ELLE VEUT (Serge Reggiani)


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ELLE VEUT (Serge Reggiani)

Dans un pays où il n’a jamais vraiment plu
Elle est arrivée dans ma vie à l’âge ou rien n’arrive plus
A l’âge où le bonheur est synonyme de défaite
Le passé est fouineur qui vient jouer le trouble-fêteElle m’abandonne son corps, qu’elle rit ou qu’elle soupire
La peur de tout rater encore la peur, la peur voilà le pire

Il peut chavirer le bateau à tanguer sous les souvenirs
Le passé est un vieux couteau mais qui menace la nuit

Mais elle veut, elle veut, elle le veut comme je le veux
Elle veut que s’exauce un unique vœu
Elle veut, elle veut autant que je le veux
Elle veut voir se blanchir nos cheveux

Au fil des jours, au cours des mois, au temps de guerre et de caresses
Quand elle est là près de moi, je tremble pour qu’elle disparaisse
Qu’elle s’en aille n’importe où, ou qu’elle se prenne le maquis
Et le passé ce vieux filou ajoute oui et avec qui

Veiller aux grains de ses envies vieillir au creux de ses plaisirs
Lui faire des petits câlins et oublier nos déroutes
Le passé est un vieux malin qui a fait se joindre notre route

Mais elle veut, elle veut, elle le veut comme je le veux
Elle veut que s’exauce un unique vœu

Elle veut, elle veut autant que je le veux
Elle veut voir se blanchir nos cheveux
Elle veut, elle veut autant que je le veux
Elle veut voir se blanchir nos cheveux

 

Natalia Lafourcade – Rocío de Todos los Campos (En Manos de Lo


Natalia Lafourcade – Rocío de Todos los Campos (En Manos de Lo

 

En hommage à la danseuse, chorégraphe, sculptrice et actrice mexicaine Rocío Sagaón, Natalia Lafourcade sort sa nouvelle chanson « Rocío de todos los campos », inspirée par ce qui est considéré comme l’une des meilleures de la danse moderne au Mexique.

Au milieu du vert de la nature, Lafourcade a reflété dans la vidéo du thème les visites récurrentes dans ses rêves et utilise la danse à travers laquelle Djahel Vinaver, fille de Rocío, parvient à fonder Natalia avec des espaces.

 

Rocío de todos los campos
Rocío de sal en el mar
Tu baile hipnotiza la luna
Y el viento comienza a cantar

Tú enciendes el fuego en la noche
Escuchas los grillos hablar
Desvistes tu cuerpo y tu alma
Para en el agua nadar

Libre serás
Para siempre
Para siempre
Mariposa morada
Entre bambú

Enciendes el barro en tus manos
Pasiones de amor prohibido
Enciendes el barro en tus manos
Pasiones de amor prohibido

Rocío de los corazones
Que van a tu casa a llorar
Rocío de todos los cielos
De fiestas y de soledad

Tú enciendes el fuego en la noche
Escuchas fantasmas andar
Desvistes tu cuerpo y tu alma
Para en el agua nadar

Libre serás
Para siempre
Para siempre
Mariposa morada
Entre bambú

La muerte llegó seduciendo tu encanto
Envolviendo tu manto
La muerte llegó seduciendo tu encanto
Y te fuiste pa’l campo

Libre serás
Para siempre
Para siempre
Mariposa morada
Entre bambú

Rocío de todos los campos
Libre serás
Rocío de todos los campos
Libre serás
Rocío de todos los campos
Libre serás
Rocío de todos los campos
Libre serás, libre serás

Rosée de tous les champs
Pulvérisation de sel dans la mer
Votre danse hypnotise la lune
Et le vent commence à chanter

Vous allumez le feu dans la nuit
Vous entendez les grillons parler
Vous découvrez votre corps et votre âme
Pour nager dans l’eau

Tu seras libre
Pour toujours
Pour toujours
Papillon violet
Entre bambou

Vous allumez la boue dans vos mains
Passions de l’amour interdit
Vous allumez la boue dans vos mains
Passions de l’amour interdit

Rosée sur les coeurs
Ils vont à la maison pour pleurer
Rosée de tous les cieux
Des fêtes et de la solitude

Vous allumez le feu dans la nuit
Écouter les fantômes à pied
Vous découvrez votre corps et votre âme
Pour nager dans l’eau

Tu seras libre
Pour toujours
Pour toujours
Papillon violet
Entre bambou

La mort est venue séduire votre charme
Envelopper votre manteau
La mort est venue séduire votre charme
Et vous êtes parti pour le champ

Tu seras libre
Pour toujours
Pour toujours
Papillon violet
Entre bambou

Rosée de tous les champs
Tu seras libre
Rosée de tous les champs
Tu seras libre
Rosée de tous les champs
Tu seras libre
Rosée de tous les champs
Vous serez libre, vous serez libre

 

A PEINE A POSTE


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A PEINE A POSTE

La nuit a du pleurer, c’est mouillé devant mes volets. Je souffle des heures que les pendules ignorent. Où derrière la colline l’arbre dépasse. Un dessein sorti du drap, à l’haleine du chien qui joue sans se demander pourquoi les hommes vivent en laisse. Fumet de café, senteur à tremper.

La nuit n’est jamais complète
Il y a toujours puisque je le dis
Puisque je l’affirme
Au bout du chagrin une fenêtre ouverte
Une fenêtre éclairée
Il y a toujours un rêve qui veille
Désir à combler faim à satisfaire
Un cœur généreux
Une main tendue une main ouverte
Des yeux attentifs
Une vie la vie à se partager.

Paul Eluard

La toile a dormi paisiblement, la tête appuyée contre un un chant de bleu. Mes pieds en sentant l’herbe se dresser se sont mis à nager comme ceux de l’enfant qui court au bain sans prendre la température de l’eau. J’ai mille ans de lucidité, mon saut matinal à pelle un château lacustre. Modèle Atlantide, breveté Jules Verne, sans la pieuvre qui tentacule la mise en orbite.

La ville close qui regarde par dessus le rempart avec ses deux yeux d’horloge de hibou tient un morceau qui ne s’est pas détaché de l’embarcadère. Bonne occasion pour couper l’amarre. Les marins ont accroché leur pompon rouge à l’encre du bar. L’accordéon s’est replié sur leur escale dans chaque pore. Un crissement d’archet dans la voie de la voûte étoilé pose l’aria au long du trottoir. L’astérie monte ses branches à l’aurore. J’entends ton souffle me vouloir, j’arrive, qu’à peine de ton sourire tout s’élance vouloir tenir.

Niala-Loisobleu 3 Mai 2018

 

Natalia Lafourcade – Son Amores (Letra)


«Son De Amores»

Son De Amores (Ce Sont Des Amours)

Perdona si pregunto por como te encuentras,
Excuse-moi si je te demande comment tu vas,
Pero me han comentado que te han visto sola
Mais on m’a raconté qu’on t’a vue seule
Llorando por las calles en altas horas
Pleurant dans les rues à des heures tardives
Ay ! como las locas, locas, locas.
Ah ! Comme les folles, folles, folles.

Comentan que tu niño a ti te ha dejado,
On raconte que ton copain t’a laissée,
Que no existe consuelo para tanto llanto,
Qu’il n’existe pas de réconfort pour tant de pleurs,
Que sólo una amiga está a tu lado,
Qu’uniquement une amie est à tes côtés,
No llores más mi niña, niña, niña.
Ne pleure plus ma belle, belle, belle. (1)

[Estribillo 1]
[Refrain 1]
Son de amores,
Ce sont des amours,
Amores que matan,
Amours qui tuent,
Amores que ríen,
Amours qui rient,
Amores que lloran,
Amours qui pleurent,
Amores que amargan.
Amours qui rendent amer.
Son de amores,
Ce sont des amours,
Amores que engañan,
Amours qui trompent,
Amores que agobian,
Amours qui accablent,
Amores que juegan,
Amours qui jouent,
Amores que faltan.
Amours qui manquent.

En ce tant là


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En ce tant là

Nous ne partions que pour nous rejoindre. A peine avais-tu la nuque à l’angle de la rue, que mes pieds descendaient les marches du métro à Pyramides. Du sable venu de la rue du Bac, en corps collé à la redingote, je levais le nez sur ce vol de ballons que le bec des colombes n’agressait pas, rien que du sans-soucis à la boutonnière. Peut-être, certainement, oui bien sûr, nous aimions-nous d’une incapacité à ne pas être ensemble ? L’aube durait jusqu’au soir et m’aime vice et versa. Les rubans du chapeau que tu ne portais jamais retenaient tes seins fous que pour sauter la rivière. Un ricochet, c’était nous. Quand l’été fut fini, l’automne te fit plus feuille qu’herbe montante. Je parlerai de l’hiver avec la plus extrême réserve.

A quoi r’aile…pourtant le manque d’ô n’a pas à être mis en cause.

Nous n’avons pas retiré nos allées des venues. Elles ont juste été mises en quarantaine par la maladie du quotidien, ces trucs à tousser, la gorge sèche, le poumon éteint. Sur la Charente à part un cygne de temps à autre, les canards se cachent. Crois-tu qu’on leur avait parlé de la mer promise ?

Sur le chantier un bateau à qui manque les jambes, est hissé de toute sa voilure. Je n’en parle plus à personne vu que j’en ai assez de dire que ça n’a rien d’étrange. Tu devrais voir la bouteille à proximité de ton rivage, le sel m’en monte aux yeux.

Les lumières d’un jour qui passe La vie en rose, me trottent dans le coeur.

Niala-Loisobleu – 21 Janvier 2018

 

IL Y A TOI


 

Il y a le parfum de la terre juste après le coucher de soleil, le grincement du volet le soir quand on le ferme. Il y a l’odeur des vieux livres dans la bibliothèque, une petite couleuvre dans l’ombre des capucines. Il y a une mouche prisonnière qui frappe à la vitre pour sortir, le […]

via Bruno Ruiz / Toi — Bruno Ruiz dans le désordre

 

Ce jour ne fut pas la Nuit


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Ce jour ne fut  pas la Nuit

Pas un instant n’a pris deuil. Ce jour, bien que maintes fois parcouru, n’a rien eu à enterrer. Il faut dire qu’il avait perdu gros bien avant la fermeture de la cabane. Les années d’une vie montent parfois trop haut, mais à côté. Les hommes sont irremplaçables pour faire le vide, sauf en disparaissant. Mais où sont-ils les hommes, je ne parle pas de cette hybridité qui en fait office. Ne parle-t-on pas d’un mirage ? Les traces laissées sont le reste d’un film qui fait plus de sorties que d’entrées. Des montagnes furent taillées pour dresser des façades à l’Humanité. D’un souffle haineux le barbare fait exploser des millénaires. Là où l’Amour a engendré la Voie on fait un cimetière. Dans l’inculte de la nécropole. Ephémère éternité du corps se prétendant Esprit. Si le soleil s’use peut-être cela vient-il de la lune rendue veuve par une civilisation disparue. La lumière froide en entrant dans les veines de la terre fait fondre le contact. Quelque part j’irais au fond de ma poche sortir le caillou, avant qu’il ne soit trop tard pour entendre le frémissement de l’eau migrer les bébés avec les cigognes. Le signal de fumée éteint, .

Niala-Loisobleu – 1er Novembre 2017