La vérité du drame est dans ce pur espace qui règne entre la stance heureuse et l'abîme qu'elle côtoie : cet inapaisement total, ou cette ambiguïté suprême. Saint-john Perse
Dans l’absence de porte aux orées de la source, j’ouvre ton corsage et monte jusqu’au grenier de ton ventre. La rampe des hanches tient au-dehors d’une chute de toute idée incontrôlable. Le pore tient la tâche de puiser l’espoir au compas de tes cuisses, une demande en mariage permanente.
Parler de genèse sans la moindre goutte d’eau, capable de mener à autre chose qu’un engloutissement mouvant de sables. Au lit de l’Atlantide, la chambre morte mise à louer, refoule la vie.
Macron préconise la fin d’une civilisation en taisant une menteuse aurore. Avoir pour seul courage que le désir de me battre en tuant l’idée même de l’hécatombe, me plaque au fond de ton ventre sans sortir de ton utérus. Je ne veux tirer du sel que la fonction du sperme d’un printemps renouvelé. Promettre la guerre comme la seule possibilité de vie, c’est ouvrir Carthage comme porte bleue. Cette fleur puante pour couronne.
Le régiment arrive Le village est presque endormi dans la lumière parfumée Un prêtre a le casque en tête La bouteille champenoise est-elle ou non une artillerie Les ceps de vigne comme l’hermine sur un écu Bonjour soldats Je les ai vus passer et repasser en courant Bonjour soldats bouteilles champenoises où le sang fermente Vous resterez quelques jours et puis remonterez en ligne Échelonnés ainsi que sont les ceps de vigne J’envoie mes bouteilles partout comme les obus d’une charmante artillerie
La nuit est blonde ô vin blond Un vigneron chantait courbé dans sa vigne Un vigneron sans bouche au fond de l’horizon Un vigneron qui était lui-même la bouteille vivante Un vigneron qui sait ce qu’est la guerre Un vigneron champenois qui est un artilleur C’est maintenant le soir et l’on joue à la mouche Puis les soldats s’en iront là-haut Où l’Artillerie débouche ses bouteilles crémantes Allons Adieu messieurs tâchez de revenir Mais nul ne sait ce qui peut advenir
Guillaume Apollinaire, Calligrammes, Poèmes de la paix et de la guerre (1913-1916)
Le pouls du jour annonce le départ dans un besoin d’ailleurs. A travers la clôture, un cheval se dirige vers la forge. Ce qu’on voit devant le mur du fond est l’envie d’évasion suggérée. La vie est une boutique dans laquelle toutes les modes se réunissent. Après avoir essayé plusieurs clefs, on laisse partir ses habits par la fenêtre. Le rêve est un passe-partout universel qui s’ouvre aussi aux langues étrangères. Le premier contact avec la peau, peut aller plus loin qu’une traversée de rut, se complaisait à peindre, Henri Lebasque
Coque en réaction à l’estran de retour, les premières couleurs de printemps reviennent à l’École de Voile. La Coubre en tournant son phare plus loin qu’une démolition impérieuse, ne désespère pas de se sortir de la crise. En ce qui concerne la spécialité de la Côte Sauvage, elle se sent de nature à résister. les seins sont des oiseaux qui se tiennent beaucoup mieux quand on ne les met pas en cage. De la dernière migration, on dénombre assez d’espèces, pour donner au marais le titre de réserve. En traversant le coin des boeufs, j’ai pu voir que les veaux ne seront pas absents pour garder de l’espace en lieu et place des estivants. D’un vélo, aller jusqu’aux îles, apporte en plus du mimosa de St-Trojan, les épaules en point d’appui pour sentir l’orgasme d’un complément alimentaire, traverser le ventre . Cette transfusion saisonnière, en plus, est totalement naturelle.
Cet étage est resté fermé et a dû attendre que meure la triste saison. Les larmes de la rivière ont dit oui en marquant leur joie. La fourche en se déverrouillant s’est laissé charger les chenets. Il me semble que dans un bleu blanchâtre, la lune marque d’un don solaire, que d’aucuns nomment hyménée. Les fleurs qui viendront éclore par la suite, seront parentes de l’anémone, parce que sel de la mer.
Le soleil inonde ce jour dominical. Dans un coin que la rivière tient caché, la barque est là sans y être. A quelques pas, le chapiteau relâche. C’est repos même pour les clowns à part pour les branches qui laissent repousser les odeurs de ménagerie. On écarte quoi, dans un mouvement perpétuel ? Dans tout ce qui passe, les palettes ne nettoient que les mots prononcés, gardant des paroles, une sonorité malentendante, comme on entend des oiseaux sans les voir.
Passé sur les nuages, franchir la montagne et de la corniche, plonger dans la mer. L’épisode se tourne. A nouveau nu, comme on s’identifie à l’inconnu, pour peindre en corps plus loin, l’aventure. A l’écart de toute croisade. Juste de la racine, au faîte, par la sève. Luminaires séminaux allant au-devant l’un de l’autre. Pieds sur la corde et mains tenues au balancier. Je me refuse à sombrer de l’Esprit, le Corps lui trouve toujours moyen d’agiter les jambes.
Adelphe
Midi ; je sonne comme un vent d’hiver. Des harmoniques sifflantes, mal accordées, soufflent entre mes bronches. Puis elles meurent, laissant autour de moi un silence de neige. Dans cette bulle sans son, des lilas fleurissent. Certaines pierres ressemblent à des tombeaux, mais sur leur surface lisse les doigts n’accrochent aucun nom. La température va se rafraîchissant alors que se raréfie l’air, poudroyant de clarté. Je ne saurais te décrire la solitude et la paix. Elles prennent des proportions de Titans, comme de lents torrents inondant la fertilité des terres à perte de vue. Quel besoin avons-nous des mystères ? Ils nous prient de vouer nos vies à les débroussailler ! Et ils se moquent de nous quand nous y parvenons, autant que lorsque nous échouons sur nos rives d’impuissance. Adelphe ! Cultivons l’inconnu, l’innocence et l’encens, sans plus chercher le trop simple dans l’ordre secret du chaos.
Harmony Flavigny – Extrait de l’Alphabet des Songes
Alors du bâton du pinceau et de la main-gauche, j’attrape la barre de rappel d’un voyage qui n’a fait qu’un arrêt en gare. Et repart…
Depuis la grille sur La Chaume, le facteur a mis le printemps dans la boîte à l’être. L’hortensia bourgeonne pour m’expliquer que c’est le seul phénomène propre à la vie. L’atelier sans regarder ça de haut, montre qu’il va voter oui à cette réforme. Le ventre du jardin montre sa nouvelle herbe. C’est cas d’ô. J’en dirais plus « A LA DEMANDE » en laissant le cul de l’hiver se rosir les joues du sourire offert par la nature. Le chien a sauté comme un fou ce matin, à l’ouverture de la porte.
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