Mon enfant tu seras toi, porteur de la suite qui nous est commune


17-08-16-1

Mon enfant tu seras toi,

porteur de la suite qui nous est commune

Au bout d’un moment, elle sortit de la cuisine et se tint dans le couloir. A un bout hier ne bougeait visiblement plus, tandis qu’à l’autre, bien que tout sembla clos, on sentait un passage possible.

Par la porte entrouverte de sa chambre aucun râle ne sortait, aucuns mouvements de ressorts ne s’échappaient du matelas, le lit disparaissait entièrement sous les valises.

Tout s’est cassé la gueule, se dit-elle en pensant au soir où après l’avoir croisé, la copine qui se trouvait avec elle fut effacée entièrement au bénéfice de sa gueule d’ange. Le monde n’était plus que bonbon rose, sirop des rables et barbe à papa pour aile seule.

Oui, toute seule à n’avoir rien vu du masque d’agneau cachant le loup.

Où donc s’en est-il envolé ce canal de Venise, où la voix de l’amoroso poussait sa béquille dans nos soupirs ? Lui qui m’a déteint comme un confetti retombé de la musique de carnaval. Seulement à qui la faute ? Cachait-il sa vérité pour que tout le monde à part moi l’ait vu ? L’amour est aveugle. Je crois pas que ce soit d’une panne de vue sur l’autre, je suis sûre que c’est rien que d’avoir obturé tout ce qui n’était pas soi. Vouloir sortir d’un néant. Mais en se défenestrant, c’est la musique d’un soir de bal à la si trouille où qu’on s’est caché les paroles.

Il y a des déserts qui ne mettent pas leurs oasis en vitrine.

Aujourd’hui ne doit pas étouffer par ses erreurs du passé, au contraire il doit juste en tirer la morale. En vivre. Être l’étalon de nos rêves devenu traces vivantes de ce qu’on a voulu faire au départ . Nôtre réalité intermédiaire mise au monde.

Mon enfant tu seras toi, porteur de la suite qui nous est commune.

Niala-Loisobleu – 7 Septembre 2016

img_2562

 

CLOTÛRE AUX LEVRES ROSES


affiche

CLOTÛRE AUX LEVRES ROSES

Aux yeux des vitrines

Les strates

De jours mal choisis

En rigole

Vont

Passer les grilles

Battues en brèches

Les cernes repoussés

D’où seraient-ils venus sinon de ce sillon

qui sorti de la nuit

porte la graine du jour en lui ?

Enveloppe sphérique paisible

où la lave cautérise la griffe

Sa plaie

Son infection

Son agression

La palme débarque la pâques et ses oeufs cernés

de la Trinite

A l’étiage du bénitier

Il pleuvait

D’un gris uniforme

Quand du rideau de leurs paupières

sortirent les trois coups solaires

Et là

Dans les Recollets

Les Bleus-Blancs Matins

Nous mirent au m’aime soleil

Pour que naissent les Reflets d’Estrans

mon Capitaine

En appareillage

Pour une aube

Que le silence projette au coeur d’un absolu échange

Troublé en rien par les battements sonores des coeurs

Peindre pour voir la couleur enfanter
Recule d’ô tant la pensée de mourir

En donnnant

Mains tenant

Le désir de renaître en corps et encore à l’amour !
Loisobleu
31 Octobre 2015

calb682P1000280_JPG

https://www.youtube.com/watch?v=EidJV2mb9h8

L’AUTRE PORTE


11013280_1659336357630403_3611461352381054238_n

L’AUTRE PORTE

Un autre son venu, depuis si longtemps attendu, surgit comme la pointe d’une respiration lointaine. C’est un murmure au lit de l’intime solitude qui casse la croûte pour donner naissance. Le silence tient ce qui précède entre ses mains, les jambes demandent l’aide des bras. Sur ce chemin aussi stable que la chute du premier âge. Me voici mu par la conclusion qui est là, en train d’ouvrir l’autre porte. Moi, qui les accompagne de ce regard vif, conscient, présent aux obsèques qui lèvent.Ma Fin gagnant son Existence, oui c’est ça, Le Bonheur d’avoir gagné la lutte sur l’Ombre. Quelle étrange et magnifique cérémonie, être plus vivant à son enterrement que l’inertie du monde qui s’inscrit en tout ce qui bouge autour de soi.

P1040423

L’enfant se passe la main dans la blancheur du poil, les arbres déclinent la vigueur par la voie initiatique où ils engagent leur sève. L’apparat s’est amati, le grand air livre la rue aux cordes vocales du pavé.

L’effondrement général du temps présent n’est plus là que dans son déroulement d’incapables tireurs de ficelles. Ils n’ont pas tué l’Homme, sans fleurs ni couronnes, sans pleureuses, sans déplacements de ministre, sans envolée de manches au Parlement, sans imposture de banderoles et trompettes de supporters déguisés en maquillages nationaux, la tripe sort et parle.

Elle dit, depuis tout ce si longtemps que nous nous connaissons, ce que que vous nous avez donné à devoir savoir par nous-mêmes, là sur les cimaises de ces Recollets, nous lisons le grand A de vérité de ce qui a été votre première intention. Les mots-peints ont portés l’espoir, ils nous tiennent en vie..

Le mur en s’effritant laisse l’amour libre. Je vois ma couleur à pleines mains dans des bras à venir, et j’en pleure comme si il n’y avait d’autre merci plus sincère à te donner  à Toi visiteur, membre d’une m’aime humanité que la mienne.

Niala-Loisobleu

24 Octobre 2015

24.10.15 - 1

https://www.youtube.com/watch?v=Y4SWje-lbcU

EN VRAC A TERRE


11.10.15 г. - 1EN VRAC A TERRE

Les mousses sortent des cheminées tandis que les terrils halètent un peu plus loin, est-ce un reste de grisou qui par peur d’anthracite s’est abstenu de prendre feu ?

Bah, faisant appel à l’antécédent de mon histoire, me revient l’empilage des cartons sous le verre ou la tasse, sur la table ronde d’un troquet. Mabillon, face au métro, tu m’as-tu fait plus souvent passer par la Rhumerie que par l’arrivée d’Orsay. Je t’ai regardé durant des heures, coeur en oreilles Eluard. Les bancs de la Place de Furstenberg, en sont témoins. Un peu de Peynet pour attendrir les aboiements du quotidien.

Avec ses odeurs de Cité, la Seine se passait en public.  Prenez un bain Deligny, quatre remorqueurs d’Alexandre Dumas, une vierge en proue c’est mieux que peuh, pour les pêcheurs on sert à discrétion, enfin quelques ponts avec péniches et le conte est bon.Ce temps là broyait la couleur en poudre, huile de lin et coude de l’autre. L’huile de lin ça vous attrape d’abord par le nez, par bidon de cinq litres on a la frite avec. On l’avait comme jamais un tube n’a eu le hit. Pour peindre le drap de lit se tendait plus chair d’ébats antérieurs. Peindre sur la toile où l’amour s’est enduit, ma parole, c’est sans craindre d’avoir des craquelures à la peau. Les paysans, les marins-pêcheurs, les fondeurs, enfin toutes les sortes de manuels chantaient sans machines, trucs automatiques, et repos dominical.

A croire que le bonheur s’accommode mieux du simple. Pourtant les chiottes étaient souvent au fond du jardin. Pas d’eau chaude ça doit rapprocher à se bassiner le ventre, pris dans l’étau des cuisses. Bref la veillée cultivait autrement qu’une réforme régionale.. En plus de connaître ses départements on pouvait donner plus qu’une idée fausse de l’humain. A tout ça, sel que j’aime, j’en brasse.VIolon selle et cheval de ma neige, un sein que je ne saurai que voir.

C’est bon de savoir pleurer des mots scions.

Niala-Loisobleu

18 Octobre 2015

0250bd9ca63fe41e4f78ed942b7690a1

https://www.youtube.com/watch?v=ijNm6iVCFqY

AUTOMNE TU FECONDES LE PRINTEMPS


A2-Niala 87_1(Automne tu fécondes le Printemps – 1984 – Niala – Acrylique s/contrecollé 65×50)

AUTOMNE TU FECONDES LE PRINTEMPS

Cette couleur fauve, un rôti d’ocres aux carmins qu’on trouve le soir quand les guitares quittent les musiques en boucle des zones commerciales, cette couleur rhésus qui fume en spirales aux naseaux des réverbères d’un seuil nomade, chaleur de flammes, pétille, craque et sue sans façons, omniprésente, devient mon intime pensée. Les géraniums ont repris le train des dernières vacances, le temps est au bord de devenir froid. Pourtant, indien, le soleil se la joue retour d’été. Se mêle alors l’indistinct, le non-accompli, la zone de gestation. Les pourritures sont autres. Celles du monde des hommes disparaissent pour un temps, celles de la nature apparaissent, organisatrices, faiseuses d’un ordre immémorial qui survit à une décadence en voie d’accomplissement. Les azulejos des rives atlantiques bleuissent, mes regards fados me donnent sa voie. Quelle est-elle ? A la question je répond merde.

« Il est des moments où il faut choisir entre vivre sa propre vie pleinement, entièrement, complètement, ou traîner l’existence dégradante, creuse et fausse que le monde, dans son hypocrisie, nous impose. »

Oscar Wilde

L’odeur prend les roux sillons, des argiles ouvertes, au sommet du compas des cuisses. La sève perle, là le végétal pileux ne tombera pas avec les feuilles. Je pense qu’il faut un gardien au sacré, quel qu’il soit. Le lieu de la naissance du monde, caverne à jamais, rupestre pour toujours de cette première main qui y apposa son empreinte. Accompagné des brames des cerfs, assaut des bisons, feulements d’avant le Verbe. J’ai perdu mon âge avec la raison d’une folie qui rebondit. Des carreaux des salines arrivent des reflets d’un érotisme de sel plus charnel que poinçonneur des lits las. De ses yeux de chien battu Leny sort la chansonnette, y veut plus mourir. Il sent bien l’arrivée de l’ibère, même si son idéal communiste est d’une autre utopie. Il veut avoir cette autre chaleur. L’absolu de la poésie.

Merde à vos bans

Je mimétise automnal

J’veux sentir humus sans numéro

Avoir les pores qui repoussent les plagistes

l’aisselle qu’on choisit

jusqu’à la dernière griffe qui rognera la terre

Au bord de la petite mer…

Niala-Loisobleu

13 Octobre 2015

A2-Niala 45

https://www.youtube.com/watch?v=FzreJdLzxR0

MAINS TENANT ENCORE


MAINS TENANT ENCORE

Le jour n’avait pas sonné qu’il était encore cette lumière à l’intérieur

déjà..

Dans l’enveloppe du gland, de la faîne, la poche du rein,

la prescience du minéral battant la roche,

la pierre à feu soufrant le bout de l’allumette,

pourquoi pas

le tabernacle

eh oui, si tu veux

le choix est,

le choix sera-t-il ?

Le secret du vote se fout de l’urne, tu le connais dans le coeur

Il n’existe pas ici-bas d’endroit plus haut

Le tremblement bleu-argent, olive dans les branches de ses veines

artères tordues, doigts à l’incision d’où jaillit la sève du vouloir contrer l’impossible

cette puissance qui alimente le néant à perte de vue

partout présente dans nos matins jusqu’au soir

Nous y sommes confrontés

Alors la promesse va devoir défier sans rien d’autre

De partout les bêtes lance-flammes déploient leurs ailes

la ville passe à l’ombre

les rues tombent au fond des souterrains d’un avaloir quotidien

Ne sommes-nous pas sortis de la pire des conditions pour avoir  dit oui à la croisade ?

Le graal c’est l’entité initiatique

P1040758

Mains Tenant 5 – 2015 – Niala – Acrylique sur panneau 65×50

L’amertume déverse le verre fielleux en pleine pulpe

la coupe de fruits se taille au bazooka au verger d’un incendie de faux rais

le vitrier et le rémouleur sont en plein film d’épouvante

qu’est-ce que ça plombe la chasse au bon heur

Jusqu’aux os

jusqu’au par-dessus la tête

Et dans tout ça vous étiez à quel endroit ?

Au fond de la tranchée devant le sifflet de l’officier ordonnant l’assaut

tous les nids de guêpes des mitrailleuses en batterie dans l’axe

Et la mine ?

Anti-perso pour t’arracher les jambes des fois que t’aurais encore des couilles

Et l’à venir ?

Le trou-noir

Ben dis-dont

c’est quoi ce plan ?

L’espoir mon P’tit-Gars

ça qui fait le pigment de mon bleu

qui te propulse à poil pour sortir du mauvais oeil

qui porte quand la rafale lâche ses vagues scélérates

qui rend visible

ce pour quoi tu avais décidé d’un nouveau départ

et qui te relève quand t’es au plus bas, attrapé par la ficelle du cerf-volant

Mains tenant…

Niala-Loisobleu

30 Septembre 2015


Tomasz Alen Kopera_18_signature_reverse

L’HOMME QUI SORT EN RENTRANT…

Du tant périmé où les trains sifflaient

comme les sept-nains

reste-t-il de l’embauche pour un vrai travail sur soi-même

Voyageur allant nulle part
Partant de gares vides
En voies de garage
Triage impossible
L’aiguillage est grippé.
Ah ah ah
Je suis l’étreint fantôme
D’une gare abandonnée
Disait l’homme égaré
Qui suis-je , où vais-je, où cours-je ?

Termes minus

Prend un billet pour toi même
Et voyage -toi
Genre tour-opère à torts
Déménage
Habite-toi
Tiens écoute Loiso te parler de son pote
Walt Whitman
Un barbu qu’en avait dans la moustache
Lis tout
Jusqu’au bout
De ton intérieur…fenêtres ouvertes du bon côté

Niala-Loisobleu

14 Septembre 2015

Walt_Whitman_-_Brady-Handy_restored

WALT WHITMAN

Whitman naquit le 31 mai 1819, près de Huntington dans l’État de New York, au coeur de Long Island; il était le second enfant d’une famille qui en comptait neuf. Alors qu’il avait quatre ans, ses parents déménagèrent à Brooklyn, où il devint apprenti chez un typographe. Il partit, ensuite à New York pour exercer sa profession, mais revint à Long Island en 1835 afin d’enseigner dans des écoles de campagne.
De 1838 à 1839, il édita à Huntington un journal intitulé le Long Islander. Poussé par l’ennui, il retourna à New York, reprit ses activités de typographe et de journaliste, et fréquenta assidûment l’opéra, le théâtre et les bibliothèques. Il écrivit à cette époque des poèmes sans grande originalité et des récits destinés à des magazines populaires. Il rédigea aussi des discours politiques pour les démocrates du Tammany Hall, qui le remercièrent en le nommant rédacteur en chef de plusieurs journaux éphémères. Après un séjour à la Nouvelle-Orléans, en Louisiane, il revint à Brooklyn où il essaya de créer un journal pour le parti qu’il avait défendu, puis exerça différents métiers avant de se consacrer à l’écriture de la poésie.
En 1855, Whitman publia la première édition de Feuilles d’herbe, un recueil de poésie dont la versification était tout à fait inédite. Cet ouvrage, bien différent des poèmes d’amour en vers rimés qu’il avait composés dans les années 1940, chantait sans retenue le corps humain et glorifiait les sens; il ne trouva pas d’éditeur et Whitman dut publier l’ouvrage à ses frais. Si le recueil était anonyme, en revanche le frontispice représentait la silhouette du poète en pied, les poings sur les hanches, en bras de chemise, le chapeau incliné sur le coin de l’oeil. Whitman avait également composé une longue préface dans laquelle il annonçait l’avènement d’une littérature démocratique « à la mesure de son peuple », simple et invincible, écrite par un poète d’un genre nouveau à la fois tendre, fort et héroïque, et qui s’imposerait par la force et le magnétisme de sa personnalité. Whitman passa d’ailleurs le reste de sa vie à s’efforcer de devenir ce poète dont il avait clamé les vertus.
L’édition de 1855 de Feuilles d’herbe contenait douze poèmes sans titre, écrits en longs vers cadencés. Le plus beau d’entre tous, que le poète intitula par la suite Chant de moi-même (Song of Myself), consiste en une vision d’un « moi » symbolique, ravi par les sens et embrassant indirectement toute l’humanité et tous les lieux, de l’océan Pacifique à l’océan Atlantique. Le poème désigné par le titre Ils dorment (The Sleepers) est également un élan visionnaire, symbolisant la vie, la mort et la renaissance. Après cette première publication, Whitman reçut une lettre de félicitations de l’illustre essayiste et poète Ralph Waldo Emerson, ce qui le poussa à publier à la hâte une nouvelle édition de Feuilles d’herbe (1856). Cette édition, revue et corrigée mais également amplifiée, allait être suivie de nombreuses autres. Whitman tentait, dans le poème intitulé Sur le bac de Brooklyn (Crossing Brooklyn Ferry), de communier avec tous ses lecteurs et avec tous ceux qui empruntaient ou allaient emprunter le bac. Dans la troisième édition, établie en 1860, il donna à sa poésie une forme plus allégorique. C’est ainsi que dans Venant du berceau perpétuellement bercé (Out of the Cradle Endlessly Rocking), un oiseau moqueur, qui incarne la voix de la nature, révèle la signification de la mort à un petit garçon, futur poète. On retrouve dans la musicalité de ce poème l’influence de l’opéra italien, que Whitman appréciait particulièrement. Le recueil était enrichi de deux nouvelles séries de poèmes: Enfants d’Adam (Children of Adam) et Calamus dans lesquelles le poète évoque l’amour charnel et homosexuel. (Calamus relaterait une liaison homosexuelle de l’auteur). Un volume de poèmes intitulé Roulements de tambour (Drum-Taps), d’abord publié en 1865 et ajouté à l’édition de 1867, reflète la profonde compréhension qu’avait Whitman de la guerre de Sécession ainsi que son espoir de voir se réconcilier les belligérants. Parut ensuite l’Embarquement pour l’Inde (Passage to India, 1871) qui traduit, à partir du symbolisme associé aux moyens de communication et de transport modernes, sa vision transcendante de l’union, non seulement de l’Occident avec l’Orient, mais aussi de l’âme avec Dieu. En 1881, Whitman publia une nouvelle édition qui lui convenait presque parfaitement, ce qui ne l’empêcha pas d’ajouter encore de nouveaux poèmes, qui apparaissent dans la version finale parue de 1892. Une série de poèmes intitulée Old Age Echoes fut également publiée, à titre posthume, en 1897.
Tous les poèmes de Whitman ont ensuite été réunis dans une édition définitive établie en 1965. Pendant la guerre de Sécession, Whitman travailla comme infirmier dans les hôpitaux de l’armée de l’Union, à Washington. À la fin du conflit, il resta dans cette ville, avec un emploi de fonctionnaire d’État. Cependant, en 1873, il fut atteint d’une attaque d’apoplexie et il préféra aller vivre chez son frère à Camden dans le New Jersey où il resta jusqu’en 1884. Après quoi, il acheta une maison, où il se consacra à l’écriture et à la révision de Feuilles d’herbe jusqu’à sa mort, le 26 mars 1892. Pendant ses dernières années, il avait également composé divers essais, rassemblés dans Perspectives démocratiques (1871), une oeuvre qui constitue désormais un texte de référence sur les fondements théoriques de la démocratie et sur la légitimité du régime politique établi sous ce nom aux États-Unis. C’est aussi à cette époque qu’il rédigea Jours exemplaires (1882-1883), un ouvrage où figurent aussi bien ses souvenirs, des récits sur les années de guerre et l’assassinat de Lincoln, que des notes sur la nature.
De nos jours, la poésie de Whitman a été traduite dans la plupart des langues et de nombreux érudits étudient la valeur et la portée de son oeuvre. On s’accorde désormais à reconnaître l’influence qu’il exerça sur des auteurs comme Hart Crane, William Carlos Williams, Wallace Stevens et Allen Ginsberg, ce dernier ayant été particulièrement marqué par la liberté de ton avec laquelle Whitman évoquait la sexualité. L’édition en cinq volumes de la correspondance de Whitman (1961-1969) ainsi que l’édition définitive en seize volumes de ses Collected Writings (1963-1980) ont permis d’approfondir la connaissance de sa pensée et de son oeuvre.
Référence:Whitman, Walt, Encyclopédie Microsoft® Encarta® 2000. © 1993-1999 Microsoft Corporation. Tous droits réservés.
Je chante le soi-même

Je chante le soi-même, une simple personne séparée,
Pourtant je prononce le mot démocratique, le mot En Masse,
C’est de la physiologie du haut en bas, que je chante,
La physionomie seule, le cerveau seul, ce n’est pas digne de la Muse;
je dis que l’Ëtre complet en est bien plus digne.
C’est le féminin à l’égal du mâle que je chante,
C’est la vie, incommensurable en passion, ressort et puissance,
Pleine de joie, mise en oeuvre par des lois divines pour la plus libre action,
C’est l’Homme Moderne que je chante.

Walt Whitman, Feuilles d’herbes (Traduction de Jules Laforgue)

Werner Hornung_Nice meeting you

https://www.youtube.com/watch?v=H6mfWun73vI&list=RDMMVl3k5cwQ94Y&index=9

ELLE M’A DIT DE LUI CUEILLIR SON COEUR


ELLE M’A DIT DE LUI CUEILLIR SON COEUR

Dans ce déversement de décombres moraux, de pas vrai, plus froid que du faux-de-tout–pour-faire-un-monde-pourri,  à la place de l’océan je me demandais si je ne coulerai pas tout de suite le bateau plutôt que d’en charger un peu plus la barque, mais suis-je une matière à penser, quand on attend de la société qu’elle penche du côté que ça va tomber  dans la poche de l’abuseur public ?

La gueule de papier mâché des rues, leur odeur de chique crachée, le tout dans un regard plus fuyant qu’un circuit piégé, ça porte pas à confusion, eh bien j’avais tout faux, parce que faut mentir, sans quoi rien ici-bas ne passerait pour vrai.

30065756Au bord du rivage, un ton d’iode, pris dans les estompes d’un matin qui aurait gardé le strict nécessaire, la mémoire du soir, tirait doucement une vue différente des autres. Insoumis, je n’avais pas mis pied à taire. L’envie de peindre, est un langage qui n’a pas d’accoutumance au synthétique. Elle se nourrit qu’au vrai nichon, chui là qui tombe hors des bretelles, tout droit dans les mains propres. Sans que la mauvaise idée hypocrite, malsaine, vicelarde, perverse en salisse l’innocence. Cet indéfinissable qui dans les apparences ne trompe pas. Cru, oh plus cru tu peux pas être moins pur.Raison que ça te fait dur. Sauf idées mal placées. L’inspiration ne fait pas de concessions.

L’atelier  ? Mon purgatoire.

Le chevalet de torture présente la virginité où l’union d’un état extraordinaire, hors, avec un spontané réfléchi va célébrer sa grand-messe. Hyménée sans cesse renouvelée. Couleurs d’un accent poétique duquel la transcendance doit sortir. Les sombres des repentis, les terres obscures des salles du cinéma quotidien, brouillards en estompe où les flous en balancent comme à pari mutuel. La forme est présente dans le blanc du lin. Musique que le pinceau va interpréter.

La Muse en décidera.

C’est ventral. L’expression de la tripe. Il faut la vomir avant le tour de chant. Il y a incompatibilité entre l’acte et le semblant. Tout compromis est impossible. Je peindrai autre, ou je ne peindrai pas.

Niala-Loisobleu

3 Septembre 2015

MEDITATION SUR LES RUINES DE PALMYRE


Along the Cardo Maximus or main street, 1.2 kms in length with porticoes at each end, 2nd century AD, Palmyra, Syria. Monumental arch in the distance. In Roman city-planning, the Cardo Maximus runs north-south, intersecting with the east-west Decumanus Maximus Picture by Manuel Cohen

Anatole France
MEDITATION SUR LES RUINES DE PALMYRE
1859
Extrait du Mercure de France, N° 647, 1er juin 1925

Le soleil couchant ne traçait plus qu’un bandeau de feu à l’horizon, et la lune s’était levée sur les ruines de Palmyre. Cet astre de la nature endormie ajoutait encore à la morne solitude de ces lieux où tout repose d’un sommeil éternel.

On entendait au milieu du silence les glapissements des chacals et les cris des oiseaux de nuit, ces voix lugubres du désert et des ruines.

Un voyageur apparaissait seul au milieu de ces débris ; le dégoût du monde l’avait entraîné loin de sa patrie, loin des hommes, et il était venu demander au désert les impressions dont son âme était altérée.

Ce voyageur, échappé du monde des vivants pour contempler un monde évanoui, méditait sur le grand spectacle qui s’offrait à ses yeux.

Les voilà donc, pensait-il, tous ces monuments qui faisaient autrefois l’orgueil de Palmyre. La main qui les a renversés ne semble en avoir respecté quelques débris que pour en faire les monuments irrécusables de la fragilité des œuvres humaines.

Cette plaine, maintenant déserte et silencieuse, ne révèle que par des débris l’existence des générations qui l’ont jadis animée, comme la mer, après la tempête, ne laisse deviner le naufrage que par les débris qui flottent à la surface de ses ondes apaisées.

Ici, pourtant, se pressait une foule nombreuse ; ici des hommes ont vécu ; ils ont eu leurs jours de joie comme leurs jours de douleur. Où est-il maintenant, le souvenir de leurs maux et de leur félicité ? Où est-il, le secret de leur existence ?

Cet amas de ruines était un temple. Où sont-ils, ceux qui venaient y brûler de l’encens ? Ils ont passé comme la fumée de leurs sacrifices.

Dans ce palais dont il reste à peine quelques colonnes, un prince, un roi peut-être, entourait son existence de tout ce qui pouvait flatter ses passions et satisfaire ses vœux. La foule misérable portait alors des regards d’envie sur cette orgueilleuse demeure en maudissant les injustes caprices de la fortune qui jette en aveugle le bonheur et l’adversité.

Mais la mort a passé par là et le vent du désert a complété son œuvre : il a mêlé les cendres du tyran aux cendres de l’esclave.

À cette pensée, le voyageur s’arrêta, puis se levant :

— Salut, dit il, opulente Palmyre, royale Babylone, superbe Persépolis : et vous, Tyr et Sidon, reines du commerce, salut. Dépouillées comme vous l’êtes de vos prêtres et de vos temples, de vos soldats et de vos remparts, de vos marchands et de vos trésors, que vous avez d’attrait pour moi !

Ruines de tant de nations puissantes, que je vous sens de vertus !

Vous consolez le malheureux par la vue de la plus terrible catastrophe ; vous réprimez l’élan d’une joie immodérée par une image de deuil et de mort ; vous apprenez au riche ce que valent les richesses, à l’esclave combien est court son esclavage ; enfin, vous élevez l’homme vers un monde meilleur en lui montrant que rien n’est stable, que rien n’est vraiment grand ici-bas.

………………………………………………………………………………………………………………………….

Visionnaire Anatole France ?

Pour le moins…en face des démonstrations journalières de notre irréversible décadence, entendre que le risque zéro n’existe pas, est la dernière des lapalissades de notre Cazeneuve, The Voyce national, digne porte-parole de la pauvreté intellectuelle, politique et sociale, faisant aveu d’incapacité de notre Président à rechercher la solution capable d’éradiquer définitivement un groupuscule fanatique en voie d’anéantir notre histoire, passée, présente et à venir.

Nonobstant que ça n’enraye, le règle,  en le traitant par le bon bout le problème des migrants.

Niala-Loisobleu

25 Août 2015

The Baalshamin sanctuary, located in the north of the city of Palmyra. Its construction began in the second century BC. Gradually was added a colonnaded courtyard after 67 AD and a cella in 130 AD; Citadel in the distance, Palmyra. Syria Picture by Manuel Cohen