La vérité du drame est dans ce pur espace qui règne entre la stance heureuse et l'abîme qu'elle côtoie : cet inapaisement total, ou cette ambiguïté suprême. Saint-john Perse
Je suis en colère contre le silence pour tout ce que j’ai perdu Le tengo rabia al silencio por lo mucho que perdí
Je suis en colère contre le silence pour tout ce que j’ai perdu Le tengo rabia al silencio por lo mucho que perdí
Celui qui veut vivre heureux ne se tait pas Que no se quede callado quien quiera vivir feliz
Celui qui veut vivre heureux ne se tait pas Que no se quede callado quien quiera vivir felizUn jour je montais à cheval et dans la jungle je suis allé Un día monté a caballo y en la selva me metí
Un jour je montais à cheval et dans la jungle je suis allé Un día monté a caballo y en la selva me metí
Et j’ai senti un grand silence grandir en moi Y sentí que un gran silencio crecía dentro de mí
Et j’ai senti un grand silence grandir en moi Y sentí que un gran silencio crecía dentro de míIl y a du silence dans ma guitare quand je chante le yaraví Hay silencio en mi guitarra cuando canto el yaraví
Il y a du silence dans ma guitare quand je chante le yaraví Hay silencio en mi guitarra cuando canto el yaraví
Et le meilleur de ma chanson reste en moi Y lo mejor de mi canto se queda dentro de mí
Et le meilleur de ma chanson reste en moi Y lo mejor de mi canto se queda dentro de míQuand l’amour m’a fait signe, tout m’a allumé Cuando el amor me hizo señas, todo entero me encendí
Quand l’amour m’a fait signe, tout m’a allumé Cuando el amor me hizo señas, todo entero me encendí
Et à force d’être tranquille, tranquille j’étais consumé Y a fuerza de ser callado, callado me consumí
Et à force d’être tranquille, tranquille j’étais consumé Y a fuerza de ser callado, callado me consumíJe suis en colère contre le silence pour tout ce que j’ai perdu Le tengo rabia al silencio por lo mucho que perdí
Celui qui veut vivre heureux ne se tait pas Que no se quede callado quien quiera vivir feliz
T’écrire de ceux-là puisque qu’ils sont de la main qui t’a peint
tirée du trottoir au soleil
laissant cette ruée qui, dans son ombre, se place en devanture
D’un bleu prêt à violacer et d’un rouge carminé l’humble fleur trône
remplissant de sa musique-de-chambre l’espace tamisé du tête-à-tête qui crépite entre les jambes
Vider le dos de son mal en le baignant jusqu’à ce que l’eau l’avale
alors la salive se met au végétal
C’est preignant
L’asparagus vient chatouiller la souplesse des branches d’un persillé qui éteint le vacarme de la moto frimeuse du sale môme que ses parents élèvent dans la violence des consoles
visions afghanes, mission impossible d’une église de scientologie, ce monde sectaire se pisse-dessus en étoilant de jaune ses manifestations antitout
Ô oui Badinter fait abolir mondialement la peine de mort
L’atelier derrière le rempart de tes poings garde la fraîcheur innocente de l’enfant qui fait durer ce qu’il a reçu
J’aime ce que cette fleur porte d’espoir en elle
dans la permanence actuelle d’un danger potentiel c’est mon canon à grêle
Voici la vie ajout contre joue qui gazouille d’un chant de rivière dans le jardin comme arrose l’être à ce lavoir qui n’a jamais tu le battoir de la lavandière
et je suis là dans les plis de sa brouette, dans la rigole de sa poitrine ouverte, essoré des draps tristes de nuits grabataires, étendu à la fourche de l’herbe odorante de l’home des cavernes
dense pensée primitive
sur la corde du sourire sorti des pas perdus de l’attente de la paroi rupestre
Comme la figure de proue d’un vaisseau à trois ponts fourvoyé dans ce port de galères, au-dessus de la Méditerranée plate dont le blanc des vagues semble toujours fatigué d’un excès de sel se levait pour moi derrière une correcte, une impeccable rangée de verres à alcools, le visage de cette femme violente.
Derrière, c’était les grands pins mélancoliques, de ceux dont l’orientation des branches ne laisse guère filtrer que les rayons horizontaux du soleil à cette heure du couchant où les routes sont belles, pures, livrées à la chanson des fontaines. On entendait dans le fond du port des marteaux sur les coques, infinis, inlassables comme une chanson de toile au-dessus d’un bâti naïf de tapisserie balayé de deux tresses blondes, circonvenu d’un lacis incessant de soucis domestiques, avec au milieu ces deux yeux doux, fatigués sous les boucles, la sœur même des fontaines intarissables. On ne se fatiguait pas de boire, un liquide clair comme une vitre, un alcool chantant et matinal. Mais c’était à la fin un alanguissement de bon aloi, et tout à coup comme si l’on avait dépassé l’heure permise, — surpris le port sous cette lumière défendue où descendent à l’improviste pour un coup de main les beaux pirates des nuits septentrionales, les lavandières bretonnes à la faveur d’un rideau de brumes — c’était tout à coup le murmure des peupliers et la morsure du froid humide — puis le claquement d’une portière et c’était la sortie des théâtres dans le Pétrograd des nuits blanches, un arroi de fourrures inimaginable, l’opacité laiteuse et dure de la Baltique — dans une aube salie de crachements rudes, prolongée des lustres irréels, la rue qui déverse une troïka sur les falaises du large, un morne infini de houles grises comme une fin du monde — c’était déjà l’heure d’aller aux Iles.
Julien Gracq
Sans être régie par les marées la Méditerranée laisse le bleu et le blanc dans tout leur symbole
annulant les prédictions guerrières au prétexte de Carthage
C’était du moins ma conviction qui n’a pas été partagée…
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