DANSE AU JARDIN DE NIALA 1


DANSE AU JARDIN DE NIALA 1

Qu’elle Epoque ?

Là tout autour

demeure celle du jour présent

Herbier que je ne saurais dire, il sait mieux que

J’ai peint L’Amanderaie, aujourd’hui

c’est mettre en plein soleil la figure duelle, d’animale résonance

qui se tient serrée plus loin qu’au brin séparé de l’anatomie comme au sein

vol rapproché…

Niala-Loisobleu – 15 Avril 2021

LA VIE EST BELLE I II


LA VIE EST BELLE I II

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« La vie est belle

et tandis que mon cœur et âme elle ensorcelle

s’envolent mes pensées, mes songes ,mes rêves

vers l’infini bleuté d’un regard, une seconde brève

d’éternité, un temps arrêté et tranquille…

imagine l’onde glacée du torrent, l’embellie

qui nous réjouit les sens, le temps d’un battement de cœur

le temps d’un clignement de paupière, d’une douce torpeur…

pense au vent comme un geste de tendresse

aux champs de blé l’indicible caresse

pense au soleil de nos nuits au mystère des jours

pense à toute cette beauté qui nous entoure

la vie est belle

ton cœur et mon âme elle ensorcelle…

if

Yves

« 

La vie peut paraître étrange et périlleuse « La vie peut paraître étrange et périlleuse

Elle nous demande tant

Tant de temps

Nous débutons mère parfois

Alors que nous nous voyons femme

Et, au détour d’une voie, il se peut même qu’au-delà des apparences,

De l’être et du paraître, il se peut que l’on se trouve enfin Soi…

En face à face…

Au détour d’événements, qu’ils soient durs, beaux, difficiles ou magiques

Il se peut que l’on se trouve enfin Soi…

Et dans ce miroir des jours après jours, il ne reste rien d’autre, aucune futilité ou vanité…

Nous nous retrouvons face à la seule forme qui compte un tant soit peu :

L’amour…

L’amour qui relie des êtres différents

Différents dans leur vécu, leur quotidien, leurs espérances ou attentes

Différents et semblables tout à la fois parce qu’ils se retrouvent autour d’une personne, autour d’un amour…

Bien sûr, nous pourrions dire qu’il y a néanmoins eu les jours de percoéthylène, ou de quarantaine, les sels marins, les fleurs, les rêves de jardin, ou bien encore celles sur chemisiers…

Bien sûr, nous pourrions également nous souvenir des orages, des nuages de passage, des intempéries… ou surtout des embellies, des éclaircies, des sourires et de toute cette lumière nimbée d’amours humaines…

Mais au-delà de tout ces maux, de tous ces mots, il y a une présence

Un don de vie

Un don d’amour

Il est si difficile parfois de dire les choses les plus simples, les choses les plus naturelles…

Il est si difficile parfois de dire naïvement : Je t’aime…

Alors que l’amour qui nous rassemble est don…

Il n’attend rien, il se laisse aller comme une fleur s’offre au printemps de nos vies…

Aux saisons, aux éléments…

Merci pour tout cela

Merci pour nous avoir permis d’être

De naître

Ou renaître

Merci pour nous avoir laissé la place d’Être…

Face quelquefois à l’incongruité de notre quotidien, il est bon de dire merci

Merci à toi d’être resté et de nous avoir poussé, comme un présent, à devenir Nous-mêmes…

If Yves »

Yves Wauthier

Au sujet de Wauthier Yves
Portrait de Wauthier Yves

A Propos

Yves Wauthier-Freymann est psychothérapeute, formateur, superviseur, sexologue, spécialisé dans les traumas complexes, les phobies et les troubles de l’attachement. Il s’occupe également de coaching sportif et de Life coaching.

Yves Wauthier-Freymann a mis au point le Self Emotional Balancing© . C’est un nouveau modèle intégratif, l’unique outil de la Psychologie énergétique intégrée.
Les formations SEB© sont organisées en collaboration avec iepra.

Thérapeute spécialisé en thérapie brève et traitement du stress post-traumatique, il est formateur et superviseur certifié en Energy Psychology (EFT, TAT®, REMAP®, et pratique aussi Matrix reimprinting, TFT,…) qui se rattache aux TCC de 3ème vague en lien avec la BMSA (Bifocal Multi Sensori Activation), praticien en Thérapies Neurologiques (mouvements oculaires tels que l’EMDR, l’IMO ou le TCV REMAP….), praticien et formateur auto-TIPI, Hypnose Ericksonienne et PNL; Il pratique les Ego States Therapy dont il est praticien certifié en Internal Family System. Il est également praticien et superviseur certifié en thérapie provocatrice PET-SET auprès de Steve Wells Ph D et David Lake MD.
Il est également sexothérapeute, maître enseignant de Reïki Usui traditionnel et praticien en thérapies énergétiques telles que le Seïki, le Shiatsu…

Publications:
3 recueils de Poésie :
Natures chez Edilivres;
Compassion chez Edilivres;
Sentiments épars pillés en parution chez Edilivres

Yves Wauthier-Freymann est co-auteur des livres

“EFT Tapping et Psychologie énergétique“ (Dangles 2010)

“EFT clinique et protocoles de traitement” (Dangles février 2015)

DES PLOIEMENTS DE L’AMANDAIE


DES PLOIEMENTS DE L’AMANDAIE

Dès l’entrée le jasmin montre le dessous de sa pensée en grimpant par dessus le vent

la toilette du jardin l’a rajeuni et dans sa robe courte la pelouse fait ressortir la vigueur du cerisier

L’amandaie montre sa décision de retour participatif aux choses de la vie par le développement d’un harmonieux assemblage refusant de reconnaître les effets du gel

A l’intérieur des branches les décisions se prennent en fonction du mouvement des appels de la nature qui n’a rien à battre du report ou pas de la date des élections régionales

Quand on sera mort les regrets du vivant ne feront rien pour sauver la saveur du fruit du verger qui nous abrite

L’amandier trempe son noyau dans le fût de vieillissement

Mouvement géré par la lune et repris dans l’alambic du soleil à travers la spirale intestinale des sentiments, voilà le transit idéal sorti de l’imagination d’un Facteur Cheval qui émerveille un fond que d’aucuns attristent par bêtise

Aimer par-dessus tout, il en reste toujours quelque chose. Je m’inscris à ma part de culture par l’étoile à peindre.

Niala-Loisobleu – 14 Avril 2021

ANDRE TAVERNIER – AU PREMIER MOT LIMPIDE (Eluard/Tavernier)


ANDRE TAVERNIER – AU PREMIER MOT LIMPIDE (Eluard/Tavernier)

Au premier mot limpide au premier rire de ta chair
La route épaisse disparaît
Tout recommence

La fleur timide la fleur sans air du ciel nocturne
Des mains voilées de maladresse
Des mains d’enfant

Des yeux levés sur ton visage et c’est le jour sur terre
La première jeunesse close
Le seul plaisir

Foyer de terre foyer d’odeurs et de rosée
Sans âge sans raisons sans liens

L’oubli sans ombre.

Paul Eluard

Milonga del Solitario – Atahualpa Yupanqui


Milonga del Solitario – Atahualpa Yupanqui

Milonga del solitari

Sans se vanter de chanter

Sin presumir de cantar

Parce que je ne me montre pas
Porque no soy presumindo

De mon silence je suis sorti pour préluder ma douleur
De mi silencio he salido pa preludiar mi dolor

Ma chanson n’est pas le son d’une pente de montagne
Mi canto no es el rumor de una vertiente serrana

Il n’a pas de soleil du matin, ni ne reflète les étoiles
No tiene sol de mañana, tampoco refleja estrellas

Mais ça va par la bonne empreinte à l’âme paysanne
Pero se va por la huella derecho al alma paisanaJe n’ai pas de gorgoritos ni n’en ai jamais eu besoin
Yo no tengo gorgoritos ni nunca los precisé

Toute ma vie chante comme si je tenais un cri
Toda la vida cante como acogotando un grito

Pour te voir, j’ai besoin d’une cour libre et d’attention
Pa versear yo necesito cancha libre y atencion

Je cours avec une seule montagne dans mes sentiments
Corro de un solo tiron montao en mis sentimientos

Ce que je manque de souffle l’emporte sur mon cœur
Lo que me falta de aliento me sobre de corazónJe viens te dire au revoir
Vengo a decirles mi adios

Mon sain inquiet m’attend
Mi saino inquieto me espera

Nous sortirons du terrain pour nous perdre tous les deux
Nos iremos campo afuera para perdernos los dos

Mon redomon a compris que mon chagrin résonne
Mi redomon comprendio que mi pena es resongona

Et sans sentir les femmes pleurer, il reste bien éveillé
Y sin sentir las lloronas se mantiene bien despierto

Il sait bien que même pas mort il ne me fera descendre de la carona
El sabe bien que ni muerto me baja de la caronaToute la nuit en chantant
Toda la noche cantando

Avec une âme ébranlée
Con el alma estremecida

Que la chanson est la plaie ouverte d’un sentiment sacré
Que el canto es la abierta herida de un sentimiento sagrado

Anaida j’ai à mes côtés car je ne cherche pas de pieda
Anaida tengo a mi lado porque no busco pieda

Je méprise la charité pour la honte qu’elle contient
Desprecio la caridad por la verguenza que encierra

Je suis comme le dieu des montagnes
Soy como el dios de las sierras

Je vis et meurs seul
Vivo y muero en soledad

Source : Musixmatch

Paroliers : Atahualpa Yupangui

TIRET DU JARDIN


TIRET DU JARDIN

La broussaille chaude déverse son vers

gel raidit autour du bourgeon

Du buisson printanier le rouge-queue sort le bleu de cette mésange

au jaune assorti à la maison de Vincent

Quand rouvrent les arènes l’iris se fait gladiateur

Pousse levé…

Niala-Loisobleu – 12 Avril 2021

SEISME


SÉISME

Où dorment les séismes, dorment aussi les fourreaux, les laines et ce que je disais tel hiver sans ambages.
Les réserves de sabots, les cris les épiaient.
Discussion d’arbre à arbre, de langue à langue.
Les femmes assourdissent les traquenards, les commerces de jambes et de pluies.

Étions-nous encore en vie?
Ou cassions-nous, de nos poignets rouges, les barres de fer, les vitres éloignées des oiseaux, les troncs de femmes?
Enfance
France.
Enfance de 1945, dont tu savais le vin humide ou le lait battu.
Qui casse encore les paroles ?
Les noix errent, les aliments les plus recherchés, je les hais du fond de moi-même.
En faudra-t-il, sioux, des genièvres bleus pour serrer au col les femelles sur les oreillers ?
Je me tenais debout en moi-même: et vous, ciseaux, cocotiers, épingles, où traîniez-vous ?
Je te dois mille morts: arrête l’hiver dont tu caches le cœur sous la peau.

Garde en ta main les outils de toujours, les bons ventres à petits pas, les pieds diminués, les verres piles, les capsules d’orangeade.
Et tu verras clair: les monts prennent souffle.
Il n’en faut pas davantage pour que tes épaules s’allongent au sommet du corps.
Bravade épaisse de quelques gens très maigres, amateurs d’estampes et de faux rouillées.

Séisme est mot de couleur, cavalcade de verre où je discerne hourras et capsules.
Et ce vin sans axe libéré, ce changeur de vitesse, le parfum wallon.
Sésame, ouvre-toi.
Automne où des dandys conversent.

Clous ou briques, est-ce supplice, supplique?
Envol de bottes loin de ce sang très mince où l’avare compte ses cheveux, ses doigts.
De quelle caresse se méfier?
Sur moi, dort le hêtre lourd.
Vois : forbans pauvres, accourez, délivrez-moi des langues et des couleuvres, et coupez les anneaux, les cordons, les liens de noix.
Fourrez au fourreau vos longues queues.
Hissez le tintamarre noir, dès que je crierai «tumulte» !

Qui boit cidre ou sang de bête

voit les chemins d’Espagne.

(Autos, traverses, gares, chapeaux),

tout n’est que tout:

l’équipe légère et sainte,

la curée, la chasse aux doigts

sous la robe d’été, la vieille

et bonne attente ; qui me dit

qu’un cèdre est un soldat ?

(Dare-dare, les mots soufflent).

Tu ramasses les papiers, les cartons

que l’huile altère, et les pommades

sur les croûtes, et les eaux

de
Cologne dont tu aimais

l’odeur (Carpathes,
Jules
Verne).

Plomb fendu des yeux.

Passe au bleu

tes cris de noix,

tes sofas, tes boutiques.

Parle à des aveugles :

Non, ne parle pas, engrange dents et voleurs, laisse à ta guise fermenter l’alcool ; le vin jette contre terre les arbres et les vitres et tu n’oses voir les seaux, les citadelles.
Ouvre pistoles, cargue mâts et bretelles.
Déjà, tu perds tout : les boutons, les marmots.
Qui comptera les pertes ?
Tu remontes vers
Paris : tout frémit (rotules, les ampoules sont œufs de poule ou boules de verre).

Opaque : tombeau sans tumulte, où le gisant gît, deux jambes mortes, et deux bras morts.
L’huile a le nom sans sommeil de tel arbre debout, de tel arbre abattu.

Sous les ailes du nez, sous les ongles, sous les paupières : la poussière.

Sommeiller sous la peau,

sous la nage des arbres,

sous le village des arbres,

dès que tu te tais,

dès que tu ne regardes

que.
Sommeiller contre un oiseau,

dans la maison, dans les vêtements.

Sommeil-tumeur, sommeil en sang

que les veines charrient.

Un nom de lèvre, un dessin

de poisson au goût de.

Élève obéit.
Prévert.

Grave élève amateur

de mûres, de ciseaux, de copains.

Élève larve, élève de lave

ou pantin dont l’ignorance

est la seule qualité

contrôlée.

Jacques Izoard

PSAUME DE PÂQUES


PSAUME DE PÂQUES

Comme de chaque nuit traversée se lève chaque jour le feu:

Et comme à droite de l’avion, sur l’aile, les falaises roses du soleil, et l’arche ouverte dans l’ébène. et les premières tables de la mer — hors des ravins
hantés par les profanations;

Et comme de
Marrakech, à l’aube, les hautes neiges dans le sacre frappant les remparts d’ocre;

Et la prophétie des herbages: et l’avènement de la transhumance ; et la certitude du lait ;

Ah! la mort ôtée à la mort, et les ténèbres descellées, et toute la terre dans le matin de menthe et d’orange:

La pierre rompue, il y a maintenant un
Dieu dans le monde, comme un cèdre blanc, cl avec lui le pouvoir exact je v ivre !

Et il est temps en moi d’user de ce pouvoir;
Et il est temps en nous de sortir du tombeau, avant qu’il soit midi, pour marcher vers les sources;
Car voici que chaque homme est désormais ici convoqué à

la joie ;

Et qu’il faut, sous le sang et sous la solitude, durables jusqu’aux puits, qu’il applique pourtant le poids de la puissance, en lui. qui se tient prête à la paix, à
l’alliance;

Et que tout fatigué, tout crucifié, tout pétrifié qu’il soit :

Aveugle et nu et vide et sourd ;

Et sans espoir et déjà lié à la cendre comme une femme à son enfant mort ;

Il aille encore — avec
Qui habite son absence, et se met à sa taille, et se règle à son pas pour qu’un pas de plus soit possible vers le fleuve offert et fidèle là même où il n’y a
plus rien ;

Et y trouve l’œuvre de sa marche ;

Et en constitue son sel et son exorcisme :

Et de ce qui lui reste de colère contre l’injustice et la haine il bâtisse aussi son combat;

Et par cet acte en lui de
Pâque, que la fable se désenvoûte, ainsi le chavirement des monts au bout de l’empennage:

Et que la métamorphose commence : la coupe sous les pinceaux bleus de
Safi, la laine royale aux teintures;

El qu’il atteigne la transparence;

Et comme sous le fuselage de soie les constellations inverses, les promptes plantations de poulpes, de crustacés, d’insectes élincelants parmi les encres de la
Chine, et la lune même sur les glaciers d’ouest mobile.

Qu’il voie l’incandescence de l’homme dans l’homme;

Et la main et la bouche et l’œil et l’oreille vivants sous

tes calcaires ;

Et la purification prodiguée — le miel des genèses, des planètes, dans la ruche noire de l’espace;

Et toutes choses baptisées dans la résurrection du
Christ qui est l’ouverture de l’être;

Et toutes choses lavées de leurs suints, la face nette, et
Ici plaies propres, et la longue douleur amere mais comme lel asperges sauvages, il en sache aussi la lumière;

El il sache le sens véritable dans les signes déjà qui croi vers l’accomplissement de l’été;

El la chair belle dans la chair el sainte et mûre pour le| fêles comme un pré couvert par l’Espril :

Et la contradiction soumise jusque dans la coniradielion :

El la venue des oiseaux frais, avec les rites du poisson e de l’orge, dans les îles intérieures!

III

Ah ! qu’il soit proclamé que rien, depuis dimanche, n’esi plus jamais dans l’homme ni tout à fait désert ni tout à fait perdu;

El que celui-là même qui n’est avec personne — étranger aux fontaines comme étranger à soi — peut encore accéder à sa propre présence et
entrer en partage avec tout ce qui est s’il se tient libre encore pour l’attentif amour qui incante et qui lie;

El libre pour son nom ;

Et libre dès cetle heure pour répondre — en tuant ce qu’il lui faut tuer — à la vie qui l’invite;

Et comme la surrection du vol, la nuit d’or soudain dans la nuit, il soit maintenani assuré que pcul commencer le bonheur;

Et qu’il ne commence pas seulement conire la mort mais le péché contre l’Espril, et cela d’ombre qui est plus terrible à l’âme que l’équilibre indifférent du seau
sur la poutre des citernes taries;

Et qu’il a pouvoir de germer pour que ce qui est ici s’avance vers ce qui est ailleurs, et que ce qui est ailleurs s’avance vers ce qui est ici, et que l’un par l’autre le fruit se
prépare;

Et l’homme à la mesure de l’Homme, et le monde à celle du
Monde, et l’un et l’autre à la mesure de
Dieu;

Et que la
Création s’ordonne dans la délivrance, comme la main qui ne se détourne pas des pauvres, pour le don de la plénitude!

IV

Car rien au centre que l’Amour, — rien à l’origine et au terme, ni dans l’éclatement du silence, que le mystère de l’Amour;

El rien que sa présence ouverte et rien que
Lui avec ses paumes sur la mort comme la seule parole essentielle pour que l’homme surgisse et vive ;

Et qu’il lui devienne semblable;

Et qu’il nomme à son tour
Celui qui l’a nommé;

Et de
Qui l’a fondé forme aussi ce qu’il fonde ;

Et que puisse déjà, dans le consentement à l’unification, prendre racine l’arbre qu’ils désirent ensemble.

Et naître de leurs noces l’homme fait dans le
Dieu et le
Dieu fait dans l’homme !

Et qu’ainsi l’olivier et l’argile, comme la marqueterie de
Mogador entre les nuages du sud, paraisse d’au milieu des pays brûlés un peuple pourtant qui capte les sèves;

Un peuple arraché au goût du malheur, au goût de l’enfer, au goût du néant ;

Et malgré sur lui le sceau de la mort, qui construit contre elle dans les prés vivants ;

Et malgré les ruines y plante ses blés contre la violence et conire l’horreur;

Et porte le pain véritable et simple contre toute absence, et contre l’exil et conire l’orgueil des fausses moissons et des fausses faims ;

El dans l’homme mêlé jusqu’au bout comme la figue rouge au sol sec sur le figuier de
Barbarie, promeut cependant peu à peu. avec la patience des humbles, l’homme nouveau et vrai !

V

O rivière!
La lerre est verte de toute verdure spirituelle — et la charité la transmue.

Et je dis qu’un corps, dans la
Pentecôte, peut être à présent la force qui l’instaure cl la fertilise ;

Et qu’un corps est là, rassemblant ses os, et qui peut s’accroître pour la sanctifier, s’il cesse de préférer l’hiver;

El qu’une ville de joie attend dans les villes : la semence et l’éclosion de la joie dans la matière même du monde;

El dans l’approche des étoiles et dans le granit et l’acier et dans les grandes années humaines la grandeur possible de la joie !

Une espérance unique, ainsi qu’au repos des roues sur la piste l’événement des choses neuves et leur gage, s’est propo-sée à l’homme pour qu’il n’hésite plus
:

Et qu’il connaisse dans l’amour et qu’il aime dans la connaissance;

Et ne se refuse plus en les refusant ;

Mais qu’il procède vers son âge. dans sa vocation, sans miracle que d’avoir pris sens;

Et s’occupe de devenir l’Homme — pour tout recevoir par surcroît — comme sur les collines encore froides ces bois de mimosas en fleur qui présagent déjà le
printemps !

Jean-Claude Renard

L’Atlas se referme sur lui-même comme tourneboulé par la grossièreté de son erreur sans trouver le souffle qui re-cap le bateau de papier

Combien de temps faudra-t-il pour assimiler ces changements brutaux de rotation des girouettes qu’une complicité nouvelle avec la pandémie met aux vents ?

Avant la crise mon accoutumance à la légèreté n’ayant pu aboutir, il va me falloir réaménager mon énergie pour lui donner le piston propre à la locomotion actuelle. La dernière peinture que la dissection a conduit jusqu’ à la signature au bout d’un épuisement physique intense a mis la joie en fausse-piste au bénéfice d’un plaisir égocentrique qui a fini par démasquer sa véritable identité. Aurai-je eu dans un instant de faiblesse une forme de croyance faisant du mécréant un déserteur ? Voilà de quoi pour ma conscience, ajouter un nouveau cas à traiter

La pile s’agrandit sur l’espace de travail

Plutôt que me gifler de c’est ma faute, ma très grande faute, je crois qu’en laissant les pinceaux se reposer, je gagnerai à ressortir mon maillet avec sa panoplie d’outils

On peut se tromper de sens sur le bon chemin.

Niala-Loisobleu – 11 Avril 2021

TRANSFERT


TRANSFERT

Maintenant je sors à nouveau d’une maison du temps.
Faire autrement je ne peux pas, non, il faut que je sorte. À peine avait-il refermé tout doucement la porte (Il y avait des fleurs, il y avait du feu pourtant)
Je l’ai vu qui me souriait derrière la fenêtre.
J’ai tiré les petits rideaux sensibles — rouge et blanc.
Dehors aussi des fleurs et du feu : neige et ciel.
Peut-être
Que nous aurions pu vivre là quelques heures, le temps
Et moi, sans rien dire, pour mieux apprendre à nous connaître.
Mais il n’entre jamais.
Il bâtit sans cesse en avant.
Je l’entends de l’autre côté des collines qui frappe.
Qui m’appelle, et je ne dois pas le laisser un instant,
Mais le suivre, le consoler d’étape en étape.
Et tantôt je ne touche rien dans les maisons du temps,
Ou juste un pli qui se reforme au milieu de la nappe,
Tantôt vous comprenez c’est plus fort que moi, je

descends
Tout à grands coups de pied dans cette saloperie,
Et si quelqu’un se lève alors des décombres et crie (Parfois on dirait une femme, et parfois un enfant)
Je m’en vais sans tourner la tête, car on m’attend.

Jacques Réda