La vérité du drame est dans ce pur espace qui règne entre la stance heureuse et l'abîme qu'elle côtoie : cet inapaisement total, ou cette ambiguïté suprême. Saint-john Perse
Par le rayon de soleil hors catégorie qui l’éclaire, ma boîte bat en corps par l’oiseau niché dans sa main. Le temps a coulé. Ma dernière conversation remonte au 7 Décembre 2018. Epoque que les moins ne peuvent pas connaître, tant ce qu’elle portait d’espoir naturel, qui n’avait pas besoin de vaccin pour perdurer. La suite quand on l’avance au Centre fait monter le filet d’air dans l’enfoui, sans qu’un anachronisme tente de boucler la page
Le chat est maître de la bambouseraie
ces longs étirements font ses griffes à la densité végétale qu’un sentiment de fond poursuit dans l’organique taire d’hier et d’aujourd’hui
Le mystique y développe la force d’une composition chimique dans laquelle les effets de l’âme prédominent assez pou laisser les erreurs de l’humeur du quotidien loin derrière.
Le banal s’enfonce dans l’ignorance qu’il choisit d’adopter
s’habillant de tout ce qui dissimule
A confondre le système de fonctionnement de la Nature avec ses petites habitudes, l’Ëtre se plante à côté
L’automne mûrit en se tapissant dans le pourrissement , elle est la parturiente qui refuse le déni
La pointe rose de l’oeil qui crève à la branche n’est pas profane, elle initie le printemps dans son ensemble absolu.
une chanson me traverse à tout à l’heure dans l’enseigne du point d’ars, manège de chevaux de bois
l’absence d’images tourne les notes à l’aveugle de l’histoire passée là sans se retenir. Du faire à cheval l’inconnu laisse sa croix de bois ici où là loin de chez lui
La ballade du passant
Tes dents sont froides comme la neige
Enfoncées dans ma langue blessée
En allant de Marseille en Norvège
Qu’aurai-je fait d’autre que passer?
Je laisse la fenêtre entrouverte
Pour le chat et pour tous tes amis
Il y a du lait dans l’armoire verte
Et quelques tranches de pain de mie
Le bruit des trains est toujours le même
Quand il m’emmenait ici ou là
La bonne était toujours la prochaine
Désert de sel ou champ de lilas
Je te laisse un peu de ma salive
Mes lèvres sur ton ventre tremblant
Et plongé dans un seau de chaux vive
Mon coeur noué dans un mouchoir blanc
Tu sais le monde est partout le même
Certains bronzent quand les autres suent
Les uns mâchent des choux à la crème
Les autres du pain sans rien dessus
Faut-il serrer les poings et se battr
Pour tous ceux qui meurent en mai
Ou regarder les bûches dans l’âtre
Et chanter la tristesse d’aimer
Et tes dents froides comme la neige
Fondent très doucement pas pressées
Notre histoire fut belle mais n’ai-je jamais rien fait d’autre que passer?
Tu finiras la chanson toi-même
Tu sais bien que mon temps est pesé
Voici l’air: il faut dire que je t’aime
Mais que je n’aurai fait que passer
Claude Semal
L’éditeur raconte n’importe quoi, dans sa mémoire il y a pas la présence du sentiment très fort. Seul le brouillon est une absence de maux. Mon vieux Jacques garde ta guitare et la coulure des chandelles d nos soirées à la bougie. On étaient riches de cette pauvreté matérielle tellement on y mettait du coeur sans forcer. On y a cru. Ma foi c’était le moins dur moment à passer. La beauté n’a de grandeur qu’en présence de nudité.
Par la percée des meurtrières l’horizon avale ses mots de sable
laissant l’échange épilé à l’entrée du chemin chauve
En forêt un baliveau plein de sang garde le rythme à l’abri des amazonniers coupeurs de têtes. Sortant la baguette des sources, à la verticale et faire un point d’amer pour localiser son terrier
Quand le roncier épaissit l’approche communique au touché la sensation de proximité
Au creux de la paume, là où la ligne creuse profond, la vibration approche la chair de poule signalant l’entonnoir des racines. Volcan pas éteint
Un tournesol redresse la tête sur le pivot de sa tige
Et le taillis libère sa véritable identité au plus fort du camouflage
Ce long déroulé ne peut qu’être l’onduleuse hanche du tracé de l’amphore
L’évasé du col ne retient pas ses fragrances
Lèvres d’un sacre qui veulent vivre au-delà de toute force de raison et que l’oeil soustrait au masque sans retenir la succession de circonstances défavorables. L’acharnement délétère
Comme la couleur du ventre en s’ouvrant est pigmentaire, l’imitation chimique ne peut abuser de l’oiseau en soustrayant l’arbre à sa nature.
Ma main gauche est à peindre cet écho de ma pensée nourri d’un vers de Vicente Huidobroassis à la table au menu du souvenir
passent tirés par l’oiseau
les mouvements de battoir des femmes au lavoir
Elles lavent les préjugés, dépoitraillées jusqu’au plus pur de l’eau saignée de la montagne de Sisyphe
sans peur, déjà dans la Barque Mystique dans laquelle le Nautonnier me traversera
Devant cette table où je suis assis les plats débordent de fruits, l’olive et la figue dans le compotier font la ronde aux viandes rouges des torrils, en donnant la main aux grappes pressées dans leurs flacons
La musique s’élève
au bout de la flèche
Le tableau est en cours au pas doux d’un trop laissant l’aqueux du cheval s’étendre.
L’on devrait pouvoir à tous poèmes donner ce titre : Raisons de vivre heureux. Pour moi du moins, ceux que j’écris sont chacun comme la note que j’essaie de prendre, lorsque d’une méditation ou d’une contemplation jaillit en mon corps la fusée de quelques mots qui le rafraîchit et le décide à vivre quelques jours encore. Si je pousse plus loin l’analyse, je trouve qu’il n’y a point d’autre raison de vivre que parce qu’il y a d’abord les dons du souvenir, et la faculté de s’arrêter pour jouir du présent, ce qui revient à considérer ce présent comme l’on considère la première fois les souvenirs : c est-à-dire, garder la jouissance présomptive d’une raison à l’état vif ou cru, quand elle vient d’être découverte au milieu des circonstances uniques qui l’entourent à la même seconde. Voilà le mobile qui me fait saisir mon crayon. (Étant entendu que l’on ne désire sans doute conserver une raison que parce qu’elle est pratique, comme un nouvel outil sur notre établi). Et maintenant il me faut dire encore que ce que j’appelle une raison pourra sembler à d’autres une simple description ou relation, ou peinture désintéressée et inutile. Voici comment je me justifierai : Puisque la joie m’est venue par la contemplation, le retour de la joie peut bien m’être donné par la peinture. Ces retours de la joie, ces rafraîchissements à la mémoire des objets de sensations, voilà exactement ce que j’appelle raisons de vivre.
Si je les nomme raisons c’est que ce sont des retours de l’esprit aux choses. Il n’y a que l’esprit pour rafraîchir les choses. Notons d’ailleurs que ces raisons sont justes ou valables seulement si l’esprit retourne aux choses d’une manière acceptable par les choses : quand elles ne sont pas lésées, et pour ainsi dire qu’elles sont décrites de leur propre point de vue.
Mais ceci est un terme, ou une perfection, impossible. Si cela pouvait s’atteindre, chaque poème plairait à tous et à chacun, à tous et à chaque moment comme plaisent et frappent les objets de sensations eux-mêmes. Mais cela ne se peut pas : Il y a toujours du rapport à l’homme… Ce ne sont pas les choses qui parlent entre elles mais les hommes entre eux qui parlent des choses et l’on ne peut aucunement sortir de l’homme.
Du moins, par un pétrissage, un primordial irrespect des mots, etc., devra-t-on donner l’impression d’un nouvel idiome qui produira l’effet de surprise et de nouveauté des objets de sensations eux-mêmes.
C’est ainsi que l’œuvre complète d’un auteur plus tard pourra à son tour être considérée comme une chose. Mais si l’on pensait rigoureusement selon l’idée précédente, il faudrait non point même une rhétorique par auteur mais une rhétorique par poème. Et à notre époque nous voyons des efforts en ce sens (dont les auteurs sont Picasso, Stravinsky, moi-même : et dans chaque auteur une manière par an ou par œuvre).
Le sujet, le poème de chacune de ces périodes correspondant évidemment à l’essentiel de l’homme à chacun de ses âges; comme les successives écorces d’un arbre, se détachant par l’effort naturel de l’arbre à chaque époque.
Francis Ponge
Sur la planche à bascule de notre vie, ce qui rend heureux le matin peut tomber en miettes avant le soir
Lentement et tranquille le troupeau franchit la ligne de démarcation
Laissant sans nostalgie l’an gris du côté consommé
Dans le jour qui prend pied s’ouvre un bleu profond de résolutions
l’amour qui l’accompagne est dans sa forme vitale, je t’embrasse d’ici à là, te caresse de dehors à dedans, te mesure, te soupèse pour franchir ta porte Ma
Les chevaux face à la mer courent sous les mouettes pour entrer à égalité dans la puissance du flux. Ils tirent le bateau de sa rampe de lancement sous la bordée du champagne parrain . Plongeon dans le bleu de la bannière retenue. Sors tes seins, le chevalet trépigne d’envie de paraître et d’envoyer son faire-part de naissance sous le signe double du Bleu-Retour et de l’Equin-Porteur.
Sans présumer du nombre de matins ce jour dit Bonne Année l’Amour. Ecris Barbara.
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