António Ramos Rosa | [Il y a une terre qui halète dans la gorge]


NIALA


António Ramos Rosa | [Il y a une terre qui halète dans la gorge]





[HÁ UM OFEGAR DE TERRA NA GARGANTA]



Há um ofegar de terra na garganta,
há um feixe de ervas que perfuma a casa.
O ar é solidez, o caminho é de pedra.
Procuro a água funda e negra de bandeiras.

Encho a cabeça de terra, quero respirar mais alto,
quero ser o pó de pedra, o poço esverdeado,
o tempo é o de um jardim
em que a criança encontra as formigas vermelhas.

Vou até ao fim do muro buscar um nome escuro:
é o da noite próxima, é o meu próprio nome?



António Ramos Rosa, Ciclo do Cavalo, Limiar, Colecção Os Olhos e a Memória, Porto, 1975, pág. 36.






[IL Y A UNE TERRE QUI HALÈTE DANS LA GORGE]



Il y a une terre qui halète dans la gorge,
il y a un bouquet qui embaume la maison.
L’air est solide, le chemin pierreux.
Je cherche l’eau profonde et pavoisée de noir.

J’emplis de terre le crâne, je veux respirer plus haut,
je veux être la poussière de la pierre, le puits verdi de mousse ;
le temps est celui d’un jardin
où l’enfant rencontre les fourmis rouges.

Je vais jusqu’à la fin du mur chercher un nom obscur :
est-ce celui de la nuit proche, est-ce le mien ?



António Ramos Rosa, Le Cycle du cheval suivi de Accords, Éditions Gallimard, Collection Poésie, 1998, page 43. Traduction du portugais par Michel Chandeigne. Préface de Robert Bréchon.

SUR L’ESPACE DE L’HERBE


SUR L’ESPACE DE L’HERBE

Pots d’émail en bande sur les tables se sont vidés

la tournée en renversant ses rires grêle à qui mieux-mieux la vendange à portée

Y aura-t-il un coup de cidre ?

Le silence des claies fait semblant de répondre

Et pourtant dans ma provision ce matin j’ai rempli ma boîte de peinture

à part ceux qui ne savent rien de moi – les plus nombreux – approcher l’immaturité pour expliquer collerait à l’inconséquence de tout

seuls les enfants vieillissent hors d’âge comme la beauté est hors de portée du dérèglement quel qu’il soit

Je trouverai le moyen d’empiler mon travail comme on s’en fait une digue

Trop pugnace pour céder à la déchéance du tout pour le profit.

Niala-Loisobleu.

20 Août 2022

FESTOIEMENT (reprise)


NIALA « Faites l’amour, pas la guerre » 2022

FESTOIEMENT (Reprise)

Le bois des tables c’est un faîte aime la java bleue

sa serviette autour du coup

il dresse le plat du jour en un somptueux festin à la carte

Les quatre saisons mêlent Breughel aux ça beaux trépidants

d’un branle villageois posé sur les tréteaux d’une musique des corps

A l’orée des greniers les meules tapent des mains

en relevant les cuisses des gerbes ne demandant qu’à se faire enfourchées

Au milieu des victuailles de l’amour, le gibier se déplume, les viandes blanches saignent

au bord du jardin de curé donnant sur le potager

quelques fruits figues et abricots ont mûri contre la margelle du puits

Mains tenant les grappes des sarments d’amour appellent le fouloir

les pieds sur la table on ne pressent pas en vain

la gigue du cul ne paillarde son vin de messe

que dans l’union sacrée de la nature m’aime de l’amour…

 

Loisobleu

30 Août 2014

AIGUILLAGE


AIGUILLAGE

Le fil en tournant la tête de côté découvre où coudre le bouton d’ouverture

Quel étouffant été on vient de connaître sans pas toujours pouvoir y comprendre quelque chose. A part l’abus de confiance manifeste

Une bobine de bleu pour joindre les bretelles des jarretelles et accéder au golfe des bains de minuit en tenue ad hoc révèle un heureux présage

La diversité des coloquintes place un assemblage harmonieux dans la coupe sur la table de la salle-à-manger où la rondeur trouve de quoi restaurer

Le melon charentais est charnu et le raisin gros de grappe

Le tableau que tu souhaites cherche à croiser ton regard dans l’équilibre de sa construction.

Niala-Loisobleu – 19 Août 2022

AU SEIN DU SALON


NIALA

AU SEIN DU SALON

Sur le tapis pris en Turquie et autour des pas de la muraille de Chine, des livres d’art racontent au tatou du Mexique comment aller dans la plaine des Jarres remplir son rêve de souvenirs inaltérables

Des bateaux qui vont et qui viennent une valse te fait tourner la tête vers le Cap de toutes les espérances

Quand ton sein plus lourd qu’un mauvais tour sort, dans mon ventre se passe cette sensation incontrôlable du décollage. Des chevaux sauvages se rassemblent alors autour des lacs de Dalécarlie et je monte à cru la tente jusqu’en Mongolie

Entre tant un marchand d’andouilles a gagné le pore pour briser le réveil

L’heure aphone allongée sur un des canapés bleus demande un mojito à la serveuse de rumbas en pressant le citron vers la réouverture de la voie

J’ai vu le train venir à quai au moment où tu as décroisé tes jambes pour faire fuir les corbeaux noirs

-Dieu mais c’est St-Lazare qui sort de la fumée , s’écrie Claude Monet…

Niala-Loisobleu.

18 Août 2022

LE JARDIN ENGOURDI PAR JULIEN GRACQ


NIALA 2017 « UN CAILLOU DANS LA POCHE 9  » S/VERRE 40X50 500,00 €

LE JARDIN ENGOURDI PAR JULIEN GRACQ

Quelle tranquillité maintenant que midi sonné fait glisser la journée insensiblement sur sa pente la plus tragique.
Les poiriers compliqués, branchus et durs comme des coraux, les asters, les mille feuilles, les herbes de la
Saint-Jean poussent au travers des semis de coquilles d’huîtres, et les beaux galets font des chemins de plaisir, des routes douces entre les pelouses comme le contournement d’un sein.
Par derrière le mur de mousses, la mer, debout à quarante-cinq degrés comme dans une chute d’automobile, grise comme la belle tonalité de la planète vue de
Sirius, vraiment reposante — la mer fondamentale, à la fois juge et partie.

Julien Gracq

« POUR LA COMPLETUDE » – NIALA 2022 – ACRYLIQUE S/TOILE 92X73 – PRIX: 2000,00 €


NIALA

« POUR LA COMPLETUDE »

NIALA 2022

ACRYLIQUE S/TOILE 92X73

PRIX: 2000,00 €

De la palette la fenêtre vient de s’ouvrir

un homme vert en sort et traverse l’univers d’un luminaire à l’autre

Le Peintre voit son oeuvre aboutir

des fruits viennent aux branches qui se tendent

l’oiseau xylophone de la pointe des seins à la fleur des lèvres

foetus

l’habitat monte de la main levée

Femme te voilà,

des tréteaux les saltimbanques ont répandu tes fragrances

Niala-Loisobleu.

15 Août 2022

TRACE TA ROUTE


NIALA

TRACE TA ROUTE

Sur la branche un fruit prépare son pépin, l’oiseau lui pose sa pulpe comme on peint le bleu contre l’outre -noir que la frime du fric Soulages

Marche jazzy le coton sorti de tes reins

sans te trahir de l’innocence dont profitent les coucous au passage

la lucidité a un utopique parcours obligé

comme la beauté n’est pas dans ce qui qui s’en vante mais dans son silence…

Niala-Loisobleu – 14 Août 2022

LE LIN TANT PERI RENAÎT


NIALA STADE 6

LE LIN TANT PERI RENAÎT

Le merlin s’est démanché, la goutte appelée a répondu présent

on respire en se foutant de se poser la question de savoir: c’est pour combien de temps ?

Grand-oeuvre

il y a de ça

comme la forge pulmonaire souffle à la braise qui veut fer

l’oiseau dénoyaute le Peintre de son envie de vivre du coing-gauche en l’amenant

au terme de sa quête au mille de l’utérus.

Niala- Loisobleu.

14 Août 2022

DU CHANTIER 5 MIS EN INTEMPERIES


NIALA – ETAT AU 13/08/22 à 8H 00 (détail gauche)

DU CHANTIER 5 MIS EN INTEMPERIES

L’oeuvre se concentre autour des mots qui, sériés dans les allées-et-venues de l’oiseau, en blanchissant la scène remontent la teneur grand-teint du thème

Mais la canicule porte l’atelier à l’impraticable

Le chantier est mis en intempéries par mesure de sauvegarde

Niala-Loisobleu – 13 Août 2022