donne au poisson-volant

la volonté de l’écailleur  de s’ouvrir au fruit de mer

des nageoires haute-couture brodées de nacres de bandonéon

sur habit de peau nue du premier cri d’un tant go

Niala-Loisobleu – 1er Avril 2016

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AUX JARDINS DE MON AMOUR 8
(La Jardinière de l’Île d’Amour)
2016
NIALA
Acrylique s/toile 65×54

Adresse de mon site officiel: http://www.niala-galeries.com

11 Mars 2016