La vérité du drame est dans ce pur espace qui règne entre la stance heureuse et l'abîme qu'elle côtoie : cet inapaisement total, ou cette ambiguïté suprême. Saint-john Perse
Dans le jour qui se réduit le rituel d’ouverture poursuit sa cérémonie
au bout du jardin la perspective n’a jamais perdu ses points
Instant de recueillement que les oiseaux accompagnent en volant sans éteindre le silence
Tapissant les murs de leurs visages aux regards fidèles, ceux qui sont là parlent de leurs frères lointains restés liés par l’androgyne genre auxquels tous appartiennent
La longue file qu’ils détachent en silhouettes sur le haut de ma route des crêtes avance sans jamais s’arrêter d’accoucher
Emboîtée par le charpentier la vierge aurait enfantée, ah Marie si tu savais chantait le Taulier emmanché dans une histoire de dettes à la clef avec l’Histoire
Grindel n’opine pas plus que Breton, la chanson est d’un con qui ne quitte pas le plat fond sans faire de bosses au surréalisme pris en thème dans une nativité suspecte
L’ô plate peut avoir des vertus minérales mais certes pas de ces adorables petites bêtes qui fécondent un plan dont on ne saura souvent que trop tard s’il était bon ou pas
Les yeux au bord du cil des vagues, je regarde la mer en sentant monter la fleur sur la tige, cette rose ancienne aux tons pastels qui précèdent le jet farouche du fauve sur la toile sans ressentir de mauvaises influences, totalement séparé des gens
Les pendules du surréalisme n’ont pas d’aiguilles, juste un bras qui en faisant cadran solaire tend un doigt en dehors à partir du dedans de l’Esprit pour ne pas rater la beauté d’un rêve au-dessus du vulgaire
Des fleurs que les marins jetteront aujourd’hui en mer pour fêter la Patronne, combien seront vierges d’impudeurs ?
Entre les cordes et la planche, la branche est à pied-d’oeuvre pour mener au ciel…
La conception du sacré est conditionnée par les concepts auxquels on le relie ou auxquels on l’oppose et par la méthode d’approche qu’on adopte. La diversité des conceptions du sacré qui se sont multipliées depuis la fin du xixe siècle dans les sciences humaines et sociales occidentales atteste de la difficulté à saisir conceptuellement une réalité à la fois subjective et objective, qui implique à la fois une expérience sensible et des croyances métaphysiques et théologiques, qui s’enracinent dans le religieux. Peut-on parvenir à une définition substantielle d’une réalité autonome, qui a son essence propre, ou seulement relationnelle, conventionnelle ? Faut-il le traiter en fonction de son contenu conscient, patent, explicite ou faut-il le ramener à autre chose qu’à lui-même, chercher une racine dissimulée comme le font toutes les interprétations du soupçon depuis Nietzsche, Marx et Freud, qui ont pris le parti de lire certains faits culturels – en particulier religieux et toute idéologie en général – comme des symptômes de processus cachés d’une nature fort différente ? Source CAIRN-Info
Pour comprendre et prendre le bon chemin le temps n’est pas mesurable
il faut passer par des itinéraires détournés
Ulysse les a franchi après des épreuves initiatiques
d’où la nuance a suffisamment émergée pour laisser sa véritable identité à chaque chose
RECOLLETS 2021
L’époque est devenue trouble , ne laissant partout qu’image évanescente depuis la fin 2019, je peins du beau qui s’échappe
L’expérience de cette exposition est un grand passage initiatique
D’une foule grouillante des premiers jours naît l’inquiétude d’un effritement qui déchire le sens intrinsèque petit à petit. Les gens sont sur un tapis-roulant qui les conduit à faire le tour de la salle. Lunettes de soleil pour voir quoi de la couleur ou plutôt pour cacher le cerne du regard perdu
Le tangage monte, l’estomac manifeste , la tête se penche des deux côtés pour vomir
Puis soudain le nombre tombe , les visiteurs ont repris un autre itinéraire comme celui que les fourmis montrent
Emerge au loin un début de lueur
la voix est presque redevenue audible
C’est la fin
le caillou est bien voyant, tout l’aspect du profane disparait, le sacré illumine
« PROMESSE 2 » et « UN CAILLOU DANS LA POCHE 11 »
« L’AMNESIQUE »
L’Amnésique me nettoie la merde aux yeux, le fil de la greffe redonne par le tri de cornée, La musique devue à mon oeil malade
la musique du dernier jour de l’expo refuse tout auteur qui ne serait pas Malher, elle monte aux sphères pour unir l’esprit dans son sacré et nettoyer le toxique et ses pétrifications d’espérances négatives
« LA VIE, L’AMOUR 1 »
Sont entrés en Collections Privées avec les Anémones et les Eaux-Neuves
Détestable l’image, imparfaite voisine De corps anéantis, de sombres canots dans Une mer adossée à cette chamoisine Absorbant de ses plis l’écume de nos dents.
Un tesson de bouteille est mon drap ; Je naufrage Comme un froid lit de fer sur des plages de lin. Quelle mère oubliée achèvera l’ouvrage Au coton de l’azur où mon être orphelin
Va de fil en aiguille… Immaculée lumière, Les néons sont un cloitre égale à ce fado Qui m’irise le corps de béantes ornières Où tombent mes os comme un jeu de mikado.
Une mer de silence et des arêtes vives Tranchent le cou des mots et des choses aussi Amères que les dents de cruelles convives Mordent mes lèvres aux morsures du souci.
L’amertume du soir qui sommeille, tranquille, Berce le hamac des longues après-midis Somnambules au bras d’une calme presqu’ile Tenant à presque rien dans mon être affadi.
Et maintenant tu es Douve dans la dernière chambre d’été.
Une salamandre fuit sur le mur. Sa douce tête d’homme répand la mort de l’été. « Je veux m’abîmer en toi, vie étroite, crie Douve. Éclair vide, cours sur mes lèvres, pénètre-moi !
« J’aime m’aveugler, me livrer à la terre. J’aime ne plus savoir quelles dents froides me possèdent. »
II
Toute une nuit je t’ai rêvée ligneuse. Douve, pour mieux t’offrir à la flamme. Et statue verte épousée par l’écorce, pour mieux jouir de ta tête éclairante.
Éprouvant sous mes doigts le débat du brasier et des lèvres : je te voyais me sourire. Or, ce grand jour en toi des braises m’aveuglait.
III
« Regarde-moi, regarde-moi, j’ai couru ! »
Je suis prés de toi, Douve, je t’éclaire. Il n’y a plus entre nous que cette lampe rocailleuse, ce peu d’ombre apaisé, nos mains que l’ombre attend. Salamandre surprise, tu demeures immobile.
Ayant vécu l’instant où la chair la plus proche se mue en connaissance.
IV
Ainsi restions-nous éveillés au sommet de la nuit de l’être. Un buisson céda.
Rupture secrète, par quel oiseau de sang circulais-tu dans nos ténèbres ?
Quelle chambre rejoignais-tu, où s’aggravait l’horreur de l’aube sur les vitres
Quand reparut la salamandre, le soleil
Était déjà très bas sur toute terre,
Les dalles se paraient de ce corps rayonnant.
Et déjà il avait rompu cette dernière
Attache qu’est le cœur que l’on touche dans l’ombre
Sa blessure créa, paysage rocheux, Une combe où mourir sous un ciel immobile. Tourné encor à toutes vitres, son visage S’illumina de ces vieux arbres où mourir.
Cassandre, dira-t-il, mains désertes et peintes, Regard puisé plus bas que tout regard épris, Accueille dans tes mains, sauve dans leur étreinte Ma tête déjà morte où le temps se détruit.
L’Idée me vient que je suis pur et je demeure Dans la haute maison dont je m’étais enfui. Oh pour que tout soit simple aux rives où je meure Resserre entre mes doigts le seul livre et le prix.
Lisse-moi, farde-moi. Colore mon absence. Désœuvré ce regard qui méconnaît la nuit. Couche sur moi les plis d’un durable silence, Éteins avec la lampe une terre d’oubli.
Vous devez être connecté pour poster un commentaire.