Rien du mal que j’ai de mes yeux qui pleurent


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Rien du mal que j’ai de mes yeux qui pleurent

Aujourd’hui le temps pâle des teints

en appelle au grattage des lèpres

Le sélénium en léchant les murs

soufre l’allumette d’une déviance congénitale

chèvrant  tristement ce gain nés des premiers  labours

A casser le do

la clef de sol

diffuse le genre aride

machiavélique stratégie

d’où je tire le cri qui arrache la chienlit

hors de portée du jardin de mon coeur

Le reste fertile de ton derme que mes paumes cueillent

s’aime

ce que le vent trieur n’a pas déballé sur l’étal bonimenteur

L’apparence monstrueuse tente l’épouvantail

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aux oiseaux

Je demeure  à la grotte

à écouter l’enseignement de ta trace rupestre

pour casser les ô parleurs des spots publicitaires naufrageurs

Rien du mal que j’ai de mes yeux qui pleurent

n’ayant le pouvoir de dévorer mon amour dans les lises

d’un anniversaire muet qui s’annonce

ne voulant sang tire

du bouton

que l’iris sauvage de ton marais-cage !

Niala-Loisobleu – 25/05/16

 

Aqua servirait de vouloir noyer l’arbre?


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Aqua servirait de vouloir noyer l’arbre?

 

Les bougainvillées remontent la plage, sarong bleu outre mer piqué de roses. Effacé, le nénuphar voile sa pudeur derrière les cabanes de pêcheurs.Au marais le lotus prend sa pose.

Du quai d’Orsay  la pèlerine de nuit va prendre l’étreint d’un lit de Seine. Corps chaud, des poussières de lune sur les épaules.Qui croirait que la rue de Verneuil n’en a pas fini de porter mon rêve bien au-delà des langes ? Au sol de la gamme, la grande Ourse allongée sur les tomettes caresse mes pieds nus de ses cheveux de comète.

– Bon Jour, me lancent les outils quand j’entre dans l’atelier, bien réveillé.

La Muse depuis une berge du lit, flottait dans ses pensées. Un peu remuée par les turbulences d’un passage en plaies et bosses. A l’écart de tous les remues-ménages, ramassage des poubelles, bruits de livraisons, bougie-bougie et prières du soir…Entre son oeil droit et son épaule gauche, tranquille, cherchant un pur moment de solitude pour bien séparer l’âme du corps. Chacun de ses seins veillant sur sa respiration. Les jambes et les bras en faisceau de fusil, sur la clef des chants. Il ne fait plus de doute, le tant change. On ne dira plus je t’aime en pulsion orgasmique seulement.

L’abstinence de reins fait Tout passé un haut degré. L’étreinte devient transcendantale.

L’Esprit prend les rênes.

Tous les indicateurs masochistes qui tendent à se détruire par la haine de soi, la contre-vérité de son identité par le seul regard sur l’image qui vient des autres, sont mis dehors.

Je ne me flagellerai plus, je ne ne me pendrai pas à mon gît baie. Mon anse est Lumière.

Ce matin, Nougaro badigeonne mon bleu des briques de sa ville rose, en répandant des petits bouquets de violettes, de ci et de là, déambulant en roulant les r de ses mots ronds sous mon balcon, et me voilà ivre à mon tour.

La toile se dresse comme un clou de feu d’artifice, sensuelle, amoureuse, toute nue, grande ouverte, offerte. A sa peau mes phalanges écrivent mille mots d’amour, en se trempant, jusqu’au poignet dans les mortiers gorgés de pigments.Les plaines dorsales s’ocrent des premières lueurs de l’aube, à la lisière du bois, la tranchée pare-feu ouvre le passage aux incandescences des rouges. Le vallon crépite d’une orangeade d’ô gazeuse.

Tes seins dressent la grappe de leur vigne, dans l’espoir d’ouvrir un bec à bec avec un oiseau.

– Quelle heure est donc t-il, fait la Muse, à l’écart de l’erreur antérieure, dans ses pensées, oeil en coin, dans un frémissement qui mouille entre ses dents un bord de sa langue ?

Et le coq, de se précipiter sur le balcon sans même prendre le temps d’enfiler un pantalon, ni de jeter un oeil aux aiguilles, bof le tricot peut attendre, c’est l’heure, je chante !

Personne ne peut comprendre un comportement qui ne respecte rien de la règle en usage chez les bienséants. Le coq est amoureux de son oignon, il se l’ait mis au gousset. Et comme un fou fait sonner les coups de l’amour toutes les secondes !

Il est quatre heures, deux mains pleines de peinture ont fait lever ma joie. J’ai peint comme une envie de ne plus dormir, une envie de levé , de dire, vite il faut vivre, vite il faut le faire, vite il faut que je trouve les mots neufs, le je t’aime neuf à sortir, qui naît, qui est encore plus fort de vérité !

Sur mon front et mes joues, des gouttes bleues, jaunes et vertes ont tâché ma barbe et mes cheveux, le jardin de ma vie est tout fleuri. Comme une écriture d’hier, recopiée aujourd’hui, nages, ouvres la cage et laisse voler l’ô !

Bon Jour, je t’aime ma Muse, prends ton tant le jour se lève à peine !

Niala-Loisobleu – 23/05/16

 

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Une vision de cage s’interpose à mon regard libertaire


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Une vision de cage s’interpose à mon regard libertaire

Scotché par un doute dans cette traverse journalière où j’aère mes neurones en ouvrant la  fenêtre sur la baie de mon âme, je pause , revoit, analyse, ausculte.Nous avons une nature qui a sa tendance perso – dont la principale intention est de régler la lorgnette sans toujours recadrer selon – la mollette bloquée au cran définit.. Les vues courtes n’étant pas de mes focales, ceci concerne donc l’idée plus  élaborée qui pourrait malgré tout s’être prise une escarbille en tunnel. C’est quand le bateau file son erre que la vigie prend sa pause.

Au mouvement du grand arbre bordant la maison je fus mis en arrêt. Vieux chien qui reçoit les stimuli avant l’image. Il a sa tête à lui, rien dans la mise qui pourrait surprendre, non c’est son souffle sa respiration qui télépathisent. Je m’approche. A peu de distance le ciel a brusquement noirci. Les moineaux sont en planque, pas de crissements dans le gravier, seule l’herbe a un port différent. Il se prépare quelque chose.

Une vision de cage s’interpose à mon regard libertaire.

Pas de doute ça étouffe dans mon atmosphère. Il y a un oreiller qui est appuyé sur le visage de mon quotidien. Quelqu’un fait pression de tout son poids sur la lévitation pour la clouer au sol. Un amarrage tortionnaire destiné à bloquer l’envol entre les barreaux d’une cage. Prison de l’âme. Insupportable, j’ai déjà les couteaux qui me viennent aux cordes

Largue et appareille ! me crie mon instinct

J’étouffe du corset serré sur la nudité.

Derrière le paysage d’un inhabité pèlerinage des chevaux attelés ont des nervosités dans les antérieures. On a mis des fleurs dans les traînes des robes gitanes, une pivoine en papier sur le dessus de leur tête sert de point de rencontre avec le cavalier au chapeau à larges bords. Ces calèches rassemblent une vieille dévotion que la première peur de l’homme traditionne de siècle en siècle. Pourquoi depuis le jour où tout débuta rien de ce qui avait été mis sous surveillance n’a jamais été éradiqué., état de siège ou pas. Ii y a eu des Lumières aux jours les plus sombres. Des moments de surhumanité tels qu’on voyait déjà les femmes libérés du joug des hommes, les enfants plus jamais torturés, les animaux n’ayant plus de terreur de l’homme…Le rêve devenu réalité. L’Amour ne s’écrivant plus qu’en grand A.

Il se trouve, je l’ai vécu hier à ces orages d’une violence terrifiante qui ont suivis l’instant d’après que le grand arbre avait pressenti le danger.

Les dieux sont des êtres-de-paille que l’homme a inventé de toutes pièces. Machiavel abouti, pour faire passer ses tares, son ignominie, ses perversions, ses aliénations sadiques, ses mégalomanies en tous genres. Sa seule erreur aura été d’avoir ressenti l’Amour. Il ne pourra jamais changer sa méchanceté, ses propensions à la haine tellement l’Amour le cloue à terre.

Toujours rebelle au captif.

On peut le tenir enfermé selon tous les procédés de domination possibles. Jamais on pourra retenir l’Amour en cage, il s’évadera pour vivre tel qu’il se sera révélé en prenant le mimétisme qui lui permet d’échapper au prédateur.

Niala-Loisobleu – 22/05/16

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OUI…DIRE


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OUI…DIRE

La rue meurt

C’est suffisant pour dire…non ?

On va quand même pas céder à la rumeur

Mais pour dire quoi ?

Dire la dire la dira dada

D’une voie de ventre

Le ch’min d’la tripe

En selle Anselme et bonne manade

Des cailloux bordel j’en ai les godasses pistées

Des jetés…j’s’uis pas un saint

Des ramassés…les plus nombreux

A un point qu’autruches le sable s’enlise tout seul par précaution

Tu Gribouille?

Non je m’écries

Si t’aimes pas mains tenant

Compte pas sur les autres

Et j’en suis content que pour une fois faille plonger seul

Tu vois le bleu ça dit rien à priori

Mais à postériori….

Regarde le brin d’herbe qui avec une réputation de vaurien, de mauvais, de chiendent, ce qu’il est capable de faire.Il est le premier verre que les vers transpercent tellement ils en ont marre de voir que tu mort de soif dans l’enseveli. Le premier ver à soie du poème en prose sortant du cocon, c’est autre chose que le Carmel. Déjà une esquisse de chemin, le vers quelque part ailleurs.Quand les arbres qui s’étaient fait piqués leurs fringues alors qu’insouciants ils jouaient sur la plage, qu’épuisés de se souffler sur le bout des branches pour éviter l’onglée, ouais quand le blanc des glaces, le confus des brumes fait pas grand chose sauf pâlir, eh ben une petite robe de printemps ça donne des idées tout pareil.

Imagines ton jardin se coiffant d’un décolleté plongeant.

Vois mousser la marée dans ta crau en bourg

Un merle huchon s’appuyant sur un bar

Une doudoune donnant le sein à un marcel

Des spartiates allant voir la grande bouffe

Une hutte se rempaillant pour un tôt t’aime

Un cèdre de pomme avec des crêpes

Un lit banc en paix

Une scierie qui fait la planche à repasser ses leçons d’humanité

Un nez rouge qui coupe la mèche d’ictère

Un cheval cosmique qui chariote les étoiles

Un haut de contre comme je suis pour

Fais que ce que tu veux

Mais dit quelque chose

Tiens prends n’importe quel pore de Vincent

Et je t’assure

Tu prendras vraiment le large

Parce qu’à toujours pleurer sur ton saur

Tu t’es complètement fumé

Niala-Loisobleu – 21/05/16

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CE MATIN BLEU


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CE MATIN BLEU

C’est un matin qui chante, fredonne en se brossant joyeusement les dedans.C’est bien moi, personne n’a pris ma place dans l’encadrement de ce nouveau jour. Mais, bien à leur place, les fonctions génèrent l’allure d’autres sensations. La vie s’est mise en priorité. Les petits agacements de mouche sont allés se chercher un autre fromage. Je vois propre.

Phénomène printanier propre au comportement de la nature. Les temps à rebours doivent s’être mouchés dans leurs doigts, l’odeur n’a pas du tout le reniflement morveux de ces moments où la savate  traîne au parquet. Absence de goût d’acre dans le talon.La radio tire un peu la tronche et alors l’avait qu’à chanter au lieu de, sous prétexte d’informer, balancer son désastre journalier.

Le m’aime trajet peut prendre plus longtemps selon l’entrain qui le déplace.

Il faut dire qu’il y a des périodes marchandises où les triages faire au vers stagnent. Les voies traversent un marais-cage qui enlise les aiguillages. L’attente Jeanne peut dessiner des moutons tant qu’elle veut, la voie est enrouée quelque part, on ne sait plus où prier.

Des  yeux restés à quai dans cette petite gare-maritime d’un été particulier la fumée a cessé de siffler trois fois. Les marées je me souviens, le vent je me rappelle, l’écume oh oui quelle fraîcheur d’embruns ! Pas un seul caillou a quitté sa place. Le gros arbre où j’appuyais mon vélo pour libérer mes mains aux boutons de ta robe, j’en ai..

C’est ça oui tout à coup, j’en ai les doigts qui tremblent !

Du sel qui revient à sa place la mer adoucit sa caresse. Les carreaux des paludiers ont de la couleur rouille de tomettes comme le feu sait mettre à la fleur de celle qui va à nouveau croissant. L’olivier prestidigitateur a changé le pigeon en colombe, du chapeau du terrier sortent les petits lapins.

Ce matin bleu…

Niaka-Loisobleu – 15/05/16

Les couleurs que l’oiseau porte dans ses vols ne sont pas de plumes en cage


Les couleurs que l’oiseau porte dans ses vols ne sont pas de plumes en cage

Jupiter le Grand Bénéfique voilà des mois qui m’a foutu en quarantaine, j’suis tricard du bonheur renvoyé, enfin celui qu’on doit trouver en équilibre sur l’autre plateau de sa balance par rapport à ce qu’on a mis du sien. Aujourd’hui bien que ce soit pas plus Dimanche qu’hier, le vent passe juste ses bruits de claquements sous les portes. La mauvaise alène, la celle qui coupe les signes normaux de la chaude présence, laisse juste les cuirs de ses erreurs grammaticales. Faut corriger la barre. Cappadoce ? Oui,  la transposition tire de la dérive. Sortir d’une opacité byzantine où le brouillard avale les repères, par la voie claire d’une cheminée des Fées c’est revenir à la base de mes débuts sur le pavé parisiens.

Quand j’ai senti que la peinture manquait de sa poussée pigmentaire naturelle je n’ai pu me cacher que le minerai ne décollait plus de la gangue. Le végétal qu’avait-il fait des talents naturels de l’Arbre à Médecine ? Quelle pâleur pour des primaires !

Les couleurs que l’oiseau porte dans ses vols ne sont pas de plumes en cage.

La métaphysique du vol contient des spécificités qui ne sont en rien comparables à une couleur passée comme la série exsangue « Les Feux de l’Amour » qu’on balance comme si l’éternité était de cette vie. A moins de considérer que l’amour est l’archétype du faux  il n’y a pas un baiser dedans (en dehors du gogo téléspectateur) qui soit vrai.

La Mémoire des Muses c’est pas mon histoire ancienne c’est mon journal de bord de chaque jour avenir avec ses maisons qui volent de luminaire en luminaire. Fleurs sauvages non porteuses de senteurs artificielles, mains tenant.Une générosité sans 49.3 au pied du lit.

Niala-Loisobleu – 11/05/16

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Au-delà de voir mourir


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Faire au-delà de voir mourir

 

L’eau de sève aux troncs arrosa les papiers peints

pour décoller les fleurs du mur,

puis apaisa la douleur des chants d’une voix d’enfant.

Passant à mots couverts l’ombre de tes mains s’est dressée en apercevant un point à la ligne

broder l’initial au centre de l’écusson.

Vivante demain

Par la grande échappée du mur

Je t’ai reçue votive des mains de l’hiver

Je te regardais traversant les anneaux de sable des cuirasses

Comme la génération des mélancoliques le préau des jeux

Sur l’herbe de plomb

Sur l’herbe de mâchefer

Sur l’herbe jamais essoufflée

Hors de laquelle la ressemblance des brûlures avec leur fatalité n’est jamais parfaite

Faisons l’amour.

René Char

Dévêtues, les dunes, couraient suçoter l’écume sur la crête des oyats

que le vent ébouriffe d’embruns rocheux dans lesquels des oiseaux changent de plumes pour raturer les jours sombres.

La corne d’un cheval blanc est venue sonner le réveil du bourgeon saisi de désir d’éclosion.

Un jardinier de peinture disait savoir replanter la forêt mystique de chamaniques rites, derrière un paravent septique matérialisé par une fausse-vérité.

Sur les maisons bleues qui bordaient la clairière, posé en diagonale, mon rêve vêtu d’une robe blanche, va-et-vient en arrière-plan,

ne se résignant pas au désamour d’une histoire vécue,

l’idée d’un autre monde accrochée à ses bretelles.

La nuit rosie par le baiser des palmes, s’éloigne.

Qu’est-ce que nous pourrions bien faire de la réalité pour arranger notre malheur.

La sécheresse environnante vise l’humidité de nos pousses, mettons toutes nos commissures en sécurité quand il est encore temps, sans nous écarter de la rivière qui fait le courant éclairant nos pas.

Tu sens l’amour ouvert à mes travaux manuels

Niala-Loisobleu – 2 Mai 2016

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Les orteils au bord du vide


The Witch's Garden

Les orteils au bord du vide

 

Les restes d’un sommeil baillent aux branches.

la pluie n’a pas réussie à décoller le côté rebelle d’une nature peu encline à la contrefaçon de son libre-arbitre

et alors

t’imaginais quand m’aime pas que j’allais plier, c’est pas le fait de te sentir saule qui doit te rendre pleureur.

Bien sûr  j’aime pas la pluie, que la rue ait des arcades ou pas et encore moins un parapluie pour se croire en dehors de sa responsabilité.

Des fois je m’arrête au point où se trouve ma vie.

Faut dire que ça fout un tel vertige de s’oser voir, que d’une certaine manière ça donne une réponse à la fuite en pratique chez l’homme en général.

. Que fous-je là ? Suis-je ? Qu’est-ce qui me prouve que l’image dans la glace c’est la mienne ? Ouah, le frisson, t’as les prunes qui sèchent genre fruit de mendiant, putain pourtant j’suis jamais été téméraire, y faudrait qu’je me stoppe avant de partir au tourbillon.

Entrez !

Voilà ça a en corps sonné dans ma pauvre tête.

A l’avoir pleine d’ô j’ai le coeur en crue qui refoule.

Je pars sur mon cheval, appuie sur les pédales sans penser que la chaîne va sauter du dérailleur. Même sur la côte les serviettes des petits-baigneurs ne pompent plus l’odeur d’ombre solaire, ça pue la mort hue.

Tant pire, j’veux pas  voir l’outre-noir, moi ça me Soulages absolument pas. J’veux que du bleu, fou s’il le faut. Comme croire que moi jamais je me serai fait cocu.

Après

Non maintenant c’est mains tenant que la vie ça se vit pan dans !

Niala-Loisobleu – 30/04/16

 

Daria Petrilli 55

 

 

La Mémoire des Muses 1


La Mémoire des Muses 1

Mon Coeur par tes yeux proches je peux voir aux mains tenant plus loin derrière. Les bouts à bouts laissés ne sont que Bleu-Bleu comme un autre matin, qu’il ait fait mal injuste, bonheur simple, une allure, un arrêt ou un immense silence dans le vacarme d’un monde qui marche sur la tête. Nous sommes sortis d’une cabane-poubelle plus dignement vrai que le plus prétentieux des palais d’oenologue. Maison posée à m’aime ton ventre, au centre de tes cuisses là où tes seins battent.
Jurons mord aux cons en crachant pour, crois de boit crois de faire, gardez au-dehors d’eux notre Absolu.Ce Seul de Nous qu’aucun n’aura pu aliéner.

Poème à crier dans les ruines

Tous deux crachons tous deux

Sur ce que nous avons aimé
Sur ce que nous avons aimé tous deux
Si tu veux car ceci tous deux
Est bien un air de valse et j’imagine
Ce qui passe entre nous de sombre et d’inégalable
Comme un dialogue de miroirs abandonnés
A la consigne quelque part Foligno peut-être
Ou l’Auvergne la Bourboule
Certains noms sont chargés d’un tonnerre lointain
Veux-tu crachons tous deux sur ces pays immenses
Où se promènent de petites automobiles de louage
Veux-tu car il faut que quelque chose encore
Quelque chose
Nous réunisse veux-tu crachons
Tous deux c’est une valse
Une espèce de sanglot commode
Crachons crachons de petites automobiles
Crachons c’est la consigne
Une valse de miroirs
Un dialogue nulle part
Écoute ces pays immenses où le vent
Pleure sur ce que nous avons aimé
L’un d’eux est un cheval qui s’accoude à la terre
L’autre un mort agitant un linge l’autre
La trace de tes pas Je me souviens d’un village désert
A l’épaule d’une montagne brûlée
Je me souviens de ton épaule
Je me souviens de ton coude
Je me souviens de ton linge
Je me souviens de tes pas
Je me souviens d’une ville où il n’y a pas de cheval
Je me souviens de ton regard qui a brûlé
Mon cœur désert un mort Mazeppa qu’un cheval
Emporte devant moi comme ce jour dans la montagne
L’ivresse précipitait ma course à travers les chênes martyrs
Qui saignaient prophétiquement tandis
Que le jour faiblissait sur des camions bleus
Je me souviens de tant de choses
De tant de soirs
De tant de chambres
De tant de marches
De tant de colères
De tant de haltes dans des lieux nuls
Où s’éveillait pourtant l’esprit du mystère pareil
Au cri d’un enfant aveugle dans une gare-frontière
Je me souviens

Je parle donc au passé Que l’on rie
Si le cœur vous en dit du son de mes paroles
Aima Fut Vint Caressa
Attendit Épia les escaliers qui craquèrent
0 violences violences je suis un homme hanté
Attendit attendit puits profonds
J’ai cru mourir d’attendre
Le silence taillait des crayons dans la rue
Ce taxi qui toussait s’en va crever ailleurs
Attendit attendit les voix étouffées
Devant la porte le langage des portes
Hoquet des maisons attendit
Les objets familiers prenaient à tour de rôle
Attendit l’aspect fantomatique Attendit
Des forçats évadés Attendit
Attendit Nom de Dieu
D’un bagne de lueurs et soudain
Non Stupide Non
Idiot
La chaussure a foulé la laine du tapis
Je rentre à peine
Aima aima aima mais tu ne peux pas savoir combien
Aima c’est au passé
Aima aima aima aima aima
0 violences

Ils en ont de bonnes ceux
Qui parlent de l’amour comme d’une histoire de cousine
Ah merde pour tout ce faux-semblant
Sais-tu quand cela devient vraiment une histoire
L’amour
Sais-tu
Quand toute respiration tourne à la tragédie
Quand les couleurs du jour sont ce que les fait un rire
Un air une ombre d’ombre un nom jeté
Que tout brûle et qu’on sait au fond
Que tout brûle
Et qu’on dit Que tout brûle
Et le ciel a le goût du sable dispersé
L’amour salauds l’amour pour vous
C’est d’arriver à coucher ensemble
D’arriver
Et après Ha ha tout l’amour est dans ce
Et après
Nous arrivons à parler de ce que c’est que de
Coucher ensemble pendant des années
Entendez-vous
Pendant des années
Pareilles à des voiles marines qui tombent
Sur le pont d’un navire chargé de pestiférés
Dans un film que j’ai vu récemment
Une à une
La rose blanche meurt comme la rose rouge
Qu’est-ce donc qui m’émeut à un pareil point
Dans ces derniers mots
Le mot dernier peut-être mot en qui
Tout est atroce atrocement irréparable
Et déchirant Mot panthère Mot électrique
Chaise
Le dernier mot d’amour imaginez-vous ça
Et le dernier baiser et la dernière
Nonchalance
Et le dernier sommeil Tiens c’est drôle
Je pensais simplement à la dernière nuit
Ah tout prend ce sens abominable
Je voulais dire les derniers instants
Les derniers adieux le dernier soupir
Le dernier regard
L’horreur l’horreur l’horreur
Pendant des années l’horreur
Crachons veux-tu bien
Sur ce que nous avons aimé ensemble
Crachons sur l’amour
Sur nos lits défaits
Sur notre silence et sur les mots balbutiés
Sur les étoiles fussent-elles
Tes yeux
Sur le soleil fût-il
Tes dents
Sur l’éternité fût-elle
Ta bouche
Et sur notre amour
Fût-il
Ton amour
Crachons veux-tu bien

Louis Aragon
Extrait de La grande gaieté (1929)
Les petites maisons accrochées aux rubans des accordéons, champêtres vont à la mer puiser le sel. Que d’oiseaux et de chevaux courent l’espace sans intentions lucratives et profits d’un détournement d’impôts en paradis fiscaux. Une seule politique, la m’aime durant toute la traversée, faire de l’Homme une créature libre de croire ou de ne pas croire, non assujetti au dogme politico-religieux. Enfant de tous pays de la m’aime couleur que l’autre.
Niala- 24/04/16

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CE VENDREDI


CE VENDREDI

Au tant passé présent répond un champ s’aimer de petits cailloux

Pierre qui rouille n’a masse que dalle

Naître mousse a du Capitaine dans la voilure

Quand j’ai appris le Bleu

J’ai su que ma vie ne suffirait à le savoir

Rose est fait de blanc au laiteux répandu

Jaune cocu ?

Non c’est le soleil qui baise la lune sur la bouche

A marée basse comme hôte de marque

Après un parcours reste des vers à hâler voir

Rien n’entoure le monde d’un corset de rétention

A preuve

Selon le vent où tu pisses

Ou t’es à rosée

Ou arrosé

Les grandes formations symphoniques ont besoin de solistes

Le kiosque du théâtre de verdure

n’est pas le clown blanc c’est l’Auguste

Chui là

Qu’à les yeux qui soulèvent les grandes godasses du chapeau qui pleure

Pour les journaux et les grands magazines

Remontez l’impasse de la cover-girl si vous pouvez

Un poète est toujours isolé mais jamais perdu

Sa folie lui tient compagnie

Aujourd’hui n’est qu’un Vendredi ordinaire

On est pas obligé de prendre du poison

On peut manger sein

Suis fatigué d’avoir astiqué le pont

mais la cabane est prête pour l’an 16 !

Niala-Loisobleu – 22/04/16

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