JE T’HABITE COMME LE VILLAGE ÉPARGNÉ


JE T’HABITE

COMME LE VILLAGE ÉPARGNÉ

Dans l’absence de porte aux orées de la source, j’ouvre ton corsage et monte jusqu’au grenier de ton ventre. La rampe des hanches tient au-dehors d’une chute de toute idée incontrôlable. Le pore tient la tâche de puiser l’espoir au compas de tes cuisses, une demande en mariage permanente.

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Niala-Loisobleu.

8 Février 2025

NON A LA GUERRE !


NON A LA GUERRE !

Parler de genèse sans la moindre goutte d’eau, capable de mener à autre chose qu’un engloutissement mouvant de sables. Au lit de l’Atlantide, la chambre morte mise à louer, refoule la vie.

Macron préconise la fin d’une civilisation en taisant une menteuse aurore. Avoir pour seul courage que le désir de me battre en tuant l’idée même de l’hécatombe, me plaque au fond de ton ventre sans sortir de ton utérus. Je ne veux tirer du sel que la fonction du sperme d’un printemps renouvelé. Promettre la guerre comme la seule possibilité de vie, c’est ouvrir Carthage comme porte bleue. Cette fleur puante pour couronne.

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Niala-Loisobleu.

8 Février 2025

QUE CACHE CETTE CAMPAGNE ?


QUE CACHE CETTE CAMPAGNE ?

Je lâche le guidon, je n’accompagnerai pas le cheval aux abatoirs. Macron a toujours été un parfait chef de guère. Si les fleurs du jardin viennent d’être repiquées pour faire croire au printemps. Le mauvais temps ne tardera pas à revenir. Il ne faut attendre que du malheur de la fleur au fusil.

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Niala-Loisobleu.

7 Février 2025

NATURALISATION


NATURALISATION

Quand ces deux oiseaux sont entrés par la fenêtre, je me suis senti transformé. Le souvenir d’avoir été un homme, en s’éloignant, a fait naître le désir de devenir le jardin et seulement, celui qui n’avait été que mon directeur de conscience durant les longues saisons d’une existence mixte. Quel réconfort de se savoir mutant là où tout s’ignore. Androcées, étamines mâles, qui d’un pollen vivant n’auront qu’accès aux gynécées, pistil femelle.

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Niala-Loisobleu.

5 Février 2025

N’ÊTRE QUE LE MINERAL ET LE VEGETAL D’UNE VIE


N’ÊTRE QUE

LE MINERAL ET LE VEGETAL

D’UNE VIE

Être soi et rien d’autre

n’en déplaise

Ce qui habite mon ventre

trouve son village

et sa province au fond du tien

Femme

Eléphantine pyramide de mon soleil

Tes alluvions tendent mon roseau

comme la seule jonque navigable

capable de passer l’hostilité d’un désamour.

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Niala-Loisobleu.

5 Février 2025

SUR UNE HEURE ARRÊTÉE


SUR UNE HEURE ARRÊTÉE

Fenêtre grande ouverte

ils s’aiment sans plus se soucier de l’heure

Sur les murs de leur chambre, le temps dissout

s’accorde à cette leçon de piano où l’union s’accordait

Si mes doigts reposaient, ma main-gauche en fermant le clavier

je n’aurais pas eu conscience d’avoir été complice de la pose définitive

Loin de Venise et d’un masque consenti, je n’interromps pas la Nuit de Noces

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Niala-Loisobleu.

4 Février 2025

LA NUIT DE NOCES


LA NUIT DE NOCES

Cet étage est resté fermé et a dû attendre que meure la triste saison. Les larmes de la rivière ont dit oui en marquant leur joie. La fourche en se déverrouillant s’est laissé charger les chenets. Il me semble que dans un bleu blanchâtre, la lune marque d’un don solaire, que d’aucuns nomment hyménée. Les fleurs qui viendront éclore par la suite, seront parentes de l’anémone, parce que sel de la mer.

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Niala-Loisobleu.

3 Février 2025

LA BARQUE TAPIE ENTRE DEUX ARBRES


LA BARQUE TAPIE ENTRE DEUX ARBRES

Le soleil inonde ce jour dominical. Dans un coin que la rivière tient caché, la barque est là sans y être. A quelques pas, le chapiteau relâche. C’est repos même pour les clowns à part pour les branches qui laissent repousser les odeurs de ménagerie. On écarte quoi, dans un mouvement perpétuel ? Dans tout ce qui passe, les palettes ne nettoient que les mots prononcés, gardant des paroles, une sonorité malentendante, comme on entend des oiseaux sans les voir.

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Niala-Loisobleu.

2 Mars 2025

EN VERTU DU MIEL DE MES LUNES


EN VERTU DU MIEL DE MES LUNES

Passé sur les nuages, franchir la montagne et de la corniche, plonger dans la mer. L’épisode se tourne. A nouveau nu, comme on s’identifie à l’inconnu, pour peindre en corps plus loin, l’aventure. A l’écart de toute croisade. Juste de la racine, au faîte, par la sève. Luminaires séminaux allant au-devant l’un de l’autre. Pieds sur la corde et mains tenues au balancier. Je me refuse à sombrer de l’Esprit, le Corps lui trouve toujours moyen d’agiter les jambes.

Adelphe

Midi ; je sonne comme un vent d’hiver. Des harmoniques sifflantes, mal accordées, soufflent entre mes bronches. Puis elles meurent, laissant autour de moi un silence de neige. Dans cette bulle sans son, des lilas fleurissent. Certaines pierres ressemblent à des tombeaux, mais sur leur surface lisse les doigts n’accrochent aucun nom. La température va se rafraîchissant alors que se raréfie l’air, poudroyant de clarté. Je ne saurais te décrire la solitude et la paix. Elles prennent des proportions de Titans, comme de lents torrents inondant la fertilité des terres à perte de vue. Quel besoin avons-nous des mystères ? Ils nous prient de vouer nos vies à les débroussailler ! Et ils se moquent de nous quand nous y parvenons, autant que lorsque nous échouons sur nos rives d’impuissance. Adelphe ! Cultivons l’inconnu, l’innocence et l’encens, sans plus chercher le trop simple dans l’ordre secret du chaos.

Harmony Flavigny – Extrait de l’Alphabet des Songes

Alors du bâton du pinceau et de la main-gauche, j’attrape la barre de rappel d’un voyage qui n’a fait qu’un arrêt en gare. Et repart…

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Niala-Loisobleu.

1er Mars 2025

LA BONNE NOUVELLE DANS LA BOITE A L’ÊTRE


LA BONNE NOUVELLE

DANS LA BOITE A L’ÊTRE

Depuis la grille sur La Chaume, le facteur a mis le printemps dans la boîte à l’être. L’hortensia bourgeonne pour m’expliquer que c’est le seul phénomène propre à la vie. L’atelier sans regarder ça de haut, montre qu’il va voter oui à cette réforme. Le ventre du jardin montre sa nouvelle herbe. C’est cas d’ô. J’en dirais plus « A LA DEMANDE » en laissant le cul de l’hiver se rosir les joues du sourire offert par la nature. Le chien a sauté comme un fou ce matin, à l’ouverture de la porte.

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Niala-Loisobleu.

1er Mars 2025