C’est de quel côté ?


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C’est de quel côté ?

 

Un jour que je m’étais pris par la fenêtre du port, j’embarquais quelques îles lointaines en me servant du vain de palmiers, sans idées dévastatrices préalables. Fou à laisser de côté les bretelles de ma culotte, parce que n’ayant pas l’usage des voix à péage toujours à faire les marchés en guise de pouvoir.

C’est de quel côté ?

Ah, je ne pourrais trouver de question plus exhaustive, tant je me la suis fait poser à propos de tout et n’importe quoi. Mais en fait il n’y pas moins de restriction que dans cette question là. Parce qu’on vous la pose toujours en cherchant l’espoir.

J’éviterais, n’ayant pas l’éludication pour religion première, de me tailler une langue de bois. Que je suce. Ayant l’aperception pour pratique coutumière, afin de sortir de l’appareillage ambigu (manie en exercice chez les marins de con plaisance, qui font de la navigation sans se larguer du port, genre St-Trop)

Les contre-feux du discours sur la manière d’éduquer les enfants tant d’erreurs de français par semaine, allumés par les corporations-parentales resteront en dehors. Il n’y a pas plus de côté que de latin dans ce mélanagogue de purge.

L’espoir pour moi, c’est du côté où tu te tournes. et comme tu seras seul jusqu’au bout à pouvoir pourvoir à ton avenir, cherches pas de droite et de gauche, marche devant mon P’tit-Gars !

 

Niala-Loisobleu – 12 Octobre 2012

 

RALENTI


 Pentax Digital Camera

RALENTI

Fiché sur sa pointe de compas
Le temps oscille
Dans l’herbe mouillée le chêne a parachuté ses glands
Froidure de passage entre nudité et peau d’ours
Pas en corps le givre
El le feu en attente dans l’âtre
A la pointe des rochers  le désir se dresse
La vague en battant la base d’un mouvement perpétuel
Plage languie sous les pattes de l’oiseau de mer
Le silence s’étend sans vouloir entrer au sommeil du couchant
L’eau pure n’a jamais cessée de tomber
Sur le miroir de la fontaine luit le dessein du soleil
Les crevasses gardent tout l’hiver le frisson du printemps
Le temps ne se départit pas de sa promesse
Le coeur est resté battant au milieu des branches
Niala-Loisobleu – 5 Octobre 2017

 

RAYURES AU PARQUET


RAYURES AU PARQUET

Tête en l’erre

tétant bas

desseins plats

la Dame de Coeur chavire, chavire.

Sombre le bateau-tango

quand le bandonéon lui avale le roulis des hanches

avec les pas de l’accroche-coeur.

Tangue le décolleté de la robe fendue où baille au fond de l’estuaire

l’épave de la boule du plafond.

Niala-Loisobleu – 12 Juin 2017

 

Nocturne en plein jour


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Nocturne en plein jour

Quand dorment les soleils sous nos humbles manteaux

Dans l’univers obscur qui forme notre corps,

Les nerfs qui voient en nous ce que nos yeux ignorent

Nous précèdent au fond de notre chair plus lente,

Ils peuplent nos lointains de leurs herbes luisantes

Arrachant à la chair de tremblantes aurores.

C’est le monde où l’espace est fait de notre sang.

Des oiseaux teints de rouge et toujours renaissants

Ont du mal à voler près du cœur qui les mène

Et ne peuvent s’en éloigner qu’en périssant

Car c’est en nous que sont les plus cruelles plaines

Où l’on périt de soif près de fausses Fontaines.

Et nous allons ainsi, parmi les autres hommes,

Les uns parlant parfois à l’oreille des autres.

Jules Supervielle (Extrait de La fable du monde)

INLASSABLEMENT


 

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INLASSABLEMENT

Un maillot sèche

derrière le vent mes mains puisent

l’hors du tant

inlassablement

L’ongle iso scelle en somme net

l’ultime brin de souffle

du fané

Niala-Loisobleu – 12 Mai 2017

ATONIE


ATONIE

Les pleurs des autos mobiles repoussés au lointain

l’horizon ne montre pas clairement

les traits de son visage

Il faut franchir la côte pour les eaux profondes

et sortir de la voie des sirènes

Sentir enfin la laine de ton ventre

se déshabiller du vague

me Nous rirait.

Niala-Loisobleu – 10 Mai 2017

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ATTENTE DE REPONSE


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ATTENTE DE REPONSE

Saupoudré de fusain, la feuille écrue

sanguine

dans un soupir

La salle est debout face aux fauteuils vides

d’un théâtre à l’italienne en panne de rideau.

Les loges gardent des frôlements de mains épars,

esquisses anonymes,

gestuelle murmurante,

sous la couverture des fougères en stuc.

Promenoir discret des mots tus,

bus au Foyer,

par l’éponge de la moquette épaisse

que les lourdes tentures essorent

avant que les glaçons ne les mouillent de bruits de couloirs

Les peintures des plafonds jouent au baccarat

avec les larmes en verre du grand lustre

Qui sait où les décors sont remisés,

l’imaginaire dans un sursaut de panique, roule des yeux fous.

La concierge sort les poubelles côté cour,

une sonate inachevée tombe du programme illustré.

Côté jardin,

un choeur de nurses refait ses comptines, chercher l’erreur.

Entre les spirales du bloc à dessein, le chariot de la grande ourse déambule,

dans la veine perfusée

, sous l’oeil attentif du souffleur.

qui annonce la nouvelle-lune

Niala-Loisobleu – 28 Mars 2017

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Billet d’adieu aux lignes perdues


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Billet d’adieu aux lignes perdues

Ramper des las le long du carreau
sentir de rouille cet ocre aux rouges
qu’un fond de bleu
a mis en écailles
dans une image du ciel
venue s’arrêter là
peut-être simplement pour saluer les mouettes
Sentir aussi bien des montées marines
chargées d’iodes sépias
par voie nasale
qu’au profond du derme refermé aux manches des vieux outils de bois
la sentir cette vie sans autre pourquoi avancés

 Ici le tant est suspendu à t’attendre

l’érode en rien ne fabule mon Amour

Les rives de Brouage ont appareillées
encablures lointaines
sans que le sel ait fondu d’un grain, la planète n’est plus ronde, ce ciel à plat se fait parallèle à la mer. Infini vertical ouvert luisant tantôt boue vert d’âtre
tantôt argent sans fric
pointillé de plumes blanches aux cris d’abordage
avides de labours proches
aussi bien d’étraves que de socs

On dirait que je cabane
l’atelier me marine, peindre me lance.

Surtout ce frisson venu de ton aine où le varech mouillé sable mon chant pagne par le dérapé d’une dune passée entre les boutons du corsage ouvert de la pinède
avant que les huîtres baillent aux claires en se tirant du talon d’Achille

Ô mon coquillage

Je me ciel ô

pour m’abstraire de ces formes ordinaires où tout se confond
pour mieux goûter à cette palette saline
où mon pinceau trempe d’en vie
Au marais le marin
tient sa viole entre les cuisses de la Cayenne
son archet frotte au remous du clapot qui se lève
Un jour en corps à vivre

Je dois appareiller des pièges côtiers, les sirènes ne cessent de chanter coeur d’étocs en chalutant la nasse du miroir aux alouettes. Je vois à portée de brosse les premières touches d’un autre tableau, mes mains n’en tremblent que d’émoi.

La fenêtre est toute à ton guet, en attente de rouvrir ses volets sur l’accent de tes bras. On ne peut vouloir le bonheur des autres sans être soulevé par le sien propre.

Je règle notre erre à ton courant ascendant nos corps hissés tous voiles dehors

Je t’aime couleur de vie d’une autre traversée d’encre jetée

Hâlons hâlons, sortons droit devant, la fleur de celle…

Niala-Loisobleu
23 Février 2017

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Ballade en auto gare


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Ballade en auto gare

Au petit matin

un reste de brouillard se balance

au dégoulinant des branches des vergues

L’éther assoiffé n’a pas la gueule de bois

Perdu

de l’eau d’un côté comme de l’autre

le hunier ausculte l’horizon

Ô voilà sans vin jour qu’on navigue

j’ai plus de sel sur la langue qu’au bout de l’aqueux

marmonne l’équipage

en tirant des bordées de la veuve poignet

Le con qu’a dit que le matelot à une fille dans chaque pore

devrait être mis en gars l’erre

pour apprendre que 1569 pour 1 mousse

ç’est bien trop long pour chaque un son tour…

Niala-Loisobleu – 05/08/16

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