SUR SES LEVRES PERCHE TELLE L’UNIQUE FENÊTRE


SUR SES LEVRES PERCHE

TELLE L’UNIQUE FENÊTRE

Ramenée en l’atelier, la circonférence de ce soleil à elle-seule dépasse la vitesse de la lumière au brossage de son cuivre

La rondeur du coq gratte

la paresse du levé le plus indisposé pour tenir à jamais le rêve à l’assaut des vagues

Côte-Sauvage, La Pointe-Espagnole avance dans La Coubre ses aiguilles à tricoter la permanence d’une présence tenue vive

où s’élimine chaque type de mauvaise intention du ménage

A la veille du premier mois, je vois ses bras m’appelant de ne pas la laisser partir seule dans le désordre des vents

et d’un seul bleu, je l’amarre…

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Niala-Loisobleu.

12 Août 2023

la mauvaise recette du coucou


LA MAUVAISE RECETTE DU COUCOU

Tapi dans son ombre, comment aurai-je pu savoir que le faux-ami n’était qu’un affreux coucou qui s’apprêtait à me volermon nid dans l’opportunisme offert par la maladie présente

Changer la réputation de qelqu’un à son insu relève de l’abus de contrefaçon et naïf comme l’enfant profite aux marrauds faiseurs de détournements offerts par la faiblesse des circonstances on reste aveugle

La fenêtre ne se fermera jamais sur la vie que les flammes ont saisi et il faut moins de jours pour faire disparaître l’ingratitude destructive de son point de départ

Me retrouver seul dans une profonde douleur fait la toilette du sale et méchant qui m’a éclaoussé, en particulier de ce membre de famille venimeux à qui son venin sera fatal

Je garde la vie et son amour pour seuls symboles et n’en lâcherait pas le thème de ma peinture, la justice dans son immanence ne se trompe pas en appliquant sa couleur en plein jour…

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Niala-Loisobleu.

4 Août 2023

exit des dissonances par le feu


EXIT DES DISSONANCES PAR LE FEU

Dans son apparition la mort met le feu aux fictives dissonances

l’entêtement de ces butées dans le partage des points de vue s’évanouit

l’obstination puérile ravale ses pensées négatives

la vérité de l’entente profonde reprend ses droits

L’amour se déroule sans se laisser influencer par le qu’en dira-t-on

il se moque des conventions politiquement correctes

fini les tabous

merde à ce qui choque

dans son choix personnel l’union a possédé intégralement sa force

Chacun des acteurs réapparait bien à sa place

les masques tombent…

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Niala-Loisobleu.

2 Août 2023

LE SAUT DE L’AMOR


LE SAUT DE L’AMOR

La noirceur d’un ciel de deuil écharpe l’horizon d’un Juillet d’une angine qui enroue la vie à contresens des récoltes de saison

Se remet-on de ce type de disparition ?

La mer n’avait jamais été si vaste autour et semble-t-il si distante de tout secours qu’on finit par s’abonner aux objets-perdus qu’un chagrin active

La chute faite hier dans le magasin ce matin éclaire autrement le chemin

On ne peut que lutter seul

Personne ne peut effacer ce qui n’appartient qu’à soi

La vie ne meurt jamais, elle se régénère toujours à partir de l’être qui ne manque pas d’être présent

L’espoir est la rampe qui fait parapet au vide en écopant le trop-d’eau naturel…

Niala-Loisobleu.

29 Juillet 20


DEDHAM, VU DE LANGHAM

PAR YVES BONNEFOY

DEDHAM, VU DE LANGHAM

PAR YVES BONNEFOY


L’été est sombre

Où des nuages se rassemblent.
On pourrait croire

Que tout cela, haies, villages au loin,

Rivière, va finir.
Que la terre n’est pas

Même l’éternité des bêtes, des arbres,

Et que ce son de cloches, qui a quitté

La tour de cette église, se dissipe,

Bruit simplement parmi les bruits terrestres,

Comme l’espoir que l’on a quelquefois

D’avoir perçu des signes sur des pierres

Tombe, dès qu’on voit mieux ces traits en désordre,

Ces taches, ces sursauts de la chose nue.

Mais tu as su mêler à ta couleur
Une sorte de sable qui du ciel
Accueille l’étincellement dans la matière.
Là où c’était le hasard qui parlait
Dans les éboulements, dans les nuées,
Tu as vaincu, d’un début de musique,
La forme qui se clôt dans toute vie.

Tu écoutes le bruit d’abeilles des choses claires,

Son gonflement parfois, cet absolu

Qui vibre dans le pré parmi les ombres,

Et tu le laisses vivre en toi, et tu t’allèges

De n’être plus ainsi hâte ni peur.

O peintre,

Comme une main presse une grappe, main divine,

De toi dépend le vin; de toi, que la lumière

Ne soit pas cette griffe qui déchire

Toute forme, toute espérance, mais une joie

Dans les coupes même noircies du jour de fête.

Peintre de paysage, grâce à toi

Le ciel s’est arrêté au-dessus du monde

Comme l’ange au-dessus d’Agar quand elle allait,

Le cœur vide, dans le dédale de la pierre.

Et que de plénitude est dans le bruit,

Quand tu le veux, du ruisseau qui dans l’herbe

A recueilli le murmure des cloches,

Et que d’éternité se donne dans l’odeur

De la fleur la plus simple!
C’est comme si

La terre voulait bien ce que l’esprit rêve.

Et la petite fille qui vient en rêve

Jouer dans la prairie de
Langham, et regarde

Quelquefois ce
Dedham au loin, et se demande
Si ce n’est pas là-bas qu’il faudrait vivre,
Cueille pour rien la fleur qu’elle respire
Puis la jette et l’oublie; mais ne se rident
Dans l’éternel été
Les eaux de cette vie ni de cette mort.

II

Peintre,

Dès que je t’ai connu je t’ai fait confiance,

Car tu as beau rêver tes yeux sont ouverts

Et risques-tu ta pensée dans l’image

Comme on trempe la main dans l’eau, tu prends le fruit

De la couleur, de la forme brisées,

Tu le poses réel parmi les choses dites.

Peintre,

J’honore tes journées, qui ne sont rien

Que la tâche terrestre, délivrée

Des hâtes qui l’aveuglent.
Rien que la route

Mais plus lente là-bas dans la poussière.

Rien que la cime

Des montagnes d’ici mais dégagée,

Un instant, de l’espace.
Rien que le bleu
De l’eau prise du puits dans le vert de l’herbe
Mais pour la conjonction, la métamorphose
Et que monte la plante d’un autre monde,
Palmes, grappes de fruits serrées encore,
Dans l’accord de deux tons, notre unique vie.
Tu peins, il est cinq heures dans l’éternel
De la journée d’été.
Et une flamme
Qui brûlait par le monde se détache
Des choses et des rêves, transmutée.
On dirait qu’il ne reste qu’une buée
Sur la paroi de verre.

Peintre,

L’étoile de tes tableaux est celle en plus

De l’infini qui peuple en vain les mondes.

Elle guide les choses vers leur vraie place,

Elle enveloppe là leur dos de lumière,

Plus tard,

Quand la main du dehors déchire l’image,

Tache de sang l’image,

Elle sait rassembler leur troupe craintive

Pour le piétinement de nuit, sur un sol nu.

Et quelquefois,

Dans le miroir brouillé de la dernière heure,

Elle sait dégager, dit-on, comme une main

Essuie la vitre où a brillé la pluie,

Quelques figures simples, quelques signes

Qui brillent au-delà des mots, indéchiffrables

Dans l’immobilité du souvenir.

Formes redessinées, recolorées

A l’horizon qui ferme le langage,

C’est comme si la foudre qui frappait

Suspendait, dans le même instant, presque éternel,

Son geste d’épée nue, et comme surprise

Redécouvrait le pays de l’enfance,

Parcourant ses chemins; et, pensive, touchait

Les objets oubliés, les vêtements

Dans de vieilles armoires, les deux ou trois

Jouets mystérieux de sa première

Allégresse divine.
Elle, la mort,

Elle défait le temps qui va le monde,

Montre le mur qu’éclaire le couchant,

Et mène autour de la maison vers la tonnelle

Pour offrir, ô bonheur ici, dans l’heure brève,

Les fruits, les voix, les reflets, les rumeurs,

Le vin léger dans rien que la lumière.

Yves Bonnefoy

le prochain paysage


LE PROCHAIN PAYSAGE

Entre le front et le gros orteil

de la pliure du coude jusqu’à l’aisselle

du ravin des mamelles à la coulée des reins

les cultures encerclent le départ des routes de la soie

qu’un bord de mère écluse

pour franchir les montagnes jusqu’à gagner l’alpage

à la fourche des affluents où l’abreuvoir en grand-écart déverse

marée haute

s’envolent les décolletés de la falaise à la garrigue de l’aine

voilà l’île aux oiseaux gardien de phare…

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Niala-Loisobleu.

23 Juillet 2023

LA CHAMBRE SYMBOLIQUE D’ANEMONE


Alors qu’un feu est à la veille de prendre son image terrestre je tire les branches avant les cendres pour maintenir le dialogue en son état fusionnel

Où sont-ils passés ceux et celles qui se permettent quelque banal éloge funèbre comme on chante pour ramasser l’aumone en ignorant totalement ma qualité d’époux, le seul qui durant 39 ans à une semaine prêt a pu vraiment partager ses vertus indiscutables sans autre intérêt qu’en vivre intimement l’existence du détail

Je garde une douleur incommensurable de cette perte irremplaçable de ma Muse Authentique, intelligente humaniste dans l’ignorance où vous me mettez mais en sachant combien nous avons pu faire ensemble dans ce monde de rien

Notre chambre devient le lieu où la peinture dit sans jamais se taire ce qu’est l’amour dans la forme choisie parles deux acteurs en dehors de l’opinion étrange de gens de passage

Niala-Loisobleu.

18 Juillet 2023

DURER PAR PAUL ELUARD


DURER PAR PAUL ELUARD

D’horizon à horizon

Et ainsi sur toute la terre

Pour balayer la poussière

Les myriades de feuilles mortes

Pour dépouiller tous les arbres

Pour dévaster les cultures

Pour abattre les oiseaux

Pour éparpiller les vagues

Pour détruire les fumées

Pour rompre l’équilibre

Du soleil le plus chaud

Fuyante masse faiblesse

Monde qui ne pèse rien

Monde ancien qui m’ignore

Ombre affolée

Je ne serai plus libre que dans d’autres bras.

Paul Eluard