PAONS DE BRUME


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PAONS DE BRUME

Habitants des encoignures

que des ronces à fleurs de watts illuminent

ils guettent au trou comme des faiseuses d’ange

prêts à tricoter

Faites vos je

chante en boucle l’épi du poêle de carotte

Finie la misère

finie la solitude

faites vos je c’est votre jour de chance

L’ô tôt ça tisse faction

Le lapin qui sort du chapeau

fait pas autre chose que son rôle de rendez-vous manqué

Dans la fumée des cierges l’an chair capote

si da

peut-être

un polichinelle ou une MST  à gagner

Mame Irma c’est pas toujours Larousse qui s’aime à tous vents…

Niala-Loisobleu

19 Mai 2015

Diana Dihaze  42f54c9b0bd9f720476c

EST-CE-TU AIR ?


Autoportrait d'un loup solitaire

EST-CE TU AIR ?

Instinctivement je cueille une mèche à ton front
curieusement elle fouille
remue
et retourne ma poitrine
pour trouver ce qui se cache sans motif apparent

dans l’emploi du tant d’une journée pastel

Cette clairière ferait tonsure dans le touffu ‘incompréhensible

C’est en plein large, pris dans l’étau de la mer et du ciel que ces suspensions  sont le plus perceptibles. On tient sa pensée avec la paume vide, on est debout sans plus sentir ses pieds, un oeil à côté de l’autre, bien en peine de réunir les deux bouts de l’horizon. Où est-on vraiment, si ce n’est dans la cuisine où tu prépares le repas de midi, dans la salle d’ô, repassant tes formes au miroir, derrière le rideau des arbres qui commencent le bois de pins, tirant à eux l’odeur de la première vague léchant la plage. Etre ensemble séparés c’est naviguer sur un bateau-fantôme dont  l’avant marche complètement derrière. Sous la poussée de deux vents contraires.
Où sont-elles restées les marques des courses animales
passées au travers des pierres
disséminant ici et là
faines et glands
Sans demande des lèvres
la nuance insère la teinte de la vibration
au blanc no man’s land
poussant la couleur intérieure a se prononcer
Le silence change de portée
nous amenons nos doigts au coeur de l’herbe a tresser des paniers
La gorge en feu le soleil irradie les vases de verts maraîchins
les lentilles gardent notre reflet au secret
le temps d’un nuage transbordeur
Aux frémissements désordonnés de tes seins
mes lèvres attrapent la cadence
je ratèle ton ventre de mes dents
pour retenir la senteur de ton creux
L’arbre surgit de temps de poussée
mirliton dépliant sa musique
aux extrémités de ses bras
tranquille
insignifiant
telle cette force qu’aucun pouvoir tramé ne saurait avoir
Un témoignage sans droit de gage

Niala-Loisobleu

17 Mai 2015

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LES SURDITES D’ESCARPINS 1


wilde-600x410LES SURDITES D’ESCARPINS 1

Suivant les dalles du couloir de la circonstance-attitude

les talons d’escarpins

font des bruits de garotés

muselés comme il se doit

que je les crois plus réservés

qu’une paire de charentaise au pas étouffé

Un oeil voué au strabisme divergent

observe en catimini

(nuisette rose-ras-du-bonbon)

que pas un poil de trop passe sous l’apporte

Faut dire que chez ces gens-là

Monsieur

on se dévoile pas

on porte que des cas leçons longs

En dehors du curé

personne n’a jamais vu leur cul au naturel

Tant que j’y pense

faut que je rajoute des navets aux paumes de taire

pour donner du goût  à la soupe

La maîtresse de mon mari a mis dans son carnet de notes

« Doit faire ses preuves »

nos gosses sont plus en avance

question attouchements mineurs

grâce à leurs téléphones

ils ont les doigts téméraires

A leur âge quand je me mettais à genoux s’était pour prier

maintenant avec les horreurs qui mettent sur la cigarette

y commence à la pipe

Faut dire qu’au lieu d’aller à l’école s’ils faisaient les ponts républicains

à chaque fête religieuse

vu qu’on a des pratiques de plus en plus étendues

ils retrouveraient le morale saint sans la hic

Niala-Loisobleu

15 Mai 2015

Moth

DEBUT DE DESCENTE D’ASCENSION


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DEBUT DE DESCENTE D’ASCENSION

Au moment de devoir commencer, il faut d’abord préparer de la place. Une seule solution : laisser en plan ce qui est en cours. Sinon on ne fait que continuer à ne rien pouvoir commencer de nouveau.
Un simple regard aux frontons des institutions montre combien peu d’enseignes disent : « c’est bien sûr, la voilà la solution » . A quelques exceptions près toutefois. Mais encore. L’école, fondation du tout ce qui commence, n’est-elle pas la pierre angulaire de l’imbroglio total.
D’un côté les enseignants, de l’autre les parents ne forment-ils pas la merveille du sur place j’avance à reculons sans que ça se voit grâce à la réforme permanente des réformes en cours de non application. Notons au passage que c’est le moyen politique le plus en cours, quelque soit la couleur qui prétend gouverner. Faire des lois faute de pouvoir en faire respecter une ça écarte du sens de l’acte. En mettant à l’abri d’une accusation d’inaptitude menée par des nettoyeurs de fumisterie.
Tiens, si je prends l’heure qu’il est et que je me pose la question de ce que je vais choisir pour occuper une Ascension, prise de décadence autant climatique que d’état de santé générale, je suis plus certain de me retrouver au regret d’avoir pas su quoi faire, que de sentir l’effet constructif d’avoir été heureux.
Je vais de ce pas tremper ma plume dans l’encre de ma cabane, accompagné d’une pensée de Nietzche ne passant pas par une église…

Niala-Loisobleu
15 Mai 2015

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NOTES PERDUES


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NOTES PERDUES

Décousus d’un duo

à cordes cassées

sur l’attache d’un marigot

lâchant un gaz d’échappement

le twoo disparate

d’un pied de cul-de-jate

marche à côté des godasses

Tout sépare

de ce qui fait l’attache

qu’on en pêche

en partouze

des amours batards

et rondes libertines

Où est ce silence qui dit

dans ce bruit qui étouffe

Indifférence unisexe

qui congèle les fusions

pour se faire croire

habiter au soleil….

Niala-Loisobleu

8 Mai 2015

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TOC A TA


Christine Comyn - 31 -

TOC A TA

Devant derrière

le noeud de cette cravate

serre

Mais sert à quoi

quand mes doigts sont sortis de sous ta chemise

celle à fleurs

que tu lavais qu’à la rivière de notre lit

que voilà clos

huis, huis, huis

Je sais qu’aux debouts

tes bras ne sont pas froissés

Ils vont et viennent comme une valse

Chopin

tu te souviens

que de seoirs ses mains ont allumé

en transparences

nocturnes

comme ton amour cristal

qui est côtelé velours de ta peau pêche

pulpe

j’aime que tu

soie sauvage

abricot bleu notre transport en co mains…

Niala-Loisobleu

6 Mai 2015

Clement Lefèvre - Illustration

EXCROISSANCE DE LUNE


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EXCROISSANCE DE LUNE

Quand on naît de bois

pétrifié par une des Gorgones

un jour d’odyssée

gente de pis

C’est pas possible d’être au monde en inexistant

zombie-valent

ectoplasme accouché par Mame Irma

Quelque surnaturel dans les genes

ça peut faire la table ronde d’une cuite en embuscade

La matière émotionnelle de marbre

la bouteille à l’amer

par apposition des maints tour de pass-passe

Pété

bourré

cuit

comme un p’tit Lu

rond comme un manche de pelle

Pourtant à les regarder on ne voit pas tout de suite le vice de forme

on s’approche chaque jour un peu plus près

en sentant bien que l’étrange est présent

mais sans pouvoir bloquer le charme

On est plein cap

voie des Sirènes

que les lises écrivent au piano des lettres ornées

Décharnés de la conscience

nos ectoplasmes

nous recouvrent de leurs ventouses

ça pieuvre

ça poulpe

ça vampire

à se faire bouffer la moelle

au point de rouler quatre membres crevés

Voilà une transe sibérienne au travers de la barrière de feu

qui va exiger d’urgence une transfusion sans guigne

blues in the blue…

Niala-Loisobleu

27 Avril 2015

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BRUISSEMENTS


Surrealism by Jake Baddeley

BRUISSEMENTS

La rivière doit bien avoir des pensées qui lui sont propres. L’arbre ne pousse quand même pas sans se poser des questions. Quand à l’oiseau je n’ai aucun doute, mon jardin a perdu ses hirondelles bien avant que les fils téléphoniques ne connaissent le numérique. Leurs couleurs si vivantes, vous en connaissez-vous des tons qui volent, qui font des sons musicaux de feuilles jouant avec le vent, non ça n’existe pas chez l’homme la lumière qui tressaille naturellement. Il faut qu’il se fasse des préalables pour espérer décider ce qu’il n’ose, sauf quand ça va porter malheur à l’équilibre, où là connerie est déjà faite avant qu’il se pourrait, rien n’est moins sûr, qu’il la voit.

C’est fou de voir que plus les siècles passent plus l’affligeant épaissit.

Ils sont forts les maîtres à penser. Des manipulateurs hors pairs.Pourquoi y râle puisqu’il accepte tout au nom du n’importe quoi. Sa révolte est sinistre de bêtise crasse. Limitée au procès de sale gueule, il va mettre un danger à la place d’un autre sans s’être un instant penché sur le vrai problème.

M’enfin pourquoi y se fatiguerait le RTT, ça va pas pas ? Allez ouste, sortez et ne revenez pas avant la prochaine messe, à genoux j’ai dit !!!

Quand la télé cultive une telle diversité d’émissions culturelles, merde comment dans un quotidien de chômdu, de parents qui se nourrissent aux imbéciles qui s’occupent de garder leurs mômes, éducateurs en tous genres, garde-chiards et employées de crèches, pour qu’ils puissent faire les magasins avec leurs caddies en taillant la bavette, comment remettre les choses en dehors du désordre le plus constant ? Comment un gouvernement pourrait-il se maintenir si les attentats de religion, les crahs de pilote en mal de vivre, les mômes qui violent en tournantes, qui tuent dans le trafic de drogue, inspirés qu’ils sont par une large propagande du crime, du sang à la une que les émissions de télé dispensent en boucle ? Sans oublier ces reportages hautement réalistes sur la vie des milliardaires qui achètent des pays sauvages pour construire des hôtels à circuits-poubelles. Enfin on a que ce qu’on mérite…quand le nazisme sera de retour aux commandes, si on extermine pas davantage de populations ce serait une nouvelle déception humanitaire…

Le monde n’a aucune chance d’être refait. Ceci ne doit pas vouloir dire que tout est pourri sans recours possible. Il faudrait juste que les combines à pognon qui ne font que générer le vice et la corruption soient éradiquées des seules priorités d’une minorité qui pratique l’esclavagisme planétaire.

Je t’aime la vie, t’es belle de l’intérieur,

c’est l’allure qu’on te donne qui te va pas,

ton maquillage trop lourd, te fait pute,

nettoies-toi la goule….

Niala-Loisobleu

26 Avril 2015

Sammy Slabbinck

EN ATTENDANT PLUS RIEN


Katherine Blackwell

EN ATTENDANT PLUS RIEN

Roulées comme des moutons sous les meubles, les poussières tissent de la toile en troupeau. Stop, il y a des parasites sur la ligne. Laisse hâler ce n’est qu’une valse qu’a mis l’temps. Reprends l’air, sors, déhale et fous ton cap sur le chemin du bleu, que le temps grisaille ou non. Il en reste toujours un peu dans un coin. L’Iroise vue de mon hublot, c’est du jaune de rose sur l’ô. A quoi qui savent si j’suis s’rein ou maussade, ces camelots du mot au rabais, pauvres bonimenteurs d’articles que ça balance à vomir de mal d’amer, du galon volé sur la Manche et la casquette, juste bon à faire neuneu dans la complète ignorance du noeud marin.Mon Capitaine, reste la coque sur le banc de sable et dore entre les rochers. C’est comme le Gardien qui veille à l’entrée des villages des peuples les plus reculés. Le civilisé le voit pas. Pourtant il lui voile le kodak du premier au dernier clic-clac. Préservant le secret de la vérité.
Le champ funèbre peut sortir de la voie qu’on a ouverte. En fait, il y a toujours un empêcheur de fête dans celui que t’as voulu rendre gai. Le triste c’est chronique. On peut avoir des colatéraux plus requins que des grands fauves cannibales, charognards et sadiques que même les inquisiteurs en ont froid dans l’dos. Le gène a ses exceptions comme le grade hué de la règle.
Ton bateau P’tit-Frère tourne autour de mon encre. Tu l’as planté à L’Espérance, probablement pour qu’il ait chaud en nid vert, que t’as choisi ce mouillage.La navigation c’est loin d’être ce qu’il y a d’écrit dans les cartes. Ceux qui font Cap sur Irma sont des utopistes-naufrageurs. Ils t’entraînent par le fond en te faisant passer pour vrai ce qu’ils sont incapables d’être et de réalise. Je veux garder la blancheur du sel au poivre de l’audace.J’ai fermé les sabords. Faisant de l’atelier à plein régime, comme quand d’avoir reçu du mal je peins pour m’en guérir. C’est drôle, le plus difficile pour être heureux, c’est de pas laisser la porte trop ouverte, c’est fou le culot que ça peu avoir un sinistre de la vision du jour. Faut pas que j’me dégante de la peau des mains à donner pour rien que du malheur…

Niala-Loisobleu
22 Avril 2015

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DANS LE SAS


Me And My Dear Friends

DANS LE SAS

Une solitude à l’intérieur,
une autre à l’extérieur.
Il est des moments
où les deux solitudes
ne peuvent se toucher.
L’homme se retrouve alors au milieu
comme une porte
inopinément fermée.
Une solitude à l’intérieur.
Un autre à l’extérieur.
Et la porte résonne d’appels.
La plus grande solitude
est à la porte.

Roberto Juarroz

Grinçante comme un tambour scalpé la peau doigt s’huiler

Sur le porte-chapeau des cheveux sont restés accrochés au ruban

Les cerises en fleurs sur la paille chantent à capela sans attendre la musique

Je me demande peut-être, certainement qu’elle est la couleur du cheval blanc d’Henri iv

En allant cent pas perdus entre consigne et salle d’attente

Qu’une motrice sente le fumé et qu’un caténaire envoie des escarbilles n’étonnerait qu’un chef de gare cartésien

Pas un contrôleur du train du plaisir

Au tant de l’Orient-Express les soupirs des sleepings menaient droit à Venise

Sans passer par la case prison

Comme il bat de l’aile le Guignol pris dans le dédale des traboules que pas une aspe sort de soie

Elle habite plus chez ses parents que dans de lointains souvenirs en poche restante

Quant à lui dans son studio en duplex l’escalier de serre-vis est sans fin

L’ô est pas encore à tous les étages

Côté cour les sites de rencontres l’affublent d’un 95 B tout en affirmant en tirade qu’il a la plus longue

Côté jardin va falloir essarter on voit plus les paragraphes des carrés de l’es-tu

Un matin comme un autre mais différent voilà ce que toute prière contient en secret

Les yeux bridés du Club Med regardent sauter les petits lapins sur le mur des ombres chinoises

Quand doivent-ils franchir la porte de la Cité Interdite ?

Niala-Loisobleu

19 Avril 2015

Фотограф Kiyo Murakami_362928