DE MES Ô-FOURNEAUX


DE MES Ô-FOURNEAUX

Survivant

mes origines lorraines reviennent

la mine comme rai de faire, descendu ouvrir la terre pour fondre dans le creuset démonté quelque chose comme du métal en nouvelle armature

Du feu les cendres au zénith, sortent des étoiles de la voûte pour poursuivre la poussée de l’herbe plus verte

Le désordre est rentré à la mauvaise école, je buissonne

je veux mettre du frais dans mes températures puisque je ne peux rien changer aux canicules que l’anarchie des hommes impose à la nature

L’avion dépose Vénus dans le cri de la main

la caverne fraîche respire

et inaugure la nouvelle ère du symbole sans conditionnement d’air.

.

Niala-Loisobleu.

5 Septembre 2023

« ELLE NE CESSE D’ECRIRE ET JE LE PEINS TOUJOURS… » – NIALA 2023 – ACRYLIQUE S/TOILE 73X60


« ELLE NE CESSE D’ECRIRE ET JE LE PEINS TOUJOURS… »

NIALA 2023

ACRYLIQUE S/TOILE 73X60

En t’en allant le savais-tu que tu resterais, alors que des gens qu’on ne voyait jamais racontaient à tout le monde que nous nous ignorions..

C’est fou ce que les gens disent n’importe quoi rien que pour être méchants

Je suis épuisé dans tout le temps de cette solitude qui est

sauf quand je vais peindre ce que tu viens de m’écrire et qu’on est seuls à connaître

.

Il me semble doux ce dernier

ce doit-être le pied-de-nez de ma nouvelle expression…

.

Niala-Loisobleu.

30 Août 2023

« RONDE LANGUEUR » – NIALA 2023 – ACRYLIQUE S/TOILE 81X65


« RONDE LANGUEUR »

NIALA 2023

ACRYLIQUE S/TOILE 81X65

A passer que par ses cahots

l’été étouffe

il faut aller dans l’atelier forger la roue neuve

l’automne sera l’enclume qui videra le grenier usé

le mendiant mis à table

.

Femme personne d’autre que toi

a le pouvoir de faire ça

Muse donne tout ton corps

de la fente jamais sèche de dérèglement climatique

.

Assez du tant rabougri par absence de ponte

l’oiseau vient saillir l’arbre au nid

et sortir Vénus

de la pierre chaude où Excalibure légende.

.

Niala-Loisobleu.

29 Aoùt 2023

MA NOUVELLE FORME ENTRE EN COURS


MA NOUVELLE FORME

ENTRE EN COURS

Vénusienne comme une colline à thé vers

La colline alanguie sa rondeur

toutes fleurs à la tige

L’été laisse l’oiseau faire peau-neuve avec l’automne

en venant se nourrir d’herbe-neuve

De la mer sans serviettes pour que le cheval galope…

.

Niala-Loisobleu.

28 Août 2023

« RESTE TON JARDIN… » – NIALA 2023 – ACRYLIQUE S/TOILE 81X65


« RESTE TON JARDIN… »

NIALA 2023

ACRYLIQUE S/TOILE 81X65

On naît comme on est celui à faire

sans que le hasard y vienne poser ses cartes

Quand le bout fait sonner les alarmes et que coupe un réverbère

le quai loin d’entrer dans le noir s’amarre en pleine lumière à l’anneau principal

Les quartiers corporatifs traversés passent par le Boulevard du Crime , la Foire au Pain d’Epices sans lâcher le Zoo Humain, faisant varier la Voûte Etoilée

mais le soc que le cheval tire ne renie pas le sillon qu’il a choisi

il laboure sa Muse

Ainsi les semailles sont autant de fleurs pour la table du corps que de fruits et du sel à marais pour la traversée maritime

On s’habite aux quartiers chauds des Epoques

d’un bout du Monde à l’autre, sous les toits, dans le coeur des meules, en cressonnière, dans les arbres , sur le bout d’une tige, à la crête de l’embrun, sur la pente avec sa pierre à monter

Ce mois qui est en train de partir, t’a emporté après des hésitations et des espoirs personnels dénoncés sans le dire

Tout ça pour raconter qu’on était contraires l’un à l’autre

Comme je dis la vérité par mots-peints, ce matin j’ai poussé la porte qui retient les mensonges pour les évacuer

« Reste ton jardin… »

sans qu’il y manque ce après quoi on court quand on aime la vie et même quand on la quitte

Puis je suis tombé à mon tour…

.

Niala-Loisobleu.

27 Août 2023

LA PROMENADE A LA FIN DE L’ÉTÉ PAR PHILIPPE JACCOTTET


LA PROMENADE A LA FIN DE L’ÉTÉ PAR PHILIPPE JACCOTTET

Nous avançons sur des rochers de coquillages, sur des socles bâtis de libellules et de sable, promeneurs amoureux surpris de leur propre voyage, corps provisoires, en ces rencontres
périssables.

Repos d’une heure sur les basses tables de la terre.
Paroles sans beaucoup d’écho.
Lueurs de lierre.
Nous marchons entourés des derniers oiseaux de

l’automne et la flamme invisible des années bourdonne sur le bois de nos corps.
Reconnaissance néanmoins à ce vent dans les chênes qui ne se tait point.

En bas s’amasse l’épaisseur des morts anciens,

la précipitation de la poussière jadis claire,

la pétrification des papillons et des essaims,

en bas le cimetière de la graine et de la pierre,

les assises de nos amours, de nos regards et de nos

plaintes, le lit profond dont s’éloigne au soir toute crainte.
Plus haut tremble ce qui résiste encore à la défaite,

plus haut brillent la feuille et les échos de quelque

fête; avant de s’enfoncer à leur tour dans les fondations, des martinets fulgurent au-dessus de nos maisons.

Puis vient enfin ce qui pourrait vaincre notre

détresse, l’air plus léger que l’air et sur les cimes la lumière, peut-être les propos d’un homme évoquant sa

jeunesse, entendus quand la nuit s’approche et qu’un vain

bruit de guerre pour la dixième fois vient déranger l’exhalaison des

champs.

Philippe Jaccottet

UNE CHAMBRE D’AMOUR


UNE CHAMBRE D’AMOUR

Aux courbes d’un corps de campagne

ce qui se lâche derrière l’envol d’oiseaux libres

ne laisse pas de silence à la couleur

La chaleur de cette expression

rafraîchit ce que le dérèglement climatique ramollit.

.

Niala-Loisobleu.

26 Août 2023

REPRISE/LA BOÎTE A L’ÊTRE 38 –


LA VRAIE COULEUR DU ROSE EST-ELLE FANEE ?

REPRISE/LA BOÎTE A L’ÊTRE 38 –

LA VRAIE COULEUR DU ROSE EST-ELLE FANEE ?

Amniotique croisière

spéléologique randonnée

Lascaux genèse ses tisons

pour bruler l’angoisse de vivre

La main boussole en se cognant au ciel éteint

le pied butte

dans la motte prise aux ongles

l’ocre mâche une intestine encre à dire

les vibrations sorties du feu enfoui épèlent la lumière

en tordant le ventre d’un noeud d’aime

Vers où vais-je ?

Je te reconnais caillou à aiguiser

Qui es-tu toi rose plafond bas ?

Je rampe

aux lianes du rai qui sourd par la fissure tellurique

Et ce bruit qui marche en faisant trembler l’ombre projetée

animal à dévorer l’espace

j’ai froid

un feu glacé couche à terre

il faut que le pigment efface les rugissants

repousser le néant jusqu’au bord de l’encrier

pour que des yeux les larmes ouvrent les voies d’eau

d’une forme oblongue refermée en bulle

où un cordon se déploie en liaison avec le mystère de la création

A la verticale

les ailes déploient les pierres des oiseaux libres

un lampion déplisse dans le noir

rose accordéon goualant le premier cri

des colibris blancs

.

Niala-Loisobleu

16 Janvier 2016

« FENÊTRE TENUE » – NIALA 2023 – ACRYLIQUE S/TOILE 55X46


« FENÊTRE TENUE »

NIALA 2023

ACRYLIQUE S/TOILE 55X46

Retenir la vie en dehors des planches de la bibliothèque

le feu l’a voulu

nous pouvons être dans la marge des étagères pour notre usage personnel en s’esquivant de la congélation

y suffit de laisser une bouche au nichon trapéziste pour qu’il tienne la filière du fer à béton en état de service

en laissant les chrysanthèmes au Japon

le jardin de Monet reste praticable toutes saisons

Arles à su trouver l’Alyscamps pour pallier la briéveté de la vie , je m’accrocherai donc tes culottes à la fenêtre pour ne rien déroger au principe de base de ma philosophie

le reste que ceux qui commémorent plutôt que tenir vivant s’en démerdent

mourir est une fin en soi sans suite qui demande à être corrigée

on peut voir avoir des nuits de noces sans savoir rien de Venise

le battement de coeur sans robot c’est comme un chien qui dès qu’il lève la patte fait aboyer sa vessie

non je ne marcherais pas dans l’ombre de ma fenêtre.

.

Niala-Loisobleu.

19 Août 2023

PAR LA FENÊTRE


PAR LA FENÊTRE

Dans une nuit qui s’est emparée

où j’erre

au creux de la main qui fait visière à l’obscurité

le fond à ras de la surface

des milliers de raisons d’avancer dans le recul sous l’envie de l’inconsommable réfraction de feu faite

L’oeil qui avait gagné les allées des fosses à la hune de ces voyages qu’on ne vit qu’en char-à-bancs promenant un soleil bavard dans un monde muet

Et ses seins faméliques à la bordée

mouvements pendulaires de l’orbe qui monte en secousses d’un trait

rejoint par la martre joueuse de l’outil

loutre dans l’humide univers buvable d’un système de transport naturel ne jouant pas à la roulette russe

je ne me compte plus de temps

j’ignore tout tant il serait possible d’encore savoir que pouvoir peindre

Rien à part rien de page blanche

et puis rejoindre le tout de ceux qui ont eu la voix pour faire au lieu de dire…

.

Niala-Loisobleu.

17 Août 2023