QUOI QU’IL SE PASSE, L’AMOUR SURVIVRA APRES SA MUE


QUOI QU’IL SE PASSE

L’AMOUR SURVIVRA APRES SA MUE

La salle à manger fait une sieste entre deux repas. La tête à l’envers, nuque calée aux creux des paumes, les yeux vont et viennent, derrière le rideau tiré des paupières. Dans un angle, la salamandre ronfle. Tous micas allumés. On allait chez le droguiste chercher des lunettes de rechange pour l’appareil de chauffage. Avec les ciseaux, on taillait les carreaux du minéral dont les couches superposées me faisaient toujours penser aux écailles qui brillent dans l’oeil des poissons, juste avant qu’ils décident de sauter hors eau pour une gorgée d’air. J’aime bien quand le poisson est au volant. Note que je suis aussi en extase quand il faufile son fuselage entre les courants.

Oui, ce moment où l’usage qui a été donné aux choses s’efface pour qu’un autre univers ouvert commence. Sans imposition particulière. Le moment naturel, voilà, c’est ça. Pas de désir orientant la pensée, un no man s’land à distance des octrois avec lesquels il faudra, d’une manière ou une autre, montrer ses papiers. Quelque chose est arrivé. Un événement est à la base de la présence hors de la nappe, des chaises, du bruit des fourchettes et des bouches, des exclamations que l’alcool toaste. Me voilà en fait en salle à me digérer moi.

Quelque chose qu’on a dans le fond d’un creux, en fait vide, est habité. La vie en se glissant à l’intérieur a fait un remue-ménage qui le fait tanguer. En marchant dans le désert, la nuit, le soleil au repos au lit des étoiles, tu peux voir loin. Les images se sont arrêtées de danser dans le falot trouble de la chaleur. Tu digères un vide que les mirages fantasment. Les dunes ondulant des hanches te conduisent aux portes des gynécées. Un endroit à naître.

Impossible de voir, il faut toucher la vibration unique du silence. La Beauté dans toute sa forme, s’ouvre à tes yeux. Et tu vois de mieux en mieux en les fermant. La matière s’est liquéfiée sans qu’on sache comment. Pas un néon à l’horizon, là pour racoler. Non t’es tout seul devant un Tout qui fait pas l’article. Pas de mise en scène qui t’emballe en trois coups les gros, bolduc échevelé, dans un mythe pair nono. Pas la moindre bouteille échouée d’une expédition lointaine, évangéliseuse, le truc genre génie au fond du ventre. Tapi, prêt à te jaillir la promesse sous condition. Non, merde j’t’l’ais déjà dit, rien qui s’cache derrière une élection

Au contraire tu vois c’que t’osais plus croire, atteint de découragement.

Mes tableaux sont partis avec la dernière marée, un bruit de nouvelle couleur frappe du pinceau. Comment s’appelle-t-elle ? Mais est-ce justement besoin de lui donner un nom. Quand un bruit se manifeste, il faut d’abord démêler les directions qu’il a suivi. Peut-être qu’alors, l’origine des bruissements qui t’assiègent seront identifiables

Je sens l’chameau fraîchement tondu, on voit les cicatrices qui font la bonne peau des yourtes. Puis un voile blanc sur les dents noires des cavaliers, emballe le galop fou des chevaux. Un passage coupe l’obstacle en deux. Les flancs de la montagne couverte de l’écume du jour, s’ouvriront-ils à deux mains?

Il y a l’idée de vouloir, et la volonté de le faire sans être entré dans le faux-chemin. Une même sonorité atteint différentes oreilles.

Je nous sortirais du mal ambiant qui nous plaque au silence de sa boule puante. Quoi qu’il se passe mon l’Amour survivra après sa mue.

Niala-Loisobleu.

12 Janvier 2025

CULTIVAR, ENSEMBLE DES INDIVIDUS D’UNE ESPÈCE DE PLANTE CULTIVÉE


CULTIVAR

ENSEMBLE DES INDIVIDUS D’UNE ESPÈCE DE PLANTE CULTIVÉE

Hors des sables stériles

l’Atelier dénude son terreau

sans manières

ni redondances racoleuses

S’il ne pleut pas sur le sèche-linge

c’est parce qu’on a interdit les lavoirs

Le battement de ma grosse artère

dissolvant les caillots

j’ensoleille cet horizon phtisique

Des mamelles aux branches pulmonaires

ablations clitoridiennes sabordées dans lô céant

pour mettre l’hélice aux doigts de la main-gauche.

Niala-Loisobleu.

11 Janvier 2025

BERNARD PERROY – EXTRAIT


BERNARD PERROY – EXTRAIT

La vie ? 
Je m’étonne de plus en plus 
d’être de ce monde,
et qu’il y ait un monde (!),
et j’accueille ce jour 
au petit matin
comme si je m’en allais 
au  »pays de la première fois »…


BERNARD PERROY

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C’EST CELA « L’ART DE FAIRE »


C’EST CELA

« L’ART DE FAIRE »

A l’heure qu’il est, me demander où je vais, ne servirait à rien because l’état de délabrement dans lequel le monde s’enfonce. J’avance, tranquille, en gardant mes envies et ma peinture, intactes

Je garde des copines leurs nuances personnelles, et l’intime conviction que l’Art de Faire, passe forcément par elles. À preuve, tout a commencé pour moi grâce à Marthe, ma grand-mère maternelle

Ce petit-bout de femme m’a démontré qu’une femelle pouvait avoir de plus grosses couilles qu’un meneur de foire

Aussi ai-je toujours été pour la défense du partage, à l’exclusion de toute sorte de tabou

Main tenant où j’en suis, je peins toujours avec la même conviction, les vacheries que je dois à certaines d’entre elles, n’ayant pas modifié mon point de vue

Je les plains les jalouses qui n’ont rien à donner et qui, même après avoir tout pris, perpétuent leur haine comme la seule façon de vivre

Un ventre glabre, des seins édentés, des fesses en descente pluviale, mais c’est pire qu’une Intelligence Artificielle parce que ça vous dupe sur tout l’air pur

Je vous embrasse donc, heureux de cette journée, en vous disant bon seoir, ne laissons rien de notre coeur dérailler, vous pouvez pleuvoir, Mesdames, c’est le seul moyen de fuir la désertification.

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Niala-Loisobleu.

9 Janvier 2025

BATEAUX À LOUER (REPRISE)


BATEAUX A LOUER !

Jeannot, Eric, Christian, où êtes-vous ? Nos maternelles se sont sevrées d’elle m’aime, c’est le plat du jour que la cantine met à la carte. Riboudingue à pieds entre le Louvre et Elysées-Montmartre.Nous y voilà au pavé, puty c’est que ça cogne dans la poitrine quand la java tourne au pugilat. « L’Année terrible »pour les enfants du même nom, un cocktail molotov que les guerres allument épisodiquement

– Le monde n’en finira donc jamais de devoir être refait, fait un quidam aux guichets Rivoli ?

– Pardon Monsieur mais tout entrepreneur qui gagne le marché s’y emploie. Sitôt adoré, sitôt brûlé pour non respect présumé des attentes.

Le gogo ne demande que ça. L’apparence.

Mon tailleur est riche, c’est faux de dire que le peuple va nu pieds, il se fait tailler des costards sur mesure. Du prêt-à-porter il en veut pas.Doit y avoir une différence entre le devoir et le droit. « Moi-je » le pseudo de Durand-Dupont, me le disait avant-hier, dans les années 80, travaillez plus pour gagner moins c’est absurde quand on peut s’inscrire au chômage et gagner plus.Nous vivons de la combine du loisir, alors vivement Dimanche. Vous referez bien un p’tit tour de manège ?

Ah les maudits tricheurs, Victor s’en est pris plein la tronche. Le Jersey il l’a tricoté à l’envers dans le désert. Mais c’est pas grave, après on l’a mis dans le programme des écoles. Il a été vengé par l’exemple, le manuel de la pensée, et tout le monde s’est lavé les mains du sens profond du combat.D’ailleurs il commencait à raser le vieux .La vraie victoire c’est de prendre une ficelle et d’y attacher la glèbe, t’ouvres le rideau et tu fais la pantomime, tout le monde n’y voit qu’un jeu. On a le responsable, il faut descendre Guignol.

Je vais partir en Iroise. P’tit-Frère m’a dit « Viens j’t’emmène respirer ailleurs, loin des grands rassemblements mensongers. Le jardin est plus petit que Les Tuileries, mais ce qui y pousse est sans pesticide.Et puis mon bateau c’est pas Bobard qu’il s’appelle.

Niala-Loisobleu.

16 Avril 2012

JETÉ DE FLEURS


JETÉ DE FLEURS

Du toboggan des tempêtes

le jardin roule dans n’importe quel sens

puti, ça débarge à faire sortir le mouchoir

Prenant l’ordi par l’anse du saut, y a pas d’autre solution

que renverser cette situation

Marre de ce dernier Windows

me voici revenu à la case départ

le clone a réussi, hardi Petit-Peintre

lâche tes oiseaux !

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Niala-Loisobleu.

7 Janvier 2025

CES FLEURS HORS SAISON


CES FLEURS HORS SAISON

Du plantoir que la brouette mène à bon port

je trouverai la fleur qui ramène au parfum bleu

des grandes lavandes à ensacher dans la lingère de ton étage

Au contact de tes pores quand l’estran montant appareille au large

Garriguons

corps aromatiques

frottés l’un contre l’autre

Tant pis s’il pleut et vente à foison comme d’habitude

arrachons les sources de non floraison

il restera du bouton pour emporter la grisaille au loin…

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Niala-Loisobleu.

7 Janvier 2025

LES OISELEURS ET LES CAGES RENVOYÉS AU DIABLE


LES OISELEURS ET LES CAGES

RENVOYÉS AU DIABLE

Délaissant les moulins en donnant de quoi moudre aux meuniers, j’élargis assez la plaine pour y mettre au moins ma forêt

Que ferai-je d’un ordinateur de pompes funèbres, où je ne peux exprimer mon goût de vivre ?

Du clocher de La Bastide d’Armagnac, ma place se retrouve dans suffisamment de lumière pour que j’y vois clair

Exit les déclarations d’amour infidèles

Je repeins avec mes mots fidèles sans que mon âge me contraigne

Quand on a vu comme moi l’infidélité humaine, arpenter les trottoirs sans rougir, la blancheur de l’âme ne peut donner que des zèles aux oiseaux

A deux mains tout se corrige, me voici rendu dans mon territoire grâce au clone du vieux cheval que je fais subir à mon nouvel ordinateur

Carpe diem, quam minimum credula postero…

Niala-Loisobleu.

6 Janvier 2025

ROCADE EN CAMPAGNE


ROCADE EN CAMPAGNE

Au bout des vignes, des peupleraies indiquent la nature des planches, pendant qu’un trop-d’eau cherche la since pour un répit jusqu’à l’autre côté du cloaque. Avant que la barque ne devienne trop lourde, un deal s’entame avec le désert

Sous le cintre, l’arcade laisse son rêve butiner la place

Quelque traits disent au passant qu’un clocher outre le guet ça protégeait des guerres de religion. Et une pensée pour la palombe remonte en cabane vérifier le contenu de la bouteille

Belle des chants, je te trousse et te promène dans mon cartable durant les courses buissonnières. Le carnet de croquis disposé à dialoguer sur l’état des lieux pendant que le vent souffle

Quand les fraises de ta poitrine sortent pour la corbeille de mes mains, durant un certain temps, je trouve le sucre qui n’appelle pas l’insuline au secours.

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Niala-Loisobleu.

4 Janvier 2025