QU’IL VIVE !


QU’IL VIVE !

Dans mon pays, les tendres preuves du printemps et les oiseaux mal habillés sont préférés aux buts lointains.

La vérité attend l’aurore à côté d’une bougie.
Le verre de fenêtre est négligé.
Qu’importe à l’attentif.

Dans mon pays, on ne questionne pas un homme ému.

Il n’y a pas d’ombre maligne sur la barque chavirée.

Bonjour à peine, est inconnu dans mon pays.

On n’emprunte que ce qui peut se rendre augmenté.

Il y a des feuilles, beaucoup de feuilles sur les arbres de mon pays.
Les branches sont libres de n’avoir pas de fruits.

On ne croit pas à la bonne foi du vainqueur.
Dans mon pays, on remercie.

.René Char
Dans mon pays rien n’est montré du doigt comme devant  être retenu par coeur sans surtout rien y comprendre. Savoir pour être éclairé compte en sachant changer, sans intention de tromper. Oh n’allez pas vous imaginer que mon pays serait sans être de cet Univers. Pas d’ici bien sûr, mais du Cosmos pour sûr. La Terre ne souffre que par l’homme, ses défauts sont venus avec lui. La première herbe tenait en sa sève l’humidité porteuse de l’amour, sa fertilité,  son pouvoir d’embellissements magiques, allant à gonfler les seins du lait des croisements naturels.
Corps suspendu au cheveu d’une comète en constellation lune après l’autre.
Aimer comme si hier ne contait que pour faire du matin un autre jour.
Me voilà peintre de nouveau. Sur la m’aime toile revenir pour faire du grain premier, une suite de récoltes à nourrir le prochain labour.
Hier à chercher la nageoire dans l’envol d’un héron cendré, je n’apercevais plus clairement la mer au bord du marais. Je suis revenu à l’atelier pour jouir de la pleine lune, en allant me battre  pour dire tout ô mon ressenti.. Fécondante. Pleine jusqu’aux yeux du sel jailli de l’érection du phare. te voici mon Amour, ma Muse, au large ouvert.
Laisse aux épaves les maux mauvais, cette douleur qui broie les poumons, privant le navire de son erre. Cette peinture est souffle, respiration sans recours de bouteille de plongée. Respire les seins tombants, cet élan généreux qui fait monter et descendre la marée de Lune à un soleil de l’Autre levé. Qu’il vive l’Amour !
Niala- Loisobleu – 3 Août 2016
P1050142
La Mémoire des Muses 6 – 2016 – Niala – Acrylique s/toile 80×80

 

OBLIVION


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OBLIVION

Je laisse aux amarres distendues le cri de la sirène

à quai du dernier appel

Derrière les grilles

le port n’en demeure pas moins altier, assez d’odeur reste accrochée à la crémaillère de l’âtre des pierres

Sur la buée de mes lunettes un dois, ultime volonté, dessine des caresses, derme-papier mâché des ongles du désir, photos d’un passage à gué entre les cuisses d’une vallée. Instants allongés d’heures

Le crachat des chameaux n’a pas atteint la rive de l’oasis, il reste  assez de source bleue à boire dans l’encrier

mots à la régalade d’un baiser

Ces points de suspension reconnais que tu en ignorais tout, occupé que tu étais à t’exclamer. Parenthèse. Ne vois que la roseur du coquelicot brun, s’ouvrir comme une grenade andalouse au fond du bassin d’eau vive

A l’enfoui des broussailles des chuintements marécage annoncent la proximité du delta. La vierge s’ouvre au seuil de la cérémonie d’initiation

Nos pas de danse se lovent autour du tronc. Reptiliennes étreintes. La lèpre des hauts-murs gris s’écaille. Roseur arrosée. un seul glissement de lime coupe l’astreinte des barreaux

T’oublierai-je d’un écart de conduite

d’une détrempe ayant ignorée l’oeuf

ou bien d’un vent mesquin répugnant à reconnaître sa puanteur ?

Voici face à face,  mon ombre avec sa lumière

coup de gong

l’eau claire sort la bulle d’air. Libre altitude où tendre le pavois de nos couleurs au sommet du stupa à flanc de montagne. Or au couchant des offrandes

Renaître

Comme la peinture sèche qui repousse opiniâtrement au vert des doigts, en ne retenant de la gerçure que la volonté de parvenir au sommet de l’escalade.

Niala-Loisobleu

30 Novembre 2015