Gallo rojo, gallo negro


Gallo rojo, gallo negro

Quand le coq noir chante
Cuando canta el gallo negro

Est-ce que la journée est finie
Es que ya se acaba el día

Si le coq rouge chantait, un autre coq chanterait
Si cantara el gallo rojo, otro gallo cantaría

Si le coq rouge chantait, un autre coq chanterait
Si cantara el gallo rojo, otro gallo cantaríaSi je mens
Si es que yo miento

Ce chant que je chante
Que el cantar que yo cante

Le vent l’a effacé, oh, oh, oh, quelle déception !
Lo borre el viento, ay, ay, ay ¡qué desencanto!

Si le vent effaçait ce que je chante
Si me borrara el viento lo que yo cantoIls se sont rencontrés dans le sable
Se encontraron en la arena

Les deux coqs face à face
Los dos gallos frente a frente

Le coq noir était gros, mais le rouge était courageux
El gallo negro era grande, pero el rojo era valiente

Le coq noir était gros, mais le rouge était courageux
El gallo negro era grande, pero el rojo era valienteEt si je mens
Y si es que yo miento

PEINDRE POUR PERCUTER A VIE


PEINDRE POUR PERCUTER A VIE

Le bleu du lin au chant du réveil

tend sa peau

aux doigts sauvages du refus d’abandon

Le relevé des fesses s’accorde au métronome des seins

ah quel cambré taurin

Si la moelle fait le déni de Carthage

le chien n’abandonnera pas l’os pour du cartilage

Niala-Loisobleu – 16 Juin 2021

REMONTONS DE LA MER AVEC CLEMENCE


REMONTONS DE LA MER AVEC CLEMENCE

Le râteau des doigts à l’appel du large

et hop le château tend son do à la vague

du j’ai d’ô

Les mots corbeaux sortent de la boîte-aux-lettres, laminés par le plongé poitrinaire et le cylindrage ventral de l’accouplement volatile

amorti par la densité de l’herbage blanc de Clémence

Amour n’a pas à dépérir de sécheresse

les eaux phréatiques sont de niveau à porter le chameau à destination

Caravane et route de la soie à flot sur un libre horizon.

Niala-Loisobleu – 16 Juin 2021

Gabrielle Althen, entre splendeur et écharde


Gabrielle Althen, entre splendeur et écharde

J’erre dans la cour à attendre un mot mouillé de
vin mêlé de ciel et j’ai des gestes de nouveau-né sans
habitudes.

C’est la vie qui regarde la vie qui respire, et le
soupir grandit.


In Vie Saxifrage © Éditions Alain Gorius 2012, p.33

LE NOEUD FERROVIAIRE


LE NOEUD FERROVIAIRE

Eclairs métalliques au triage

en formation le convoi se redresse sur ses jambes

Le monstre solaire est en corps brûlant

Locomotive ton ventre ouvert crache sa vapeur

Les lampes rouges se balancent aux vers du quai matinal

Allons voir si le Buffet a chauffé les percolateurs

que je me réveille le voyage.

Niala-Loisobleu – 15 Juin 2021

« Je me sens bien » – Feelin’ Good – Kaz Hawkins


« Je me sens bien » – Feelin’ Good – Kaz Hawkins

Des oiseaux qui volent haut, tu sais ce que je ressens
Soleil dans le ciel, tu sais ce que je ressens La
brise dérive, tu sais ce que je ressens

C’est une nouvelle aube
C’est un nouveau jour
C’est une nouvelle vie pour moi, ouais
C’est une nouvelle aube


C’est un nouveau jour
C’est une nouvelle vie pour moi, ooh
Et je me sens bien

Poisson dans la mer, tu sais ce que je ressens
Rivière libre, tu sais ce que je ressens
Fleur sur l’arbre, tu sais ce que je ressens

C’est un nouveau aube
C’est un nouveau jour
C’est une nouvelle vie pour moi
Et je me sens bien

Libellule dehors au soleil, tu vois ce que je veux dire, tu ne sais pas ?
Les papillons s’amusent tous, tu vois ce que je veux dire
Dors en paix quand le jour est fini, c’est ce que je veux dire
Et ce vieux monde est un nouveau monde
Et un monde audacieux, pour moi

LE VOYAGE DE PLUME DOIGTS


LE VOYAGE DE PLUME DOIGTS

Des stances transparentes traversent les pas perdus

Propre qui sale l’eau douce d’un frottis sorti d’art-re du coquillage

la coquille étape et gîte le chemin de St-Jacques

On voit plus loin du haut des tours

quand la main d’un signe écrit de ses lèvres le noir regard bleu de ses yeux

sous la voile être

Saxifrace au bec l’oiseau rocaille le rempart..

Niala-Loisobleu – 13 Juin 2021

Jacques Bertin – Un voyage

Un voyage »

J’ai retrouvé dans la coque la vieille fêlure
L’humidité qui suinte comme l’éternel poison
Et j’ai pleuré, assis la tête contre la cloison
De l’autre côté le moteur battait son chant profond
Celui qui vient de l’enfance
Et dont les basses fréquences
Toujours ont raison

Où tu vas poser ton sac
Fais un lit avec tes larmes
Il flottait dans cet endroit une odeur de goudron et d’urine
Gravé dans le travers de la blessure on distinguait un nom
Une illusion ou un message ou une marque de fabrique
Le monde passait contre les hublots lentement comme un monde
Les façades prétentieuses croulaient dans les angles morts
On voyait des visages de femmes glacées et pensives
Marquant la brume comme d’immatures soleils d’hiver
Je ne sais pourquoi je me bats le bateau me conduit dans l’aube
Ah vers la haute mer, bien sûr, comme chaque matin
Je me retrouve faisant mon méchant trafic dans un port incertain
Il faut payer cash, en devises fortes et avec le sourire
Je ne sais pourquoi je me bats. J’ai pleuré dans la chaleur torride
Le monde est beau! Les femmes se donnent avec des airs de s’oublier!
Nos victoires sont devant nous qui nous tendent la main!

Où tu vas poser ton sac
Fais un lit avec tes larmes

L’ACCORD MATINAL


L’ACCORD MATINAL

De l’enfance ou bien de la vieillesse, je ne saurais affirmer de qui le matin tient cette vision défaite de la plus petite intention malveillante. A moins que le machinal bonjour comme le « ça va » de la poignée de main mécanique se remontent avec le coucher de lune ? Durant la minute qui précède, ce temps court est l’unique no man’s land avant que les canons se lèvent

Douceur si angélique que c’est peut-être à cause d’elle que ça vire à l’aigre

L’ange est un composé hybride d’amour et de haine, une aile à droite, une autre à gauche et l’aqueux aux extrêmes

Comme en politique

Rien qui vaille d’être pris pour argent comptant

Pourtant on y repique chaque matin comme on entre sa main dans le gant de toilette pour se faire propre

On ne réglera ce dysfonctionnement que le jour où le coq aura traversé la terre sous les roues d’une guère d’étoiles

Me voici en haut des tours, un signe symbolique majeur

Telle Anne, sur mon rempart (il faut dire que je n’y étais jamais autant monté que depuis la semaine qui s’écoule) je scrute et voit la ligne de flottaison de l’horizon onduler

Un changement qui pourrait s’avérer majeur s’opère

Il montre un vent favorable du côté qui me permet de m’exprimer, signe de renaissance ?

Comme il n’y a jamais de hasard, François 1er m’aurait invité à partager un vers à la Toison d’Or ce petit bouchon installé dans une rue sympa de l’Histoire

Mon cheval et sa guitare y sautent le mosaïque pavé…

Niala-Loisobleu – 12 Juin 2021