MAUVAIS SIGNE ?


MAUVAIS SIGNE ?

Au bord de l’eau, tournant la tête à la rivière

il s’exclut du miroir

L’alouette qui chante met l’accent sur la déconvenue

Cette chaleur écrasante brûle de lave

Un échassier des Landes au-dessus des moutons, traverse du regard l’interdictio de se baigner

Gare à la baïne en embuscade au plus innocent de la plage

Rose comme lune être ne corrige en dioptrie que dans le choix des montures

Il rêve de monter un cheval qui serait de cette couleur pour finir le tour des Tours.

Niala-Loisobleu – 11 Juin 2021

A MON FRERE, MARCELLO COMITINI


A MON FRERE, MARCELLO COMITINI

Qu’ô qu’une désolation ne t’éther nu

Marcello

Ainsi je suis d’oulipo

malicieux écureuil à tête d’aiguille

sur la voie d’un céleste qu’on voit pas

mais qui roule sa Poule

tel un Robert malicieux

A la vie refaite en bleu de Pierrot

aldente

pour resucrer la fraise avant de la goûter

hors de sa Comédie

Restons aux claires ostréicoles afin de laver le sel des algues vertes de la vie

Je t’embrasse comme un Frère…

Alain

EN TANT D’AIME


EN TANT D’AIME

Les louveteaux en porte-bagage

et l’amer aux Objets-Perdus

il est patent que l’ancre du jour de merde tire la couverture à lui

De la pluie dans le prochain dimanche

ferait tomber Débal’Art à l’eau

En qui croire et se fier à part son espoir insensé aujourd’hui plus qu’hier

Si jamais ça échoue mon peint sec reprendra de ton miel assis dans ton herbe la plus hôte

Niala-Loisobleu – 2 Juin 2021

CHAT VA BIEN


CHAT VA BIEN

Au coin de douces larmes

l’oiseau se baigne de rosée

Il est encore contre toi avec le chien noir

à étendre du bleu de chaque côté du lit

Jour de fête

la mer se robe d’écume

Pour faire une couronne sur la tête de l’île je vais sortir le cheval, l’atteler, puis nous irons au varech remplir le tombereau de ton iode

Je sens un bon jour s’étendre au chemin doux ânier .

Niala-Loisobleu – 30 Mai 2021

LONG DE CÔTE


LONG DE CÔTE

Au penché du bruit des vagues

l’oreille au coquillage

l’horizon bombe sa poitrine

tandis que la maison s’arrime l’âme à la folle avoine

Bleu vers le retour du soleil

interrompu par une averse

qui dresse le fané

de son éternel sauvage espoir

les nuages ne sont pas à craindre

Niala-Loisobleu – 29 Mai 2021

DESSEIN INCONNU A LA FENÊTRE


DESSEIN INCONNU A LA FENÊTRE

Par le bruit d’eau dans les canalisations, la présence s’approche de la fenêtre

Pieds nus elle va de la table de toilette où sur le marbre le broc de porcelaine rempli la cuvette

Dans l’intervalle, le tapis intercale d’une étape le sol de tomettes, un espace de chaleur lui remonte le long des cuisses jusqu’au ventre.

Deux pigeons roucoulent entre les jardinières

L’aube rosit au travers du lierre des géraniums.

Du laitier qui a laissé son passage à côté des nouvelles du jour.

Rien qui vaille

Je choisis le bruit de pattes des oiseaux qui conversent au-dessus de ma tête sur le zinc de la toiture

Ce grain de beauté m’interpelle par l’endroit où la nature l’a logé

De quoi remonter entre l’insignifiant d’une toilette à la mode au départ de la genèse

Du goût que j’ai pour le fond des choses, j’aime mieux quand tes seins tombent du soutien-gorge que cette arrogance que leur donne l’armature

Sans compter que la grâce généreuse que la chute leur confère donne à l’oreille des désirs d’écouter le coeur s’exprimer

T’es mon village

Mon tertre

Mon père aurait motif d’y planter son chevalet

Regarde voici la Cité, l’Île-St-Louis

Laisse-moi tremper dans ton reflet.

Niala-Loisobleu – 27 Mai 2021

POUR AILLEURS – NIALA 2021 – ACRYLIQUE S/TOILE 46X38


« POUR AILLEURS »

NIALA

2021

ACRYLIQUE S/TOILE 46X38

Au-dessus de la ligne de clôture

dans le rail migratoire où les oiseaux balaient la voie

De treilles en carrés de légumes, ce vaste jardin poitrinaire aux fruits pleins

s’accompagne de l’escorte des dauphins

pour alimenter le compotier

depuis les claies où paisiblement paissent plus de 40èmes ruminants

Epaulées aux venelles le long des flancs à la hanche des maisons blanches

portes, fenêtres percent l’humeur murée du mâle blanc pour la domestiquer à la tolérance

Des fleurs cueillies

à la fourche

aux rais

et aisselles

l’alambic tire la renarde et le loup à crever la nuit d’en vie

Il est cet autre monde

l’Ailleurs

écartelé comme il dense

un visage où l’enfance ne s’efface pas au nubile

mais demeure

passée la première ride.

Niala-Loisobleu.

26 Mai 2021

EN TRAIN


EN TRAIN

Les pas du sommeil accompagné se chaussent au quai du départ de la journée

C’est rose sans autre espoir que ton sourire en marge

Le bruit sur les rails traverse les années, j’ai toujours eu la voix ferrée de proximité

Des heures prises dans les encombrements faisons cet arrêt au quai de notre gare

L’enfant pousse sur les manivelles de son cheval à bascule la montée de sève de sa racine amoureuse

On peut apercevoir la voile hissée sur son mât, passer la jetée du port par le hublot de la locomotive.

Niala-Loisobleu – 25 Mai 2021

L’AVENTURE MARINE – RENE-GUY CADOU (Gilles Servat)


Daria Petrilli http://www.tuttartpitturasculturapoesiamusica.com

L’AVENTURE MARINE – RENE-GUY CADOU

(Gilles Servat)

L’aventure marine

Sur la plage où naissent les mondes

Et l’hirondelle au vol marin

Il revenait chaque matin

Les yeux brûlés de sciure blonde

Son cœur épanoui dans ses mains

Il parlait seul. Son beau visage

Ruisselait d’algues. L’horizon

Le roulait dans ses frondaisons

D’étoiles et d’œillets sauvages

Amour trop fort pour sa raison

« Soleil, disait-il, que l’écume

Soit mon abeille au pesant d’or

Je prends la mer et je m’endors

Dans la corbeille de ses plumes

Loin des amis restés au port

Ah que m’importent ces auberges

Et leurs gouttières de sang noir

Les rendez-vous du désespoir

Dans les hôtels meublés des berges

Où les filles font peine à voir

J’ai préféré aux équipages

Le blanc cheval de la marée

Et les cadavres constellés

Qui s’acheminent vers le large

À tous ces sourires navrés

La mort s’en va le long des routes

Parfume l’herbe sur les champs

Il fait meilleur dans le couchant

Parmi les anges qui écoutent

Les coraux se joindre en tremblant »

Il disait encor maintes choses

Où de grands cris d’oiseaux passaient

Et des feux rouges s’allumaient

Sur sa gorge comme les roses

Dans les premiers matins de mai

On vit s’ouvrir les portes claires

Les sémaphores s’envoler

Et des ruisseaux de lait couler

Vers les étables de la terre

D’où l’homme s’en était allé

Ébloui par tant de lumière

Il allait regardant parfois

La fumée courte sur le toit

L’épaule ronde des chaumières

Sans regretter son autrefois

Car il portait sur sa poitrine

Les tatouages de son destin

Qui disent « Soleil et bon grain »

À tous les hommes qui devinent

L’éternité dans l’air marin.

René-Guy CADOU.

Recueilli dans Les poètes de la vie :

œuvres inédites d’auteurs contemporains,

choix de Louis Vaunois et Jacques Bour, 1945.

EVASION D’AILES EN ÎLES


Daria Petrilli http://www.tuttartpitturasculturapoesiamusica.com

EVASION D’AILES EN ÎLES

Cet harmonica qui, baluchon sur l’épaule, prend la mer en bon Capitaine

Alors que des huîtres qui baillent interpellent le hasard pour le sens à donner à sa traversée

A bord

Autour

Franchissant l’horizon caudal

Un vrai bleu déploie du peint saut, une sorte de courant conducteur sous la quille

En tournant les existentielles questions de manière à faire mieux qu’un raté de soufflé

Passe un vol de migrants plumés en grand pavois sur le cimetière marin, le reverdit, d’un largage de fientes en riant comme un gosse de ses niches

Et souffle dans l’instrument chromatique

Etirant la Pentecôte jusqu’au soleil

L’accroche en haut du mât

Pour mariner la moule au bouchot dans un coin d’herbe face au large inaccessible aux touristes.

Niala-Loisobleu – 23 Mai 2021