LE NOYE DU JARDIN


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LE NOYE DU JARDIN

D’un bord non-retenu  l’écart en grandissant met les coutures en alarme

on a vu des chants fertiles craquer soudain sous la brûlure d’un couac

imagine le rossignol garrotté par un changement d’heur

Les eaux calmes se rident comme mordues par un tentacule charnu et mobile, zoophyte flottant à la surface d’une zone blanche où aucune connexion ne passe

insensé mais véridique

Le Cheval Bleu

se cabre à la vue de la forme reptilienne

rien n’indiquant à priori si elle est ou n’est pas venimeuse

Au virage de l’échaudé

l’eau froide agit d’abord et se rétracte après

Remontent les images du cauchemar de l’enfant abusé

l’innocence fourrée dans la bonbonnière d’une gueule velue

Là où on a marché sur la pureté avec les pieds sales

la plaie ne se suture que d’un oeil

Le jour vînt avec

réveil abominable

pourquoi a-t-il fallu qu’un lance-pierre prenne la place du bonjour ?

Sans laisser le temps de vérifier la voilure, la vague traverse le pont en renversant tout sur son passage

le cul hors-d’eau la proue en plongée

le timonier balade d’un bord à l’autre à la gîte

Des ex-voto dans les jambes tout se tient debout avec peine

je me sens périr en marchant seul sous l’eau

Et je me réveille trempé

Niala-Loisobleu

27 Juin 2018

NO RIA


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NO RIA

Rares sont les derniers points d’eau

à remonter des nappes par d’incessants pompages au secours

arrive que tombe le masque

d’un simili échafaudage

Le plan hors sec

se débat

derniers sursauts de l’ouïe

la barque trop chargée crie son non

L’horizon bloque des quatre faire

l’iceberg retourné lit vide

plus blanc qu’un linge savant

replie ses gaules à grimaces…

Niala-Loisobleu – 14/06/18

 

LE CAUCHEMAR: VIOL de DELPHYS 


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LE CAUCHEMAR: VIOL de DELPHYS

Je suis dans un long couloir, sans portes, après avoir été crashé d’un ascenseur, j’ignore tout de l’étage mais sens que c’est haut. Impression d’altitude causant une gêne respiratoire. Soudain me voici bousculé par un homme qui s’enfuit en courant. Jamais vu, connais pas, il tient un objet lourd que je n’identifie pas.Et me voici devant l’entrée d’un appartement, du bruit, des cris je reconnais le sens des maux, la contestation des grenouilles de bénitier, le choeur du bien-pensant. Scandale ! Toute la vertu fourbe est rassemblée, ça fait beaucoup de monde. Je suis happé par la foule qui me conduit au centre d’une grande pièce et je vois….

Delphys est debout sur un chevalet, elle a été découpée et ce qui reste au pourtour de son corps a été peint en noir…

Tétanisé, je ne peux pousser le moindre cri, j’ai la voix prise, le corps dans un étau qui se resserre…

Soudain je prends conscience…l’homme qui m’a bousculé, c’est l’assassin. Je ressors et cours à sa poursuite, les vociférations des opposants à l’IVG, s’éloignent, je comprends…

J’ai redescendu les étages sans savoir comment et j’arrive dans le hall de l’immeuble, l’homme est là exhibant une tronçonneuse !

Sur un drap blanc étendu à ses pieds le symbole de la matrice a été massacré, les fruits gisent sans vie, la coupe en débris a sectionné les fleurs.

Je prends le violeur par mon droit d’artiste, le gifle avec ma propriété intouchable et l’envoie devant les juges.

C’est fini je me réveille et me lève, le cauchemar bien présent à la mémoire. Hier on m’a proposé de prendre l’image de Delphys pour illustrer un article pornographique…inutile de chercher plus loin, le cauchemar vient de là.

Niala-Loisobleu – 23 Mars 2018


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MOT A MOT 2

Durant des années, le coeur dans une seule pensée  fait, dès le réveil et jusqu’au coucher, le même chemin, en ne voyant que ce qui d’emblée lui a paru bon. Longue promenade un peu sportive, sans en avoir le moindre esprit. D’abord bénéfique, petit à petit le train en ralentit. Pour finir par être de plus en plus lent. La disparition de son leitmotiv lente mais constante en étant la cause. On a pas de raison de se méfier quand on donne, ça tombe sous le sens. Le doute c’est le crabe, quand on sent sa présence c’est déjà trop tard. On ne voyait que ce que l’on pensait être, mais…Les arbres n’étaient plus des arbres, ils étaient devenus une partie d’un décor d’ensemble, chaque chose en place n’ayant aucune réalité, juste des accessoires collant au thème que le coeur ne pouvait imaginer ne pas exister. Quand le mensonge devient le sordide produit d’une lâcheté qui le laisse se développer. L’oedème finit par imploser. La blancheur peut masquer la tare la plus sombre qui soit. Jeu de dupes, vertige d’une paranoïa machiavélique. Bonsoir.

Selon d’autres hiérarchies

A nier le don de soi
le charme des fictions s’exténue…

Albert Ayguesparse

(Mot à mot)

Adieu monstre d’une fanstamagorie pernicieuse, le mal qui t’anime t’appartenant en propre, je te l’abandonne. Il faudra remonter les vagues scélérates, c’est courant en matière de navigation. Chaque odyssée est un passage de soi. Le voyage est une initiation permanente.

Niala-Loisobleu – 8 Avril 2017

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