La vérité du drame est dans ce pur espace qui règne entre la stance heureuse et l'abîme qu'elle côtoie : cet inapaisement total, ou cette ambiguïté suprême. Saint-john Perse
Le dos tourné aux serres des vautours nantais, j’allais bien qu’éveillé sur la réalité présente, dans l’évasion provoquée d’un premier Mai selon moi, le rêveur con testataire d’un idéal amoureux au concept que tout fait rêver en libido si on fait pas une fixation sur la texture du matelas
Ainsi fuyant les bitumes cancérigènes, j’allais à cette réserve personnelle où trouver dans l’assemblage humide des pores du champ pignon et des urines de renardeaux en période d’apprentissage les vestiges du muguet porte-bonheur. Antique coutume de chasse à la scoumoune où on mettait des clochettes au gland pour franchir l’hymen du mois le plus évolutionnaire
Ainsi retrouvant la couleur du plumage de mes oiseaux, le battement du garenne allié au castor, le touffu des crinières et ce brame transporteur qui fait fuir les blaireaux j’installais mon bivouac dans ta clairière
Ô Sybille porte-parole d’un jour à fêter du bouquet que tu diffuses.
J’ai attrapé un coup d’soleil Un coup d’amour, un coup d’je t’aime J’sais pas comment, faut qu’j’me rappelle Si c’est un rêve, t’es super belle J’dors plus la nuit, j’fais des voyages Sur des bateaux qui font naufrage J’te vois toute nue sur du satin Et j’en dors plus, viens m’voir demain…
Jamais été si richard
je livre de la jungle à qui veut sortir de son hlm
en franco de pores
dans ce qui n’est pas là
mais le soleil que tu fais
crois-moi
n’a rien d’artificiel
à voir comme tu fleures mon marais c’est que du sel au carreau !
laissant l’estran dans une fausse responsabilité lunaire
c’est vrai sans l’être
J’ai des fossiles plein mes pierres, des gros, des petits, en forme de poire, descente aux en faire, aucun n’a du sein péri, le néné ça nourrit même parti ce qui fait que mes murs de pierre tendre ne sont des ex-voto. Si d’un moellon tu tires un nichon même l’oreille à distance tu l’entends battre sans te demander s’il est de gauche ou de droite
L’ambigüe ça n’existe que chez le faux-cil où la prothèse mammaire, pis t’en verras pas non plus des tatoués, mais tu peux tomber sur des poilus c’est des androgynes
Je te raconte tout ça pour te dire que rien ne meurt du coeur mais que si t’as la pierre qui va avec
Parce que des imitations y en a plus que l’Asie s’essaye à faire
Des fois le tant tourne au glaciaire
Ben les marrons chauds te noircissent davantage les yeux que les doigts, attends, sors ta pelle et gratte tu vas voir qu’au bout d’un moment ça flamencote à te mettre le maître aux normes en route
Par la bouche de ce canon il neige. C’était l’enfer dans notre tête. Au même moment c’est le printemps au bout de nos doigts. C’est la foulée de nouveau permise, la terre en amour, les herbes exubérantes.
L’esprit aussi, comme toute chose, a tremblé.
L’aigle est au futur.
Toute action qui engage l’âme, quand bien même celle-ci en serait ignorante, aura pour épilogue un repentir ou un chagrin. Il faut y consentir.
Comment me vint l’écriture? Comme un duvet d’oiseau sur ma vitre, en hiver. Aussitôt s’éleva dans l’âtre une bataille de tisons qui n’a pas, encore à présent, pris fin.
Soyeuses villes du regard quotidien, insérées parmi d’autres villes, aux rues tracées par nous seuls, sous l’aile d’éclairs qui répondent à nos attentions.
Tout en nous ne devrait être qu’une fête joyeuse quand quelque chose que nous n’avons pas prévu, que nous n’éclairons pas, qui va parler à notre cœur, par ses seuls moyens, s’accomplit.
Continuons à jeter nos coups de sonde, à parler à voix égale, par mots groupés, nous finirons par faire taire tous ces chiens, par obtenir qu’ils se confondent avec l’herbage, nous surveillant d’un œil fumeux, tandis que le vent effacera leur dos.
L’éclair me dure.
Il n’y a que mon semblable, la compagne ou le compagnon, qui puisse m’éveiller de ma torpeur, déclencher la poésie, me lancer contre les limites du vieux désert afin que j’en triomphe. Aucun autre. Ni cieux, ni terre privilégiée, ni choses dont on tressaille.
Torche, je ne valse qu’avec lui.
On ne peut pas commencer un poème sans une parcelle d’erreur sur soi et sur le monde, sans une paille d’innocence aux premiers mots.
Dans le poème, chaque mot ou presque doit être employé dans son sens originel. Certains, se détachant, deviennent plurivalents. Il en est d’amnésiques. La constellation du Solitaire est tendue.
La poésie me volera ma mort.
Pourquoi poème pulvérisé} Parce qu’au terme de son voyage vers le Pays, après l’obscurité pré-natale et la dureté terrestre, la finitude du poème est lumière, apport de l’être à la vie.
Le poète ne retient pas ce qu’il découvre; l’ayant transcrit, le perd bientôt. En cela résident sa nouveauté, son infini et son péril.
Mon métier est un métier de pointe.
On naît avec les hommes, on meurt inconsolé parmi les dieux.
La terre qui reçoit la graine est triste. La graine qui va tant risquer est heureuse.
Il est une malédiction qui ne ressemble à aucune autre. Elle papillote dans une sorte de paresse, a une nature avenante, se compose un visage aux traits rassurants. Mais quel ressort, passée la feinte, quelle course immédiate au but! Probablement, car l’ombre où elle échafaude est maligne, la région parfaitement secrète, elle se soustraira à une appellation, s’esquivera toujours à temps. F.lle dessine dans le voile du ciel de quelques clairvoyants des paraboles assez effrayantes.
Livres sans mouvement. Mais livres qui s’introduisent avec souplesse dans nos jours, y poussent une plainte, ouvrent des bals.
Comment dire ma liberté, ma surprise, au terme de mille détours : il n’y a pas de fond, il n’y a pas de plafond.
Parfois la silhouette d’un jeune cheval, d’un enfant lointain, s’avance en éclaireur vers mon front et saute la barre de mon souci. Alors sous les arbres reparle la fontaine.
Nous désirons rester inconnus à la curiosité de celles qui nous aiment. Nous les aimons.
La lumière a un âge. La nuit n’en a pas. Mais quel fut l’instant de cette source entière?
Ne pas avoir plusieurs morts suspendues et comme enneigées. N’en avoir qu’une, de bon sable. Et sans résurrection.
Arrêtons-nous près des êtres qui peuvent se couper de leurs ressources, bien qu’il n’existe pour eux que peu ou pas de repli. L’attente leur creuse une insomnie vertigineuse. La beauté leur pose un chapeau de fleurs.
Oiseaux qui confiez votre gracilité, votre sommeil périlleux à un ramas de roseaux, le froid venu, comme nous vous ressemblons!
J’admire les mains qui emplissent, et, pour apparier, pour joindre, le doigt qui refuse le dé.
Je m’avise parfois que le courant de notre existence est peu saisissable, puisque nous subissons non seulement sa faculté capricieuse, mais le facile mouvement des bras et des jambes qui nous ferait aller là où nous serions heureux d’aller, sur la rive convoitée, à la rencontre d’amours dont les différences nous enrichiraient, ce mouvement demeure inaccompli, vite déclinant en image, comme un parfum en boule sur notre pensée.
Désir, désir qui sait, nous ne tirons avantage de nos ténèbres qu’à partir de quelques souverainetés véritables assorties d’invisibles flammes, d’invisibles chaînes, qui, se révélant, pas après pas, nous font briller.
La beauté fait son lit sublime toute seule, étrangement bâtit sa renommée parmi les hommes, à côté d’eux mais à l’écart.
Semons les roseaux et cultivons la vigne sur les coteaux, au bord des plaies de notre esprit. Doigts cruels, mains précautionneuses, ce lieu facétieux est propice.
Celui qui invente, au contraire de celui qui découvre, n’ajoute aux choses, n’apporte aux êtres que des masques, des entre-deux, une bouillie de fer.
Enfin toute la vie, quand j’arrache la douceur de ta vérité amoureuse à ton profond!
Restez près du nuage. Veillez près de l’outil. Toute semence est détestée.
Bienfaisance des hommes certains matins stridents. Dans le fourmillement de l’air en délire, je monte, je m’enferme, insecte indévoré, suivi et poursuivant.
Face à ces eaux, de formes dures, où passent en bouquets éclatés toutes les fleurs de la montagne verte, les Heures épousent des dieux.
orsque j’entends ce prélude de Bach Par Glen Gould ma raison s’envole Vers le port du havre et les baraques Et les cargos lourds que l’on rafistole Et les torchères les grues patraques Les citernes de gasoilToi qui courais dans les flaques Moi et ma tête à claques Moi qui te croyais ma chose, ma bestiole Moi je n’étais qu’un pot de colleLorsque j’entends ce prélude de Bach Par Glen Gould ma raison s’envole Et toutes ces amours qui se détraquent Et les chagrins lourds, les peines qu’on bricole Et toutes mes erreurs de zodiaque Et mes sautes de boussoleEt toi les pieds dans les flaques Et moi et ma tête à claques J’ai pris les remorqueurs pour des gondoles Et moi, moi je traîne ma casseroleDans cette décharge de rêve en pack Qu’on bazarde au prix du pétrole Pour des cols blanc et des corbacs, eh, oh Qui se foutent de Mozart, de BachJ’donnerais Ray Charles, Mozart en vrac La vie en rose, le rock’n roll Tous ces bémols et tous ces couacs, eh, oh Pour Glenn Gould dans c’prélude de Bach
Vous devez être connecté pour poster un commentaire.