La vérité du drame est dans ce pur espace qui règne entre la stance heureuse et l'abîme qu'elle côtoie : cet inapaisement total, ou cette ambiguïté suprême. Saint-john Perse
Quand le bout fait sonner les alarmes et que coupe un réverbère
le quai loin d’entrer dans le noir s’amarre en pleine lumière à l’anneau principal
Les quartiers corporatifs traversés passent par le Boulevard du Crime , la Foire au Pain d’Epices sans lâcher le Zoo Humain, faisant varier la Voûte Etoilée
mais le soc que le cheval tire ne renie pas le sillon qu’il a choisi
il laboure sa Muse
Ainsi les semailles sont autant de fleurs pour la table du corps que de fruits et du sel à marais pour la traversée maritime
On s’habite aux quartiers chauds des Epoques
d’un bout du Monde à l’autre, sous les toits, dans le coeur des meules, en cressonnière, dans les arbres , sur le bout d’une tige, à la crête de l’embrun, sur la pente avec sa pierre à monter
Ce mois qui est en train de partir, t’a emporté après des hésitations et des espoirs personnels dénoncés sans le dire
Tout ça pour raconter qu’on était contraires l’un à l’autre
Comme je dis la vérité par mots-peints, ce matin j’ai poussé la porte qui retient les mensonges pour les évacuer
« Reste ton jardin… »
sans qu’il y manque ce après quoi on court quand on aime la vie et même quand on la quitte
LA PROMENADE A LA FIN DE L’ÉTÉ PAR PHILIPPE JACCOTTET
Nous avançons sur des rochers de coquillages, sur des socles bâtis de libellules et de sable, promeneurs amoureux surpris de leur propre voyage, corps provisoires, en ces rencontres périssables.
Repos d’une heure sur les basses tables de la terre. Paroles sans beaucoup d’écho. Lueurs de lierre. Nous marchons entourés des derniers oiseaux de
l’automne et la flamme invisible des années bourdonne sur le bois de nos corps. Reconnaissance néanmoins à ce vent dans les chênes qui ne se tait point.
En bas s’amasse l’épaisseur des morts anciens,
la précipitation de la poussière jadis claire,
la pétrification des papillons et des essaims,
en bas le cimetière de la graine et de la pierre,
les assises de nos amours, de nos regards et de nos
plaintes, le lit profond dont s’éloigne au soir toute crainte. Plus haut tremble ce qui résiste encore à la défaite,
plus haut brillent la feuille et les échos de quelque
fête; avant de s’enfoncer à leur tour dans les fondations, des martinets fulgurent au-dessus de nos maisons.
Puis vient enfin ce qui pourrait vaincre notre
détresse, l’air plus léger que l’air et sur les cimes la lumière, peut-être les propos d’un homme évoquant sa
jeunesse, entendus quand la nuit s’approche et qu’un vain
bruit de guerre pour la dixième fois vient déranger l’exhalaison des
Retenir la vie en dehors des planches de la bibliothèque
le feu l’a voulu
nous pouvons être dans la marge des étagères pour notre usage personnel en s’esquivant de la congélation
y suffit de laisser une bouche au nichon trapéziste pour qu’il tienne la filière du fer à béton en état de service
en laissant les chrysanthèmes au Japon
le jardin de Monet reste praticable toutes saisons
Arles à su trouver l’Alyscamps pour pallier la briéveté de la vie , je m’accrocherai donc tes culottes à la fenêtre pour ne rien déroger au principe de base de ma philosophie
le reste que ceux qui commémorent plutôt que tenir vivant s’en démerdent
mourir est une fin en soi sans suite qui demande à être corrigée
on peut voir avoir des nuits de noces sans savoir rien de Venise
le battement de coeur sans robot c’est comme un chien qui dès qu’il lève la patte fait aboyer sa vessie
non je ne marcherais pas dans l’ombre de ma fenêtre.
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