La vérité du drame est dans ce pur espace qui règne entre la stance heureuse et l'abîme qu'elle côtoie : cet inapaisement total, ou cette ambiguïté suprême. Saint-john Perse
Les nuages n’ont que la fraîcheur profitable à la tâche du jour
le point qui émerge donne à ses chaînes le crochet d’amarrage
Encore retenir la joie pour tenir la fatigue pour croquer la pomme dans l’arbre…
Niala-Loisobleu – 26 Juillet 2021
LA POMME
Une pomme accrochée au pommier distingue l’espace qui a mûri dans l’argent des aiguilles. J’étais turbulente, peu commune, plongée dans de confuses méditations. Je mordais des pommes, je croquais d’esquisses informes et je devenais femme d’Occident.
J’étais entre eux, j’étais eux, comme une falaise rognée par la mer, et ce que soufflaient les vents était des poutres. Même quand je souriais.
D’un ciel porteur d’eau, laver la cour jusqu’au point de départ au Couvent, une manière de prendre les voiles en sortant de la Trappe. L’oiseau, regard plongé dans ce qui fait les choses comme les gens, n’en ayant rien mis de côté, peut avancer en sachant qu’il ne peut changer que ce qui le concerne. Sans doute la dernière au bout d’une longue carrière, mérite de faire en sorte d*être à l’image de ce qui fut au point de départ. Une peinture de vie. Vive comme eau-claire, lave volcanique, saut d’oiseau de branche en branche, rotation droite du sillon de cheval, nacre des regards vers le ciel sans en attendre de miracle, cicatrices des mauvais coups et plaie d’amour saine ouverte contre la gangrène du sentiment. Danse Henri, danse pour la joie que tu m’as apprise, je sors l’harmonie cas…
L’attente en moi s’accorde à la cascade Clinquante de chaleur La sueur comme un drapeau tendu par l’air Je hisse mon paquet de destin
Tel un message lancé sur la terrasse
Je chuchote — cymbale instable
Les mots outrés de ma prochaine clarté
Raison empoisonnée
Ton théâtre me méduse
Mais ta tête est coupée
Tout se risque
Harcelé au centre épouvanté du ventre
La terre du torrent d’atomes
Opère sa trouée en plein ciel couvert
Agité par ses aras hurleurs
Sa blessure aiguë comme une scierie
Mon cœur insiste.
Ouvert, chassé d’un désert de tiédeur J’aimante le brasier, je charge en moi la terre. Je sors de mon carcan, mon sang est survolé. Je hurle et j’extermine en moi tous les guerriers. Mon corps est un combat. Ma tête est envahie. La mort est paradis si mon amour me supplicie. À vif et violenté — je cogne à la porte blindée.
Séismes du monde ! Choeurs et catastrophes ! Notre ombre sur la terre est le péril de l’épervier
nous sommes cellules infimes d’un monstre inexploré Notre patience est d’un caillou sous le ventre du fracas Notre force est dans l’éclat où nous perçons la rage à jour
Nul séjour n’est comblé
L’œil collé aux interstices
Nous cherchons les golfes de l’univers
Au lieu de surgir où nous sommes — ici
Au lieu de nous changer dans la turbine
Au lieu d’aimer notre racine
Au lieu de lier norte anxiété au tambour de terreau
Vous devez être connecté pour poster un commentaire.