DEMENAGEMENT DU GARDIEN DE PHARE


DEMENAGEMENT DU GARDIEN DE PHARE

Ramollissement subit

la lanterne souffle sa bougie

et dans le tourbillon traître de la baïne se plante son propre couteau dans le do

Funeste concerto pour laver Maria de tous soupçons

Le bateau grimpé sur l’écrit des sables s’enlise aux maux de sa mer morte

ne laissant paraître en dernier mensonge que la faute de l’autre avant de mourir du poison de sa propre morsure

Pauvre monde si orgueilleux qu’il prend pour beau le plus misérable vide

Assis qu’l est sur la branche qu’il s’est coupée

Niala-Loisobleu – 6 Août 2021

L’INCONNU DERRIERE LA PORTE


L’INCONNU DERRIERE LA PORTE

Sur la branche se frottant la vue rien ne laisse entrevoir ce que seront les prochaines heures

la foi restée a perdu d’intensité

les jours présents s’étant détachés des côtes

leurs conformités aujourd’hui sont sorties des cartes

l’éloignement du climat a mis l’été de l’autre côté de sa ligne saisonnière

je me souviens des routes de campagne de mon enfance que des troupeaux traversaient en conscience de vivre le tant de la récolte

et à présent je me pose la question de savoir où se situent les files humaines qui cheminent sans trouver de caillou

il fait froid sur le seuil

qu’en sera-t-il de l’autre côté ?

Niala-Loisobleu – 2 Août 2021

RECOLLETS 2021 ACCROCHAGE


RECOLLETS 2021 ACCROCHAGE

Les nuages n’ont que la fraîcheur profitable à la tâche du jour

le point qui émerge donne à ses chaînes le crochet d’amarrage

Encore retenir la joie pour tenir la fatigue pour croquer la pomme dans l’arbre…

Niala-Loisobleu – 26 Juillet 2021

LA POMME

Une pomme accrochée au pommier
distingue l’espace qui a mûri
dans l’argent des aiguilles.
J’étais turbulente, peu commune,
plongée dans de confuses méditations.
Je mordais des pommes, je croquais
d’esquisses informes et je devenais
femme d’Occident.

J’étais entre eux, j’étais eux,
comme une falaise rognée par la mer,
et ce que soufflaient les vents
était des poutres.
Même quand je souriais.

Garcia Alonso

DU BLEU POUR LA TABLE


DU BLEU POUR LA TABLE

D’un ciel porteur d’eau, laver la cour jusqu’au point de départ au Couvent, une manière de prendre les voiles en sortant de la Trappe. L’oiseau, regard plongé dans ce qui fait les choses comme les gens, n’en ayant rien mis de côté, peut avancer en sachant qu’il ne peut changer que ce qui le concerne. Sans doute la dernière au bout d’une longue carrière, mérite de faire en sorte d*être à l’image de ce qui fut au point de départ. Une peinture de vie. Vive comme eau-claire, lave volcanique, saut d’oiseau de branche en branche, rotation droite du sillon de cheval, nacre des regards vers le ciel sans en attendre de miracle, cicatrices des mauvais coups et plaie d’amour saine ouverte contre la gangrène du sentiment. Danse Henri, danse pour la joie que tu m’as apprise, je sors l’harmonie cas…

Niala-Loisobleu – 24 Juillet 2021

Là, sur la présente rayure


Là, sur la présente rayure

Avant que l’orage ferme le passage ouvert des arabesques du papillon bleu

les mots de son conte en couleur

cette mine sanguine qui gonfle le fruit

jusqu’à croire qu’à la nouvelle vague on se filme incognito

en tant d’aime

paix d’halo…

Niala- Loisobleu – 23 Juillet 2021

CANIVEAUX PARALLELES DEVIANTS


CANIVEAUX PARALLELES DEVIANTS

De la clef du cantonnier jaillit la joie du matin sous mes genoux

Dans cette partie de trottoir le soleil est encore aux jeux de bains des oiseaux

l’ombrelle fermée n’a pas ouvert son langage flatteur autour d’un rien échafaudé par une influenceuse

et le bruit du balai de bouleau qui pousse le vomi de la nuit vénale sent l’eau de toilette

Assis je vois mes camarades rire d’avance aux bouchons qu’ils vont me téléphoner avec les bateaux de papier

Nous décidons de n’avoir jamais l’âge de ceux qui nous entourent de leur éteignoir

Garder le sein sorti des mers pour boire le pré-salé des passages de tropiques

Le petit Jean et Nini embarqués dans le même rire sur la vague scélérate

ce bleu tunisien que Matisse engrange et cloud aux portes des façades blanches

à l’inverse des buses mises par les paysans vosgiens durant mon séjour en exode au cours de la 2ème mondiale

« La Femme » précise le contour de l’ascèse où crayonne ma sensibilité

une autre nudité abolissant l’esprit dominateur actuel

Au poing du combat pour vivre propre

l’idée a disparu

qu’on en arrive à sortir l’étoile jaune pour la mettre au crématoire de la vérité correspondante

Trafic d’enfants, troc d’acides, prostitution de la vertu

Ce ria des marées fait triste caniveau de la Côte Atlantique qui passe au noir sans transition du blanc

Le nautonier n’est pas loin je passe à gué ma foi dans les bottes

fildefériste sur une guitare insoumise au chant veule.

Niala-Loisobleu – 22 Juillet 2021

DEPOLI ACTUEL POUR LA CLARTE D’AUTRE SAISON


DEPOLI ACTUEL

POUR LA CLARTE D’AUTRE SAISON

Des pas restés posés en arrière

l’attente mûrit

souterrainement

à la naissance incitée

au sourd des vagues

la grande toile manifeste des signes de marche

précisant l’idée de fond que les limbes poussent à sortir

Conjointement le grand Fauve s’est tourné au vent

il flaire pour son départ en chasse

en laissant le temps au temps

en réunion des sphères

l’énergie crache des vapeurs du pouls du poignet gauche

amenant le sensible à s’accorder aux mouvements de l’oiseau

l’ouverture tend la peau des percussions en graissant le piston des cuivres dans l’assise

pour un un final ?

Si l’oeuvre peut-être sortie de sa ganse

il y aura ascèse du personnage de « La Femme ».

Niala-Loisobleu – 22 Juillet 2021

TAPIE ROUGE


TAPIE ROUGE

J’ai fait le marché ce matin

au banc de ma fruitière pour afficher des images estivales

Melons d’eau pour désaltérer la ligne de vie

Sous les arbres le fleuve tient à la rive

il y aura de belles figues

Un oiseau pique une tête

la branche s’est redressée

Voici l’abeille qui cale hisse

un petit faon a traversé l’allée sans s’arrêter

Le violon d’Henri connaît l’archet qui me donne la chair de poule

de ce rouge où elle lève la senteur de son bouquet je glisse la langue sur ses hanches

et vais faire un plein des sens

pompe à des seins.

Niala-Loisobleu – 21 Juillet 2021

MESSAGE DU SENTIMENT PAR ALAIN JOUFFROY


MESSAGE DU SENTIMENT PAR ALAIN JOUFFROY

Nuit sans but
Vision à revers

Nuit qui lévite les sources

Je suis ton fils
Je suis ton désespoir

Je suis ta chute
Je suis ton grand lavoir

Ton sort est dans mes mains

Je prends ton gant de fer

Je frappe ton rocher

J’emploie ta clé liquide

Tu es ma grande aïeule
Tu es ma vanité

Glisse sur moi
Lâche-moi

Va-t’en heurter d’autres carreaux

Laisse-moi chasser tes bêtes

Je veux sourire à ma santé

Je veux saluer ma vérité

Je veux crier ma vie à fleur de terre

La vie est mon terrain
La vie est mon couvert

La vie est ma poignée
La vie devient mon soc

Braise sans bord

Je suis peuplé de rires peuplé de chocs

Ma peau est la frontière de l’effort

Ma route est innomée

Je suis son ciel crispé par sa mitraille

La nuit est dans ma main comme un cloporte

L’attente en moi s’accorde à la cascade
Clinquante de chaleur
La sueur comme un drapeau tendu par l’air
Je hisse mon paquet de destin

Tel un message lancé sur la terrasse

Je chuchote — cymbale instable

Les mots outrés de ma prochaine clarté

Raison empoisonnée

Ton théâtre me méduse

Mais ta tête est coupée

Tout se risque

Harcelé au centre épouvanté du ventre

La terre du torrent d’atomes

Opère sa trouée en plein ciel couvert

Agité par ses aras hurleurs

Sa blessure aiguë comme une scierie

Mon cœur insiste.

Ouvert, chassé d’un désert de tiédeur
J’aimante le brasier, je charge en moi la terre.
Je sors de mon carcan, mon sang est survolé.
Je hurle et j’extermine en moi tous les guerriers.
Mon corps est un combat.
Ma tête est envahie.
La mort est paradis si mon amour me supplicie. À vif et violenté — je cogne à la porte blindée.

Séismes du monde !
Choeurs et catastrophes !
Notre ombre sur la terre est le péril de l’épervier

nous sommes cellules infimes d’un monstre inexploré
Notre patience est d’un caillou sous le ventre du fracas
Notre force est dans l’éclat où nous perçons la rage à jour

Nul séjour n’est comblé

L’œil collé aux interstices

Nous cherchons les golfes de l’univers

Au lieu de surgir où nous sommes — ici

Au lieu de nous changer dans la turbine

Au lieu d’aimer notre racine

Au lieu de lier norte anxiété au tambour de terreau

Au four à pain de notre terre

— et de parler dedans

— et d’écouter dedans

Le battement impétueux des espaces

Au lieu d’éveiller les peuples dans l’ouvert

Alain Jouffroy

MARIA AUTAN POUR DES RECOLLETS


MARIA AUTAN POUR DES RECOLLETS

Maria approche

à l’arrime des mots

au départ du dernier temps d’attente à franchir

Fasse que les yeux vibrent

atout coeur

la couleur remise aux cimaises

sans détourner le chant ouvert

par la menace d’approche du variant de misère

Niala-Loisobleu – 20 Juillet 2021