ENFANTS SANS COMPTER


ENFANTS SANS COMPTER

Dans le jour qui se réduit le rituel d’ouverture poursuit sa cérémonie

au bout du jardin la perspective n’a jamais perdu ses points

Instant de recueillement que les oiseaux accompagnent en volant sans éteindre le silence

Tapissant les murs de leurs visages aux regards fidèles, ceux qui sont là parlent de leurs frères lointains restés liés par l’androgyne genre auxquels tous appartiennent

La longue file qu’ils détachent en silhouettes sur le haut de ma route des crêtes avance sans jamais s’arrêter d’accoucher

L’amour au corps gardé comme je leur ai appris.

Niala-Loisobleu – 21 Août 2021

LES AMOUREUX A LA FENÊTRE – NIALA 2021 – ACRYLIQUE S/TOILE 55X46


« LES AMOUREUX A LA FENÊTRE »

NIALA 2021

ACRYLIQUE S/TOILE 55X46

Ces ocres chauds qui, fertiles, remuent en corps

ne veulent que les fleurs sauvages et non les cendres pour habiter l’urne du vote intime

Bateau ouvert sur l’infini

la fenêtre franchit les plus gros nuages des crêtes

Au seuil des rades l’horizon flotte entre les bouées

du soleil dans l’oeil

du sel dans le coeur

du lin bleu au bout des doigts

que l’oiseau rame des deux mains de l’Elle

Niala-Loisobleu

18 Août 2021

DESARCHITECTURE


DESARCHITECTURE

Les colonnes s’effacent des montagnes qui tiennent au tympan, l’oiseau posé sur l’oeil du fronton souffle sur la braise

Au point de fuite le rayon se balise pour tenir l’entrée du sous terrain où ficher sa racine

Un lot de tomettes encore chaudes sort du four

Le bleu de la flamme dans la brouette roule avec les têtes

La rosace effritée au coeur du cheval en point d’ars

Qui nous garde contre ce qu’on voit pas dans l’étalage de la vitrine d’une conquête extrémiste?

Niala-Loisobleu – 16 Août 2021

L’INSTRUMENT ACCORDE


L’INSTRUMENT ACCORDE

Emboîtée par le charpentier la vierge aurait enfantée, ah Marie si tu savais chantait le Taulier emmanché dans une histoire de dettes à la clef avec l’Histoire

Grindel n’opine pas plus que Breton, la chanson est d’un con qui ne quitte pas le plat fond sans faire de bosses au surréalisme pris en thème dans une nativité suspecte

L’ô plate peut avoir des vertus minérales mais certes pas de ces adorables petites bêtes qui fécondent un plan dont on ne saura souvent que trop tard s’il était bon ou pas

Les yeux au bord du cil des vagues, je regarde la mer en sentant monter la fleur sur la tige, cette rose ancienne aux tons pastels qui précèdent le jet farouche du fauve sur la toile sans ressentir de mauvaises influences, totalement séparé des gens

Les pendules du surréalisme n’ont pas d’aiguilles, juste un bras qui en faisant cadran solaire tend un doigt en dehors à partir du dedans de l’Esprit pour ne pas rater la beauté d’un rêve au-dessus du vulgaire

Des fleurs que les marins jetteront aujourd’hui en mer pour fêter la Patronne, combien seront vierges d’impudeurs ?

Entre les cordes et la planche, la branche est à pied-d’oeuvre pour mener au ciel…

Niala-Loisobleu – 15 Août 2021

HAUT DESSEIN


HAUT DESSEIN

Aux flancs de l’air

cette inspiration avale

et gonfle la poitrine

d’un double soleil aréolé sanguine

Niala-Loisobleu – 14 Août 2021

SUR TOUT NE PAS PERDRE SON TANT


SUR TOUT NE PAS PERDRE SON TANT

Pour donner l’éternité à son tant réel

ne vivre que son présent en dépit de l’inconstance du temps

et n’en démordre malgré les carries prétendues des bonbons

Niala-Loisobleu – 10 Août 2021

PETIT GRAVIER REFAIT SURFACE


PETIT GRAVIER REFAIT SURFACE

La conception du sacré est conditionnée par les concepts auxquels on le relie ou auxquels on l’oppose et par la méthode d’approche qu’on adopte. La diversité des conceptions du sacré qui se sont multipliées depuis la fin du xixe siècle dans les sciences humaines et sociales occidentales atteste de la difficulté à saisir conceptuellement une réalité à la fois subjective et objective, qui implique à la fois une expérience sensible et des croyances métaphysiques et théologiques, qui s’enracinent dans le religieux. Peut-on parvenir à une définition substantielle d’une réalité autonome, qui a son essence propre, ou seulement relationnelle, conventionnelle ? Faut-il le traiter en fonction de son contenu conscient, patent, explicite ou faut-il le ramener à autre chose qu’à lui-même, chercher une racine dissimulée comme le font toutes les interprétations du soupçon depuis Nietzsche, Marx et Freud, qui ont pris le parti de lire certains faits culturels – en particulier religieux et toute idéologie en général – comme des symptômes de processus cachés d’une nature fort différente ?
Source CAIRN-Info

Pour comprendre et prendre le bon chemin le temps n’est pas mesurable

il faut passer par des itinéraires détournés

Ulysse les a franchi après des épreuves initiatiques

d’où la nuance a suffisamment émergée pour laisser sa véritable identité à chaque chose

RECOLLETS 2021

L’époque est devenue trouble , ne laissant partout qu’image évanescente depuis la fin 2019, je peins du beau qui s’échappe

L’expérience de cette exposition est un grand passage initiatique

D’une foule grouillante des premiers jours naît l’inquiétude d’un effritement qui déchire le sens intrinsèque petit à petit. Les gens sont sur un tapis-roulant qui les conduit à faire le tour de la salle. Lunettes de soleil pour voir quoi de la couleur ou plutôt pour cacher le cerne du regard perdu

Le tangage monte, l’estomac manifeste , la tête se penche des deux côtés pour vomir

Puis soudain le nombre tombe , les visiteurs ont repris un autre itinéraire comme celui que les fourmis montrent

Emerge au loin un début de lueur

la voix est presque redevenue audible

C’est la fin

le caillou est bien voyant, tout l’aspect du profane disparait, le sacré illumine

« PROMESSE 2 » et « UN CAILLOU DANS LA POCHE 11 »

« L’AMNESIQUE »

L’Amnésique me nettoie la merde aux yeux, le fil de la greffe redonne par le tri de cornée, La musique devue à mon oeil malade

la musique du dernier jour de l’expo refuse tout auteur qui ne serait pas Malher, elle monte aux sphères pour unir l’esprit dans son sacré et nettoyer le toxique et ses pétrifications d’espérances négatives

« LA VIE, L’AMOUR 1 »

Sont entrés en Collections Privées avec les Anémones et les Eaux-Neuves

me donnant la voie à suivre à présent…

Niala-Loisobleu -8 Août 2021

TOUJOURS UN PEU AILLEURS


TOUJOURS UN PEU AILLEURS

Détestable l’image, imparfaite voisine
De corps anéantis, de sombres canots dans
Une mer adossée à cette chamoisine
Absorbant de ses plis l’écume de nos dents.

Un tesson de bouteille est mon drap ; Je naufrage
Comme un froid lit de fer sur des plages de lin.
Quelle mère oubliée achèvera l’ouvrage
Au coton de l’azur où mon être orphelin

Va de fil en aiguille… Immaculée lumière,
Les néons sont un cloitre égale à ce fado
Qui m’irise le corps de béantes ornières
Où tombent mes os comme un jeu de mikado.

Une mer de silence et des arêtes vives
Tranchent le cou des mots et des choses aussi
Amères que les dents de cruelles convives
Mordent mes lèvres aux morsures du souci.

L’amertume du soir qui sommeille, tranquille,
Berce le hamac des longues après-midis
Somnambules au bras d’une calme presqu’ile
Tenant à presque rien dans mon être affadi.

Villar Garcia Célédonio

Extrait de:  Les poètes des jonquilles (Edilivre)

ACCROCHE-COEUR


ACCROCHE-COEUR

La Chaume et l’Atelier préparent les valises de l’Expo qui occupe toute la place

Entre le temps alternatif, ses humeurs, fatigues et caprices

ce vent des pauvres qui ne trouvent qu’à se plaindre pour vivre à tous propos

Ma vieillesses se porte tellement bien qu’elle accepte les douleurs d’un corps prêt à vivre

pourquoi ma peinture laisse les commentaires froids te demandes-tu Ma ?

C’est simple parce qu’elle loue l’amour sans concession de vie

L’enfant et le vieux font un seul qui s’émerveille au sein de la plus vaste horreur qui puisse exister

Et ce point de vue est hors de règle parce qu’il n’affleure pas l’existence, il faut creuser pour s’en approcher

L’oiseau lutte pour sauver l’arbre

Le cheval tire pour quitter l’ornière

J’expose ma jouissance d’aimer.

Niala-Loisobleu – 7 Juillet 2021

LA SALAMANDRE – THÉÂTRE PAR YVES BONNEFOY


LA SALAMANDRE – THÉÂTRE PAR YVES BONNEFOY

I

Et maintenant tu es Douve dans la dernière chambre d’été.

Une salamandre fuit sur le mur. Sa douce tête d’homme répand la mort de l’été. « Je veux m’abîmer en toi, vie étroite, crie Douve. Éclair vide, cours sur
mes lèvres, pénètre-moi !

« J’aime m’aveugler, me livrer à la terre. J’aime ne plus savoir quelles dents froides me possèdent. »

II

Toute une nuit je t’ai rêvée ligneuse. Douve, pour mieux t’offrir à la flamme. Et statue verte épousée par l’écorce, pour mieux jouir de ta tête
éclairante.

Éprouvant sous mes doigts le débat du brasier et des lèvres : je te voyais me sourire. Or, ce grand jour en toi des braises m’aveuglait.

III

« Regarde-moi, regarde-moi, j’ai couru ! »

Je suis prés de toi, Douve, je t’éclaire. Il n’y a plus entre nous que cette lampe rocailleuse, ce peu d’ombre apaisé, nos mains que l’ombre attend. Salamandre surprise, tu
demeures immobile.

Ayant vécu l’instant où la chair la plus proche se mue en connaissance.

IV

Ainsi restions-nous éveillés au sommet de la nuit de l’être. Un buisson céda.

Rupture secrète, par quel oiseau de sang circulais-tu dans nos ténèbres ?

Quelle chambre rejoignais-tu, où s’aggravait l’horreur de l’aube sur les vitres

Quand reparut la salamandre, le soleil

Était déjà très bas sur toute terre,

Les dalles se paraient de ce corps rayonnant.

Et déjà il avait rompu cette dernière

Attache qu’est le cœur que l’on touche dans l’ombre

Sa blessure créa, paysage rocheux, Une combe où mourir sous un ciel immobile. Tourné encor à toutes vitres, son visage S’illumina de ces vieux arbres où mourir.

Cassandre, dira-t-il, mains désertes et peintes, Regard puisé plus bas que tout regard épris, Accueille dans tes mains, sauve dans leur étreinte Ma tête déjà
morte où le temps se détruit.

L’Idée me vient que je suis pur et je demeure Dans la haute maison dont je m’étais enfui. Oh pour que tout soit simple aux rives où je meure Resserre entre mes doigts le seul
livre et le prix.

Lisse-moi, farde-moi. Colore mon absence. Désœuvré ce regard qui méconnaît la nuit. Couche sur moi les plis d’un durable silence, Éteins avec la lampe une terre
d’oubli.

Yves Bonnefoy