Ce baiser – François Morel


NIALA

Ce baiser

François Morel

Ce baiser, vous souvenez vous
Que vous m’aviez un jour donné?
J’aimerais pouvoir entre nous
Ce soir, vous le restituer
J’avais gardé par devers moi
Ce souvenir, ce doux trésor
Ce présent, ce cadeau de roi
Plus précieux qu’un bijou en or

Quand je partais loin de Paris
Quand je m’en allais en voyage
Je le rangeais dans un étui
Bien protégé dans mes bagages

Ce doux baiser que j’ai gardé
Au bout des lèvres, au bout du cœur
Ne m’a jamais, jamais quitté
J’en fus l’unique possesseur
J’ai peur qu’il manque à vos années
Ultimes et cependant ardentes
Voulez-vous le récupérer
Ici, toute affaire cessante

Ce serait pour moi un délice
D’enfin, vous le rétrocédez
Il est sur moi, c’est un indice
Vous plairait-il de le chercher?

Le temps ne m’a pas épargné
Cheveux blanchis et cataracte
Mais vous en seriez étonnée
Le baiser, lui, demeure intact
Ce baiser, vous souvenez vous
Que vous m’aviez un jour donné?
J’aimerais pouvoir entre nous
Ce soir vous le restituer

« ROSES BAISERS » – NIALA 2023 – ACRYLIQUE S/TOILE 65X54


NIALA

« ROSES BAISERS »

NIALA 2023

ACRYLIQUE S/TOILE 65X54

Ils disaient que la nuit était au plus noir de ce qui est éteint

sans même pouvoir imaginer que cela pouvait être rendu impossible

sous l’aile repliée de la lune qui tient en faisceau un autre rivage

.

DEUX ROSES EMBRASSEES

.

Bout à bout de tétins rêvaient seins contre seins

à la saison qui redonne sa vigueur au jardin

par le seul miracle des loups du printemps

surgis en vers et contre toute espérance

de croire

.

Ne dîtes plus par le faux et la haine du laisser-aller du jardin

ôtez-lui juste ses mauvaises herbes

et aimez-vous tels que vous êtes

en vous moquant du quand dira-t-on

personne à part vous

ne peut vous donner ce qui vous rend heureux d’aimer

et de l’être comme vous l’entendez.

.

Niala-Loisobleu.

17 Février 2023

Alain Souchon – Le Baiser


NIALA

ALAIN SOUCHON

LE BAISER

Je chante un baiser
Je chante un baiser osé
Sur mes lèvres déposé
Par une inconnue que j’ai croisé
Je chante un baiser

Marchant dans la brume
Le cœur démoli par une
Sur le chemin des dunes
La plage de Malo Bray-Dunes

La mer du Nord en hiver
Sortait ses éléphants gris vert
Des Adamo passaient bien couverts
Donnant à la plage son caractère, naïf et sincère

Le vent de Belgique
Transportait de la musique
Des flonflons à la française
Des fancy-fair à la fraise

Elle s’est avancée
Rien n’avait été organisé
Autour de moi elle a mis ses bras croisés
Et ses yeux se sont fermés, fermés

Jugez ma fortune
Sous l’écharpe les boucles brunes
C’est vrai qu’en blonde j’ai des lacunes
En blonde j’ai des lacunes

Oh, le grand air
Tournez le vent la dune à l’envers
Tournez le ciel et tournez la terre
Tournez, tournez le grand air

La Belgique locale
Envoyait son ambiance musicale
De flonflons à la française
De fancy-fair à la fraise

Toi qui as mis
Sur ma langue ta langue amie
Et dans mon cœur un décalcomanie
Marqué liberté, liberté chérie

Je donne le départ
Pour ce moment délicieux hasard
Adamo, MC Solaar
Oh, tous les milliards de dollars

Le vent de Belgique
Envoyait mélancolique
Ses flonflons à la française
De fancy-fair à la fraise

Si tout est moyen
Si la vie est un film de rien
Ce passage-là était vraiment bien
Ce passage-là était bien

Elle est repartie
Un air lassé de reine alanguie
Sur la digue un petit point parti
Dans l’Audi de son mari

Oh, son mari
Je chante un baiser
Je chante un baiser osé
Sur mes lèvres déposé

Source : Musixmatch

Paroliers : Alain Souchon

« CE SOLEIL » – NIALA 2023 – ACRYLIQUE S/TOILE 65X54


NIALA

« CE SOLEIL »

NIALA 2023

ACRYLIQUE S/TOILE 65X54

Ce soleil, autre

affranchi des influences du système

avec les fleurs libertaires dans l’avance ésotérique du cheval

pistant la voie d’un amour désireux de nidifier la cathédrale tracée

Cette fenêtre porte les boutons où s’appuyer

au cri de louve sur l’arc de cette pleine-lune

qui dissout les grumeaux retenus en libido

fluide comme la rivière

née de la source de l’ailleurs lointain venu s’écussonner

C’est un battement de regards convergents

une chair de poule que le coq grimpe à l’échelle des vertèbres

pour le triple saut du lâché de l’ange destructeur

aux mains tendues de la parallèle ferroviaire du trapèze

au passe des gares de l’âge jusqu’au terminal

chauffé dans l’épais manteau de fourrure des balkans

.

Niala-Loisobleu.

15 Février 2023

SAIN DU JOUR


NIALA

SAIN DU JOUR

Le ciel déploie ses marchands de fleurs autour des pâtisseries

j’irai dans 2h consulter le chirurgien pour savoir si les persiennes peuvent rester poussées

C’est plus clair qu’un tant de neige

par la fenêtre tenue fermée

on cherche à deviner

bien que le bruit de sabots du cheval reste visible

Mais dans le regard non ouaté

de ceux que l’amour interroge au passage

de savoir que ma mère s’appelait Suzanne me contrarie le fil de la rivière…

.

Niala-Loisobleu.

14 Février 2023

L’AVEUGLE QUI PEINT


NIALA

L’AVEUGLE QUI PEINT

Jour de fête à gogo pour fleurs fanées au profit des fleuristes

la blancheur du jasmin à qui manque l’odeur se taille du chevalet

je me demande jusqu’où la triche peut sortir des frissons de sa chemise

ah ma chérie

je vais chercher l’urne pour sauver les cendres de la naïveté sénile de mes mots-peints

servir de phénix à une femme en mal d’amour tend la canne-blanche utile à voir

ce bleu-naïf est seul à s’offrir l’imaginaire impossible comme un rêve à deux en solitaire…

.

Niala-Loisobleu.

14 Février 2023

VOUS NE CONNAISSEZ PAS PAR JOYCE MANSOUR


VOUS NE CONNAISSEZ PAS

PAR

JOYCE MANSOUR

Vous ne connaissez pas mon visage de nuit
Mes yeux tels des chevaux fous d’espace
Ma bouche bariolée de sang inconnu
Ma peau
Mes doigts poteaux indicateurs perlés de plaisir
Guideront vos cils vers mes oreilles mes omoplates
Vers la campagne ouverte de ma chair
Les gradins de mes côtes se resserrent à l’idée
Que votre voix pourrait remplir ma gorge
Que vos yeux pourraient sourire
Vous ne connaissez pas la pâleur de mes épaules
La nuit
Quand les flammes hallucinantes des cauchemars réclament
le silence
et que les murs mous de la réalité s’étreignent
Vous ne savez pas que les parfums de mes journées meurent
sur ma langue
Quand viennent les malins aux couteaux flottants
Que seul reste mon amour hautain
Quand je m’enfonce dans la boue de la nuit.

Joyce Mansour

Extrait de: 

1960, Rapaces, (Editions Seghers)

CETTE SUZANNE A MOI, COMME EN CHANSON


CETTE

SUZANNE A MOI,

COMME EN CHANSON

 Suzanne t’emmène loin chez elle près de la rivière

Tu peux voir les bateaux partir tu peux rester la nuit entière

Tu sais comme elle peut être folle et c’est d’ailleurs ce qui doit te plaire

Elle t’offre du thé et des oranges qui arrivent tout droit de chine

Et quand tu t’apprêtes à lui dire que t’as aucun amour pour elle

Elle, elle t’emporte sur son onde et laisse la rivière répondre

Que tu as toujours été son rêve

Et tu veux voyager près d’elle voyager les yeux fermés tu sais

Elle peut tout te confier quand ton esprit s’en vient toucher son corps parfait

Jesus était un marin qui savait marcher sur la mer

Il passait du temps tout en haut de sa tour de bois solitaire

Jusqu’à ce qu’il voit que seul les noyés avaient récité ses prières

Il dit  » Tous les hommes doivent naviguer jusqu’à ce que la mer les délivre « 

Mais il fut lui-même emporté avant que le matin arrive

Abandonné presque humain il a coulé derrière ta sagesse comme une pierre

Tu veux voyager près de lui voyager les yeux fermés

Tu sais que tu peux tout lui confier quand son esprit s’en vient toucher ton corps parfait

Suzanne prends ta main dans le petit jour revenu

Elle porte tes habits fripés qu’elle trouve à l’Armée du Salut

Le soleil fond comme du miel sur la belle Notre Dame du Port

Elle, elle te montre où regarder entre les déchets et les fleurs

Y’a ces héros pris dans les algues ces enfants dans le matin clair

Tous s’inclinent devant l’amour et s’inclineront pour toujours devant Suzanne qui tient son miroir

Et tu veux voyager près d’elle voyager les yeux fermés tu sais

Elle peut tout te confier quand son esprit s’en vient toucher ton corps parfait

Suzanne t’emmène loin chez elle près de la rivière

Tu peux voir les bateaux partir tu peux rester la nuit entière

Tu sais qu’elle est à moitié folle et c’est d’ailleurs ce qui doit te plaire

LE CHEVAL SUR LE TOI


OEUVRE EN COURS NIALA

LE CHEVAL SUR LE TOI

On voit clair au travers des branches

l’arbre vît

le fruit couve à cache-cache derrière les nuages

enfin le brouillard s’est éteint sous la main des semailles

et prêtes aux trois coups du gendarme

les fleurs se sont déshabillées dans leur loge

pour entrer en scène par la fenêtre.

.

Niala-Loisobleu.

13 Février 2023

LE POING PRES DU CŒUR PAR JACQUES IZOARD


NIALA alaindenefle-dit-niala@wanadoo.fr

LE POING PRES DU CŒUR PAR JACQUES IZOARD

Midi dormant.
Trembleur, voici les écoutilles, les bâts, la rivière au long cou dont je touche l’embellie, la pierre-fendre ou le lit.
Voici repos carré, bonne entente.
Rêvons de muscles ou de leviers, de jardins tués, de grenouilles, d’attelles, de piliers du cœur.
Pâle, ô parle ou fais parler ceux qui nous caressent, excitateur savant des tempes, grand chemin que la foudre mord, malmène, détruit.
Blanche, la secousse assaille le bref délire, le doigt creux, le sommeil soudain, la camarde.

Blanc d’œuf.
Luge.

Bon caillot léger du coude.

L’épicier dort dans l’œil

d’un borgne à court d’haleine.

L’épervier pille le cœur

d’un dormeur qui nage.

Et les doigts touchent

l’obscur pays

des sabots wallons,

le miroir exsangue, la châtaigne.

Femme au lever des bras :

la main descend près du visage.

Nous nous parlons.
Cheveux.

Noyaux.
Jardins qui tombent.

Âne très blanc de ton corps,

qui est un corps de femme,

un corps qui vint ici,

qui n’est que salive,

et sueur, et eau.

Pouce au doigt sans engeance.

Grand parc de poudre aux yeux.

Jubilation du sommeil

entre les jambes.

Cheville de verre: longue sarbacane où vit le maigre voleur de sable qui dort dans mes cheveux.
J’appelle à l’aide: roule ta bosse, tambour; petites femmes sans chaussures, fermez les yeux du mort.

La marche est légère : je donne à mes doigts le feu des cerises.
Le savon, dans la cruche, pierre de patience, douceur d’eau douce, a le ventre moins rond qu’une fille rieuse.
Une échelle de voleur sort du puits sans vacarme.

La langue est dans la langue

un mot qu’on ne dit plus :

la main touche la main

la plus blanche ou la plus gelée.

Tu vis dans le fourreau

d’une chambre étroite.

Et le frère et le voleur savent

les objets que tu veux :

le poing tout près du cœur,

l’aiguille dans la paille,

l’étui moussu du feu,

le gouvernail contre la jambe.

Les jambes dans l’herbe, serrent les jambes et les jambes.
Je volais ta langue, tes doigts et tes toupies, voleur couvert de froid dans le village du dimanche, dans la chambre du tambour.
Tu mords la laine ou le feu, tu aimes ce que tu aimes : l’animal cousu, la pierre trouvée, le doux venin de l’œil, le givre allongé de l’arbre.

À respirer l’ail.
Toupie crie crécelle. À respirer la craie.
Le cri déchire l’œil. À respirer la menthe.
Doux feu l’endort. À respirer ma propre haleine.

… et me dit que j’arrache

poutres et balivernes.

Et que je cesse d’être

domicile de sable

ou serre sans chaleur.

C’était écrit quelque part :

c’était ce peu de peau

qu’on cherche et qu’on caresse.

On respire l’odeur

des maisons qu’on détruit.

Le bon chemin dort dans la loutre. (Est-ce un animal ?)
Le venin rond, le pouce affûtent le fil de l’œil.
J’embrasse la crosse d’une arme vaine dont je trouve le nom sous l’écorce peinte de tel arbre debout.

Je dirai septembre de sangliers dont on meurt ; glacis des châtaignes dans chaque poing, chaque doigt, chaque phalange.
Et nos villages traversés d’enfants.
Nos oursins gonflés de jaunes d’œufs.
Mais rien n’est gelé dans l’œil: la petite pupille rétrécit.
Le levain dort dans l’avoine à coudre.
On enveloppe de laine chaque regard qui vit sa propre vie.
Déjà, l’on dit déjà; l’on refait le mouvement du bras gauche qu’on croyait perdu.
Vents et marées sont vents et marées.

Sous l’escalier, le front de taille étouffe les mineurs allongés, qui ont dans le front cent lampes de papier bleu.
Nous voici montant vers la colline, calvaire, cal, carcan sans soleil.
Avec des enfants creux et légers.

Vingt élèves dorment la tête dans le foin, les membres immobiles, les yeux sous les paupières comme de minuscules collines cachant des mines d’or.
Et les nerfs sont dans la jambe.
Et les doigts serrent les caresses: fourrages, prunes, œillets, pierres sans odeur, grains fructueux, tout se tait. (Les grands enfants n’ont qu’un poing endormi !)
Je n’ai jamais connu la moindre chose: ni les chemins pointus ni les étangs trouvés ni les langues arrachées.
Voici que vient le paysan patient sur les épaules d’un promeneur de laine.
On crie dans la bouche.
On vit dans le bras gauche.
Les ongles sont des faux.
Les onguents apparaissent à travers la peau: sang toujours plus rouge qu’on ne croit, fouillis de fibrilles, lait qui fait le sourd bonheur du sein.
Et l’on voyage comme un passeur d’eau.
On coupe le papier.
On écrit le poème.

Ici montèrent cagoules et essieux.
Arbres surplombent et le nom de pierreuse évoque tombereaux d’oursins, de cailloux lisses.
Haleine très lente de quelques alpinistes.
Soutènement du cœur, dont l’aorte bat.
Carré de soleil de quatre mètres sur trois, qui annonce l’ère de ce qui est, de ce qui vit autour de nous.

Pâle escalier où coule à coulée claire un soleil d’octobre.
Le raidillon déguerpit vers les terrils anciens, où vivent les cœurs noirs des mineurs, à la bonne franquette du charbon.

Le tissu nerveux, l’eau-de-vie fêtent la campagne et les monts quant à moi, je marche et marche, et serre osselets ou marrons, billes.
Dès que l’odeur blanche envahit les tilleuls, je dors avec des femmes.
Je nourris mon sommeil de jambes ou de lèvres.
Un chat mange la main d’un dormeur endormi.

Mont de l’épaule,

écart bleu de l’œil à l’œil,

chemin d’une seule veine

qui fait le tour du corps..

La carcasse te protège

des pics, des aiguilles;

ma maison très petite

est dans ma bouche,

y entre qui veut,

vêtu, dévêtu, libre

d’aller et de venir

avec des doigts ou des corolles

La tempe du sabot dort dans le poing de l’œil.
Quelle cruche alléchée fait sourde panse?
Qui tue le sommeil dont le bon grain nous comble ?
Affût pur des oiseaux que la main libère.

Je tourne en rond dans l’œil d’un voyeur du dimanche.
Union des fées et des sabots Épave, écharde, étrave…
Basse amitié des morses, passe d’armes et de ciguës.
Je vole ta langue, ma double voix déchire mon frère le plus pur.

Ceci explique l’hiver, la maisonnée: pots de tabac, maillets, voix de bébés, noisettes.
L’escalier de laine offre aux visiteurs barres de cuivre, tapis de cent ans.
Le bon tonneau cache les vêtements du mort

Ville de mille chambres:

les grands chameaux, le brouillard

l’enjambent, la dissimulent.

Cafés bleus du
Carré.

Bon tabac doré de
Meuse.

Pêle-mêle ou mêle-pêle,

enfants pâles et pierreux :

voici les teinturiers

de bon teint, de grand teint,

de petit teint, les tisserands

tissant l’escalier de laine.

Ville de mille aiguilles

sous la peau, la pluie.

Coupe la main du lecteur:
Judas, dans la laine, tisse le tissu.
Je vécus dix heures dans la peau d’un autre.
Peux-tu bouger la langue dans la bouche du voisin ?
Les intrus ont l’air d’être sourds et aveugles.

Kick starter de la machine.
Moto pâle, moto pâle.
Le venin de la vitesse, le bon venin du nord, te mord ou te dorlote, te pétrifie, te coud d’acier.
Est-ce le chahut des tubes qui casse en mille tessons le fracas des mitrailles?
Roulons vers
Vottem.
Baisons lèvres et pneus.

Le feu parle, hurle, parle hurle.

Feu qui moud n’a pas d’os,

meurt dès qu’on sommeille

ou qu’on dit bleu.

Feu fourré qu’on trouve,

qu’on achève de sucer.

Feu-sexe où l’on brandit

le dard, le doigt sans anneau.

L’herbe étouffe l’herbe.

Y font bombance les noix,

les carabes du dimanche,

les bogues, les chats.

Pourpoints en boule

y ont leur logement,

leurs nuits sans mailles.

Déjà, filles en feu

cassent le sarcasme

de ce qu’on ébrèche.

L’animal bleu feu

rôde et glapit :

chanson sans chanson;

siffle qui peut

dans les doigts que j’aime.

Dans le bras, voici le feu

qui monte, qui monte,

qui fait la bête.

Une seule haleine d’orme

est une leçon d’écriture.

Pourquoi les bourgs

ont-ils gardé les femmes

fileuses de laine?

Mon grand loup, déjà,

quitte la meute et s’en va,

traverse ma paume.

La longue échine, à l’abattoir.

attire les pleureuses.

Touche en même temps

l’ongle et la langue.

Audace de celui qui veut

que la lampe allumée

soit toujours avalée.

Nous perdions les dés sous la table.

Et le jour tombait.

Mendiants frappaient aux portes :

un peu de lait, s’il vous plaît,

un peu de farine et de miel…

Mais nous cachions dans nos armoires

nos escarres, nos moignons, nos pieds bots.

Jacques Izoard