REGARDE TOUJOURS DEVANT MON ALAIN (REPRISE 2013)


REGARDE TOUJOURS DEVANT MON ALAIN (2013)

J’as les yeux d’arrière temps de forêts de mas qui alpillent, que pas un poil de ma barbe (neuf d’une poussée récente), n’est hors de la proue.

J’aime pas parler de moi J’aime pas les compliments

Alors aujourd’hui si je suis content c’est parce que rétrospectivement me r’voilà à Paris en 1954

Ma première expo

Et coule la scène

quai de Verneuil

rase paille mon Parno

regarde toujours devant mon Alain

Des ports fument d’estomac tordus

des trous aux semelles des rues des bosses aux front de la bataille

des regards accusateurs on a pas idée d’avoir pas entré aux PTT

la bohême c’est que de l’art ménien

bah c’est plus courageux que la banque route

C’est tout là avec des giclées de sang plein les yeux

pas facile de laisser des amours au bord de la route

pour ne suivre que le seul qui soit que d’amour plein

Vous connaissez Niala ? Alors, accourez voir « D’hier à aujourd’hui », l’exposition rétrospective autour de l’oeuvre de l’artiste : vous serez surpris. Vous découvrirez le cheminement d’ Alain vers Niala, le parcours d’un peintre amoureux de la vie et de son pays. Vous partagerez sa traversée sensuelle et dramatique d’événements qui ont fait ou bousculé son quotidien – et parfois le nôtre – ces quarante dernières années. Mais surtout, vous approcherez avec bonheur le parcours poétique d’un artiste ancré dans la réalité, vivant près de chez nous, collectionné à l’étranger et que l’on connaît à peine …

En savoir plus sur Niala : http://www.niala-galeries.com

Je ferme les yeux pas de morts, que des vivants

pas de lâcheté, que de la pugnacité

Alors j’as fier sans gêne de brosse à reluire

Simplement parce que pour vous tous je n’ai que de l’espoir

Cet espoir de vous donner la fibre d’aimer

Elle est du bleu de tes yeux ma Muse

Niala-Loisobleu

19 Octobre 2013

SANS ME TROMPER DE PIEDS


SANS ME TROMPER DE PIEDS

L’aube bleue à l’approche, pose son doigt rose

cet envol porte les derniers motifs d’être sans les contradictions officielles

J’ai les deux pieds dans l’atelier à la bonne pointure

sans pas hésitants au tapis qui le décollent du persistant

Le vert émerge des ocres, assurant la bonne marche du travail automnal. Les maisons tendent l’échine à l’abri des ragoûts pernicieux. Le personnage pesant d’une situation qui fait trois pas en avant et dix en arrière n’est pas dedans, il est resté collé aux pubs racoleuses

Ce qui n’est que le détail du travail en cours marche vers sa signature. Une peinture pour tenir la route sans se poser de questions. En fait la réponse étant toute dans le préambule, comme l’argile grise qui devient rouge et jaune après avoir été passée au feu.

Niala-Loisobleu – 10 Décembre 2020

CELESTE CONJUGAISON


CELESTE CONJUGAISON

Roseraie au bout des cordes je te reçois sur la planche à tracer

Marc déployant tout

La mésange met le soleil de son ventre à nu dans le choeur des passereaux constructeurs

martins-pêcheurs

colibris

tourterelles

du haut des seins à la source ventrale ouvrent le jet du rire des merles

L’espace d’une floraison reconduit

à rejoindre l’écaille du porte-plume aquatique aux rives d’un absolu

Que de musiciens en habits d’arlequins montent à bord des gondoles

fauves comme des lions jouent en formation de ramiers

Chagall amoureux crève le plafond de sa voie contre-alto

l’enfant outre-mère te peignant avec ses crayons de couleur comme une en vie surnaturelle…

Niala-Loisobleu – 29 Novembre 2020

LES IRIS TRIENT LES LENTILLES SUR LES PETITES ONDES


LES IRIS TRIENT LES LENTILLES SUR LES PETITES ONDES

Eclaboussée de soleil tu dandines en duo à la cale du marais

l’automne termine en Sagittaire en se rendant à la pleine-lune évènementielle

Un ragondin vient de déplacer la surface pendant que j’ai les mains pleines de tes poches et le vélo se met à hennir quand le caillou roule

Quelque part la grenouille saute, un héron-cendré finit son point-fixe prêt à décoller, les limousines profitent encore du pré-salé avant les foins de transition de l’étable, étendues de tout leur long dans la mer retirée autour de Brouage. Assis devant la stèle aux résistants, je pense au signe porteur des écluses . Cordier parti . Le ciel va peiner à s’éclaircir à l’Intérieur avec le dernier embrouillamini du Ministre

De quoi nous remettre au créneau

demain sera un mauvais jour pour toi avec le retour à l’école et…

J’ai de la peinture en besoin de tes mots pour tenir le contraire du mensonge que l’Etat cultive, le regard que j’ai de ta présence est de bon augure.

Niala-Loisobleu – 29 Novembre 2020

LA LUMIERE ETEINTE


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LA LUMIERE ETEINTE

Un matin de sureau

Elle est restée dans ce champ

Qu’a-t-elle laissé d’elle en s’en allant

Tout ce que j’ai voulu

Et d’abord une armure choisie dans les décombres

De la plus ciselée des aubes

Une armure sous un arbre

Un bel arbre

Ses branches sont des ruisseaux

Sous les feuilles

Ils boivent aux sources du soleil

Leurs poissons chantent comme des perles

Un bel arbre les jours d’ennui

Est un appareil visionnaire

Comme un autre

Par cet arbre de tous les jours

Je suis le maître de mes quatre volontés

Puis une femme au col de roses rouges

De roses rouges qu’on ouvre comme des coquillages

Qu’on brise comme des œufs

Qu’on brûle comme de l’alcool

Toujours sous l’arbre

Comme un aimant irrésistible

Désespérant

La flamme traquée par la sève

Tantôt fragile tantôt puissante

Ma bienfaitrice de talent

Et son délire

Et son amour à mes pieds

Et les nacelles de ses yeux dont je ne tomberai pas

Ma bienfaitrice souriante

Belle limpide sous sa cuirasse

Ignorante du fer de l’arbre et des roses rouges

Moulant tous mes désirs

Elle rêve

De qui rêve-t-elle

De moi

Dans les draps de ses yeux qui rêve

Moi

Ses mains sont vives

De vraies mains de sarcleuse

Tissées d’épées

Rompues à force d’indiquer l’heure matinale sempiternelle atroce du travail

Des mains à tenir amoureusement un bouquet de roses rouges sans épines

Et ce galop de buffles

Mes quatre volontés

Cette femme au soleil

Cette forêt qui éclate

Ce front qui se déride

Cette apparition au corsage brodé d’épaves

De mille épaves sur des vagues de poussière

De mille oiseaux muets dans la nuit d’un arbre

Il ferait beau penser à d’autres fêtes

Même les parades déshabillées défigurées ensanglantées par des grimaces de masques atteignent malgré tout à une sérénité condamnable

Et quel passant hors jeu juste au carrefour d’un sourire de politesse ne s’arrêterait pas pour saluer d’un éclair de la main le ventre impoli du printemps

Un panier de linge à la volée se calme tendrement
Sa blanche corolle s’incline vers ses genoux brisés
Aucune roture de couleur n’a barre sur lui

Et par la déchirure d’une dentelle

Il disparaît

Sur une route de chair

Boire

Un grand bol de sommeil noir

Jusqu’à la dernière goutte.

Paul Eluard

MA LUMIERE ETEINTE

Tombé de cintres inattendus

le grand voile fait rideau

La parade est assassinée

le cheval doit rentrer à la ménagerie

et l’oiseau à la cage

Fermeture pour confinement

je ne peins pas pour le lucre

mais meurs d’absence de moyens

Pour le souffle j’ai chargé l’Atelier du meilleur à sa fenêtre

« AUTAN-OCCITAN »

mon feu cathare

la maison qui voulait que tout commence.

Niala-Loisobleu – 22 Novembre 2020

AUTAN OCCITAN 1

La raison du chemin

Est une main de terre

Tendue sans réserve

Sur le théâtre pourpre

D’une maison en territoire choisi.

Elle abrite ce qu’on ne retient pas

Aux draps du quotidien blême

Et la narration de l’autre

Epouse la venteuse géographie

De silencieux et lointains jardins

Où poussent des images de chair

A s’endormir dans le repli de son bras.

Le genou se balance à l’anse de la pierre et de la peine

Et convoque obstinément la mer

Comme une clarté salutaire

Que l’on remue en se parlant tout bas.

Barbara Auzou

P1050680

Autan Occitan 1 – 2018 – Niala – Acrylique s/toile 46×38

Prix-Atelier : 450,00 € (Encadré)

SURSAUT DE COMBAT POUR SE SENTIR


SURSAUT DE COMBAT POUR SE SENTIR

A priori tout pousse à rien

la pandémie a trouvé de quoi se nourrir dans l’évolution de la décadence

les jours amoindrissent et pompent la personnalité en s’attaquant au caractère de chacun dans leurs combinaisons d’arrangements particuliers.

Le vrai geste barrière tient dans la résistance individuelle qu’on fait remonter de l’enfouissement où on est plongé sans le vouloir. L’imposition bricolée (plus en fonction d’une politique non pourvue de couilles) accomplit son travail de sape

J’ai peur de ne même plus me reconnaître et d’avoir une tête à tout le monde, masque oblige.

La difficulté matérielle accélère la chute. Pourquoi produire si on écoule pas ?

Le temps des Maudits renaît

L’Art est laminé

Je peins concomitamment pour et contre moi-même. Mais la vie doit être maintenue c’est la mort-fourbe qu’il faut tuer

Rester chien.

Niala-Loisobleu – 16 Novembre 2020

GRANDS-FONDS 8


GRANDS-FONDS 8

Proches les unes des autres

les amphores

gisent près des restes de l’épave en tenant le vin infusé à la résine de pin, le retsina millénaire

les anémones d’un rose tendre qui s’y sont fixées n’ont pas déclaré d’adresse, l’endroit est inconnu des chasseurs de trésor

intime secret

que le sel conserve

même pas un crabe

mais des bancs multicolores de poissons frais qui nagent autour

Je nagerai là à mon tour avec mon Capitaine, bercé par cette lyre du grand silence de la mer

d’immortelles roses jaunes quelque part à la surface.

Niala-Loisobleu – 15 Novembre 2020

A PARTIR DE QUOI PEINDRE CE QUE NOUS CRIE


A PARTIR DE QUOI PEINDRE CE QUE NOUS CRIE

La lueur des bougies dans laquelle la guitare frémit

danse

tirant son eau-vive des pierres dressées

dans l’éclair de truite la main jusqu’au poignet

un tronc tombé de l’humeur du temps

ne résiste pas à l’union des rives romanesques où l’amour-castor frappe pour bâtir

A partir de quoi je peins ce que moi suis tout entier de Nous, rire jusqu’au cri du refus de confondre, tarte aux pommes et roulements de tambour de charge fruitière du cerisier

Marc sur le côté à regarder dans le rêve accompagné.

Niala-Loisobleu – 11 Novembre 2020


LE BONHEUR ET L’ABSURDE

Albert Camus

LE BONHEUR ET L’ABSURDE

Le bonheur et l’absurde sont deux fls de la même terre.
Ils sont inséparables.
L’erreur serait de dire que le bonheur naît forcément de la découverte absurde.
Il arrive aussi bien que le sentiment de l’absurde naisse du bonheur.

Albert Camus

AH MON D’YEUX


AH MON D’YEUX

La ligne courbe dans laquelle tu me glisses est assez ascendante pour monter l’oiseau tout en haut du tapis roulant de ton corps lové au pied du chevalet

les poings cognent à faire peindre…

Niala-Loisobleu – 7 Novembre 2020