La vérité du drame est dans ce pur espace qui règne entre la stance heureuse et l'abîme qu'elle côtoie : cet inapaisement total, ou cette ambiguïté suprême. Saint-john Perse
Tapi dans son ombre, comment aurai-je pu savoir que le faux-ami n’était qu’un affreux coucou qui s’apprêtait à me volermon nid dans l’opportunisme offert par la maladie présente
Changer la réputation de qelqu’un à son insu relève de l’abus de contrefaçon et naïf comme l’enfant profite aux marrauds faiseurs de détournements offerts par la faiblesse des circonstances on reste aveugle
La fenêtre ne se fermera jamais sur la vie que les flammes ont saisi et il faut moins de jours pour faire disparaître l’ingratitude destructive de son point de départ
Me retrouver seul dans une profonde douleur fait la toilette du sale et méchant qui m’a éclaoussé, en particulier de ce membre de famille venimeux à qui son venin sera fatal
Je garde la vie et son amour pour seuls symboles et n’en lâcherait pas le thème de ma peinture, la justice dans son immanence ne se trompe pas en appliquant sa couleur en plein jour…
Tombe, dès qu’on voit mieux ces traits en désordre,
Ces taches, ces sursauts de la chose nue.
Mais tu as su mêler à ta couleur Une sorte de sable qui du ciel Accueille l’étincellement dans la matière. Là où c’était le hasard qui parlait Dans les éboulements, dans les nuées, Tu as vaincu, d’un début de musique, La forme qui se clôt dans toute vie.
Tu écoutes le bruit d’abeilles des choses claires,
Son gonflement parfois, cet absolu
Qui vibre dans le pré parmi les ombres,
Et tu le laisses vivre en toi, et tu t’allèges
De n’être plus ainsi hâte ni peur.
O peintre,
Comme une main presse une grappe, main divine,
De toi dépend le vin; de toi, que la lumière
Ne soit pas cette griffe qui déchire
Toute forme, toute espérance, mais une joie
Dans les coupes même noircies du jour de fête.
Peintre de paysage, grâce à toi
Le ciel s’est arrêté au-dessus du monde
Comme l’ange au-dessus d’Agar quand elle allait,
Le cœur vide, dans le dédale de la pierre.
Et que de plénitude est dans le bruit,
Quand tu le veux, du ruisseau qui dans l’herbe
A recueilli le murmure des cloches,
Et que d’éternité se donne dans l’odeur
De la fleur la plus simple! C’est comme si
La terre voulait bien ce que l’esprit rêve.
Et la petite fille qui vient en rêve
Jouer dans la prairie de Langham, et regarde
Quelquefois ce Dedham au loin, et se demande Si ce n’est pas là-bas qu’il faudrait vivre, Cueille pour rien la fleur qu’elle respire Puis la jette et l’oublie; mais ne se rident Dans l’éternel été Les eaux de cette vie ni de cette mort.
II
Peintre,
Dès que je t’ai connu je t’ai fait confiance,
Car tu as beau rêver tes yeux sont ouverts
Et risques-tu ta pensée dans l’image
Comme on trempe la main dans l’eau, tu prends le fruit
De la couleur, de la forme brisées,
Tu le poses réel parmi les choses dites.
Peintre,
J’honore tes journées, qui ne sont rien
Que la tâche terrestre, délivrée
Des hâtes qui l’aveuglent. Rien que la route
Mais plus lente là-bas dans la poussière.
Rien que la cime
Des montagnes d’ici mais dégagée,
Un instant, de l’espace. Rien que le bleu De l’eau prise du puits dans le vert de l’herbe Mais pour la conjonction, la métamorphose Et que monte la plante d’un autre monde, Palmes, grappes de fruits serrées encore, Dans l’accord de deux tons, notre unique vie. Tu peins, il est cinq heures dans l’éternel De la journée d’été. Et une flamme Qui brûlait par le monde se détache Des choses et des rêves, transmutée. On dirait qu’il ne reste qu’une buée Sur la paroi de verre.
Peintre,
L’étoile de tes tableaux est celle en plus
De l’infini qui peuple en vain les mondes.
Elle guide les choses vers leur vraie place,
Elle enveloppe là leur dos de lumière,
Plus tard,
Quand la main du dehors déchire l’image,
Tache de sang l’image,
Elle sait rassembler leur troupe craintive
Pour le piétinement de nuit, sur un sol nu.
Et quelquefois,
Dans le miroir brouillé de la dernière heure,
Elle sait dégager, dit-on, comme une main
Essuie la vitre où a brillé la pluie,
Quelques figures simples, quelques signes
Qui brillent au-delà des mots, indéchiffrables
Dans l’immobilité du souvenir.
Formes redessinées, recolorées
A l’horizon qui ferme le langage,
C’est comme si la foudre qui frappait
Suspendait, dans le même instant, presque éternel,
Alors qu’un feu est à la veille de prendre son image terrestre je tire les branches avant les cendres pour maintenir le dialogue en son état fusionnel
Où sont-ils passés ceux et celles qui se permettent quelque banal éloge funèbre comme on chante pour ramasser l’aumone en ignorant totalement ma qualité d’époux, le seul qui durant 39 ans à une semaine prêt a pu vraiment partager ses vertus indiscutables sans autre intérêt qu’en vivre intimement l’existence du détail
Je garde une douleur incommensurable de cette perte irremplaçable de ma Muse Authentique, intelligente humaniste dans l’ignorance où vous me mettez mais en sachant combien nous avons pu faire ensemble dans ce monde de rien
Notre chambre devient le lieu où la peinture dit sans jamais se taire ce qu’est l’amour dans la forme choisie parles deux acteurs en dehors de l’opinion étrange de gens de passage
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