L’EPOQUE 2020/13 – EX-VOTO: JE T’AIME, TAIS-TOI


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L’EPOQUE 2020/13 – EX-VOTO: JE T’AIME,TAIS-TOI – NIALA – ACRYLIQUE S/TOILE 81X65

L’EPOQUE 2020/13

EX-VOTO:

JE T’AIME, TAIS-TOI

 

Le soleil joue à cache-cache et s’y compte jusqu’à sans

tout ce que vous voudrez à la seule exception de la poétesse

 

L’enfant rit

-Faut-être idiot pour croire qu’un arbre ça ne pousse que dans l’encombrement

Puis il rit

Ernesto l’a rejoint avec ses dominos à lui, son roulement à billes, son cheval à bascule et son tricycle, la table des 9 en tremble – elle a pas tort – l’oiseau s’est glissé pour testamenter

Présente dans le suiveur du soleil, elle est là à sa pêche tout en ô

fébrile, lascive, tendre, maternelle, amante, et pouls et pouls et pouls

racontent les seins en courant d’un bout à l’autre d’une maison, de ses arbres à fruits et surtout à soie

La mer dans son étendue fait drap

à proue

en sel

dunes dehors

sans palisses pour culotte

si nue que le panicaut est au ventre à chanter son chardon violet, un autre jour il sera giroflée avant d’une envie de lis de mer, l’endroit est d’une salinité élevée faut en appeler à la claire de l’ostréiculteur

Et l’euphorbe lui va s’emparer de l’intérieur des cuisses, son rival le liseron des dunes viendra compléter la Belle-Jardinière

le bouquet fera merveille en photosynthèse

Voilà les yeux grand écran

mon scoop, ma veillée bavarde pour un taiseux, le bois craque dans la cheminée ou guitare sur la plage, les cordes rauquent, les mains claquent, les talons frappent, le bougainvillier la gagne, la fontaine l’élève, les tapas périmètrent la place des vagues, c’est chaud

le bateau papier-musique orgue de Barbara attrape le vent pour s’exprimer

Chaud comme on reste

la mort peut venir elle ne pourra s’offrir cette vie

raison pour laquelle il me fallait dire seul le N°13, ma chance, puisqu’il couche le cheval contre ta peau, Ma

Que cette Lune nouvelle et pleine en Taureau accouche…

Niala-Loisobleu – 23 Avril 2020

VEHICULE EMOI BLEU


ATELIER 22 AVRIL 2020

VEHICULE EMOI BLEU

Les yeux dans la glace du feu
l’acrobate s’élance
Au jongleur
d’envoyer les toits sur la Chaume
nourrir les oiseaux
Une forêt nordique, des chevaux sauvages au milieu de la route, les grands lacs
s’il reste un ferry des enfants traverseront le fjord
Assise au balcon la toile transporte l’ego à travers son chapiteau
les roulottes abritent l’haleine de la ménagerie, une petite-fille est sortie remplir la lune sous le regard de la toile en chemin vers sa terminaison
Au milieu de la piste les clowns répètent pour sortir le rire des enfants de la fosse d’orchestre
L’oiseau peint au tableau
Niala-Loisobleu – 22 Avril 2020
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REQUIEM


 

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REQUIEM

 

J’étais jeune

impétrant face  au testament

la mer a multiplié son sel

et le soufre a purifié ne gardant de l’utile qu’un baluchon vide au bout du bâton

L’heure est venue, adieu la Cayenne

bonjour le silence

je demande un modeste accès à la Beauté au bon gré du vent.

 

Niala-Loisobleu – 24 Mars 2020

 

A 16 H 55


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A 16 H 55

 

Alentour la couleur stagne entre deux larmes

Dedans le bouche à bouche lève le tapis

Je sens battre les poings contre ma poitrine

Par la plaie la nature s’exprime

Dis sa souffrance

Rugis

Tempête

On ne peut pas voir apparaître les habitants

Il est trop tôt

Cependant ils collent au serein

La place de leur âme est  dans la nappe

La vie n’accepte pas de se suspendre elle est en voix

Niala-Loisobleu – 28 Février 2020

SI, NON, JE…


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SI, NON, JE..

 

Si là c’est gris comme méchant

à l’aimerie de mes brosses

je frotterai jusqu’à trouver le damier où j’avance rose d’un jaune de meules à affûter la morsure du coupé

et au regain pris pour reconnu je léguerai mon chant aux oiseaux en partant…

 

Niala-Loisobleu – 28 Février 2020

 

DANS L’ATTENTE


DANS L’ATTENTE

Frotter les pierres pour un seul jus d’ocre épluché de la peau

J’avais des doigts dans les jambes, un ventre de feu et le mental d’un bleu  de camisole, le poil promis au blanc de tunnel et sans rien,  fis ce que je jugeais tout, c’est à dire peindre mes illusions visionnaires à l’écorché. Moqué du doigt aussi bien dans les lancements de carrière, tous types de danse de salon que dans les repas mondains, courses de couloirs à la médaille et reptations ventrales à la gloire

L’horizon derrière le rideau de fer tient la fin de mon oeil dans son acide à n’y plus rien voir de bon. Bon à teigne, instable, peu recommandable, sale type

Peindre pour peindre et cracher sur  ce qui tombe, dire je t’aime à pleines dents, dur dur dur

J’avais juste la majorité à la première exposition

De me taire ici plus de soixante ans après ça m’a refait crier au bon endroit

ô comme j’ai peint aujourd’hui en me jetant dans mon indécence, toute honte au bon endroit

DANS L’ATTENTE 

de rien d’autre que ce que je suis, aussi mauvais qu’insupportable, mais nu bien après l’âme

et sans rien en faire montrer

gardant aussi pour moi le poème, non de dieu que je l’aime…

Niala-Loisobleu – 18 Février 2020

VISAGES SCOLAIRES


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VISAGES SCOLAIRES

Ils ont des yeux qui volent d’une toile à l’autre mes tableaux

Fleur de lin
humeur de l’autre
En voilà un autre qui me gratte le creux de la main comme ton sein sur mon ventre
sorti de là
je suis bon à rien
Aussi avec la lumière revenue
crever l’incertitude d’un peint
crachera mieux son rond dans l’eau que rien fait des mains
deux mains deux mains
sauvé
à bord de ton Arche entrecuisses sur le pont
une maison qu’un oiseau plante
un arbre qui dit je t’aime
du bleu outremer qui écluse
l’aréole de ton coeur
je caresserai ton nom sans fausse-pudeur comme un nouveau passage
vers tes pâturages
tes normandes et mes trains
pris à tes lèvres un rire mélangé à l’érection du chevalet
quelle Epoque
retour en loge dans l’Atelier
Niala-Loisobleu – 14/01/20

TAPIS-VOLANT


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TAPIS-VOLANT

Au matin qui succède, gardons le trait d’union du voyage au-dessus des attentes d’une nuit étoilée. Tes yeux à la proue ont fendu l’obstacle en allant au-delà de la question. Je me souviens avoir baissé les miens quand tu as suivi la vague en chaîne de ta poitrine. Merveilleux bébés-nageurs qui rient de pouvoir s’ébattre librement.En survolant la flèche des cathédrales, le rayon montant du choeur s’est fait traceur. Ces oasis de verts et d’ocres rouges mêlés ondulent en corps dans la mouvance de ton ventre-fruitier. Comme la voie du chameau dodelinant sur la crête des dunes. Les coussins de la couche sont saupoudrés des parfums d’amour du raisin pressé. Quand tes reins musiciens à mes manuelles saccades plastiques laissent à la toile le symbole vierge de l’étreinte des âmes. J’ai peint au rythme de tes poings porteurs du cri. Le cuivre des peaux en brille. Pas de servants ni de servantes, les corps que les soies de l’arbre mettaient à table étaient à l’acoustique du tréfonds originel. Des petits-enfants au front ceint de couronnes de fleurs plantaient le rire à l’aube du vent porteur. D’autres ouvraient les jets d’eau des patios aux coeur des villages-blancs. Le taureau tranquille dépassant le labyrinthe de la pointe des cornes. Quand le muezzin a appelé à la prière j’avais laissé mon front dans l’herbe de ta prairie. Je me rappelle la pression de tes mains me gardant au chevalet de tes jambes.

Niala-Loisobleu – 14 Janvier 2020

MURMURES D’ATELIER


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MURMURES D’ATELIER

L’an s’achève

ses couleurs demeurent écrites

par ta main droite pour la plume

et ma gauche pour le peint quotidien

Pendant que je borde la voile

tu tires la feuille de l’eau

Carte postale -voilier-rose, unis sont nos travaux…

Niala-Loisobleu – 26 Décembre 2019

JARDIN DE LA NUIT


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JARDIN DE LA NUIT

 

De l’herbe restée haute en Décembre sortent des farfadets, autour des pierres la nuit enveloppe le Jardin

Je n’ai gardé des enfants qui passèrent par là, il y a et durant des années, qu’un dialogue complice. Sorte de jeu de cache-cache constructeur, leurs parents laissés à coller

Les chemins dont le départ avait eu lieu en bord de Seine, après des crochets par la mer à La Rochelle, Royan et St-Jean-d’Angély ont pris les inondations à Jarnouzeau avant de monter la butte de La Chaume

Toiles larguées autour du monde

Les mots-peints de l’écriture picturale ont remplis leurs cahiers en dépassant la marge

A base d’amour ?

Une langue universelle à l’encre sanguine

J’sais pas peindre autrement qu’avec un tapis-volant, un bout de jardin, des arbres à musique et des murs percés sur un horizon sans limites

L’automne prêt à l’hiver perd ses feuilles dans des brouillards sans prévenir

Rouge le bleu a les yeux qui piquent, la nuit je me lève le né qui pleure, dans les doigts une réponse jamais trouvée concernant l’injustice et l’incompréhension humaines, On a des réponses pour soi comme le chameau a sa réserve d’eau pour traverser la désertification en mouvement.

Niala-Loisobleu – 8 Décembre 2019