La vérité du drame est dans ce pur espace qui règne entre la stance heureuse et l'abîme qu'elle côtoie : cet inapaisement total, ou cette ambiguïté suprême. Saint-john Perse
Par sa vision tragique du monde, Char semble moins intéressé par les lendemains qui chantent que par les dangers imminents qui guettent l’humanité. À plusieurs reprises dans sa poésie, il indique qu’entre l’ethos (qui recommande d’arrimer la pensée au réel) et l’utopos (qui s’élabore à l’écart de la réalité du monde), il ne peut surgir qu’une incompatibilité essentielle. Le présent ouvrage se propose de dégager, au cœur même de cette œuvre pessimiste, une invitation à penser l’utopie autrement.
A la veille de clôturer mes expos en cours, René Char m’apporte sans attendre une réponse à certaine Fondation sans nouvelles
Je t’ai rejoint dans une rencontre du 3ème type, plus rien ne nous séparant désormais
L’exposition dévoile, débusque, soude chaque recoin sans besoin d’une mécanique inopportune
Rien que le coeur du m’aime sang, mon Père
Le lien est mythique, tout ce qui a présidé à m’amener ici, dans les deux Charentes, a été initié par toi. Les congés payés d’abord après ta bataille de 36, la guerre et l’exode qui me conduisirent à Marans, et mon départ définitif de la capitale pour St-Georges-de-Didonne, via La Rochelle et St-Jean-d’Angely, avant de m’ancrer à Boutiers-St-Trojan via Jarnouzeau puis Cognac…
L’eau dans tout cela a joué le rôle principal
Tantôt cruel mais bienveillant au final en s’alliant d’un bout à l’autre au liquide dans lequel l’enfant pousse
Les derniers évènements du présent ont été fortement marqués par la mort
Mais c’est l’impression que cette folle de Camarde ne laisse que dans la proximité de tout deuil
LA VIE EST AUSSI PUGNACE QUE TU M’AS FAIT, PAPA
cette exposition en apporte la preuve en tous points :
JE PEINS DONC JE VIS
Aussi cette fois t’ai-je emmené avec moi pour te dire « Merci Papa »
Et tes petits-fils et arrières seront là en la personne de mon fils Patrice et de Cécile, son épouse, pour dresser haut au fronton la suite des DENEFLE alias NIALA…
Dans quelques jours va s’ouvrir un double regard sur ce que tu m’as permis de faire par une double exposition de mon oeuvre à Cognac et Châteaubernard
j’ai voulu te rendre hommage au coeur de celle de Châteaubernard
au dernier moment, j’y ai ajouté ce tableau, comme symbole de ton oeuvre à toi, ton travail d’Enseignante à Crouin au Collège Claude Bouche
En ce temps qui nous échappe par tous les bords, tu n’as pas failli, comme ce qui ce passe à présent dans la société où tout s’associe à la dégradation climatique
Ton collège, je le connais
pour t’y avoir rejoint assez souvent, aussi il me semble que c’est la place pour donner sa cimaise à cette oeuvre qui amarre l’espoir que l’enseignement garde comme à défendre par tous les moyens.
certains n’hésitent pas à foutre le cul de certaines dames en vitrine
j’enguirlande pas ma réaction pour m’excuser d’avoir agi comme je l’ai fait
le temps que j’ai passé à chercher à retrouver tous mes enfants, m’a instruit sur la façon d’opérer
à présent que j’ai 90 ans, vouloir me faire croire que je dois prendre en compte leur sensibilité, me blesse car il me semble que la mienne mérite d’être prioritaire
J’ai maintenant l’âge où le soir quand je me couche je ne peux pas savoir si je me réveillerai le matin
je fais rien pour mourir
au contraire
seulement j’agis lucide
en fonction de mes critères
Depuis le décès de mon épouse, il se passe un retour extraordinaire, par la venue d’un évènement qui va tendre à m’immortaliser en quelque sorte
Et ceci grâce à un de mes fils et de son son épouse.Je souhaite rien d’autre depuis 54 ans de retrouver mes 3 enfants. En envoyant une dernière lettre aux deux absents, je n’oubliais absolument pas celui qui est présent
Il est là, lui et doublement par sa merveilleuse et prodigieuse femme
Alors Cécile, tu te trompes je n’ai pas oublié Patrice
L’incompréhension j’en ai par-dessus la casquette, il faut que je sorte de ce sytème
Dans mon histoire comme dans la leur, je suis plus qu’adulte et agis comme tel
Il me faut vider ce ressenti, à ma manière, pour penser avoir été au bout sans savoir quel en sera le résultat
Dans l’extraction du temps passent ces moments où le monde s’engouffre en désordre
C’est Noël et je suis seul
le port lui, n’est allé nulle part ailleurs
il est là cernant de ses quais sa flotille amarrée
les oiseaux se sont tus, les portes se sont refermées sur ce qu’il ne faut pas perdre, les fêtards se sont rassemblés où bon leur a semblé, j’ai juste sorti ma première orange de circonstance de l’album du souvenir d’enfance
Pas de sapin
pas de cheminée et pas de sabots
le bruit est resté loin dehors
Dedans les images éparses de Noëls ayant eu lieu, avec des petits-enfants dedans sont passés en courant, je suis resté tout le temps seul avec Jacqueline
curieusement réunis dans notre dernier voyage plein de cette légende bretonne qui est ancrée à la pierre
A travers les grandes forêts, ce qui est sorti des fontaines ne tirait pas à lui de machines singulières faites pour la guerre
les côtes appuyaient à leur rivage les vieilles coques des chalutiers usés au bord de la Chapelle où s’accroche la mémoire des péris en mer
A travers les monts
nous avons regardé le temps dans ses pierres plantées à même le sol, puis plus loin dans les enclos paroissiaux, sans nous étonner de l’impression ressentie, pris tout entier dans la force du mystère ésotérique que la foi rassemble au bon endroit sans s’inquiéter de croire à la religion qui n’a pu nous convaincre
La vie n’a pas besoin du dogme pour s’établir
il lui faut juste de l’amour à la base
Et là, ma solitude m’a servi ce qui ne pouvait pas me faire douter, dans l’aigreur des plats qui sont passés, le miel des abeilles m’a sauvé de la méprise
De loin d’ici, ou plus près deux messages m’ont assurés qu’il y avait bien du bleu dans ma toile
Je terminerai donc ce jour sans répondre, je vais peindre en merci pour leur dire « Je vous aime… »
Tu sais combien je déteste Noël depuis qu’en me volant mes enfants, leur mère m’a insurgé contre l’usage qui est fait de la vérité. J’ai du mal à supporter ce temps sans toi, ma peine à tenir debout m’afflige, aujourd’hui Michèle en déjeunant avec moi m’a dit ce que représente l’oeuvre que je m’apprête à exposer à Châteaubernard. Cet hommage que je t’ai rendu durant 39 années, pour t’être incarnée en dehors des normes qui nous gouvernent. A l’approche du vernissage, je me sens plongé dans le dérapage du monde, pour avoir fui la gloire et pas transiger sur ce choix
Je ne sais pas où part le monde. Je vois juste qu’il se joue la comédie, jamais de face, toujours selon la loi du nombre. J’ai mis mon art au milieu, jamais en dehors, comme un devoir naturel
Que cela éclaire sans tricher
Et je ne fais qu’en voir qui suivent aveuglément ce parcours délétère en se détruisant après s’être adulés au-delà du bien-fondé
La vie n’est pas un vedettariat à gagner mais un rôle à jouer.
L’estuaire bat de yeux dans la nuit où la source raccroche sa clef au portail
Les pavés n’ont pas barricadé le prochain passage, la cloche du départ s’agite à la potence du quai
Dans les couleurs de ce pavois que le vent brasse à l’entrée du port, la silhouette qui encadre le seuil de sa présence est revêtue des signes distinctifs de son genre
Le chant d’un accordéon passe par la porte du restaurant qui, en dehors de la ville, est amarré au fleuve au milieu du bois. Le roi qui y goûtait sa tranquillité réputée, reste historiquement lié à la Renaissance
Tout un symbole
Des voix portent les plats loin de la table
Ce soir on garde du passé ce qu’il a eu de meilleur pour passer le pont, le rite y tient en tous points, pas de place au hasard, c’est écrit sur l’invitation
Que du silence qui parle chacun son tour à la fin d’une fine écoute.
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