CHEMINS DE NULLE PART


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CHEMINS DE NULLE PART

Le p’tit bonheur au pied de la cheminée est las, souliers usés. Les noëls commerçants à force de tire-botte l’ont délacés en laçant le nerf de la fête. Il y a tous les trous qui s’agrandissent dans les cartons de Barbarie, Qu’est devenu le Nord ? Du berger reste-t-il que de l’ô vain ? Le troupeau semble s’agrandir pour que les vagues les plus imprécis moutonnent dans l’amer.

Vincent, quand je vois Soulages et son outre-noir je comprends qu’aucune réponse ne pourrait être plus signifiante.  A tous égards.

Toi la Fête au sens le plus sacré, ta vie, la misère dans tout le cri de ta souffrane. L’autre et son deuil de tout, du moindre sentiment, désabonné du coeur un must de réussite, un puits à fric, un modèle de société.

Les chemins de nulle part ont encore avancé, ils ont aujourd’hui des GP pour conduire plus sûrement à la perte.

Heidegger tu es de mes paysages. Je vois les m’aime choses que toi quand je me penche à la portière de l’homme.

Comme j’aime ce qui n’émane que de son essence abyssale !

« Dans l’obscure intimité du creux de la chaussure est inscrite la fatigue des pas du labeur. Dans la rude et solide pesanteur du soulier est affermie la lente
et opiniâtre foulée à travers champs, le long des sillons toujours semblables, s’étendant au loin sous la bise. Le cuir est marqué par la terre grasse et humide. Par-dessous les semelles s’étend la solitude du chemin de campagne qui se perd dans le soir. A travers ces chaussures passe l’appel silencieux de la terre, son don tacite du grain mûrissant, son secret refus d’elle-même dans l’aride jachère du champ hivernal. À travers ce produit repasse la muette inquiétude pour la sûreté du pain, la joie silencieuse de survivre à nouveau au besoin, l’angoisse de la naissance imminente, le frémissement sous la mort qui menace. »

« La toile de Van Gogh est l’ouverture de ce que le produit, la paire de souliers de paysan, est en vérité. […]
Dans l’oeuvre d’art, la vérité de l’étant s’est mise en oeuvre. »
Texte de Heidegger Les souliers de Van Gogh
Extraits de Chemins qui ne mènent nulle part (Gallimard). Heidegger

L’étant : la couleur intrinsèque.

Toi, tu es là ma Muse

je t’embrasse de couleur plus tes bouches et ma sanguine

voilà comme un bleu qui en sort

Bon Jour l’Amour

je peins en phrases à doigts de chats mots

enfoncés dans le poil

Niala-Loisobleu

7 Septembre 2015

Isorropia

SI TOI AUSSI


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SI TOI AUSSI

Je te laisse tout ce que tu n’as que des autres
à quoi me servirait-il de mettre ce que tu montres du doigt
j’aimerais tant t’entendre à fleurs vêtue
défaite du crépon qui fait robe en noir impression senteur des bois
sans arriver à terme d’une course après l’arc-en-ciel
que tu ne sais pas par où on s’y rend par manque de lumière
ses odeurs leurs goûts je me les roule sur la langue
mieux que si avant toi j’y étais passé à table
en broutant les traces laissées par les passages sauvages des naturelles effluves
A remuer le diable combien ont un fils de dieu à la tête de leur lit
aussi cloué sur place qu’eux ?
Tout ce qui sent la solution d’apothicaire bouille du crapaud mixé serpent ballet de sorcière
Des hommes j’en ai vu remuer la terre
que de leur tombe est sorti un chant de guerre contre eux-mêmes

où la pierre en vibrant donnait l’étincelle à tisser le bleu
Que me reste-t-il hors le refus de croire que le miraculé serait remède à la maladie d’amour
Ce qui en chemin a déchaussé dans l’ornière avait certainement de soi un défaut du lacet
je n’attends rien d’une désespérance assistée
mon âge est d’aimer sans prendre l’état civil en conte
pas plus que la norme d’un étalon plus coupé des joyeuses qu’un gardien de harem
Et alors il n’y aurait que pas d’âge pour haïr
et une file de ralentissement passé une dizaine acquise
la règle ne fait loi qu’à devoir la vivre de A jusqu’à Z
Quelque ciel posé sur ma tête qui soit je n’ai pas plus d’ombrelle que de parapluie en couvre-chef
je vais décalotté le poil au vent
embrasser sans tonsure à grands yeux l’ouverture de ton âme
reconnue sans la vouloir dépendante de mon corps
nôtre Amour ne faisant plus qu’un de nous deux librement consentis
Le mystère fait partir à la rencontre d’un continent à l’autre
sans dépendre de l’apport matériel exigé par un loueur de nuit de noces à point des sous pires
Si toi aussi, tu n’as pas regardé le jour du calendrier pour choisir de partir m’aime en décalage
tu as fait le premier pas de ta dernière erreur de calcul sans recours à la prédiction d’une gourde mise dans la pochette surprise d’un chemin piégé

Il est devenu si facile de se fondre dans l’indifférence affectée que d’avoir simplement l’idée du refus

exige un immense courage bien avant d’entamer le processus de l’acte

Hautaine celle qui m’a prise hier pour assouvir sa morgue, parlant d’un humanisme dont elle ne soupçonne même pas le début de la définition, pour glisser ensuite comme un pet foireux en supprimant le venin de sa  sa diatribe

Si Toi aussi la couleur de ton langage devait se vêtir d’un tel voile, je l’arracherai de mon mât

refusant d’y confier tout cap d’espérance. Le péril des promesses ne pouvant être pris que dans l’égarement de voeu suicidaire demandé par l’illumination sectaire.

Etre solidaire exige de l’un comme de l’autre une égalité d’engagement sans couvert de dessein de profit.

Nous voici à quai

d’un côté Départ de l’autre Arrivée

à nous de choisir…

Niala-Loisobleu

6 Septembre 2015

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https://www.youtube.com/watch?v=eWRPvj-Hqu4

ELLE M’A DIT DE LUI CUEILLIR SON COEUR


ELLE M’A DIT DE LUI CUEILLIR SON COEUR

Dans ce déversement de décombres moraux, de pas vrai, plus froid que du faux-de-tout–pour-faire-un-monde-pourri,  à la place de l’océan je me demandais si je ne coulerai pas tout de suite le bateau plutôt que d’en charger un peu plus la barque, mais suis-je une matière à penser, quand on attend de la société qu’elle penche du côté que ça va tomber  dans la poche de l’abuseur public ?

La gueule de papier mâché des rues, leur odeur de chique crachée, le tout dans un regard plus fuyant qu’un circuit piégé, ça porte pas à confusion, eh bien j’avais tout faux, parce que faut mentir, sans quoi rien ici-bas ne passerait pour vrai.

30065756Au bord du rivage, un ton d’iode, pris dans les estompes d’un matin qui aurait gardé le strict nécessaire, la mémoire du soir, tirait doucement une vue différente des autres. Insoumis, je n’avais pas mis pied à taire. L’envie de peindre, est un langage qui n’a pas d’accoutumance au synthétique. Elle se nourrit qu’au vrai nichon, chui là qui tombe hors des bretelles, tout droit dans les mains propres. Sans que la mauvaise idée hypocrite, malsaine, vicelarde, perverse en salisse l’innocence. Cet indéfinissable qui dans les apparences ne trompe pas. Cru, oh plus cru tu peux pas être moins pur.Raison que ça te fait dur. Sauf idées mal placées. L’inspiration ne fait pas de concessions.

L’atelier  ? Mon purgatoire.

Le chevalet de torture présente la virginité où l’union d’un état extraordinaire, hors, avec un spontané réfléchi va célébrer sa grand-messe. Hyménée sans cesse renouvelée. Couleurs d’un accent poétique duquel la transcendance doit sortir. Les sombres des repentis, les terres obscures des salles du cinéma quotidien, brouillards en estompe où les flous en balancent comme à pari mutuel. La forme est présente dans le blanc du lin. Musique que le pinceau va interpréter.

La Muse en décidera.

C’est ventral. L’expression de la tripe. Il faut la vomir avant le tour de chant. Il y a incompatibilité entre l’acte et le semblant. Tout compromis est impossible. Je peindrai autre, ou je ne peindrai pas.

Niala-Loisobleu

3 Septembre 2015

A LA SANTE DU SERPENT


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A LA SANTE DU SERPENT

Je chante la chaleur à visage de nouveau-né, la chaleur désespéré.

II
Au tour du pain de rompre l’homme, d’être la beauté du point du jour.

III
Celui qui se fie au tournesol ne méditera pas dans la maison.
Toutes les pensées de l’amour deviendront ses pensées.

;
IV

Dans la boucle de l’hirondelle un orage s’informe, un jardin se construit.

V
Il y aura toujours une goutte d’eau pour durer plus que le soleil sans que l’ascendant du soleil soit ébranlé.

VI
Produis ce que la connaissance veut garder secret, la connaissance aux cent passages.

VII
Ce qui vient au monde pour ne rien troubler ne mérite ni égards ni patience.

VIII
Combien durera ce manque de l’homme mourant au centre de la création parce que la création l’a congédié ?

IX
Chaque maison était une saison.
La ville ainsi se répétait.
Tous les habitants ensemble ne connaissaient que l’hiver, malgré leur chair réchauffée, malgré le jour qui ne s’en allait pas.

X

Tu es dans ton essence constamment poète, constamment au zénith de ton amour, constamment avide de vérité et de justice.
C’est sans doute un mal nécessaire que tu ne puisses l’être assidûment dans ta conscience.

XI
Tu feras de l’âme qui n’existe pas un homme meilleur qu’elle.

XH

Regarde l’image téméraire où se baigne ton pays, ce plaisir qui t’a longtemps foi.

Xlll
Nombreux sont ceux qui attendent que l’écueil les soulève, que le but les franchisse, pour se définir.

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Remercie celui qui ne prend pas souci de ton remords.
Tu es son égal.

XV
Les larmes méprisent leur confident.

XVI
Il reste une profondeur mesurable là où le sable subjugue la destinée.

XVII
Mon amour, peu importe que je sois né : tu deviens visible à la place où je disparais.

xvIII

Pouvoir marcher, sans tromper l’oiseau, du cœur de l’arbre à l’extase du fruit

XIX
Ce qui t’accueille à travers le plaisir n’est que la gratitude mercenaire du souvenir.
La présence que tu as choisie ne délivre pas d’adieu.

XX

Ne te courbe que pour aimer.
Si tu meurs, tu aimes encore.

XXI

Les ténèbres que tu t’infuseras sont régies par la luxure de ton ascendant solaire.

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Néglige ceux aux yeux de qui l’homme passe pour n’être qu’une étape de la couleur sur le dos tourmenté de la terre.
Qu’ils dévident leur longue remontrance.
L’encre du tisonnier et la rougeur du nuage ne font qu’un.

XXIII

Il n’est pas digne du poète de mystifier l’agneau, d’investir sa laine.

XXIV
Si nous habitons un éclair, il est le cœur de l’étemel.

XXV
Yeux qui, croyant inventer le jour, avez éveillé le vent, que puis-je pour vous ?
Je suis l’oubli.

XXVT

La poésie est de toutes les eaux claires celle qui s’attarde le moins au reflet de ses ponts.

Poésie, vie future à l’intérieur de l’homme requalifié.

XXVII

Une rose pour qu’il pleuve.
Au terme d’innombrables années, c’est ton souhait.

René Char

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https://www.youtube.com/watch?v=gq_-9XDwyJU

FUMET D’ENTRAIN


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FUMET D’ENTRAIN

Une grande verrière enchevêtrée dans les escarbilles du métal

et voilà l’allaitement de la vapeur qui pssssitttt en gare

La parallèle des rails

entrant dans le tunnel pour dépasser son ombre

Prochain arrêt ma lumière

Assis par terre un grand bassin, un bout de ficelle, du liège en bouchon, un bout de carreau pour le tablier, du papier à pliage (un bateau peut demander l’entrée pour pouvoir en sortir) du trombone, de la craie et plein de petits cailloux. Le mouchoir peut rester au fond de la culotte courte, avec une ficelle on peut nouer sans crainte d’oublier. L’enfant n’oublie rien, il sépare.. Il sait par nature que les bobos c’est un truc à la con qui vient des grands. Lui il a deviné, avant d’être dévié par l’école qui oblige à faire un trait obligatoirement avec une règle, d’instinct que le dessin n’a de vérité qu’à main levée. Il s’en fout et contrefout de mettre un nez au milieu de la figure. Une tête pour lui c’est d’abord un ros ventre posé sur le fil des jambes. Lui il rit comme si pendant qu’il nageait dans sa mère, il avait tout compris en découvrant genre sous-marin comment ça peut tout compliquer un grand. Et pourquoi, se mordre la queue quand chat serre à rien ?

La merde c’est que pour jeter pas pour conserver.

Tiens j’entends siffler l’entrain. Viens mon Coeur on va aller dire bonjour à Jacques.Il a gardé un pas-de-porte au marché aux fleur, parce qu’il n’y a pas d’esclave. D’ailleurs il est pas tout seul à continuer à peindre les mots bien qu’officiellement pour l’état-civil y soit pu de ce monde. Tous les poètes sont immortels.Il peut s’appliquer à se démolir le monde. Les poète sont immortels. Et ils marchent en arrosant le temporel à visage ouvert. Voiles carguées sur la route, semelles de vents aux pieds.

Cours sans répit après ton ombre elle est le wagon de ton convoi.

Et demande-lui de montrer son billet.

Faut pas lui laisser loisir de te frauder le voyage…

Rien ne vaut l’amour qu’on se forge. Ce monde est fait que pour aimer sans s’arrêter au fait qu’il aime personne.

Niala-Loisobleu

27 Aout 2015

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https://www.youtube.com/watch?v=RhesEYcpa2g

ORDONNANCE RYTHMIQUE


ORDONNANCE RYTHMIQUE

Un arbre tend son doigt

j’entends la rivière messagère quitter la source

que d’yeux exaucent ces regards innocents

aux pierres j’ai mis mes mains

l’acide et le burin

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Je trouverai le fruit au noyau de pulpe

pour repeupler les forêts

Faire en sorte vivre l’acte désintéressé

sur la paille des chaises où les chants de table demeurent

A démouler les fondements coulés de la mémoire

avant que la faille du geste criminel n’ouvre sa lame

nous réhabiliterons la liberté de penser

maisons étreintes les unes aux autres

Mains ouvertes

sans psaumes lépreux

Bleu

pareil que quand je vois la vie donnée

sans plus-offrant

Niala-Loisobleu

26 Août 2015

https://www.youtube.com/watch?v=z_DSNRzujTw

A ANNE


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A ANNE

Corps niche

le confiturier

tire l’encrier au bord

Recueil d’émaux prisonniers

Une chaise

un serre volant

deux pointes de pieds

D’un poing d’exclamation au menton

l’interrogation tombe

cas ô

de la parenthèse

Rose écaille l’ouie ouvre

jaillissent

jaunes ocres  roux sillons en tirets bleus

Nageoires déboutonnées

hors du poids niais

les mots alevinent

au sein du secret

bout en bout entrain corail…

Niala-Loisobleu

23 Août 2015

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c’est gagné

Y’A UNE ETOILE…


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Y’A UNE ETOILE…

Si quelque chose d’autre n’avait pas fait bouger le chambranle, elle aurait pu passer sans voir la porte. Ceux qui disent tout voir sont des taupes. Elle s’immobilisa à cheval sur le seuil. Je vis sa main droite remonter de son ventre à son sein gauche. Il venait de gonfler curieusement celui-là. Avait-il identifier le changement brutal qui venait de s’inscrire au passage ? L’autre atmosphère en place me répondit avec certitude. Comme dans un vieux film de Marie Laurencin, avant que Guillaume ne la crucifie, un flou artistique s’étendit. Poussé par le pinceau d’eau de l’aquarelle. Je m’abstins de voir un mauvais présage dans le carmin sanguin où ses lèvres se jetaient en avant. Un visage fleur, pris dans l’encadrement de longues mèches foncées. Terre d’ombre, pas noir, avec aux racines quelques reflets d’un jaune de Venise. celui que les pigeons sortent de la Place St-Marc, pour ne pas ne laisser s’altérer. Où en étais-je ? Dès que j’entre en sa présence, tout le côté objet du décor disparaît. Ce ne doit pas être évident pour le visiteur de suivre mon labyrinthe. Mais n’est-il pas là pour préserver qu’il s’égare sur le fond ?

Tombé de son décolleté, le profond sillon qui renvoyait ses seins lourds chacun de leur côté, fronça les sourcils en prenant sa bouffée de nouvelles. Cette façon qu’ont ses tétins de se tirebouchonner le nez avant d’avancer plus loin, est bien le signe du développement olfactif de son regard sur le monde. Tout est demeuré animal en elle. Sauvage, elle n’exprime rien au contact. Muette, il faut que tous ses instincts aient analysés la présence, la situation, la nature de la chose avant de montrer sa réaction. D’où la nécessité de me mettre dans son huis pour lui laisser son droit de me découvrir comme elle l’entend.. Je sais qu’elle doit s’isoler. Elle est minérale et végétale à la fois. Une pierre à fleur à sève sanguine, voilà ce que personne n’avait su voir de ce qu’elle est vraiment. Au point de devoir remonter une frustration d’enfance qui garde une certaine teinte indélébile. Un secret dont elle sait aujourd’hui la nécessité d’amputation. Elle veut vivre parce qu’elle a sa clef à elle pour ouvrir de vent.

Niala-Loisobleu

20 Août 2015

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https://www.youtube.com/watch?v=YjJEgThIFIw

LA GLACE SANS TAIN


leonor-fini-mutantes« LA GLACE SANS TAIN »

« Prisonniers des gouttes d’eau, nous ne sommes que des animaux perpétuels. Nous courons dans les villes sans bruits et les affiches enchantées ne nous touchent plus. À quoi bon ces grands enthousiasmes fragiles, ces sauts de joie desséchés ? Nous ne savons plus rien que les astres morts ; nous regardons les visages ; et nous soupirons de plaisirs. Notre bouche est plus sèche que les pages perdues ; nos yeux tournent sans but, sans espoir. Il n’y a plus que ces cafés où nous nous réunissons pour boire ces boissons fraîches, ces alcools délayés et les tables sont plus poisseuses que ces trottoirs où sont tombées nos ombres mortes de la veille.
Quelquefois, le vent nous entoure de ses grandes mains froides et nous attache aux arbres découpés par le soleil. Tous, nous rions, nous chantons, mais personne ne sent plus son cœur battre. La fièvre nous abandonne.
Les gares merveilleuses ne nous abritent plus jamais : les longs couloirs nous effraient. Il faut donc étouffer encore pour vivre ces minutes plates, ces siècles en lambeaux. Nous aimions autrefois les soleils de fin d’année, les plaines étroites où nos regards coulaient comme ces fleuves impétueux de notre enfance. Il n’y a plus que des reflets dans ces bois repeuplés d’animaux absurdes, de plantes connues.
Les villes que nous ne voulons plus aimer sont mortes. Regardez autour de vous : il n’y a plus que le ciel et ces grands terrains vagues que nous finirons bien par détester. Nous touchons du doigt ces étoiles tendres qui peuplaient nos rêves. Là-bas, on nous a dit qu’il y avait des vallées prodigieuses : chevauchées perdues pour toujours dans ce Far West aussi ennuyeux qu’un musée ».

André Breton et Philippe Soupault, 1919
Texte extrait de « Les Champs magnétiques »

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Un plomb d’étain

Dépoli

Glisse le long du miroir

Le mercure

Reste

Le seul à bouger

Quel bleu nuit

Viderait mieux l’image de l’être invisible

que celui du cauchemar tirant son faire de l’étui ?

Parler dans sa bouche fait un bruit qui éteint tout dialogue

Avant tout la langue cherche l’autre pour s’exprimer

Que de maux noircissent la huppe de la colombe

A l’instant où elle déploie ses ailes

Simplement pour avoir raté son décollage

Dans  mon train de nuit j’ai voyagé surréalisme

Breton, Soupault, Léonor Fini

dans le compartiment

Entre griffes et soies, odeur d’aqueux de chat et mi-août

Tout le théâtre d’un quotidien dépassé

Se mentant sûr de sa vérité bidouillée

Guerre de religion

Exploitation individuelle et sociétale

Tyrannies

Trahisons et abus en veux-tu t’en aura

et bien plus que tu voudras en auréole

Et alors

André , Philippe

vous  vouliez que je les vive vos prédictions ?

Ben reposez tranquilles

J’ai pire

Seulement j’en démordrais pas

Mon bleu il ente

Il tisse rêve

Onirisme

Pas communisme, socialisme caviardisant

Dehors les maux

Genre UE, mondialisation, économie de marché

Je marche pas

En corps moins à l’économie

Migrans, islamistes  conquérants, barbares, fanatiques,

Ce mariage pour tous c’est du boniment

Aimer voilà ma seule épargne

Pas besoin de livrée pour ça

J’suis pas un produit domestique

J’suis

Rien qu’un chien et quand j’aime j’aboie !!!

Niala-Loisobleu

19 Août 2015

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https://www.youtube.com/watch?v=wMqt3cX2X7k

INSTANTANEITE


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INSTANTANEITE

A l’instant m’aime

où mes lèvres se pensaient à la fenêtre
j’entendis frapper l’étroit coup
le mur venait de tomber dans le trou du souffleur

Un bouquet d’iris couleur col vert, ne retenait plus

qu’à pène l’étal ouvert des oreilles des nénuphars.

De la musique baroque, farinait la jaquette du chef,

en tombant des pâtisseries du plafond, tout en jouant les trapézistes

de Spectacle.

Sautillant d’une bougie à l’autre du grand lustre de cristal,

l’allumeur de réverbères se dégourdissait les jambes.

L’amour venait d’être décadenassé du Pont des Arts.

Niala-Loisobleu

18 Août 2015

Language Barrier by Mrs-White on deviantArt

https://www.youtube.com/watch?v=mwX641oXm6c