A BONDS DENSES


À BONDS DENSES

Philosophie sans faille des décousus, du soleil dans ma tasse trempe la pluie qui tombe tout autour

L’anémone fille du soleil nage au sec sans rien perdre de son humidité

Les grandes paroles ont l’éclat terne du discours

Mon amour saute en silence les foudres du Jupiter de circonstances qui voient du malheur dans ce qui vit d’outre-mer

Avant de prendre la route je regarde l’état de l’aile de l’oiseau et la croupe de l’équinoxial équin…

Niala-Loisobleu – 19 Septembre 2021

DES MOTS-PEINTS


LES MOTS-PEINTS

De mon cheval résonne la fibre vocale du silence

ce dit que l’araire extrait

c’est cette semence que mon ventre ne garde pas en jachère

pour emplir le grenier à sel de sa fleur

Tango mon genou monte à ton estuaire

je n’ai pas de colère Atahualpa

ma rue montre le nécessaire du fleuve

chante ne te retiens pas.

Niala-Loisobleu – 18 Septembre 2021

Le tengo rabia al silencio

Atahualpa YupanquiJ

Je suis en colère contre le silence pour tout ce que j’ai perdu
Le tengo rabia al silencio por lo mucho que perdí

Je suis en colère contre le silence pour tout ce que j’ai perdu
Le tengo rabia al silencio por lo mucho que perdí

Celui qui veut vivre heureux ne se tait pas
Que no se quede callado quien quiera vivir feliz

Celui qui veut vivre heureux ne se tait pas
Que no se quede callado quien quiera vivir felizUn jour je montais à cheval et dans la jungle je suis allé
Un día monté a caballo y en la selva me metí

Un jour je montais à cheval et dans la jungle je suis allé
Un día monté a caballo y en la selva me metí

Et j’ai senti un grand silence grandir en moi
Y sentí que un gran silencio crecía dentro de mí

Et j’ai senti un grand silence grandir en moi
Y sentí que un gran silencio crecía dentro de míIl y a du silence dans ma guitare quand je chante le yaraví
Hay silencio en mi guitarra cuando canto el yaraví

Il y a du silence dans ma guitare quand je chante le yaraví
Hay silencio en mi guitarra cuando canto el yaraví

Et le meilleur de ma chanson reste en moi
Y lo mejor de mi canto se queda dentro de mí

Et le meilleur de ma chanson reste en moi
Y lo mejor de mi canto se queda dentro de míQuand l’amour m’a fait signe, tout m’a allumé
Cuando el amor me hizo señas, todo entero me encendí

Quand l’amour m’a fait signe, tout m’a allumé
Cuando el amor me hizo señas, todo entero me encendí

Et à force d’être tranquille, tranquille j’étais consumé
Y a fuerza de ser callado, callado me consumí

Et à force d’être tranquille, tranquille j’étais consumé
Y a fuerza de ser callado, callado me consumíJe suis en colère contre le silence pour tout ce que j’ai perdu
Le tengo rabia al silencio por lo mucho que perdí

Celui qui veut vivre heureux ne se tait pas
Que no se quede callado quien quiera vivir feliz

Source : Musixmatch

Paroliers : Hector Roberto Chavero

EMPLOI DU TANT


EMPLOI DU TANT

La fin de l’été se glisse, je me pose au prochain printemps

comme l’a voulu mon dernier rêve

Ce sera la prochaine qui mettra à jour avant

du 1er au 14 Février 2022 à Chateaubernard

l’expo très particulière à l’endroit qui me fit hommage

Anémone tu m’appelles

je ne te ferais pas faux bond

tu peux me croire…

Niala- Loisobleu – 17 Septembre 2021

DISTINCTION


DISTINCTION

La nuit est locataire du moment

je ne vois rien en-dehors de cette forme qui me danse dans la vue

l’esprit torride d’où elle émane n’a rien à voir avec l’au-delà

rieuse luciole

Tu deviens nette

je te reconnais

là sur la toile laissée hier au chevalet

je sais comme j’irai te rejoindre à peindre cet autre versant de la montagne.

Niala-Loisobleu – 17 Septembre 2021

DES DOIGTS RESTES DANS L’ANEMONE


DES DOIGTS RESTES DANS L’ANEMONE

T’écrire de ceux-là puisque qu’ils sont de la main qui t’a peint

tirée du trottoir au soleil

laissant cette ruée qui, dans son ombre, se place en devanture

D’un bleu prêt à violacer et d’un rouge carminé l’humble fleur trône

remplissant de sa musique-de-chambre l’espace tamisé du tête-à-tête qui crépite entre les jambes

Vider le dos de son mal en le baignant jusqu’à ce que l’eau l’avale

alors la salive se met au végétal

C’est preignant

L’asparagus vient chatouiller la souplesse des branches d’un persillé qui éteint le vacarme de la moto frimeuse du sale môme que ses parents élèvent dans la violence des consoles

visions afghanes, mission impossible d’une église de scientologie, ce monde sectaire se pisse-dessus en étoilant de jaune ses manifestations antitout

Ô oui Badinter fait abolir mondialement la peine de mort

L’atelier derrière le rempart de tes poings garde la fraîcheur innocente de l’enfant qui fait durer ce qu’il a reçu

J’aime ce que cette fleur porte d’espoir en elle

dans la permanence actuelle d’un danger potentiel c’est mon canon à grêle

Niala-Loisobleu – 16 Septembre 2021

CELLE D’ESTRAN (Reprise)


SC6024

CELLE D’ESTRAN (Reprise)

Voici la vie ajout contre joue qui gazouille d’un chant de rivière dans le jardin comme arrose l’être à ce lavoir qui n’a jamais tu le battoir de la lavandière

et je suis là dans les plis de sa brouette, dans la rigole de sa poitrine ouverte, essoré des draps tristes de nuits grabataires, étendu à la fourche de l’herbe odorante de l’home des cavernes

dense pensée primitive

sur la corde du sourire sorti des pas perdus de l’attente de la paroi rupestre

Le couvercle de mes crayons

envolé en couleurs

les maisons se sont embrassées bouche à bouche

entre les dents des horizons suspendus

des figues pleins les doigts

Un aloès en bât d’âne

montait fort le violet des chardons

La musique s’est libérée des cordes

au frappé des mains de tous les coups de reins

la terre restituait les morts volés à la vie…

Niala-Loisobleu

30 Janvier 2018

« NYMPHE »- NIALA 2021 – ACRYLIQUE S/CANSON – ENCADRE SOUS-VERRE 30×40


« NYMPHE

NIALA

2021

ACRYLIQUE S/CANSON

ENCADRE SOUS-VERRE 30×40

Du silence des feuilles tombant des arbres

l’oiseau porte l’eau à la clairière de son dessin

intime coussin d’un nuage assis au bistrot du coin

du papier en terrasse à l’encrier des mots-peints

Rémouleur à la barre

le feu s’aiguise au seoir d’un été difficile à trouver

Pendant qu’il pleuvait sur la Chaume le merle a goûté au raisin

le coup de chauffe ranimera le serpentin

l’alambic d’où je peins tire le bois à la forge

vers l’intime assemblage à tirer de son tannin

la main de la nymphe en caressant les fleurs désembue les vitres à dessein.

Niala-Loisobleu

14 Septembre 2021

ANGLE DE DEPART


ANGLE DE DEPART

A travers la roue du vélo restée appuyée dans son cadre

l’oiseau qui pédale cherche le nom qui donnerait l’élan aux doigts sur la guitare muette

ce bruit percé de pièces sur le trottoir traverserait la manche à chat-perché d’un seul cri du coeur

La devanture des campagnes et son linge épincé me sort du lavoir

creusant ses nids-de-poules d’une ligne d’arbres à l’autre en laissant aux vaches la vue sur le train

traverses du chemin offertes

Au bout du quai le cadran solaire traçait le gulf-stream sans alternatif saisonnier

de quoi entrer aux bains-douches se tremper le cul comme un moineau facétieux qui pourrait s’appeler Ernesto

Le soleil allume ce qui reste d’herbe pour l’accouchement de l’été

l’automne est à la porte quoi que je pense que je ne passerai pas l’hiver à rentrer le boeuf à la prochaine crèche

le sujet m’interpelle

détacher l’âne de la noria pour violacer encore un chardon serait plus piquant de vie que d’embrasser la bague de l’évêque pour sortir le goupillon

Sans fleurs ni couronnes

que tes yeux tournant le manège où les rires de gosses sont assis.

Niala-Loisobleu – 13 Septembre 2021

c

« LES NUITS BLANCHES »- NIALA 2021 – ACRYLIQUE S/CANSON -ENCADRE SOUS-VERRE 40X50


« LES NUITS BLANCHES »

NIALA

2021

ACRYLIQUE S/CANSON

ENCADRE SOUS-VERRE 40X50

Comme la figure de proue d’un vaisseau à trois ponts fourvoyé dans ce port de galères, au-dessus de la Méditerranée plate dont le blanc des vagues semble toujours
fatigué d’un excès de sel se levait pour moi derrière une correcte, une impeccable rangée de verres à alcools, le visage de cette femme violente.

Derrière, c’était les grands pins mélancoliques, de ceux dont l’orientation des branches ne laisse guère filtrer que les rayons horizontaux du soleil à cette heure du
couchant où les routes sont belles, pures, livrées à la chanson des fontaines. On entendait dans le fond du port des marteaux sur les coques, infinis, inlassables comme une
chanson de toile au-dessus d’un bâti naïf de tapisserie balayé de deux tresses blondes, circonvenu d’un lacis incessant de soucis domestiques, avec au milieu ces deux yeux doux,
fatigués sous les boucles, la sœur même des fontaines intarissables. On ne se fatiguait pas de boire, un liquide clair comme une vitre, un alcool chantant et matinal. Mais
c’était à la fin un alanguissement de bon aloi, et tout à coup comme si l’on avait dépassé l’heure permise, — surpris le port sous cette lumière
défendue où descendent à l’improviste pour un coup de main les beaux pirates des nuits septentrionales, les lavandières bretonnes à la faveur d’un rideau de brumes
— c’était tout à coup le murmure des peupliers et la morsure du froid humide — puis le claquement d’une portière et c’était la sortie des théâtres dans
le Pétrograd des nuits blanches, un arroi de fourrures inimaginable, l’opacité laiteuse et dure de la Baltique — dans une aube salie de crachements rudes, prolongée des
lustres irréels, la rue qui déverse une troïka sur les falaises du large, un morne infini de houles grises comme une fin du monde — c’était déjà l’heure
d’aller aux Iles.

Julien Gracq

Sans être régie par les marées la Méditerranée laisse le bleu et le blanc dans tout leur symbole

annulant les prédictions guerrières au prétexte de Carthage

C’était du moins ma conviction qui n’a pas été partagée…

Niala-Loisobleu – 11 Septembre 2021