La vérité du drame est dans ce pur espace qui règne entre la stance heureuse et l'abîme qu'elle côtoie : cet inapaisement total, ou cette ambiguïté suprême. Saint-john Perse
Les rudérales sont des plantes qui poussent en toute liberté sur les terrains en friche, sur les bords des chemins ou dans la proximité de l’habitat humain. Et telle apparaît la parole poétique de Harry Szpilmann, singulière autant que remarquable par la lucidité dont elle fait preuve et la liberté d’expression qu’elle s’autorise. Le monde des Rudérales se construit en réponse à une attente toujours fragile et indécidable, à l’étonnement face à ce qui se montre, la rencontre du réel, sa morsure. C’est toute la présence de l’expérience sensible qui se trouve mobilisée, cependant que cette profusion du regard se double d’une réflexion sur le livre en train de se faire et les possibilités de l’écriture poétique, sa puissance et sa précarité. Pour autant, aussi attentive soit-elle aux ressorts de la parole et à leur soubassement de silence, la poésie d’Harry Szpilmann n’a rien d’un simple jeu formel. Elle se maintient coûte que coûte sur le fil d’une interrogation inquiète, pointant les désastres approchés par l’image, par l’imaginaire, afin de ramener à soi la matière improbable qui insuffle au poème sa chair et son tracé.
Ce poète ébranle ma sensibilité à tel point qu’aujourd’hui j’ai mis une nouvelle toile en chantier en laissant ma main-gauche le suivre, certain, de trouver de qui vivre dans ce genre de friche
A part la tournée du plus grand chapiteau s’installant au gré du paysage parfois changeant, avecses personnages de clowns blancs et Augustes,
Ernesto jamais en reste dans la ménagerie humaine
Au bout du conte passe les trains de nuit qui s’arrêtent sans hasard dans certaines gares où un bagage est sur un banc de la salle d’attente
Il est étonnant de sentir cette parenté de résidence avec la Seine et ce Quai aux Fleurs comme un havre qui protège. Les oiseaux, Prévert a pris garde d’en ouvrir toutes leurs cages et les Beaux-Arts en bons voisins ont redessiné leurs perchoirs à travers le monde
Au départ, dès l’adolescence, la Muse a établi ses quartiers au centre de ma philosophie
dans la Rive Gauche en compagnie de libres-penseurs, autoroute vers l’humanisme qui n’a que l’amour pour concept.
Absolu qui s’est corrigé depuis que Jacqueline est allée jouer avec les anges en se concentrant sur le fond des choses
Le bout se montre 30 ans après la première Immatérialité Bleue
Et mon avenir se détache sans regrets de cette société qui ne se cherche plus, perdue qu’elle est dans sa propre érision
l’idéal étant chose morte
je place le mien à l’abri dans mes villages aux petites maisons blanches, rasséréné par le chemin suivi
Une Muse postée au coeur du bois m’attend
ma Gardienne
source de la fontaine au centre de la grande clairière.
Sorti de la pression présente, deux instruments – mon coeur et mon ventre – jouent en moi, de haut en bas, de gauche à droite, unanimement. La scène se plante comme sortie du sol. Minéral gisement végétal. Pigment indien, crottin de cheval, ossements débarrassés de la table d’un grand fauve. Les serpents ont été rendus à Noé. Il reste tout des temples dans les ruines du temps, sauf les dieux. Ne mettre de confluents qu’en mer. Arrosoir, un homme et une femme restent les fruits originels. Tant d’oiseaux pour des villages blancs nichent leurs couleurs. Sans marchand, des fleurs à la bordure des trottoirs. Pas de vitrines, mais des tréteaux pour des comédiens releveurs d’injustice…
C’est mon rêve
ça n’existe pas dans les propositions de n’importe quel marchand de sommeil
Les seins de Jacqueline sont pas raplatis, ils passent au-dessus des tailles
Quand ça me tire dans le dos de cette façon là, pareil format, je sens une force surhumaine connectée aux fibres de l’amour, m’envahir. Je suis accroché à l’onirisme de mes Maîtres et forgé à un ésotérisme libertaire qui me propulse au sommet de jardins suspendus.
Les choses se passent le plus souvent en dehors du choix qui pourrait changer la configuration des choses. Ainsi durant des siècles l’art fut régi par les rois comme leur droit de cuissage, jusqu’à ce que vienne Cézanne. Un homme naît au sein d’une humanité absente. Refusant les contraintes dirigées par les chapelles où le mandarinat exerce en tous domaines. L’herbe qui pousse passe sous les clôtures et grimpe aux murs. On osait plus y croire tant la main-mise sur la liberté de créer tenait le pouvoir
La grande toile est sortie ce matin comme un signal de départ pour rejoindre le chevalet
Je suis au bout de patienter, il faut que je chasse la raison, faire une grande toile comblera mon désir le plus profond. Un cheval pour me tenir debout. La main-gauche prenant le lin comme un ventre qu’on parcourt, des seins dont on fait le tour pour s’alimenter, finir par trouver la rivière dans les hautes-herbes et franchir les monts du bas du dos. Ne plus attendre, vivre son choix sans avaler les couleuvres qui se glissent en avant des vipères
L’émoi qui se détache de mes yeux signifie au diabète un refus de céder la place. Je ne m’abstiendrai pas de mon idée-femme. Jacqueline maintenant libre des mauvaises langues est débarrassée d’un vote où elle a été malmenée dans une intention coercitive d’une calomnie de famille.
Je la sens débarrassée, il était temps, mais tout arrive
Il me parle, mon père
Et je lègue ce que je lui dois à tous les DENEFLE…
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