Proximite du murmure – Poéme


Proximite du murmure – Poéme

Comme il est appelé au soir en un lieu tel que les portes battant sans fin facilitent ou dénouent le tête-à-tête

hors de la crypte forestière il la traîne au grand jour, ou plutôt il lui parle

il la dénude parmi les rafales de vent

ou plutôt il commence à se taire

avec une telle fureur dans les rayons

ae la lumière verticale

une lelle émission de silence comme un jet de sang

qu’elle se montre nue dans sa parole même et c’est un corps de femme qui se fend

Par une allée d’iris et de boue écarlate descendant à la fontaine la tarir…

mais toute l’humidité antérieure

revêtait la roche comme si

nos lèvres s’étaient connues

jadis

sans le feu de la rosée qui monte,

sa dot, l’innombrable et l’évanouie..

transparence têtue elle flambe

elle environne de ses tresses

un pays qui reprend souffle et feu



N’être plus avec toi dès que tu balbuties

la sécheresse nous déborde

le cercle de tes bras ne s’entrouvre que pour mieux

ne rien dire

selon l’heure et le parfum

et quel parfum se déchire

vers le nord, l’issue dérobée…

peut-être ton visage contre le mien,

quand bien même tu me mènerais,

encapuchonné, sur ton poing,

comme aux premières chasses de l’enfer



Au-delà du crissement d’une sandale dans l’allée

soustraite au silence elle a glissé elle aussi à cet oubli de soi qui culmine

et s’inverse en un massif de roses calcinées

aveuglante énumération de ses haltes et de ses périls

réciprocité de dentelles entre son visage et la nuit

j’extrais demain

l’oubli persistant d’une rose

de la muraille éboulée et du cœur sans gisement



Plus lourde d’être nue

ses vocalises meurtrières son rire au fond de mes os

notre buisson quotidien les balafres de la lumière



A se tendre à se détendre sur les traces secourues

omis se dégager femme tout à fait du bestiaire indistinct qui la presse

parmi tant de pieux incantatoires fichés dans le matin roule et grossit le soliloque

de la noue

fade usurpatrice elle dort et me hait j’ai négligé son dénuement elle se tient un peu plus haut

ombre démesurée d’une roue de charrette sur le mur lourdement vivant



Nulle écorce pour fixer le tremblement

de la lumière

dont la nudité nous blesse, nous affame, imminente

et toujours différée, selon la ligne

presque droite d’un labour,

l’humide éclat de la terre ouverte…

étouffant dans ses serres l’angoisse du survol le vieux busard le renégat incrimine la transparence vire

et s’écrase à tes pieds

et la svelte fumée d’un feu de pêcheurs brise un horizon absolu

Sinon l’enveloppe déjà déchirée avec son précieux chargement

le heurt sous un angle stérile de la hanche qui luit

comme si l’étrave en était lisse sous la ligne de flottaison

mais
Je mouvement de la barque rendit

plus assurés l’écriture l’amour

tels un signe tracé par les oscillations du mât

au lieu des étoiles qui sombrent entre le rideau bruyant

et l’odeur de ses mains sur la mer



Sous le couvert la nuit venue mon territoire ta pâleur

de grands arbres se mouvant comme-un feu plus noir

et le dernier serpent qui veille en travers du dernier chemin

fraîcheur pourtant de la parole et de l’herbe comme un souille la vie durant



Ce qu’une autre m’écrivait

comme avec une herbe longue et suppliciante

toi, toute, en mon absence, là, dans le pur égarement d’un geste hostile au gerbier du sang, tu t’en délivres

tel un amour qui vire sur son ancre, chargé

de l’ombre nécessaire,

ici, mais plus bas, et criant

d’allégresse comme au premier jour

et toute la douleur de la terre

se contracte et se voûte

et surgit en une chaîne imprévisible

crêtée de foudre

et ruisselante de vigueur



Musique éclatée ciel sifflant dans un verre fraîcheur du soleil sous la brûlure de la peau

le même sifflement mais modulé jusqu’au silence qui sourd de tes plissements de granit, scintillante écriture le même sifflement

lance le tablier du pont sur ses piles de feu

où tombera-t-il noir le fruit méridien si je franchis le bras de mer

une pierre l’étreint et s’efface

le livre ouvert sur tes reins se consume avant d’être lu



Agrafes de l’idylle déjà exténuée pour que ce qui fut immergé respire à sa place, dans l’herbe, à nouveau,

et de la terre, toute, presque anéantie

ou comblée bord à bord

par l’enracinement de la foudre

sauf la respiration de cette pierre nocturne, le théâtre tel que je me vois, l’anticipation d’un brasier

sans son cadavre retourné

un autre traversera la passe

dans la mémoire de grandes étendues de neige

brillent

entre chaque massacre



Sorbes de la nuit d’été

étoiles enfantines

syllabes muettes du futur amour

quand les flammes progressent de poutre en poutre sous nos toits

exiguë

la définition du ciel

Nous dégageant, nous, de l’ancienne terreur

ou de cet enrouement par quoi les racines mêmes

s’expriment,- s’allégeant…

que ce soit le silence ce qui était présent, là, trop exposé depuis l’aube, sur le sol fraîchement retourné, l’ingratitude ou la légèreté des hommes, avec le vent,

je me dresse dans l’étendue, seul, contre cette lumière qui décline, le bâillon rejeté

… que ce soit le silence lentement déployé qui règne déjà nécessaire, déjà opprimant



Par la déclivité du soir le secret mal gardé

je la blesse au défaut de sa lecture le vent répare les accrocs

enclume ou catafalque d’étincelles

avec ce qui naît et meurt au bord

de sa lèvre acide

ciel pourpre et montagne nue

elle se penche et je vois au-delà de la ligne de son épaule

mon enfance troglodyte

dans la paroi violette où le soleil couchant se brise comme un pain.

elle se penche je vois…

Jacques Dupin

DES OS SALES


DES OS SALES

Eruption de gale

gratte à menacer le rose de l’arrête

j’ai sorti mon corps de l’eau fétide des promesses de la famille de Soeur Anne

laissant le N° 4 s’envoler pour se garder le bleu à l’écaille

il attendra

Au temple les marchands sont exempts de confinement

le rideau funeste d’un ciel de corbillard se tendra loin de Nous

pour garder le tableau en pleine lumière

Il y a des seins sur qui je peux conter sans avoir à craindre la moindre négligence

J’ai l’oreille à les entendre me caresser l’absolu en tout état du temps malade

Niala-Loisobleu – 31 Janvier 2021

AU DO D’UNE PEINTURE


AU DO D’UNE PEINTURE

Les nouvelles flottent dans le débord

le ciel est percé comme une paume d’arrosoir

le journal est mieux dans la flaque

Je cherche un pont pour en face

côté vertèbres

et côté seins Christophe

Défais le dessous des fleurs que j’ai du bleu dans la racine

comme un soleil qu’aurait pas enfilé de culotte

et aurait laisser pendre ses cheveux sans s’tress m’aime à ruban

Que le marchand de couleurs m’ouvre tous les tiroirs

1 quintal d’outremer

2 livres de vermillon bestseller de la nouvelle bibliothèque rose

du vers les Cyclades sirtaki pope music

titane maisons-blanches au dessus des arènes toro-machine

quand le feu s’allume au bain de minuit pour égaliser les bronzages avant d’ouvrir le nuancier des coquillages

vin blanc sec

jure en son

que je laisse glisser la neige à ceux qui sortent couverts

moi c’est palette intégrale que je te préfère

quand tu me tends ton suc sans me dire de faire le beau.

Niala-Loisobleu – 30 Janvier 2021

LA PERCEE DES BRANCHES SUR LE NOUVEL HORIZON


LA PERCEE DES BRANCHES SUR LE NOUVEL HORIZON

Lentement et tranquille le troupeau franchit la ligne de démarcation

Laissant sans nostalgie l’an gris du côté consommé

Dans le jour qui prend pied s’ouvre un bleu profond de résolutions

l’amour qui l’accompagne est dans sa forme vitale, je t’embrasse d’ici à là, te caresse de dehors à dedans, te mesure, te soupèse pour franchir ta porte Ma

Les chevaux face à la mer courent sous les mouettes pour entrer à égalité dans la puissance du flux. Ils tirent le bateau de sa rampe de lancement sous la bordée du champagne parrain . Plongeon dans le bleu de la bannière retenue. Sors tes seins, le chevalet trépigne d’envie de paraître et d’envoyer son faire-part de naissance sous le signe double du Bleu-Retour et de l’Equin-Porteur.

Sans présumer du nombre de matins ce jour dit Bonne Année l’Amour. Ecris Barbara.

Niala-Loisobleu – 1er Janvier 2021

MOTS DE BRANCHE


MOTS DE BRANCHE

Grand tour le coq garé

il y a du soleil qui chante sur la voie roulante dégagée

Reverdy en toute confiance me ramène dans son Bleu Passé

par la voix de ce moineau qui se penche

pour boire aux couleurs dévissées sur la palette

autour du copeau des crayons taillés

Perles de Diane comme bulles de vivre en collier de nage sans brassards

où s’estompe le miroir de la Gorgone

Il y a toujours dans la lune la colonne où apprendre.

Niala-Loisobleu – 8 Décembre 2020

BLEU PASSÉ

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Les mains ouvertes sur la poitrine nue — cette lueur sur le papier déteint, c’est une image.
Il y a, derrière, une route qui monte et un arbre qui penche trop, une croix et une autre rangée de branches qui penchent.
La pierre des marches s’incline aussi et ce sont des gouttes d’eau qui coulent entre les lignes.
La tache qui est au milieu n’est pas une tête

— c’est peut-être un trou.
Un regard oblique pique le ciel et soutient le trou, la tête.
Personne ne parle

— personne ne parle d’autrefois.
Car plusieurs amis sont là qui se regardent.

Pierre Reverdy

ENTRE TIEN EMOI 130


ENTRE TIEN EMOI 130

C’est un arbre ventriloque connu de tous au village et pas plus loin que les panneaux Michelin., qui en marquent l’entrée et la sortie. Dire comme ce qu’il disait restait entre nous. A vrai dire cette intime restriction était née du peu d’intérêt marqué par l’alentour et de la totale incompréhension des audacieux qui likaient (une mode qui avant le virus annonçait l’imminence de la Covid 19, qui finirait par couper tout rapport entre les gens). Le bois cache les fourmis sous ses cheveux, pourtant elles sont là, confinement ou pas une fourmi ça sort et ça change rien au travail. C’est encore l’homme qui va les priver de ses miettes dans l’évolution du virus. Je regarde la table de ferme qui s’allonge de tout son long, au-dessus de sa tête les immortelles pendent aux poutres entre les saucisses et les jambons, les oignons et le panier à salade. A part une cage tout y est. on a rien ajouter et surtout rien enlevé de ce qui fait qu’on vit. Sûr que le chien aimerait pas. J’ose pas imaginer sa réaction si on privait les chaises de tes culottes, il aime qu’on garde sa nourriture comme un enfant qui a besoin d’un vieux vêtement percé pour se réconforter. Justement l’arbre c’est ça qu’il raconte, la charpente de la vie. Ce qui l’osse, la vertèbre. Séparer les individus c’est installer le néant dans l’oubli que chaque histoire débute à nager dans un ventre. Naît cette relation qui échappe aux hommes d’Etat: l’Amour Majuscule. Et ça va loin parce que tenir la main d’un vieux tout fripé ça lui repasse son film, les bons passages puisqu’on oublie à tort où à raison les mauvais. C’est pour mieux mourir je pense. Jusqu’à la dernière des fripouilles que la famille accompagne. Enfin je dis bien la famille au sens étymologique du vrai sentiment. Intérêts mis à parts. Donc je continue, l’arbre vient s’asseoir en bout de table. L’enfant dernier sur ses genoux. Le chien entre ses jambes, queue fouettant. Les femmes l’entourent en premier rang. La Mère versant à boire des embruns aux hommes à la manoeuvre. L’odeur qui ramasse les choses comme y faut sur soi chauffe toute la pièce jusqu’à la terrasse qu’elle remplit d’oiseaux. Et sans bruit les essences se rapprochent pour la canopée. Ah ce fût comme avant. Veillé le mort, on chanta et festoya toute la nuit. En m’éveillant j’ai senti ta chaleur comme seule savent faire les vies qui veulent continuer. Alors je m’ai dit faut que j’aille chez le coiffeur pour l’honorer ce beau matin. Tu sais la suite comment ça a fini de se poursuivre.

Niala-Loisobleu – 5 Décembre 2020

SURSAUT DE COMBAT POUR SE SENTIR


SURSAUT DE COMBAT POUR SE SENTIR

A priori tout pousse à rien

la pandémie a trouvé de quoi se nourrir dans l’évolution de la décadence

les jours amoindrissent et pompent la personnalité en s’attaquant au caractère de chacun dans leurs combinaisons d’arrangements particuliers.

Le vrai geste barrière tient dans la résistance individuelle qu’on fait remonter de l’enfouissement où on est plongé sans le vouloir. L’imposition bricolée (plus en fonction d’une politique non pourvue de couilles) accomplit son travail de sape

J’ai peur de ne même plus me reconnaître et d’avoir une tête à tout le monde, masque oblige.

La difficulté matérielle accélère la chute. Pourquoi produire si on écoule pas ?

Le temps des Maudits renaît

L’Art est laminé

Je peins concomitamment pour et contre moi-même. Mais la vie doit être maintenue c’est la mort-fourbe qu’il faut tuer

Rester chien.

Niala-Loisobleu – 16 Novembre 2020

GRANDS-FONDS 8


GRANDS-FONDS 8

Proches les unes des autres

les amphores

gisent près des restes de l’épave en tenant le vin infusé à la résine de pin, le retsina millénaire

les anémones d’un rose tendre qui s’y sont fixées n’ont pas déclaré d’adresse, l’endroit est inconnu des chasseurs de trésor

intime secret

que le sel conserve

même pas un crabe

mais des bancs multicolores de poissons frais qui nagent autour

Je nagerai là à mon tour avec mon Capitaine, bercé par cette lyre du grand silence de la mer

d’immortelles roses jaunes quelque part à la surface.

Niala-Loisobleu – 15 Novembre 2020

A CETTE HEURE-CI


ART BRUT

A CETTE HEURE-CI

Voyez ici mon refus de l’aspect crépusculaire qu’il faudrait admettre de donner aux battements du souffle au simple prétexte de devoir croire sur ordre

L’empêchement de se choisir herbe folle sans pied d’écrasement serait-ce conforme au départ de la vague pour son rivage ?

Je ne veux d’autres rousseurs que celles dont tu t’es teintée sans obligation d’être en automne

Au commencement sauvage et nu comme l’état de naissance le naturalise, j’ai senti l’unité et non le séparatisme. Avant qu’on brûle la forêt pour construire il m’est apparu sage d’apprendre en plantant la liberté d’aimer dans la racine de son beau élevé par l’apprentissage. Mes enfants garderont leurs erreurs, je ne leur enlèverai pas leur choix. La vérité est que je suis le père d’une autre chair où l’Esprit rayonne. Le temps d’exercice que j’en ai ne laisse aucune place au doute

La tolérance fait crépiter les veillées le vers à la main

Que le vent rapproche sans éloigner les toits des murs qui les soutiennent et non qu’il rase les cultures humaines.

Niala-Loisobleu – 19 Octobre 2020

L’EPOQUE 2020/13 – EX-VOTO: JE T’AIME, TAIS-TOI


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L’EPOQUE 2020/13 – EX-VOTO: JE T’AIME,TAIS-TOI – NIALA – ACRYLIQUE S/TOILE 81X65

L’EPOQUE 2020/13

EX-VOTO:

JE T’AIME, TAIS-TOI

 

Le soleil joue à cache-cache et s’y compte jusqu’à sans

tout ce que vous voudrez à la seule exception de la poétesse

 

L’enfant rit

-Faut-être idiot pour croire qu’un arbre ça ne pousse que dans l’encombrement

Puis il rit

Ernesto l’a rejoint avec ses dominos à lui, son roulement à billes, son cheval à bascule et son tricycle, la table des 9 en tremble – elle a pas tort – l’oiseau s’est glissé pour testamenter

Présente dans le suiveur du soleil, elle est là à sa pêche tout en ô

fébrile, lascive, tendre, maternelle, amante, et pouls et pouls et pouls

racontent les seins en courant d’un bout à l’autre d’une maison, de ses arbres à fruits et surtout à soie

La mer dans son étendue fait drap

à proue

en sel

dunes dehors

sans palisses pour culotte

si nue que le panicaut est au ventre à chanter son chardon violet, un autre jour il sera giroflée avant d’une envie de lis de mer, l’endroit est d’une salinité élevée faut en appeler à la claire de l’ostréiculteur

Et l’euphorbe lui va s’emparer de l’intérieur des cuisses, son rival le liseron des dunes viendra compléter la Belle-Jardinière

le bouquet fera merveille en photosynthèse

Voilà les yeux grand écran

mon scoop, ma veillée bavarde pour un taiseux, le bois craque dans la cheminée ou guitare sur la plage, les cordes rauquent, les mains claquent, les talons frappent, le bougainvillier la gagne, la fontaine l’élève, les tapas périmètrent la place des vagues, c’est chaud

le bateau papier-musique orgue de Barbara attrape le vent pour s’exprimer

Chaud comme on reste

la mort peut venir elle ne pourra s’offrir cette vie

raison pour laquelle il me fallait dire seul le N°13, ma chance, puisqu’il couche le cheval contre ta peau, Ma

Que cette Lune nouvelle et pleine en Taureau accouche…

Niala-Loisobleu – 23 Avril 2020